Ce qu'ils ont dit!!!

« La première façon d’aider l’Afrique sera de toute évidence de changer le regard que nous portons sur elle.

En France par exemple, il existe des filatures endormies à Roubaix, des charbonnages cévenols dont les puits sont à l’abandon. Certains chroniqueurs « déclinologues » se sont fait un fonds de commerce en dénonçant les faiblesses de notre pays. Pourtant, à deux pas, on peut trouver des ressources de créativité et d’industrie insoupçonnées, la France de l’AGV, de Dailymotion, de Deezer …

En Afrique, c’est pareil.

Déjà, en disant « l’Afrique », comme s’il s’agissait d’un regroupement homogène, on gomme les différences fondamentales qui existent entre les régions et les sociétés. Il en est de l’Afrique comme il en est de l’Europe. Si l’ensemble géographique, l’unité de destin de ses peuples sont indiscutables, le continent africain n’est pas – loin s’en faut – un bloc monolithique. Une étude un tant soit peu sérieuse de ce continent implique de prendre en compte la multiplicité des pays qui le composent. A titre d’exemple : on dénombre 6,9 enfants par femme en RD Congo, contre 2,5 dans les pays du Maghreb.

Le regard du Nord englobe contrées méditerranéennes, désert saharien, régions tropicales et forêt équatoriale dans une même perception vague. Il méconnaît la Corne de l’Afrique, les pays lusophones, l’Afrique australe, l’Est swahiliphone … »

Hervé Bourges. L’Afrique n’attend pas, Ed. Actes Sud, Questions de société, 2010. pp. 29-30.