WINNING AFRICA « Ensemble, agissons pour une Afrique forte, unie, prospère et respectée

Tel est l’appel lancé par les fondateurs de l’Association « Winning Africa » dont l’inauguration officielle eut lieu à Paris le 02 juin dernier.

En préambule, la Vice-Présidente, Mme Danielle Babin (avocate), mit en exergue la conviction profonde qui anime toute l’équipe entourée déjà de nombreux sympathisants et futurs adhérents : l’Afrique qui compte 1 milliard d’habitants depuis 2011 mérite une place privilégiée dans la mondialisation qui ne peut marcher sans elle, car l’Afrique est terre d’abondance (en hommes et femmes compétents, en ressources naturelles...). « L’Afrique qui gagne » n’est pas souvent mise en valeur face à une opinion publique façonnée par les images essentiellement catastrophistes véhiculées par les médias. Selon Winning Africa, il est donc temps que les fils et les filles d’Afrique en France ou à travers le monde, en lien avec ceux qui vivent sur le continent, réfléchissent ensemble sur l’avenir de leur terre d’origine, sur le devenir de ses enfants et de ses jeunes qui seront les forces vives de l’Afrique de demain.

A propos des jeunes Africains (en France) justement, l’intervention de Baki Youssoufou président de la Confédération nationale étudiante eut le grand mérite d’aborder la problématique de l’intégration culturelle à partir de l’Université : les chiffres qu’il a donnés sont éloquents : 300 000 étudiants africains sont présents en France, 42 % d’entre eux préparent une thèse et un étudiant sur deux arrive à créer son propre emploi à la fin de son cursus : voilà un dynamisme et des compétences à faire connaître en pleine crise économique en Occident, et qui contredisent la vision répandue selon laquelle « une immigration est forcément consommatrice et oisive », phrase reprise dans l’intervention de M. D. Nkounkou (avocat à la Cour), axée sur la problématique de « L’immigration, un point de vue alternatif » ; malgré le discours et les comportements ambiants qui stigmatisent les immigrés, dont les Africains, il ne faut pas oublier l’aspect intemporel de toute immigration : toute personne est toujours « l’étranger d’une autre ». Il faut donc susciter un comportement responsable chez les autochtones qui doivent reconnaître que les Africains qui s’enracinent quelque part enrichissent aussi le pays qui les accueille sans oublier de « faire du bien » à leurs frères restés dans leur pays.

Les deux interventions qui avaient ouvert ce riche débat ont été assurées par M. Farid Saib (avocat), et Mme Wassila Lataief (avocate) qui sont intervenus sur « Le printemps arabe, un an après » : M. F. Saib insista sur la configuration exceptionnelle de ces événements qui ont révolutionné le monde « araboberbère » dont le fer de lance restera le peuple tunisien : la démocratie est encore balbutiante, mais le cours de l’histoire a changé. La place et le rôle des femmes dans le monde arabe, lors de ces révolutions ont été abordés par Mme W. Lataief : des grandes villes tunisiennes jusqu’à la Place Tahrir, ces femmes ont mené plusieurs batailles : celle de leur émancipation et celle de la démocratie pour une jeunesse en proie à la désespérance...

Devant ces turbulences parfois inquiétantes qui vont de pair avec des bouleversements positifs qui touchent l’Afrique du nord au sud, l’association Winning Africa prône une prise de conscience et de responsabilité avec un changement de mentalité : un jeune qui réussit et qui cherche sa place dans le monde du travail ne serait plus dévalorisé par les adultes déjà en fonction. Dans cette démarche, l’Association va déployer des moyens concrets, par exemple, en créant des liens avec les acteurs économiques présents dans différents pays.

Mettre en valeur « une Afrique qui gagne » avec le bouillonnement qu’elle connaît déjà, impulser toutes les initiatives qui combattent des situations sociales et économiques difficiles, nourrir l’action avec un fond d’optimisme : les lignes fondatrices de Winning Africa rejoignent ainsi celles que la CADE défend, ce qui augure d’une collaboration future fructueuse entre les deux associations.■

Claudie Lasserre-Rasoazanamanana