Vu pour vous 104: Animal et Villette

L'exposition "ANIMAL" au musée Dapper

La salle d’entrée de l’exposition est occupée par les «Ombres portées», installations dues à Julie Bessard, qui a créé des sculptures de paille, agrafées, suspendues, colorées. Leur ombre se déploie et donne vie à ce lieu.

Ensuite quelque cent quarante œuvres, masques, statuettes, objets de dignité et parures éclairent la signification de l’«animal» en Afrique. Le Musée explique dans une brochure illustrée, pourquoi et comment il tient la première place dans les mythes, les légendes, les contes, les proverbes et les devinettes. Les représentations plastiques sont la face visible d’une symbolique puissante et complexe, à l’œuvre dans les cérémonies d’initiation, les rituels propitiatoires, les pratiques thérapeutiques, les actes de divination et de sorcellerie.

La forme animale, parfois mêlée à des traits humains, permet de représenter des esprits, théoriquement invisibles. La sculpture donne «chair» à la présence invoquée. Cette figuration peut être clairement naturaliste ou allusive, voire métaphorique, fréquemment composite, stylisée jusqu’à l‘abstraction. La métamorphose surnaturelle qui gouverne la figuration s’opère au cours de rituels durant lequel un animal réel est sacrifié.

Dans certaines sociétés, les membres d’un clan ne doivent pas consommer la chair de l’animal dont ils portent le nom et qui figure dans leur devise. Reconnaissance du rôle primordial dévolu à l’animal emblématique qui, dans les temps mythiques, fut à l’origine du clan et qui continue à le protéger. Symbole de cette filiation, un fragment du corps de cet animal peut être porté en amulette, en parure.

Le regroupement des œuvres, les textes des grandes légendes constituent un ensemble à la fois artistique et pédagogique.

Denyse de Saivre 

Autour de l'expo "Quand l'Afrique s'éveillera"

A la Cité des Sciences et de l'Industrie, sur les lieux mêmes de l'exposition « Quand l'Afrique s'éveillera », s'est tenu le 20 Novembre dernier un Rendez-vous africain organisé par Bamba Sissoko avec l'appui de quelques associations dont la CADE.

Ce fut l'occasion pour trois intervenants de donner leur point de vue sur quelques aspects de l'exposition centrés sur les ressources de l'Afrique et son avenir. Successivement M. Portella, pour le monde de l'entreprise, M. Hatcheu, pour celui de l'Université, et M. Ba, pour celui des associations, se sont exprimés et ont ouvert le débat avec la salle.

Il en sera rendu compte dans un tiré à part de la Lettre de la CADE. Sans vouloir anticiper sur ce compte-rendu qui reflètera toute la richesse des contributions, disons d’ores et déjà qu'il en ressort deux idées-forces : l'importance déterminante des richesses humaines attestée par le dynamisme et la multiplicité des initiatives de toute sorte, et la nécessaire mobilisation - dans le cadre d'un projet maîtrisé - des forces vives africaines, appuyées par la diaspora d'une part, les partenaires extérieurs associés dans leur diversité (partenariat juste et équilibré) d'autre part.

Jean-Loïc Baudet