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Quels types de financements appropriés pour soutenir l'investissement à moyen et long terme des entreprises de croissance?

Les petites entreprises africaines éprouvent toujours des difficultés à accéder au crédit, ce qui constitue le principal handicap qu’elles rencontrent pour conquérir de nouveaux marchés ou tout simplement pour survivre. Cette session ne traitera pas des grandes entreprises ou des multinationales qui ont leur propre financement et ne connaissent pas les mêmes contraintes de croissance que les PME.

A cette rencontre, animée par Anaïs Dubois, rédactrice en chef du journal économique « Marchés tropicaux et Méditerranéens » participent Pascal Agboyibor, avocat d’affaires, managing Partner chez Orrick Rambaud Martel, Christophe Bourland, directeur général d’Ecobank international S.A., Jean-Michel Severino, président d’Investisseurs et Partners pour le Développement et Guy Tchuilieu, directeur général d’Ecosun Solutions.◘

Le financement des petites et moyennes entreprises en Afrique

Observant qu’en Afrique subsaharienne, la croissance des entreprises africaines a été assez lente, l’animatrice s’interroge sur les raisons de cette situation : s’agit-il d’un problème culturel, de compétence ou de gouvernance, ou encore de frilosité des institutions financières et bancaires, voire des trois ?

Jean-Michel Severino admet qu’il existe un problème spécifique au financement des PME partout dans le monde et pas seulement en Afrique, car il est plus difficile d’aller vers les petites et moyennes entreprises, quel que soit le pays. Il y a bien sûr des spécificités africaines, mais ce n’est pas un problème culturel. Elles sont liées à une situation objective des marchés. Beaucoup d’entreprises ont un caractère informel, leurs systèmes de gestion sont peu structurés, à quoi s’ajoutent des problèmes fonciers et d’accès à la garantie ainsi que des contraintes qui tiennent à leur faible capitalisation.

Certains problèmes concernent le secteur bancaire lui-même, car de nombreuses banques – dont les structures financières restent fragiles et étroites – ne peuvent pas se permettre de prise de risques sur le long terme. Tant qu’il s’agit de financements de court terme et de détail, il n'y a pas de difficultés, mais les choses se compliquent dès qu’on rentre dans l’investissement à long terme.

Il n’y a pas de raisons que l’Afrique soit très différente du reste du monde, malgré le fait que ce continent ait vu s’effondrer le quasi totalité des banques de développement dans les années 80, du fait des politiques d’ajustement structurel. Paradoxalement, il est devenu le continent le plus libéral de la planète en matière de financement des entreprises. En revanche, tous les instruments spécifiques de politiques publiques qui existent dans les pays développés ne sont pas disponibles en Afrique. Ceci légitime que les institutions internationales jouent un rôle plus actif dans le financement et le refinancement des entreprises africaines. Il est vrai que les banques classiques interviennent trop peu en faveur des PME, mais l’émergence d’une nouvelle concurrence bancaire – qu’il s’agisse d’Ecobank, des Marocains et d’autres – va sans doute changer la donne et faciliter l’accès au crédit des PME comme des particuliers. Il restera difficile d’améliorer l’accès au financement, tant que n’existera pas un dispositif de nature publique au service de cette catégorie d’acteurs très spécifiques.

Les garanties exigées par les prêteurs

A. Dubois observe que les entrepreneurs déplorent que les fonds d’investissement demandent autant de garanties que les banques commerciales et demande à Jean-Michel Severino s’il en va de même pour le fonds qu’il dirige.

J.-M. Severino répond qu’Investisseurs et Partners pour le Développement est une jeune société qui gère trois instruments, depuis le socio-business jusqu’à l’investissement dans les PME haut de gamme. L’industrie du capitalisme est à peine émergente sur le continent africain, bien que l’on ait assisté à un afflux de capitaux privés dans les infrastructures, les mines, l’énergie et les télécoms. C’est d’ailleurs l’Afrique du Sud qui en est la principale bénéficiaire, qui, à elle seule, a concentré plus de 80 % de ces investissements au cours de la dernière décennie.

Investisseurs et Partners pour le Développement est aujourd’hui sans concurrence sur la gamme d’entreprises qu’elle vise. Il n'y a quasiment pas d’acteurs dans la partie basse du portefeuille, dans les investissements qui vont de 3 millions d’euros pour les entreprises les plus importantes à 300.000euros pour les plus petites. Il est vrai que, sur un certain nombre d’investissements, il faut s’assurer les meilleures conditions de retour. Notre fonds soutient des start-up et des micros entreprises, il intervient aussi dans la micro-finance et assure tous les risques de l’entreprise, démarche qui est plutôt rare. J.-M. Severino ajoute pour terminer que la croissance de l’industrie du capitalrisque fait partie des conditions de marché nécessaires pour améliorer le financement bancaire.

Selon A. Dubois, les banques se réfugient derrière les mêmes arguments, à savoir leur manque de ressources à long terme, l’absence de bons projets, l’insuffisance des garanties, voire le manque de crédibilité du patron du projet qui les sollicite. De façon générale, comment les banques qui opèrent en Afrique gèrent-elles ce qu’on appelle le « risque de l’incubation »? Et dans quelle mesure cette gestion du risque est-elle différente en Afrique de ce qu’elle est dans d’autres parties du monde ?

Christophe Bourland répond qu’il essaiera de prendre le rôle de défenseur de la profession en commençant par donner 2 chiffres pour répondre au procès fait aux banques, dont il juge qu’il n’est pas fondé.

  • Les crédits à la clientèle d’Ecobank ont augmenté de 10,6 % en 2010, pour atteindre la somme de 5,7 mi l l iards de dol lar s (équivalent), dans un contexte de sortie de crise financière.
  • Le montant des créances douteuses chez Ecobank est de l’ordre de 9,6 % sur le premier trimestre 2011, alors que les ratios des banques occidentales sont plutôt de l’ordre de 1 à 2 %. Malgré ce contexte que l’on pourra toujours critiquer, ce ratio montre que cette banque est prête à prendre des risques et à en assumer les conséquences.

Il est vrai que nos fonds propres sont généralement insuffisants, en particulier avec un ratio de couverture des risques de 8 % seulement en Afrique francophone, quand il atteint 20 % au Nigeria. Les banques occidentales francophones ont donc de gros effort à faire pour progresser.

Ecobank ne peut pas accepter un manque de transparence, car elle a 180.000 actionnaires, dont beaucoup sont Africains, auxquels nous devons des comptes. Il faut noter aussi le handicap de l’inefficience de l’enregistrement des garanties. Il faudrait disposer d’un système centralisé pour tout ce qui concerne, par exemple, l’historique du crédit, l’information vérifiable sur le terrain, ainsi que pour ce qui touche les sujets éminemment complexes comme celui des transferts de titres de propriété. Un autre souci porte sur le besoin d’un fonds de garantie organisé qui soit spécifique au marché bancaire et qui n’existe pas dans les pays africains. Restent les difficultés d’accès au marché boursier, comme à la bourse d’Abidjan qui n’est ouverte qu’aux grandes entreprises. L’assouplissement des règles devrait permettre d’entrer plus largement sur les marchés boursiers. Enfin, le dernier point sur lequel il convient d’insister est celui de l’impact du régulateur, dont le rôle est déterminant.◘

Comment sécuriser les investissements en faveur de l'entreprise?

A. Dubois demande quelles évolutions réglementaires, juridiques, permettraient (ou permettent déjà) de sécuriser les investissements qui vont vers les entreprises.

Pascal Agboyibor envisage la question sous l’angle des garanties offertes à l’investisseur. Il se limitera à l’examen de la situation des pays d’Afrique francophone et informe que la banque mondiale a impulsé une réforme concernant les sûretés.

Dans quelle mesure la panoplie des outils disponibles pour le créancier ou l’investisseur peut-elle être revisitée ? Certains des instruments de transfert de nantissement de créances et de droits peuvent être simplifiés. La plupart des pays disposent maintenant de cet instrument qui consiste à transférer au banquier, à titre de propriété ou de garantie, des droits et des créances sur la contrepartie, sans passer par les lourdes procédures de recours à huissier. Les registres du commerce ou du crédit mobilier donnent la possibilité de consigner les nouvelles sûretés qui sont consenties. Tout ceci concerne les créances.

Un deuxième mouvement intéresse les actifs un peu plus lourds - les fonds de commerce ou les hypothèques – où les emprunteurs sont toujours réticents à fournir l’information recherchée par le prêteur, souvent pour des questions de coût. Ces instruments ont été assouplis récemment, notamment par un allégement des dossiers de constitution d’hypothèques. Le banquier a la possibilité d’appréhender des immeubles futurs, alors qu’auparavant, il ne s’agissait que d’une promesse.

Au-delà de la disponibilité des sûretés, le dernier problème concerne le coût des démarches. L’emprunteur n’est, en principe, pas réticent à apporter des sûretés, mais le coût en est préoccupant. Ce n’est pas une question juridique, mais un point sur lequel il conviendrait de se rapprocher des pratiques des pays anglophones. Il reste que, même si l’on dispose de droits consignés, l’appareil juridique doit vous permette d’appliquer vos droits en cas de contentieux.◘

Transparence et bonne gouvernance

A. Dubois s’interroge sur les besoins des PME de se refinancer par augmentation de capital et sur les conseils à donner aux entrepreneurs pour qu’ils passent le cap de la transparence et exercent une meilleure gouvernance d’entreprise.

J.-M. Severino observe que le continent change à une vitesse saisissante, car la transformation de la démographie et du potentiel de croissance africain sont remarquables. L’une des composantes de cette transformation est l’apparition de générations de vrais entrepreneurs. La douloureuse cure d’austérité qu’ont subie les finances publiques africaines et le fait que les fonctions publiques aient cessé d’être les premiers employeurs du pays, dans un contexte de retour à la croissance, ont orienté le regard de générations entières vers l’entrepreneuriat.

La trentaine d’entreprises qu’Investisseur et Partner pour le Développement a dans son portefeuille n’y aurait pas figuré il y a 10 ans. Ces entrepreneurs ressemblent à tous ceux de la planète : ils sont d’abord mus par un projet, ils ont un produit en main ou un marché. Si le premier souci des entrepreneurs était d’avoir une comptabilité en ordre, on pourrait avoir des doutes sur leurs motivations. Le rôle des investisseurs ou des banquiers est de leur dire qu’il y a des limites à l’improvisation quotidienne et de les aider à structurer leurs activités. Dès que l’entreprise quitte le stade individuel, la comptabilité analytique s’impose, on change de monde et il faut évoluer vers un système beaucoup plus structuré, beaucoup plus formel.

Il reste le problème du climat de corruption qui est très important, bien que l’Afrique ne soit pas plus corrompue que l’Asie, mais c’est une réalité qui s’impose. Les entrepreneurs font souvent de la dissimulation, contraints et forcés, obligés qu’ils sont de se prémunir contre les prédateurs, ce qui introduit des biais qu’il est complexe de gérer.

C. Bourland apprécie qu’il y ait une prise de conscience que la gouvernance s’applique à tous. Au delà de la corruption, à laquelle chacun est confronté tous les jours, personne ne s’étonne plus que nous fassions remplir des formulaires par exemple sur la lutte contre le blanchiment. Il nous arrive de dire non à des projets parce que nous n’avons pas confiance et que nos actionnaires et les autres parties prenantes, les salariés et les clients, nous reprocheraient de le faire. Ceci n’est pas propre à l’Afrique, parce que les règles sont partout les mêmes, il faut l’admettre.

P. Agboyibor précise que les lois du crédit sont aujourd’hui standardisées, jusqu'à toucher la personne physique qui se trouve derrière l’entreprise. La documentation du crédit exige de l’emprunteur l’envoi périodique de tel ou tel document, dont il faut s’assurer de l’authenticité et de la sincérité. Le rôle des avocats d’affaires est de bien conseiller le prêteur sur la panoplie des documents et informations à fournir, en fonction des niveaux de sécurité recherchés par le prêteur.◘

Quelle orientation sectorielle des investissements en Afrique?

A. Dubois demande des informations sur le marché de la fusion-acquisition en Afrique : ce marché est-il en croissance et quel est son avenir ?

P. Agboyibor a constaté ce mouvement dans certains secteurs, comme l’énergie ou les télécoms, ainsi qu’au Nigeria, qui dispose de capitaux locaux de grande importance, avec un mouvement de croissance par fusions-acquisitions sur ce marché. On l’observe aussi du côté des étrangers quand de grosses opérations se réalisent. Maître Agboyibor reconnait qu’il n’a guère d’indications sur ce qui se passe actuellement sur les marchés francophones, comme le Sénégal ou le Congo.

C. Bourland informe qu’il y a plus de 1.400 entreprises cotées sur les bourses d’Afrique subsaharienne et que la cotation facilite les opérations de restructuration ou de rapprochement. De plus, on ne compte pas moins d’un millier d’entreprises qui réalisent plus d’1 milliard d’équivalents dollars de chiffre d’affaires, preuve que les entreprises régionales atteignent maintenant une taille très significative.

A. Dubois demande s’il existe, au sein des institutions financières, des préférences en matière d’investissement sectoriel.

C. Bourland répond qu’il n’y a aucune préférence de cette sorte, car les banquiers sont à l’écoute de leurs clients. S’il existe des besoins importants en matière de télécoms ou dans tout autre secteur, ils essaieront de les financer, mais ils n’ont aucune préférence en matière de financement.

J.-M. Severino note que le secteur privé a fait preuve d’une certaine constance au cours de la dernière décennie, pour le meilleur et pour le pire, dans les secteurs attendus comme les mines l’énergie ou les télécoms. L’élément de surprise a peut-être été celui de l’investissement dans la grande agriculture, parce que la crise alimentaire du milieu des années 2000 a généré un sentiment d’anxiété dans les pays qui dépendent des importations pour leur alimentation. C’est peut-être l’orientation la plus fragile, car comment savoir comment évolueront les prix des marchés agricoles et comment les Etats réagiront-ils devant l’aliénation d’importantes surfaces de terres dans leur pays ? Les préoccupations des banquiers évoluent en fonction des orientations de la demande, qui changent d’année en année.◘

Le témoignage de Guy Tchuilieu, directeur général d'Ecosun Solutions*

« Mon grand père était planteur de café et je me suis intéressé dès mon plus jeune âge à cette activité. Quand les producteurs ont du vendre leur café directement aux intermédiaires, ils ont fait face à un certain nombre de problèmes. Par exemple les acheteurs déploraient qu’il y ait trop d’eau dans le café. J’ai donc mis au point une machine pour sécher les produits agroalimentaires et j’ai compris que la problématique de l’alimentation en Afrique, ce n’était pas d’abord la production, mais la conservation des produits.

Je suis ensuite parti en Belgique où j’ai travaillé comme responsable technique dans une société de chauffage. Un jour, le patron m’a proposé de créer une société avec lui et je me suis investi dans le solaire en Belgique. J’étais un écologiste engagé.

Je suis parti ensuite au Sénégal, pays très favorisé par le solaire, avec un gros potentiel en matière de chauffeeau solaires et autres applications. J’ai embauché un personnel très qualifié, car il y a beaucoup de personnes qualifiées en Afrique, des ingénieurs et des commerciaux. J’ai commencé à faire du très bon boulot dans des hôtels et des hôpitaux et des gros marchés m’ont alors été proposés. Je me suis tourné vers les banques, où j’étais bien reçu, mais, au final, je n’obtenais rien. Le plus dur, c’est de se rendre compte qu’aucune banque n’accepte le risque.

Je suis retourné en Europe, mais je n’avais ni garanties ni assurances. Malgré les projets qu’on a développés, on ne sait jamais quelles sont les conditions de banque, que vous découvrez au fur et à mesure. Je pense finalement qu’il n’y a pas de place en Afrique pour les gens qui font du développement. »

C. Bourland estime que le témoignage de Guy Tchuilieu pose le problème général du financement de l’entrepreneuriat, dans une société mondialisée où les problèmes sont les mêmes en Afrique qu’en Europe. Chacun est confronté aux mêmes agences de notation, aux mêmes régulateurs qui, de plus en plus, appliquent les mêmes critères de sélection où il faut être « irréprochable ». Malheureusement, il n’y a pas de solutions ou de réponses claires à apporter et les « Business Angels » auxquels certains s’adressent ne vont pas non plus changer la donne.

J.-M. Severino sait qu’il est compliqué pour un jeune qui se lance dans l’innovation d’arriver à percer et à se faire financer. C’est un peu plus facile aux Etats-Unis, pays du capitalisme, mais nulle part au monde les banques de détail ne sont au chevet des primoentrepreneurs. Il est difficile de monter une entreprise sans un bon « tour de table » avec sa famille ou des investisseurs. Guy Tchuilieu incarne le parcours typique d’une boite qui a réussi, qui a obtenu son premier gros marché, mais n’arrive pas à le financer et trébuche immédiatement, faute des quelques sous dont il a besoin pour avancer.◘

* Voir sur le même sujet l'article sur l'énergie solaire dans cette même Lettre

Le DEBAT

Les questions ou les compléments d’information donnés par le public portent sur les contraintes de développement de la petite entreprise en Afrique, à savoir :

  • La part de crédits réservée par Ecobank aux PME et la répartition des crédits entre le découvert, le moyen terme et le long terme.
  • La frilosité des banques traditionnelles à s’intéresser aux secteurs d’avenir, notamment le solaire. Les banquiers financent davantage le tabac ou la bière que les secteurs innovants.
  • Le fait que l’on ne pourra pas faire de développement sans financer les PME qui sont les créatrices de la richesse.

Suit le témoignage d’un jeune entrepreneur africain qui a rencontré les mêmes difficultés que le directeur général d’Ecosun Solutions. Il a créé une société de fabrication de pâte d’arachide avec des financements familiaux et rencontré la même incompréhension de la part des banquiers. Il est frustré de voir que les Africains mangent de la pâte d’arachide qui vient de Chine et sont incapables d’être des acteurs dans une filière qui les concerne.

Une dirigeante d’entreprise demande s’il existe des différences d’approche de l’entrepreneuriat entre Afrique francophone et Afrique anglophone. Par ailleurs, elle comprend bien l’intérêt d’avoir un bon « tour de table » avec des actionnaires solides, mais qu’en est-il pour le débutant qui ne bénéficie pas de tels appuis ?

En réponse à ces inquiétudes sur les difficultés de la petite entreprise africaine, J.-M. Severino explique qu’il y a autant d’efforts et donc de coût pour une banque à instruire une demande de 10.000 euros que pour un prêt d’1 million d’euros. La hiérarchie des frais de gestion est plus élevée pour un fonds comme le sien qui s’intéresse aux entreprises de taille modeste que pour les fonds qui financent les très grands projets. Investisseurs et Partners pour le Développement souhaite aller de plus en plus vers les petites entreprises non pas en les finançant directement, mais en essayant de trouver des détaillants plutôt que les gros animaux ? habituels. A un certain moment, le plus rentable est de chercher à apporter des fonds propres et le mécénat entrepreneurial prend une importance grandissante. Certains mécènes apportent des fonds dans des conditions plus favorables que celles du marché. S’agissant de la micro-finance, elle a rendu de grands services, mais elle n’a pas permis à ce jour de franchir le mur des fonds propres pour les petites activités.

Noter enfin le problème récurrent du clientélisme et de la corruption qui a entrainé la chute de nombre d’établissements bancaires. Certains comme la BOAD ont réussi à traverser cette période obscure, mais le problème de la bonne gouvernance demeure.

C. Bourland indique que 45 % des encours d’Ecobank portent sur les PME ou les artisans et commerçants, qu’un tiers concerne les particuliers et que 20 % sont réservés aux grandes entreprises, que toute banque a besoin de compter dans sa clientèle. Quant à la question des liquidités, 60 % des crédits de cette banque ont une échéance supérieure à 1 an.

G. Tchuilieu revient sur le manque de créativité des banques et juge que les banques perdent le marché porteur des technologies d’avenir comme le solaire. Quelqu’un attire l’attention sur un secteur en train d’accomplir une véritable révolution culturelle, à savoir les fondations, comme Total ou Suez, capables d’apporter des fonds de l’ordre de 3 à 4 milliards de dollars. ◘

Jean Roch