Sorosoro: pour que vivent les langues du monde

C’est le thème choisi pour tenir la première réunion de la « Fondation Chirac, agir au service de la paix » , les autres thèmes étant pour le moment : l’accès aux médicaments, l’accès à l’eau, la lutte contre la déforestation et la désertification. Il s’agit donc ici du soutien aux langues et cultures menacées.

On peut affirmer que le dérèglement de notre patrimoine culturel s’accompagne, la plupart du temps, de déclassement social, car une culture est vue dans ce qu’elle peut apporter à l’universel. Le combat pour la diversité est aussi un combat pour la dignité et un combat pour la paix. C’est pourquoi la fondation Chirac porte une attention prioritaire au sujet des langues et cultures menacées d’extinction.

La séance a eu lieu au Musée des Arts Premiers. « Sorosoro » est un mot araki qui signifie « souffle, parole, langue ». La langue araki n’est plus parlée aujourd’hui que par huit personnes au Vanuatu, un petit Etat du Pacifique, où l’on trouve la plus grande densité de langues au monde.

Nous donnons ci-dessous le titre des conférences et le nom des spécialistes qui ont pris la parole.

Présentation du projet Sorosoro par Rozenn Milin, Directrice du programme.

Introduction aux rencontres par Eric Orsenna, écrivain , prix Goncourt, membre de l’Académie française et par Rigoberta Menchu, prix Nobel de la Paix 2002, membre du Comité d’honneur de la fondation Chirac.

• Comment penser la diversité linguistique : de quoi est-elle faite et pourquoi la préserver ? Colette Grinevald, linguiste, CNRS, Université de Lyon 2, membre de l’Institut universitaire de France.

• Comment les linguistes et les communautés autochtones documentent et revitalisent les langues en danger. Peter Austin, directeur du ELAP Endangered Languages Academic Programme de SOAS, Université de Londres.

• Les langues du Gabon et la biodiversité : 7.000 noms d’animaux répertoriés. Patrick Sorosoro : pour que vivent les langues du monde Mouguiama-Daouda, linguiste, Université Omar Bongo, Gabon.

• Les langues du Guatemala : quand les Mayas mettent en place le processus de revitalisation. Juliana Sis Iboy, linguiste, directrice d’OKMA (Centre de recherche et de documentation des langues Maya du Guatemala).

• Vanuatu, un petit Etat, la plus forte densité linguistique au monde : les politiques de préservation. Hannah Vari- Bogiri, linguiste, université du Pacifique Sud (Vanuatu), spécialiste de la langue araki (8 locuteurs) qui donne son nom au programme Sorosoro.

Les interventions ont été suivies d’une série de questions. M. Jacques Chirac clôtura la séance en remerciant très vivement les orateurs, dont certains venaient de très loin.■

Denyse de Saivre