Une seconde vie pour l’exposition de la Cité des Sciences et de l’Industrie « Quand l’Afrique s’éveillera ... »

Visite de l'exposition "Qaund l'Afrique s'éveillera..." à la galerie Echomusée par un groupe de jeunes collégiens  du quartier de la Goutte d'Or.
Visite de l'exposition "Qaund l'Afrique s'éveillera..." à la galerie Echomusée par un groupe de jeunes collégiens du quartier de la Goutte d'Or.

L’exposition de la Cité des Sciences et de l’Industrie (cf. Lettre de la CADE n° 111) à la conception de laquelle le vice-président de la CADE, Georges Courade, à participé comme conseil scientifique, a eu le grand mérite, il y a trois ans, d’éclairer le présent et le futur de l’Afrique d’un regard scientifique. Il n’était pas question de présenter le développement de ce continent à la seule lumière des avancées scientifiques mais de montrer ce que les gouvernements et les populations de l’Afrique peuvent tirer des progrès de la science pour améliorer leur sort, dès lors qu’ils s’organisent pour en faire des instruments de progrès.

Ce parti pris nous a semblé doublement intéressant. Il permet tout d’abord de lutter contre les stéréotypes et idées reçues qui brouillent l’image de l’Afrique : cela rejoint notre engagement de combattre l’afropessimisme. Il autorise l’espoir et crédibilise une perception valorisante de l’Afrique : il est, à cet égard, un outil adapté à notre stratégie de lutte contre les discriminations fondées sur l’image dégradée du continent.

Il était dommage que le matériel original de cette exposition ne connaisse d’autre sort que d’être remisé dans les entrepôts de la Cité des Sciences et de l’Industrie. Si elle a connu, du temps de sa présentation, un certain succès auprès des personnes qui s’intéressent à l’Afrique et étaient prêtes à y consacrer le temps d’une visite, on peut douter par ailleurs qu’elle ait touché un public exposé aux discriminations ou non-initié, peu habitué à cet instrument de connaissance que constitue une exposition.

Fort de ces considérations, la CADE est entrée en contact avec les responsables de l’exposition pour obtenir le droit d’exploitation. Cette démarche a été d’autant mieux venue que les auteurs de l’exposition ressentaient le besoin de la faire connaître d’un public qui ne s’était pas déplacé pour la voir mais qui pouvait trouver de l’intérêt à une présentation lucide du continent africain.

Il s’agissait, en bref, d’aller vers un public et de solliciter son intérêt pour une présentation de l’Afrique qui se voulait dénuée de préjugés et ouverte sur ses données réelles.

Avec le matériel de l’exposition dont la Cité des Sciences et de l’Industrie lui a concédé l’usage, la CADE s’est proposée de poursuivre deux objectifs :

montrer et commenter l’exposition à des élèves de lycées parisiens très concernés par leur diversité d’origine.

La CADE a monté un projet qu’elle a soumis à la Délégation de la politique de la ville et de l’intégration de la Mairie de Paris. Ce projet consiste à présenter l’exposition dans les locaux de lycées parisiens fréquentés pas des élèves d’origine diverses et à les faire débattre sur leur perception de l’Afrique. Plusieurs lycées ont été sollicités : deux d’entre eux ont manifesté leur intérêt (lycées professionnels Lazare Ponticelli, Paris 13ème et Marcel Deprez, Paris 11ème). Le premier a accueilli l’exposition pendant deux semaines juste avant les vacances de Pâques avec le soutien actif de la Direction et du corps enseignant. Il a donné lieu à une visite guidée et à un débat apprécié des élèves qui y ont été conviés. Le second se tiendra à la prochaine rentrée scolaire pour favoriser l’intégration des élèves issus de la diversité.

modifier les mentalités et les perceptions de l’Afrique de catégories de la population qui n’ont sur ce continent que des idées vagues et sont vecteurs ou victimes potentiels de discrimination.

A ce deuxième titre, deux présentations ont été organisées. Une première a eu lieu fin Mars à l’occasion du salon du livre avec la médiathèque de la ville de Vernon (Eure). Présentée pendant la durée de ce Salon consacré aux livres d’aventure, l’exposition a été commentée sur place par Georges Courade. Elle a permis de sensibiliser le public de cette ville aux réalités africaines et de susciter un intérêt durable de la médiathèque pour l’action de la CADE.

Une seconde s’est tenue pendant un mois dans la galerie Echomusée du quartier de la Goutte d’Or à Paris dans le cadre d’un événement intitulé « Barbès l’Africaine ». Pour intéresser à l’exposition un public de jeunes, souvent coupés de leurs racines culturelles, des contacts ont été pris avec les Principaux de deux collèges du quartier : des professeurs ont fait visiter l’exposition à leurs élèves et des membres de la CADE étaient là pour satisfaire leur curiosité. A signaler une séance de débats avec les habitants du quartier où les propos échangés témoignent des différences de perception des uns et des autres.■

Jean-Loïc Baudet

Visite de l'exposition "Quand l'Afrique s'éveillera..." à la galerie Echomusée commentée par Georges Courade  et animée par Malvina Herrera professeur d'espagnol dans le quartier de la Goutte d'Or.
Visite de l'exposition "Quand l'Afrique s'éveillera..." à la galerie Echomusée commentée par Georges Courade et animée par Malvina Herrera professeur d'espagnol dans le quartier de la Goutte d'Or.