Fatal error: Uncaught exception Exception with message Query error: UPDATE command denied to user 'afriquedtest'@'10.21.20.18' for table 'tl_search' (UPDATE tl_search SET url='scientech-160-le-salut-alimentaire-est-il-dans-les-insectes', title='Scientech 160 : Le salut alimentaire est-il dans les insectes ?', protected='', filesize='32.81', groups=0, pid='2162', language='fr', checksum='7cc025f4a0a75d62d6763c3998b7a581', text='Scientech 160 : Le salut alimentaire est-il dans les insectes ? C A D E Coordination pour l\'Afrique de Demain « Un autre regard sur l\'Afrique et les Africains » Le salut alimentaire est-il dans les insectes? De la même manière que nous mangeons de la viande ou du poisson, environ 2,5 milliards d’êtres humains, localisés principalement dans des pays en développement d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, consomment quotidiennement ou de façon saisonnière des insectes. On estime à environ un millier, le nombre d’espèces d’insectes qui serviraient ainsi de nourriture à de nombreuses populations du globe. Des insectes qui aujourd’hui suscitent de plus en plus d’intérêt, y compris de la part des pays occidentaux. Nécessaire pour répondre à la demande d’une population qui ne cesse de grossir, l’augmentation croissante de la production alimentaire crée en effet une forte pression sur des ressources déjà limitées en terre, en énergie et en engrais. Une surexploitation des ressources qui renforce la production de gaz à effet de serre tout en accélérant la déforestation et, plus généralement, la dégradation de l’environnement. Dans ce contexte d’urgence, les insectes deviennent évidemment une source alternative de protéines même s’il subsiste des freins culturels à leur consommation dans de nombreux pays. ► Un Prix de l’Impact Social décroché à Berkeley, en Californie Des freins qui n’existent évidemment pas dans un pays comme le Burkina Faso où par exemple la chenille qui vit dans l’arbre de karité, dont on utilise par ailleurs les noix pour produire du beurre, est consommée de manière traditionnelle, c’est-à-dire frite, durant les mois de juillet, août et septembre. Ainsi dans l’ouest du pays, à la saison des pluies, de nombreuses femmes se transforment alors en vendeuses de chenilles. « J’en mange depuis que je suis petit. Mais ce n’est que très récemment, au cours de mes études, que j’ai découvert la valeur protéinique que renferme cet insecte », explique Kahitouo Hien, l’un des deux jeunes ingénieurs de recherche burkinabés porteurs du projet FasoPro, actuellement en incubation au sein de l’Institut International d’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement 1 . C’est à la suite d’un cours d’entrepreunariat, dispensé dans le cadre du Master Environnement qu’il suivait alors tout comme son compatriote Douyiri Christophe Mandi, que l’idée initiale de ce projet a émergé. Les Journées Entreprises que cet établissement d’enseignement supérieur réputé organise chaque année se préparaient, avec comme événement phare le concours interne des ingénieurs-entrepreneurs. Se profilait également la Global Social Venture Competition (GSVC), un concours créé en 1999 à l’initiative d’étudiants de la Hass School of Business de l’Université de Berkeley en Californie, et relayé depuis 2005 par l’ESSEC sur toute la zone francophone. « Nous souhaitions participer à ces deux événements. Nous avions une idée en tête. Aussi avons-nous rédigé 5 pages dans la soirée que nous avons confié à notre responsable d’entrepreunariat au sein de l’école », résument-ils. La réponse ne se fait pas attendre puisque dès le lendemain un mail de ce responsable, enthousiasmé par ce qu’il vient de lire, les encourage à développer leur idée et à bâtir un véritable projet auquel ils vont donner le nom de FasoPro « Faso » qui veut dire « pays » et « Pro » pour « protéine », leur objectif étant d’exploiter le potentiel protéinique que renferment les chenilles d’un papillon (Cirina butyrospermi) présentes dans les arbres de karité (Butyrospermum paradoxum) 2 . Un projet qui va leur permettre non seulement de décrocher le Prix de l’Impact Social lors de la finale du GSVC à Berkeley au printemps 2012, mais aussi d’intégrer l’incubateur de l’Institut International d’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement , étape nécessaire en vue de créer une entreprise en principe fin 2013 ou début 2014, si tout se déroule comme prévu. Un bel encouragement pour ces deux jeunes ingénieurs qui, baccalauréat en poche, ont obtenu une maîtrise de biochimie microbiologie à l’Université de Ouagadougou avant d’intégrer l’Institut International d’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement. « Avec cette maîtrise, nous disposions d’un bon bagage universitaire théorique. En revanche, nous n’avions aucune notion de ce qu’est l’entreprenariat. Or c’est que nous souhaitions faire, créer une entreprise ou, tout du moins, réussir à être indépendants », observent-ils. Et ces notions qui leur font défaut, notamment en matière de management, ils vont les acquérir au sein de 2iE où l’équipe dirigeante a su trouver un équilibre subtil entre les cours théoriques et des activités davantage liées à l’entreprise. D’où la réputation internationale de cette école qui reçoit des étudiants du monde entier et dispense également des formations dans le monde entier via Internet. « Beaucoup d’événements y sont organisés, des évènements qui nous permettent d’être au contact d’entrepreneurs, de nous ouvrir les portes de certains marchés et nous faire comprendre comment fonctionne ce milieu professionnel. C’est essentiel pour la suite de notre carrière », estiment-ils. Une école pour laquelle Kahitouo Hien a pu bénéficier d’un prêt bancaire sans garantie patrimoniale, une solution originale développée par 2iE avec le soutien de l’Agence Française de Développement (AFD) et de la Bank of Africa, Douyiri Christophe Mandi, de son côté, ayant décroché une bourse dans le cadre d’un concours organisé par l’Etat burkinabé, après avoir enseigné durant trois ans dans un lycée. ► Des fermes d’élevage de chenilles à plus long terme Depuis la finale du concours à Berkeley et leur installation dans l’incubateur de l’Institut International d\'Ingénierie de l\'Eau et de l\'Environnement, chacun en tant qu’ingénieur de recherche salarié, d’abord pour six mois, contrat renouvelé pour une durée d’un an début 2013, leur FasoPro a beaucoup progressé. « Il existait de nombreuses données dans la littérature. Des analyses réalisées en laboratoire nous ont permis de confirmer le véritable potentiel protéinique que renferment les chenilles ». Ils ont pu également procéder à différents essais de séchage qui se sont avérés concluants. Une étape d’autant plus importante que c’est d’elle que va dépendre la possibilité ou pas de pouvoir conserver les chenilles sur de très longues périodes. Parallèlement, ils étudient d’autres solutions visant à accroître la capacité de stockage de ces chenilles. Quant à la formulation d’un premier produit à partir notamment des protéines issues de ces insectes, mais aussi de la définition du matériel technologique nécessaire à la production, ils y travaillent, bénéficiant pour cela des conseils du directeur de l’entreprise Nutriset qui a accepté d’être leur parrain. « Une fois cette étape terminée, nous pourrons alors en franchir une nouvelle, le lancement d’un premier produit », indique Douyiri Christophe Mandi. Car si ces deux ingénieurs comptent commercialiser leurs chenilles à des consommateurs traditionnels, ils souhaitent avant tout les proposer sous la forme d’une poudre hypernutritive enrichie de différents éléments destinée aux enfants de moins de cinq ans. Rappel important : ces chenilles ont un développement saisonnier qui s’étend de juillet à septembre. Aussi les deux porteurs de FasoPro réfléchissent-ils à la possibilité de créer à terme une véritable ferme d’élevage de ces insectes dont on pourrait contrôler tous les paramètres. Il en existe déjà quelques exemples … en Chine. « La seule contrainte est de disposer de feuilles de karité pour ces chenilles dont nous maîtrisons par ailleurs toutes les étapes du cycle de développement qui ont déjà fait l’objet de tests en laboratoire. Il n’y a donc pas de problème majeur à ce niveau », expliquent-ils. Ils travaillent actuellement sur un prototype de ferme d’élevage qui a été testé par le Centre National de Recherche Scientifique et Technologique du Burkina Faso. Cela dit, si le développement de FasoPro se poursuit selon l’agenda que les deux ingénieurs se sont fixés, il reste encore beaucoup à faire, en particulier en termes de matériel, par exemple pour le séchage. Il faut savoir que jusqu’à présent, il n’y a jamais eu la moindre tentative de séchage de chenilles avec un procédé moderne. Différentes solutions existent sur le marché, mais encore faut-il trouver la plus efficace techniquement tout en restant économiquement viable. « Nous avons besoin aussi de broyeurs et de toute une panoplie d’outils. Mais les produits disponibles sur le marché ne sont pas forcément adaptés à leurs attentes. Aussi devons nous procéder à des adaptations ce qui prend évidemment du temps ». Kahitouo Hien et Douyiri Christophe Mandi savent que ces chenilles de l’arbre de Karité, tout comme d’autres insectes comme les criquets, les termites ou encore les éphémères qui sont également consommés au Burkina Faso représentent sans doute l’une des alternatives alimentaires pour l’avenir de l’homme. Conscients des enjeux que pourrait représenter l’exploitation des insectes pour l’avenir, ces deux jeunes Burkinabés, habités par l’envie d’entreprendre, restent néanmoins confiants. « L’Afrique c’est l’avenir du monde », lâchent-ils dans un accès de fierté bien compréhensible.■ Jean-François Desessard Journaliste scientifique 1 2iE, cette étonnante école située à Ouagadougou, Lettre de la CADE n° 149, pages 8-9, février 2012 2 Le karité, une richesse potentielle dans Bois et forêts des tropiques n° 228 par G. Sallé, J. Boussim, A. Raynal- Roques et F. Brunck, 1991. Contact : Kahitouo Hien Courriel : kahitouo.hien@2ie-edu.org Contact : Douyiri Christophe Mandi Courriel : christophe.mandi@2ie-edu.org Dernière mise à jour : Mardi 11/06/2019 22:18 © 1996–2019 - La CADE alimentation, insectes, afrique Retour à l\'accueil, Logo de la CADE', tstamp=1566459142 WHERE id='14') thrown in …/system/libraries/Database.php on line 686
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