Fatal error: Uncaught exception Exception with message Query error: UPDATE command denied to user 'afriquedtest'@'10.21.20.18' for table 'tl_search' (UPDATE tl_search SET url='scientech-152-innover-et-entreprendre', title='Scientech 152 : Innover et entreprendre', protected='', filesize='32.07', groups=0, pid='1994', language='fr', checksum='426e24f215ae589695ce451e0740e21a', text='Scientech 152 : Innover et entreprendre C A D E Coordination pour l\'Afrique de Demain « Un autre regard sur l\'Afrique et les Africains » Innover et entreprendre : le combat quotidien d’une jeune camerounaise 41 % de la population du continent africain n’a pas 15 ans ! A elle seule cette phrase courte résume parfaitement les angoisses mais aussi les espoirs que suscite l’Afrique. Pour les uns, ce constat tombe comme un couperet qui augure d’un avenir encore bien plus sombre que ne l’est le présent. Pour d’autres, ces 41 % représentent un formidable atout pour un continent qui devrait atteindre son second milliard d’habitants à l’horizon 2050, c’est-à-dire demain. Alors certes, cette jeunesse africaine peut être perçue comme une extraordinaire richesse détentrice d’un potentiel insoupçonné au même titre que le sont les matières premières dont regorgent le sous-sol et le sol de certains pays africains. Mais aussi gros soit le diamant brut ou aussi riche soit le minerai extrait, encore faut-il ensuite que l’Afrique se donne les moyens pour que ses citoyens puissent en profiter pleinement. Or il en va de même pour sa jeunesse qui ne pourra se transformer en une véritable richesse que si on le lui permet. Etudiante a l’ESSEC au Cameroun, Doris Ngandjou Kouyem, est un bel exemple de cette jeunesse qui se bat inlassablement pour esquisser ce que pourrait être l’Afrique de demain. La jeune Doris Ngandjou Kouyem devrait avoir aujourd’hui des raisons d’être heureuse. Cette étudiante camerounaise, titulaire de deux licences, l’une de psychologie, l’autre de philosophie, actuellement inscrite en Master au sein de l’ESSEC Cameroun à Douala, dans la filière « politique sociale de l’entreprise », afin de décrocher ce que l’on appelle un Diplôme d’Etudes Professionnelles Approfondies (DEPA), a remporté en effet le Challenge Humanitech’12 le 13 avril dernier avec son projet « Tous contre le Choléra ». « Si je suis née à l’Ouest du Cameroun, j’ai grandi tout près du village de Koza, situé à l’extrême nord du pays, non loin du lac Tchad, une région où le choléra est endémique », explique-t-elle. Dû à la bactérie Vibrio cholerae, le choléra est une toxi-infection entérique épidémique contagieuse qui se caractérise par des diarrhées brutales, douloureuses et abondantes. Il peut mener à une sévère déshydratation et à la mort dans plus de la moitié des cas en l’absence de traitement. Dans les zones endémiques comme il en existe au Cameroun, la prévention du choléra repose pour l’essentiel sur l’application de mesures d’hygiène strictes. Se laver correctement les mains, éviter d’utiliser une serviette collective pour se les sécher, nettoyer et désinfecter tout ce qui a pu être au contact avec la matière fécale, n’utiliser qu’une eau saine et potable, pour la boisson et l’hygiène mais aussi pour le lavage des aliments, autrement dit une eau en bouteille ou une eau bouillie, voire javellisée. Telles sont quelques-unes des règles à suivre au quotidien dans un pays comme le Cameroun. Rappelons que selon le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), environ un tiers de la population camerounaise n’a pas accès à l’eau potable. Quant aux systèmes d’assainissement collectif, ils sont quasiment absents de ce pays qui compte plus de 20 millions d’habitants répartis sur une superficie de 475 442 km2. Dans ces conditions, pas étonnant que le choléra sévisse encore périodiquement dans de nombreuses zones du Cameroun. Ainsi en 2010, ce pays a connu une épidémie qui restera comme l’une des plus sévères de ces dernières décennies. Après s’être déclarée en mai, à la suite de la saison des pluies, elle a sévit plus particulièrement dans la province de l’extrême nord, là où le Cameroun est coincé entre le Nigeria et le Tchad. Plus de 5 600 cas de choléra et près de 400 décès ont alors été enregistrés. Un filtre « low cost » baptisé « Tsé-nou » Dès son plus jeune âge, Doris Ngandjou Kouyem a donc été confrontée au choléra dans cette province de l’extrême nord. D’où ce projet qu’elle a présenté dans le cadre de la 4ème édition d’Humanitech, réalisée avec le soutien d’Orange. Rappelons que ce concours étudiant de l’invention humanitaire, organisé par la Fondation Casques Rouges, présidée par l’ancien ministre Nicole Guedj, est ouvert à l’ensemble des jeunes de la Francophonie. Sélectionnés dès le mois de février, les 16 finalistes se sont donc retrouvés le 13 avril dernier à Paris, face à un jury composé de 12 personnes afin de présenter leur projet. Il y avait là des étudiants de grandes écoles et d’universités de Belgique, de Suisse, du Togo, des quatre coins de la France, mais aussi du Cameroun, même si Doris n’avait pu se rendre à Paris. Mais après tout, qu’importe cet « obstacle supplémentaire » puisque les outils numériques permettent désormais de se jouer des frontières. C’est donc en vidéo conférence, depuis Douala, qu’elle a défendu brillamment son projet de filtre à eau bas coût baptisé « Tsé-nou » dont la simplicité étonne puisqu’il est constitué de deux seaux et de bougies en céramique. « C’est à l’Afrique de se prendre en main pour répondre aux crises humanitaires. Nous ne devons pas sans cesse attendre l’aide des pays étrangers », a-t-elle déclaré à cette occasion. Parrainé par Gwenaël Prié, consultant en aide au développement et co-auteur de l’ouvrage Les voyageurs de l’eau rédigé lors d’un tour du monde articulé autour des problématiques de l’eau, ce projet « Tous contre le choléra » a donc convaincu le jury, permettant ainsi à l’Afrique d’entrer dans le cercle très fermé des lauréats de ce Challenge Humanitech. L’étudiante camerounaise aurait donc des raisons d’être heureuse puisque les 5 000 euros du prix qu’elle vient de remporter, certes s’ils ne sont pas suffisants pour développer l’ensemble du projet, vont néanmoins permettre d’attirer d’éventuels partenaires afin de pouvoir débuter les premiers tests d’ingénierie du prototype en attendant d’acquérir à terme une certification pour ce filtre accessible au plus grand nombre. C’est du moins ce que Doris espère. Reste que ce prix n’a pas vraiment suscité l’enthousiasme de la presse locale ni des autorités camerounaises, ce qui est d’autant plus regrettable que le projet « Tous contre le choléra » s’inscrit plus généralement dans une logique humanitaire. « Nous souhaiterions en effet pouvoir distribuer gratuitement ce filtre aux populations vulnérables et en particulier dans le village de Kosa, où il sera testé après avoir été testé à Douala », précise-t-elle. D’où une satisfaction en demi-teinte de l’étudiante camerounaise qui n’en est pas à sa première expérience. Une jeune femme qui « a la gnaque » En juillet 2011, en collaboration avec d’autres étudiants de l’ESSEC Cameroun, elle avait déjà remporté un prix national, là encore original, puisqu’il visait à créer 500 emplois pour des jeunes grâce à la culture du « gritz » de maïs1. « La plupart des étudiants camerounais ont des difficultés financières pour subvenir à leurs besoins. Aussi certains sont-ils obligés d’arrêter leurs études. Pourtant, certaines opportunités existent et pourraient leur permettre de résoudre leurs difficultés financières en obtenant un emploi éventuel », résume-t-elle. Parmi ces éventualités, la production du « gritz » de maïs nécessaire à l’activité des sociétés brassicoles camerounaises mais que celles-ci importent pour plus de 60 % de leurs besoins. D’où l’idée de Doris et de ses collègues de cultiver à proximité de l’Université, au pied des montagnes de l’Ouest à Dschang, une dizaine d’hectares de terre noire fertile encore inexploitée et irriguée par les sources, l’objectif étant que des étudiants puissent ainsi y travailler selon leur planning de cours et les exigences des activités agricoles et obtenir alors une source de revenus. Mais là encore, si le projet a été couronné par un prix, le manque de fonds nécessaires à sa réalisation, faute notamment d’une véritable volonté au niveau des autorités camerounaises mais également de partenaires privés, a empêché ce projet original d’aboutir. Nombreux sont ceux qui auraient déjà jeté l’éponge face à une telle inertie. Mais il suffit d’échanger avec Doris Ngandjou Kouyem pour se rendre compte très rapidement qu’elle est de ces personnes qui « ont la gnaque » et qui s’accrochent. « Ma démarche vise davantage à interpeller les Africains afin de leur dire que si nous voulons que notre continent puisse s’inscrire dans la mondialisation, avec tous les enjeux et les défis que cela représente, il est impératif de réévaluer notre mode de vice et nos comportements et d’essayer de nous approprier les valeurs nécessaires », estime cette « Bamiléké progressiste » comme elle se définit en souriant. Un sourire qui en dit long pour cette jeune femme appartenant à une population traditionnelle qui a tendance à croire que les hommes réfléchissent davantage que les femmes. Une soi disant prédisposition totalement mise à mal par la victoire de Doris Ngandjou Kouyem dans un concours face à des équipes du monde entier dirigées par des hommes ! Quel joli pied de nez n’est-ce pas ? Elle a d’ailleurs tenu à dédier sa victoire, certes aux Africains, mais plus particulièrement aux femmes africaines. Attention à la fracture numérique en Afrique L’avenir, le sien ? Doris le voit du côté de l’entreprise, mais davantage pour en créer une, voire plusieurs, avec toujours cette volonté de répondre aux besoins de la population de son pays et, pourquoi pas, de l’Afrique, via le développement de micro-projets. Sans doute y mettra-t-elle aussi un peu de sa fibre humanitaire qu’elle a déjà testé sur le terrain alors qu’elle avait à peine dix-huit ans et travaillait alors dans les rues, au contact d’enfants et d’adolescents difficiles et dans des foyers d’accueil pour des enfants abandonnés. Autant d’expériences qui l’ont armé psychologiquement et moralement pour affronter d’autres challenges derrière lesquels se profilent un même but, développer l’Afrique. « Je refuse de m’inscrire dans cette logique de l’éternelle mendicité. Cette image n’est pas digne de l’Afrique. C’est la raison pour laquelle je vais continuer de me battre », lâche cette jeune femme, et notamment contre la fracture numérique bien réelle sur ce continent. « Il est capital pour les Africains d’être connectés au monde entier et de pouvoir échanger librement. C’est d’autant plus important que les fonds des bibliothèques universitaires sont assez pauvres et que l’achat d’un livre reste un luxe pour la grande majorité des étudiants », souligne-t-elle. Aussi réfléchit-elle à un autre projet qu’elle a baptisé « Un étudiant, un ordinateur ». Dès son entrée à l’université, un étudiant pourrait ainsi disposer d’un ordinateur personnel, là encore à bas coût, qu’il rembourserait sur plusieurs années. Une expérience identique a déjà été menée au Tchad. « L’acquisition d’un ordinateur personnel et l’accès à une connexion constituent l’une des clés de notre avenir. Il faut en finir avec ces étudiants qui doivent trouver un cybercafé ouvert pour aller consulter des articles ou certains documents indispensables à leur travail », déclare Doris dont l’enthousiasme ne faiblit pas, bien au contraire. ■ Jean-François Desessard Journaliste scientifique 1 Le maïs moulu par des procédés mécaniques dans les minoteries donne des semoules. Celles-ci sont utilisées pour la fabrication de la bière en complément du malt. La première semoule est appelée « gritz » de maïs. Contact : Doris Ngandjou kouyem Courriel : dorisandrea1@yahoo.fr Twitter : Doris Ngandjou Dernière mise à jour : Mardi 11/06/2019 22:18 © 1996–2019 - La CADE Retour à l\'accueil, Logo de la CADE, Doris Ngandjou Kouyem', tstamp=1566459025 WHERE id='1051') thrown in …/system/libraries/Database.php on line 686
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