Fatal error: Uncaught exception Exception with message Query error: UPDATE command denied to user 'afriquedtest'@'10.21.20.18' for table 'tl_search' (UPDATE tl_search SET url='scientech-137-mathematiques-atout-pour-le-benin', title='Scientech 137 : mathématiques: atout pour le Bénin', protected='', filesize='32.96', groups=0, pid='1788', language='fr', checksum='85ef0ab5d77745920414c78bd9a1eec4', text='Scientech 137 : mathématiques: atout pour le Bénin C A D E Coordination pour l\'Afrique de Demain « Un autre regard sur l\'Afrique et les Africains » Les mathématiques: plus qu\'une tradition, un atout pour le Bénin Il existe comme une tradition pour les mathématiques dans ce petit pays du continent africain qu’est le Bénin. Ne fut-il pas un des premiers pays d’Afrique à créer un institut de mathématiques de 3ème cycle ? Le professeur Wilfrid Gangbo en est un autre remarquable exemple. Depuis maintenant une quinzaine d’années, ce mathématicien d’origine béninoise travaille au sein du Département de Mathématiques du Georgia Institute of Technology à Atlanta, aux Etats-Unis. Il y poursuit des recherches sur ce qu’on appelle la « théorie du transport » qui est le nom donné à « l’étude du transfert optimal de matière et à l’allocation optimale de ressources ». Initié dès 1781 par le mathématicien français Gaspard Monge ce sujet connaît un véritable engouement depuis une vingtaine d’années. Parallèlement, Wilfrid Gangbo réfléchit, en particulier avec ses collègues mathématiciens béninois, à la création d’un institut international de mathématiques au Bénin. « Imaginez un premier endroit où le sable est réparti selon une distribution donnée. Un second est constitué de trous, là encore avec une distribution donnée. Or comme on souhaite déplacer le sable dans les trous, nous supposons que le coût de déplacement va dépendre essentiellement de la distance, autrement dit qu’il est proportionnel à cette distance », résume Wilfrid Gangbo. Ainsi résumé en quelques mots, ce problème, autour duquel s’articulent ses travaux depuis plus de quinze ans, n’en est pas moins complexe à résoudre. Cela fait 230 ans cette année que Gaspard Monge l’a formulé et que de nombreuses générations de mathématiciens s’y sont intéressé sans pour autant le résoudre. Parmi eux, Léonid Kantorovich, un mathématicien russe, qui s’est attaqué à ce problème dès les années 1940 et l’a enrichi avant de recevoir le prix Nobel d’économie en 1975, en particulier pour ses « contributions à la théorie de l’allocation des ressources ». Par la suite, un autre mathématicien russe, V.N. Sudakov a suggéré une nouvelle méthode, certes très prometteuse, mais qui ne fonctionne que dans certains cas particuliers. ► Au-delà du problème mathématique, beaucoup d’applications « Quand je suis arrivé à l’Université de Berkeley, en Californie, dans l’équipe du professeur Lawrence Craig Evans au sein du Département de Mathématiques, en janvier 1994, dans le cadre de mes études post-doctorales, nous avons essayé, en vain, de comprendre la méthode proposée par Sudakov. Aussi Lawrence Craig Evans nous a-t-il proposé de développer notre propre méthode », indique Wilfrid Gangbo. Celui-ci arrive alors de l’Université Carnegie Mellon de Pittsburgh où il vient d’effectuer un premier post-doc après avoir obtenu son diplôme d’ingénieur et sa thèse à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), en Suisse. Après un an et demi passé à Berkeley, le mathématicien américano-béninois va alors s’installer à Atlanta, en Géorgie, où il est professeur de mathématiques au sein du Georgia Institute of Technology depuis plus de quinze ans. Aujourd’hui, cet enseignant chercheur continue de consacrer la plus grande partie de son travail de recherche à ce même sujet, qui ne cesse d’occuper l’esprit d’une multitude de mathématiciens dans le monde. « Depuis notamment que Yann Brenier, un mathématicien français de l’Université de Nice-Sophia Antipolis, a travaillé sur une variante du problème alors qu’il était à l’Ecole Normale Supérieure à Paris, il y a un véritable engouement autour de cette question. En général, la majorité des sujets développés en mathématiques ne durent pas aussi longtemps », précise-t-il. C’est en France, en particulier avec Yann Brenier et Cédric Villani, médaille Fields 20101, et en Italie que sont localisés les groupes de recherche les plus importants sur le sujet, mais aussi aux Etats-Unis, avec notamment deux chercheurs qui font autorité dans le monde, Lawrence Craig Evans et Luis Caffarelli de l’Université du Texas à Austin. Il faut préciser que le sujet n’intéresse pas que les mathématiciens. Ainsi des ingénieurs s’en sont déjà emparés et l’utilisent pour le traitement de l’image dans le domaine de l’imagerie médicale. De son côté, Wilfrid Gangbo travaille en particulier avec un météorologue depuis une dizaine d’années. « Celui-ci a développé de nouveaux modèles en météorologie dont il est en train de tester les performances », indique-t-il. Autre domaine évidemment concerné, l’économie. Mais au-delà des travaux qu’il mène et des cours qu’il dispense outre-Atlantique, Wilfrid Gangbo n’en oublie pas pour autant le Bénin, et plus généralement l’Afrique. « Quand j’ai quitté le Bénin pour entamer mes études supérieures en Suisse, grâce au soutien de mes parents, c’était avec l’intention de revenir au pays », souligne-t-il. Mais quand il achève sa thèse en 1992, la situation économique et sociale du Bénin est au plus mal, le FMI lui ayant imposé une politique d’ajustement structurel. Autrement dit, il n’est pas question de recruter de nouveaux enseignants. Sans espoir de trouver un emploi dans son domaine, Wilfrid Gangbo a donc opté pour un post-doc à l’Université Carnegie Mellon de Pittsburgh. ► Bâtir un institut international de mathématiques au Bénin Pour autant, il n’est pas question pour lui de ne pas s’impliquer dans certaines actions ponctuelles dans son pays. Ainsi ce mathématicien y dispense certains étés un cours de mathématiques au cours d’une session de plusieurs semaines. Il rappelle que les Béninois ont toujours beaucoup privilégié l’instruction « qui, si elle ne rendait ni riche ni pauvre, permettait au moins de s’assurer une vie correcte ». Dans ce contexte, les mathématiques apparaissent un peu comme une tradition. « Dans la ville de Porto-Novo où j’allais au lycée, être bon en mathématiques était important. D’un lycée à l’autre, nous savions qui étaient les meilleurs dans cette discipline, ce qui créait forcément une certaine émulation », souligne-t-il. Il faut rappeler que si l’on excepte l’Afrique du Nord et l’Afrique du Sud, le Bénin a été le premier pays du continent africain à créer un Institut de Mathématiques de 3ème cycle à caractère international puisqu’il recevrait des étudiants originaires de différents pays d’Afrique. Il est sûr que les années difficiles que le Bénin a traversé ont eu des effets sur le prestige dont il pouvait se targuer jusqu’alors en mathématiques, d’autant plus que pendant ce temps, d’autres pays comme le Sénégal et le Cameroun ont mobilisé des moyens autour de cette discipline. Cela dit, depuis deux ou trois ans, le Bénin connaît un renouveau en mathématiques qui, même s’il reste encore timide, semble néanmoins prometteur. Pour autant, une impulsion est nécessaire pour que le Bénin retrouve sa place parmi les leaders de cette discipline en Afrique. D’où l’idée lancée par Wilfrid Gangbo de créer un Institut international de mathématiques en collaboration étroite avec le Département de Mathématiques de l’Université d’Abomey-Calavi, à Cotonou, et l’Institut de Mathématiques et de Sciences Physiques (IMSP), et en partenariat avec d’autres pays africains comme le Burkina Faso, le Niger, le Togo et le Mali, mais aussi la France, le Canada et les Etats-Unis. Ce projet a déjà fait l’objet d’une longue réflexion et d’échanges, en particulier avec des universitaires de différents pays d’Afrique. Parmi ceux-ci, Hamidou Toure de l’Université de Ouagadougou, au Burkina Faso, Bisso Saley de l’Université Abdou Moumouni de Niamey au Niger, Ouateni Diallo de l’Université de Bamako au Mali, Norbert Hounkonnou de l’Université d’Abomey-Calavi et Joel Tossa et Marcos Aboubacar, tous deux de l’ISMP. « Cet institut international de mathématiques serait une structure indépendante et flexible, qui accueillerait des étudiants de toute l’Afrique auxquels des professeurs, venus du monde entier, dispenseraient des cours dans le cadre de sessions d’une durée de quelques semaines », résume le mathématicien américano-béninois. Parallèlement, Wilfrid Gangbo a déjà pris des contacts avec des industriels Béninois intéressés par le projet, lors de son dernier séjour dans son pays en compagnie du mathématicien canadien Nassif Ghoussoub et du mathématicien français Cédric Villani. « Nous avons pu rencontrer notamment certains membres d’une association d’industriels du Bénin qui compte une majorité d’entreprises étrangères. L’ambassadeur de France au Bénin a accepté également de nous rencontrer à deux reprises afin que nous puissions lui exposer les grandes lignes du projet », précise-t-il. Le contexte paraît donc favorable pour franchir une nouvelle étape, peut-être au cours des prochains mois. Une chose est sûre, Wilfrid Gangbo ne ménage pas ses efforts pour que cette « utopie », comme certains ne manqueront pas de qualifier ce projet, débouche bientôt sur une réalité, indispensable pour former une nouvelle génération de mathématiciens africains, capables non seulement de rivaliser avec leurs homologues étrangers mais aussi aptes à former la suivante. ► Miser résolument sur sa jeunesse : une nécessité pour l’Afrique Dans cette Afrique désormais « milliardaire », démographiquement parlant, et où 41 % de la population a moins de 15 ans, il est urgent pour l’ensemble des pays de ce continent de miser résolument sur cette jeunesse. « Au lieu de ne voir dans cette population jeune et nombreuse que des bouches affamées à nourrir, je préfère mettre l’accent sur le formidable potentiel dont sont porteurs ces bras et ces cerveaux pour peu qu’on leur assure la santé et l’éducation », écrit Jacques Bonjawo, ingénieur informaticien camerounais spécialiste des TIC mondialement réputé, dans son dernier ouvrage2. Le projet que défend Wilfrid Gangbo et ses collègues mathématiciens béninois s’inscrit pleinement dans cette vision d’une Afrique consciente des défis qu’elle va devoir nécessairement relever mais fière de ses atouts, trop souvent passés sous silence, faute d’une communication efficace.■ Jean-François Desessard Journaliste scientifique 1 Mathématiques : agir pour développer le très fort potentiel que recèle l’Afrique. In : La Lettre de la CADE, n° 133, sep- tembre 2010, pp. 8 et 9. 2 Jacques Bonjawo, Révolution numérique dans les pays en développement : l’exemple africain ; Editions Dunod, jan- vier 2011 Contact : Wilfrid Gangbo Courriel : gangbo@math.gatech.edu Dernière mise à jour : Mardi 11/06/2019 22:18 © 1996–2019 - La CADE Retour à l\'accueil, Logo de la CADE', tstamp=1563836968 WHERE id='611') thrown in …/system/libraries/Database.php on line 686
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