Fatal error: Uncaught exception Exception with message Query error: UPDATE command denied to user 'afriquedtest'@'10.21.20.18' for table 'tl_search' (UPDATE tl_search SET url='scientech-135-yvette-dembele', title='Scientech 135 : Yvette Dembélé', protected='', filesize='35.09', groups=0, pid='1716', language='fr', checksum='38c1677b87aff11986b49b3f8508f8b6', text='Scientech 135 : Yvette Dembélé C A D E Coordination pour l\'Afrique de Demain « Un autre regard sur l\'Afrique et les Africains » Yvette Dembélé \"Dr. Honoris Causa\": un encouragement pour les \"Femmes scientifiques du Faso\" la présidente de l\'Université de Bourgogne remet le titre de \"Docteur Honoris Causa\" à Yvette Dembélé. Le 25 septembre dernier restera dans la mémoire de l’Université de Bourgogne. Ce samedi-là en effet, sa Présidente, Sophie Béjean, a remis le titre prestigieux de « Docteur Honoris Causa » à cinq personnalités, dont deux femmes, Michèle Bachelet et Yvette Dembélé. La première est l’ancienne Présidente de la République du Chili. La seconde est Inspectrice de l’enseignement des sciences de la Vie et de la Terre à Ouagadougou, au Burkina Faso, et Secrétaire Générale de l’association « Femmes scientifiques du Faso pour la promotion de l’éducation scientifique et technologique des femmes » (FESCIFA/PRESCITEF). Si elles ne se connaissent pas personnellement, la première est présentée comme un « modèle » par la seconde au cours d’une conférence qu’elle a animée sur le thème du leadership féminin. Si Yvette Dembélé a un seul regret, c’est de ne pas avoir pu rencontrer son « modèle », Michèle Bachelet, lors de la cérémonie qui s’est déroulée le samedi 25 septembre dernier, dans la salle des Etats de la Mairie de Dijon. Retenue dans son pays, l’ancienne présidente du Chili n’a pu en effet être présente. Aussi a-t-elle transmis un témoignage qui a été lu lors de cette cérémonie. Michèle Bachelet est en effet l’un des modèles de femmes dont parle cette enseignante burkinabé lors des camps scientifiques de jeunes filles qui ont pu être organisés par l’association dont elle est Secrétaire Générale. « Au cours de ces camps scientifiques, nous réunissons durant douze jours une quarantaine d’élèves des classes de seconde et de première des filières scientifiques de toutes les régions du Burkina Faso. L’objectif de ces camps est de renforcer leurs capacités et, surtout, de susciter chez elles des vocations scientifiques », résume-t-elle. Au programme, de multiples activités qui vont de la réalisation d’expériences en physique, chimie et sciences de la Vie et de la Terre à une initiation à l’informatique et Internet, en passant par des mathématiques appliquées à la vie quotidienne ou encore une formation dans le domaine de la santé, sans oublier une série d’entretiens avec des femmes considérées comme des modèles. « Il est important de leur faire rencontrer des femmes scientifiques afin qu’elles partagent leurs expériences, des femmes dont elles peuvent s’inspirer dans leur façon de vivre leur passion », estime-t-elle. Des obstacles essentiellement économiques et culturels Ces camps ne sont évidemment qu’une des activités, parmi d’autres, proposées et menées par cette association qui a été créée le 28 septembre 1996. C’est à l’initiative d’un groupe de femmes exerçant des métiers d’enseignante en mathématiques, sciences physiques, sciences de la Vie et de la Terre, mais aussi dans les domaines de la santé, de la pharmacie et de la technologie, que cette structure a vu le jour au sein du Lycée Nelson Mandela - tout un symbole - de Ouagadougou. Cette association, qui compte aujourd’hui une centaine de membres, avait l’envie de faire partager son amour de la science à de jeunes lycéennes burkinabé à la veille d’entamer leur dernière année de second cycle avec, à l’horizon, le baccalauréat. Ce dernier est un examen qui reste un défi pour certaines d’entre elles, défi pouvant parfois prendre l’allure d’un parcours du combattant où les obstacles sont essentiellement économiques et culturels. Car si les femmes représentent environ 52 % de la population burkinabé, trop souvent elles sont encore minoritaires dans le second cycle scolaire au lycée, et a fortiori par la suite, dans les disciplines scientifiques et technologiques dispensées dans les établissements d’enseignement supérieur. Ainsi des études ont montré que ces jeunes filles du Burkina Faso seraient moins encouragées par leur milieu à réussir à l’école. On observe chez elles une faible motivation scolaire, d’autant plus importante quand elles sont en situation d’échec, due en particulier aux modes d’éducation parentaux qui valorisent moins la réussite scolaire des filles, étant donné que l’on estime qu’elles auront toujours un mari pour s’occuper d’elles. Autre obstacle significatif, le fait que les jeunes filles disposent de moins de temps à la maison pour étudier puisqu’elles sont astreintes aux tâches domestiques. On notera également que la scolarisation nécessite un investissement économique. Or la rareté des moyens des parents conduit souvent ceux-ci à faire des choix, les garçons étant alors privilégiés. Ajoutons que la socialisation différente des filles et des garçons, qui engendre le développement d’attitudes et de comportements spécifiques aux uns et aux autres, joue également un rôle dans leur approche de la scolarité et de la réussite ou de l’échec qui s’en suivra. Une démarche de longue haleine C’est donc dans ce contexte que se sont développées progressivement les activités de l’association « Femmes scientifiques du Faso pour la promotion de l’éducation scientifique et technologique des femmes ». « Les femmes de cette association, à l’image d’Yvette Dembélé, ont une énergie et une volonté qui force le respect », déclare le professeur Daniel Raichvarg, vice-Président délégué « Cultures et Cités » de l’Université de Bourgogne, et parrain d’Yvette Dembélé a l’occasion de la remise de cette distinction, si méritée, de « Docteur Honoris Causa » de l’Université de Bourgogne. Une association dont les membres réalisent un travail de chaque instant qui, évidemment, ne fait pas la « Une » des médias, trop habitués à « zapper » avec l’information instantanée alors que ce type de démarche s’inscrit dans la durée. Ainsi, grâce aux efforts fournis inlassablement par les femmes de cette association, désormais des jeunes filles bénéficient de cours d’appui et de renforcement qui se déroulent en général les après-midi du jeudi et du samedi, à partir de 15 heures. L’association œuvre à alléger les tâches domestiques des mères de ces jeunes filles à travers des sessions de formations à la confection et à l’utilisation de l’autocuiseur dénommé « bitatooré ». Cela permet aux mères de disposer de plus de temps pour se consacrer à des activités de développement et aux filles de travailler davantage leurs cours. « Les membres de l’association en profitent pour dispenser une éducation au développement durable, traitant de questions se rapportant par exemple à l’énergie ou à l’usage de l’eau », s’enthousiasme l’universitaire dijonnais de cette ébauche de ce que l’on appelle de la « communication engageante ». Démarche de longue haleine, le travail mené par cette association a déjà porté ses fruits. Ainsi Yvette Dembélé a observé des changements parmi les jeunes filles, en particulier une prise de conscience qui les conduit, pour certaines, à s’intéresser davantage aux sciences, notamment à travers les cours d’appui et de renforcement et les camps scientifiques d’été qui connaissent un succès grandissant. « Elles apprécient beaucoup l’accompagnement que nous leur apportons dans la préparation des différentes disciplines scientifiques pour le BEPC et le baccalauréat », précise-t-elle. Reste que les progrès qui émergent ici et là ne sont jamais acquis définitivement et qu’il faut poursuivre ce travail de sensibilisation, d’autant plus que des difficultés subsistent, en particulier au niveau du matériel et des équipements de laboratoires qui font parfois défaut. Pour les élèves, c’est alors l’impossibilité de pratiquer l’expérimentation, une étape essentielle dans toute discipline scientifique. « Au sein de l’Université de Bourgogne, nous disposons d’une cellule de solidarité grâce à laquelle nous pouvons parfois fournir un peu de matériels à cette association, notamment des ordinateurs ou encore des microscopes », indique Daniel Raichvarg. « Docteur Honoris Causa » : un encouragement à poursuivre ! De gauche à droite: Yvette Dembélé, docteur Honoris Causa de l\'université de Bourgogne, Sophie Béjean, Présidente de l\'Université de Bourgogne et le Professeur Daniel Raichvarg. © Thomas Hazebrouck, Focale info Depuis sa création, l’association burkinabé a tissé progressivement des liens avec d’autres associations étrangères, en particulier avec les femmes scientifiques du Togo qui, de leur côté, proposent également un encadrement au niveau du secondaire et de l’université. « Nous travaillons aussi avec les femmes scientifiques et ingénieurs du Mali qui cherchent aussi à promouvoir la science auprès des jeunes filles de ce pays », indique Yvette Dembélé. Plus généralement, cette association échange avec ses homologues d’autres pays du continent via le réseau africain des femmes scientifiques et ingénieurs (RAFESI). En France, par l’intermédiaire de Daniel Raichvarg, elle a noué des liens étroits avec le groupe de la région Bourgogne de l’Association Française des Femmes Diplômées des Universités (AFFDU). « Nous sommes en contact avec ce groupe depuis 2005. Leurs membres nous adressent régulièrement de la documentation que nous utilisons pour préparer nos cours de soutien scolaire », explique l’enseignante burkinabé qui, à l’occasion de sa venue à Dijon, a pu les rencontrer à nouveau et rapporter dans ses bagages 7 microscopes. « C’est un grand honneur pour moi, pour mon pays et pour l’association d’avoir reçu cette prestigieuse distinction », résume Yvette Dembélé. Certes ce titre de « Docteur Honoris Causa » de l’Université de Bourgogne récompense le travail déjà réalisé par l’association burkinabé. « Mais il nous a fait prendre conscience de nos responsabilités », déclare-t-elle. « Nous avons entamé un travail qui, visiblement, a été apprécié au point de nous décerner, en mon nom, cette distinction. Cela nous invite donc à persévérer dans notre effort et à franchir de nouvelles étapes, nécessaires, parce qu’il reste beaucoup à faire », estime-t-elle avant d’ajouter : « cette distinction est un encouragement ». Et cela a déjà commencé avec l’ébauche d’un véritable partenariat entre l’association burkinabé et le groupe bourguignon de l’AFFDU. De son côté, Daniel Raichvarg a contacté l’IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres) de Bourgogne qui, dans le cadre d’un partenariat éducatif, envoie déjà certains de ses étudiants au Mali.« Pourquoi ne pas développer un dispositif identique avec le Burkina Faso, via l’association des Femmes scientifiques du Faso ? », s’interroge-t-il. L’universitaire dijonnais, qui connaît bien l’Asie, et en particulier la Thaïlande, reconnaît bien volontiers que des expériences comme celle qui est menée par cette association au Burkina Faso, il en existe beaucoup dans le monde. « Mais sa particularité est de poser les questions essentielles différemment des hommes, qui plus est dans un monde où ces derniers restent très majoritaires. Ces femmes sont admirables. Elles travaillent beaucoup pendant que les hommes palabrent », lâche-t-il avec une pointe d’humour qui traduit néanmoins une certaine réalité quotidienne. C’est la raison pour laquelle il faut soutenir l’initiative de ces femmes burkinabé dont les activités contribuent à faire émerger la nouvelle génération de femmes chercheurs, enseignantes et décideurs que nécessite le Burkina Faso.■ Jean-François Desessard, Journaliste scientifique Contact : Yvette Dembélé Courriel : moihanbf@yahoo.fr Contact : Daniel Raichvarg Courriel : Daniel.Raichvarg@u-bourgogne.fr Dernière mise à jour : Mardi 11/06/2019 22:18 © 1996–2019 - La CADE Retour à l\'accueil, Logo de la CADE, Remise du titre de Dr honoris causa, De gauche à droite: Yvette Dembélé, Docteur Honoris Causa de l\'université de Bourgogne, Sophie Béjean, Présidente de l\'université et le professeur Daniel Raichvarg', tstamp=1571690242 WHERE id='793') thrown in …/system/libraries/Database.php on line 686
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