Fatal error: Uncaught exception Exception with message Query error: UPDATE command denied to user 'afriquedtest'@'10.21.20.18' for table 'tl_search' (UPDATE tl_search SET url='scientech-128-informatique-et-mathematiques-appliquees-au-service-du-developpement-economique-et-social', title='Scientech 128 : Informatique et mathématiques appliquées au service du développement économique et social', protected='', filesize='35.01', groups=0, pid='1586', language='fr', checksum='5ad157206c461171680c291cb1416580', text='Scientech 128 : Informatique et mathématiques appliquées au service du développement économique et social C A D E Coordination pour l\'Afrique de Demain « Un autre regard sur l\'Afrique et les Africains » Informatique et mathématiques appliquées au service du développement économique et social Maurice Tchuente © M. T. Fin novembre dernier, à Yaoundé au Cameroun, était signée la convention de création du Laboratoire International de Recherche en Informatique et Mathématiques Appliquées (LIRIMA) que dirige le professeur Maurice Tchuente, un informaticien camerounais de réputation internationale. Celle-ci faisait suite à la signature, le mois précédent, d’une autre convention, celle de la création de l’Unité Mixte Internationale UMMISCO (Unité de Modélisation Mathématique et Informatique de Systèmes Complexes), dirigée par le professeur Pierre Auger. Impliquant d’un côté l’INRIA* et 6 universités africaines, de l’autre l’IRD**, l’Université Pierre et Marie Curie (UPMC Paris 6) et 5 universités, dont 4 africaines et 1 vietnamienne, le LIRIMA et l’UMMISCO résultent d’une même démarche visant à accroître la mise en réseau des équipes de recherche du Nord et du Sud. Concernant l’état de la recherche scientifique en Afrique Centrale et de l’Ouest, le professeur Maurice Tchuente dresse un constat sans appel. Ainsi s’il rappelle qu’il existe de nombreuses poches d’excellence scientifique sur ce continent, animées par de petites équipes travaillant en partenariat avec des institutions du Nord et en particulier françaises, il regrette leur trop grande fragilité et la faiblesse de leur ancrage institutionnel. En outre, il estime que, contrairement aux sciences biologiques, médicales et agronomiques où les programmes de recherche sont traditionnellement liés aux priorités gouvernementales, les problématiques de recherche des équipes travaillant dans les sciences dites « dures », principalement la physique et les mathématiques, sont généralement liées aux thématiques développées au Nord et sont trop souvent sans lien avec les défis nationaux que doivent relever les pays d’Afrique. Ajoutez à cela une coopération entre institutions africaines qui reste trop faible et, pire, une « hémorragie massive de nos jeunes » qui, faute de structures d’accueil au Sud, s’en vont travailler dans les laboratoires partenaires du Nord. « Des 12 étudiants de la première promotion du Master 2 professionnel Réseaux et Applications Multimédia que propose l’Université de Yaoundé 1 depuis 2008, 6 poursuivent aujourd’hui une thèse au sein des laboratoires de nos partenaires du Nord », constate cet universitaire qui ajoute : « C’est la preuve que le niveau de nos étudiants est tout à fait remarquable, ce dont nous pouvons être fiers. Mais force est de constater que ces thésards seraient très utiles pour venir renforcer les effectifs de certains de nos laboratoires ». L’émergence d’une prise de conscience de l’importance de la science N’allez pas croire pour autant que Maurice Tchuente est un pessimiste de plus, bien au contraire. Car s’il dresse ce constat sans concession, il affiche néanmoins un optimisme forcené, en particulier au regard de certaines évolutions récentes dans différents pays d’Afrique et en particulier dans son pays, le Cameroun. « J’observe un fort engouement de nos jeunes pour les disciplines scientifiques et plus particulièrement l’informatique. Aussi assistons- nous à la multiplication des formations en informatique qui rencontrent beaucoup de succès au niveau bac + 2, voire bac + 3, le niveau Master connaissant encore des difficultés faute des ressources humaines capables d’assurer ces formations ». Autre raison de se réjouir pour cet informaticien réputé, les efforts consentis actuellement par le gouvernement camerounais en matière d’enseignement supérieur et de recherche, notamment à travers la création du compte d’affectation spéciale pour la modernisation de la recherche qui permet aujourd’hui aux chercheurs de bénéficier d’une allocation spécifique chaque trimestre. Parallèlement, un projet de mise en place d’un fonds d’appui à la recherche et à la professionnalisation visant à rendre les universités camerounaises attractives et compétitives tant au plan national que sous-régional ou international a été lancé. « La prise de conscience par les autorités politiques de l’importance de la recherche dans le développement économique d’un pays est en marche. Et celle-ci dépasse largement les frontières du Cameroun », déclare-t-il. Les bailleurs de fonds des pays africains qui ont affirmé, durant longtemps, que l’enseignement supérieur n’était pas une priorité, conduisant ainsi des gouvernements à arrêter le recrutement dans les universités ou encore à réduire les financements publics alloués à ces établissements, en sont aujourd’hui convaincus. Le développement économique d’un pays ne pouvant être mené à terme sans l’appui de la recherche, il est donc nécessaire de disposer en amont d’un enseignement supérieur de haut niveau. Maurice Tchuente en veut pour preuve le projet de création de la « Pan African University », lancé par l’Union Africaine, dont l’objectif est de favoriser le développement d’un espace universitaire africain. Permettant de mutualiser les ressources humaines et les moyens techniques de chaque pays impliqué dans ce projet, la Pan African University devrait ainsi conduire à l’émergence de projets menés en commun. « La Conférence des Ministres de l’Education de l’Union Africaine (COMEDAF) a pris le projet en main et s’y intéresse de très près. Il est permis d’espérer un démarrage à la rentrée universitaire 2010 », indique-t-il. L’aboutissement d’une même « démarche réseau » C’est dans ce contexte d’une Afrique qui réfléchit à ce qu’elle pourrait être demain et souhaite pouvoir décider davantage de ce que sera son avenir, autrement dit d’une Afrique bien loin des seuls clichés catastrophistes qui circulent sur elle dans la presse, qu’est née l’idée de créer le LIRIMA et l’UMMISCO. « La présence de l’INRIA sur le continent africain ne date pas d’hier puisqu’elle remonte à 1986. Une convention avait alors été signée entre l’INRIA, l’Université de Yaoundé et l’Université des Nations Unies (UNU), pour la mise en place de la première formation doctorale en informatique », rappelle Maurice Tchuente. Et c’est à partir de ce noyau qu’a été créé un réseau informatique qui, depuis 1992, année de la première édition à Yaoundé, organise tous les deux ans un colloque regroupant l’ensemble des chercheurs en informatique de l’Afrique francophone. Ce réseau a conduit notamment à l’émergence d’un important projet portant sur les Mathématiques et l’Informatique, SARIMA, financé entre 2004 et 2008 par le ministère des Affaires Etrangères et Européennes. Or en 2009, à l’occasion de l’évaluation de ce projet, il est apparu qu’il était possible et souhaitable de fédérer toutes ces recherches menées dans le domaine des STIC (Sciences et Technologies de l’Information et de la Communication) et de créer un laboratoire avec l’INRIA. C’est ainsi qu’est né le LIRIMA qui se structure progressivement et vient de tenir la première réunion de son comité de pilotage. De son côté, l’IRD, dont l’implantation en Afrique est beaucoup plus ancienne, a créé l’UMMISCO dès janvier 2009, cette Unité Mixte Internationale étant le prolongement, sous une autre forme, de l’Unité de recherche GEODES de l’IRD créée en 2000. « En 2007, il est apparu que le réseau MAT (Modélisation et Applications Thématiques) mis en place depuis 2003 par l’IRD, autour de la modélisation mathématique et informatique appliquée aux systèmes environnementaux et sociaux - réseau qui fédérait des laboratoires africains et l’UR GEODES de l’IRD - pouvait et devait évoluer en une Unité Mixte Internationale », rappelle Maurice Tchuente. Placée sous la double tutelle de l’IRD et de l’Université Pierre et Marie Curie (UPMC Paris 6) l’UMMISCO a donc été bâtie autour de l’ancienne unité GEODES et de ses équipes partenaires en France, en Afrique et en Asie du Sud-Est. A vocation recherche tout comme le LIRIMA, l’UMMISCO a en plus vocation à dispenser des formations d’où son soutien à un réseau de Master en « Systèmes Complexes » et à un Programme Doctoral International. Aboutissement d’une même « démarche réseau », ce Laboratoire International de Recherche et cette Unité Mixte Internationale sont donc pleinement complémentaires. « Il n’y a pas de concurrence entre ces deux structures. Côté français, une réflexion est même engagée pour faire émerger une synergie entre ces deux réseaux », précise Maurice Tchuente. La recherche scientifique comme catalyseur autour d’un même élan Aujourd’hui directeur de recherche à l’IRD au sein d’une équipe de l’UMMISCO et directeur du LIRIMA, le professeur Maurice Tchuente s’intéresse donc plus particulièrement à la modélisation épidémiologique. Ce chercheur dont les travaux portent globalement sur les réseaux d’automates et les systèmes coopératifs et complexes, c’est-àdire des réseaux composés d’un grand nombre d’entités en interaction, a mené des recherches aussi bien théoriques que tournées vers l’application. Dans le domaine de ce que les informaticiens appellent le « massivement parallèle », qui consiste grosso modo a faire fonctionner en parallèle un grand nombre de processeurs afin d’exécuter plus rapidement des tâches comportant un très grand nombre de calculs, ce chercheur camerounais a notamment développé des algorithmes aujourd’hui « implémentés » sur ce type de machines. « Après avoir eu la chance d’exercer comme recteur de l’Université à Dschang, Ngaoundéré et Douala et m’être impliqué dans la politique, en particulier en participant au gouvernement du Cameroun, j’ai décidé dès 2005, quand j’ai repris mes travaux scientifiques, de m’attaquer à une problématique plus ancrée sur la réalité nationale. Or il m’a semblé que le domaine de la santé était celui où il y avait le plus grand besoin d’apports d’outils mathématiques et informatiques », explique-t-il. Ainsi son équipe travaille actuellement avec les chercheurs du Centre de Yaoundé de l’Institut Pasteur, en particulier avec le docteur Pascal Boisier qui dirige l’Unité d’Epidémiologie et de Santé Publique. « Nous sommes en train de développer une plate-forme informatique de suivi épidémiologique de la rage », indique-t-il. De même, avec l’Université de Saint-Louis du Sénégal, avec laquelle l’équipe de Maurice Tchuente réalise des échanges d’étudiants et d’enseignants, un travail est en cours concernant la transmission de l’hépatite B. « Nous essayons de voir quel est l’impact de la vaccination sur l’évolution de cette maladie en Afrique ». L’informatique et les mathématiques appliquées ont donc un rôle considérable à jouer, tant en matière de santé que d’environnement. D’où l’importance du LIRIMA et de l’UMMISCO dont Maurice Tchuente attend beaucoup. Ils vont en effet contribuer à promouvoir la formation et la recherche scientifique de haut niveau en informatique et mathématiques appliquées, en relation avec des problématiques du développement économique et social, qui plus est dans le cadre de partenariats publics et privés, et offrir localement des cadres de travail attractifs et propices à la formation des nouvelles générations d’enseignants et de chercheurs dans ces disciplines. « Le LIRIMA et l’UMMISCO permettront aussi de structurer et de fédérer les relations scientifiques de manière à assurer, grâce à un meilleur ancrage institutionnel une plus grande pérennité et l’appropriation par les universités africaines hôtes », s’enthousiasme-t-il. Dans ce contexte, la recherche scientifique ne pourrait-elle pas à terme constituer une sorte de catalyseur pour regrouper des pays africains dans un même élan ? ■ Jean-François Desessard Journaliste scientifique * Institut national de recherche en informatique et automatique ** Institut de Recherche pour le Développement, Contact : Maurice Tchuente Courriel : Maurice.Tchuente@ens-lyon.fr Dernière mise à jour : Mardi 11/06/2019 22:18 © 1996–2019 - La CADE Retour à l\'accueil, Logo de la CADE, Maurice Tchuente © M. T.', tstamp=1566458881 WHERE id='667') thrown in …/system/libraries/Database.php on line 686
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