Des signes encourageants pour la santé dans le pays pauvress

Longtemps les politiques de santé publique dans les pays pauvres ont buté sur le coût élevé des médicaments produits par les grands laboratoires pharmaceutiques du Nord. Depuis le début de ce siècle, il est permis d’espérer de grands changements de cette situation, avec l’intérêt porté à la baisse du coût des médicaments par des Fondations - telle celle de Bill et Melinda Gates créée en 2000 et dotée de gros moyens -, le retrait en 2001 de la plainte de 39 laboratoires pharmaceutiques mondiaux contre une loi sud-africaine qui, en facilitant la fabrication et l’importation de médicaments génériques contre le SIDA, était considérée comme contraire au droit des brevets et encore, en cette même année 2001, l’adoption de la déclaration de Doha par une conférence ministérielle de l’OMC, selon laquelle des dispositions sur la propriété intellectuelle ne doivent pas faire obstacle aux politiques publiques de protection de la santé.

Il en est résulté différentes initiatives qui améliorent l’accès aux médicaments. Emblématique de ce point de vue, la mise au point par un laboratoire indien d’un traitement anti-VIH du SIDA au prix de 350 $ pour un traitement annuel proposé à Médecins sans frontières (contre un coût annuel du traitement de 10.000 $ aux Etats-Unis). Plus novateur, la création de partenariats public-privé (PPP). Parmi ces derniers celui de l’Initiative Médicaments pour les maladies négligées (en anglais DNDI) fondé en 2003 par Médecins sans frontières mérite de retenir l’attention.

Il se propose en effet de travailler sur les maladies qui ne font plus l’objet de recherches de la part de l’industrie pharmaceutique et ou pour lesquelles, il n’y a pas de marché dans les pays riches. MSF a cinq autres partenaires - Fondation Oswaldo Cruz au Brésil, Conseil indien de la recherche médicale, Ministère de la Santé de Malaisie, Institut de la recherche médicale du Kenya et Institut Pasteur - , collabore avec les agences de l’ONU et bénéficie de fonds publics britanniques, français et néerlandais ainsi que de ressources provenant de l’Italie, de la Suisse et de l’Union Européenne.

Aucun des médicaments mis au point par le DNDI à partir de molécules détenues par ses partenaires privés n’est couvert par un brevet. Il en est ainsi de l’ASAQ qui associe l’artesunate (AS) et l’amodiakine (AQ), comme nouveau médicament contre le paludisme qui tue par an 1 million de personnes dans les pays pauvres. Ce médicament, fabriqué au Maroc par Sanofi-Aventis coûte 1 dollar la boîte pour l’adulte et 50 cents pour l’enfant. Il est disponible depuis le 1er mars 2007.


Jean-Loïc Baudet