Premières résolutions de l'histoire du Conseil des ministres ACP - UE

Le Conseil des Ministres ACP – UE des 12 et 13 juin derniers a, pour la première fois de son histoire, adopté des résolutions sur des sujets brûlants tel que la hausse des produits agricoles, la négociation des Accords de Partenariat Economique (APE), l’intégration régionale et l’efficacité de l’aide au développement. Il s’agissait pour lui de marquer l’importance politique qu’il attache à ces questions. Malheureusement les termes dans lesquels ont été arrêtées ces résolutions sont trop vagues pour déboucher sur de nouvelles politiques en la matière.

Prenons le cas des APE. Après avoir marqué leur attachement à l’intégration régionale, souvent mise à mal par les accords intérimaires auxquels se sont résolus les pays les plus dépendants de leurs échanges extérieurs avec l’UE, les ministres se sont contentés d’évoquer la nécessité d’être plus flexibles et pragmatiques dans la conduite des négociations. On se souvient qu’à la demande du gouvernement français un rapport (qui porte le nom de son auteur Mme Taubira) a été réalisé : il préconise de réduire la portée de la libéralisation (pour protéger l’agriculture vivrière) et d’allonger la période d’application de la libéralisation. Il met l’accent aussi sur l’impact des normes alimentaires européennes sur les exportations des pays ACP. Ces recommandations inspireront-elles demain les négociateurs européens jusqu’à présent plus enclins à libéraliser le commerce qu’à tenir compte des conditions de développement des pays ACP ? ■

Jean-Loïc Baudet