Numéro spécial

« Regards sur la Science et la Technologie : quatre exemples d’action et de réflexion »

L’énergie solaire, un projet scientifique fédérateur pour l’Afrique

Cheick Modibo Diarra © Microsoft
Cheick Modibo Diarra © Microsoft

Le docteur Cheick Modibo Diarra est ce chercheur malien qui s’est rendu célèbre comme « navigateur interplanétaire », à Caltech, le plus réputé des centres de recherche de la NASA, en participant à plusieurs missions spatiales vers Vénus, Jupiter et Mars, dont l’extraordinaire « Mars Pathfinder » et son étonnant petit robot « Sojourner ». Depuis février 2006, à la demande de Bill Gates, il est Président de Microsoft Afrique et Moyen-Orient, un poste qu’il quittera en janvier prochain. L’occasion pour lui de dresser un premier bilan de son action au sein de la multinationale américaine, d’évoquer ses prochains projets centrés sur l’énergie solaire mais aussi l’autosuffisance alimentaire en Afrique et, plus généralement, de porter un regard sur l’état de la science et de la technologie sur ce continent.

Propos recueillis par Jean-François Desessard.

Jean-François Desessard - Pourquoi avoir accepté la présidence de Microsoft Afrique et Moyen-Orient que vous a proposé Bill Gates ? Etait-ce dans la logique de vos précédentes missions, notamment dans le cadre de l’Université Virtuelle Africaine ?

Cheick M. Diarra - L’objectif de l’Université Virtuelle Africaine était de pouvoir donner accès au plus grand nombre d’Africains à une éducation de qualité à un prix acceptable par eux. Ainsi pour environ 300 dollars un étudiant pouvait s’inscrire à un programme de cours lui permettant d’aboutir à l’obtention de son diplôme d’ingénieur en informatique. Certes, je n’étais pas convaincu d’être l’homme de la situation quand Bill Gates m’a contacté. Mais en dialoguant avec lui, j’ai pris conscience que la mission qui m’était proposée s’inscrivait pleinement dans la logique de l’Université Virtuelle Africaine. Mon enthousiasme était d’autant plus grand que l’on me proposait d’être l’ambassadeur, à la fois de Microsoft en Afrique et de l’Afrique au sein de Microsoft. Cette proposition m’est donc apparue comme une opportunité de développer des actions. Par exemple, traduire les logiciels dans les langues locales tout en encourageant de jeunes Africains qui maîtrisent les technologies vocales, à y ajouter la voix. Ainsi en pointant le curseur sur les différents mots d’un texte, chaque utilisateur obtiendra sa traduction vocale. Imaginez ce que pourrait représenter l’accès à un tel outil dans mon pays, le Mali, où les illettrés représentent entre 70 et 80 % de la population. Les traductions en zoulou, en swahili et en amhric sont d’ores et déjà terminées. Aujourd’hui, nous travaillons sur le wolof, le haoussa et le igbo et souhaitons entamer le peul, le bambara et le mossi.

J.F. D - La formation des populations africaines à l’utilisation de l’informatique et d’Internet est l’une de vos actions phares depuis votre arrivée au sein de Microsoft. Où en êtes-vous ?

Cheick M. Diarra - En août 2006, à l’occasion de la réunion du groupe qui se déroule tous les deux ans au Cap, en Afrique du Sud, Bill Gates a indiqué qu’il souhaitait que Microsoft puisse former gratuitement 250 millions de personnes dans le monde. En ce qui nous concerne, nous avons donc fait le pari de former 45 millions d’Africains avant la fin 2010. Grâce aux programmes de formation que nous avons mis en place dans différents pays, nous disposons de formateurs et d’enseignants à qui nous donnons les moyens de transmettre le savoir nécessaire à d’autres formateurs et des élèves. Certaines ONG disposant de centres de formation, nous les équipons d’une connexion Internet et faisons appel à un formateur afin que quiconque le souhaite puisse venir se former à cette technologie. Là où il n’existe pas de centre de ce type, les cyber-cafés peuvent constituer des lieux intéressants pour former le public. Selon les données dont nous disposons aujourd’hui, nous devrions largement dépasser nos objectifs initiaux à la fin de l’année 2010.

J.F. D - Votre mandat se termine dans 4 mois. Comment envisagez-vous la suite de votre carrière professionnelle ?

Cheick M. Diarra - Je compte m’investir à nouveau dans le développement de l’énergie solaire en Afrique. A mon retour de Caltech, je m’y étais déjà intéressé. Bamako abritait alors le Centre Régional d’Energie Solaire (CRES) qui, depuis, a fermé sans qu’on ne sache pourquoi. Faute d’une véritable volonté politique, nos efforts n’ont pas permis d’aboutir et l’expérience, qui visait à regrouper, au sein d’une organisation, tous les ingénieurs qui avaient travaillé sur l’énergie solaire dans différents pays, a été arrêtée. Ce relatif échec, dû en particulier au fait que nous n’avons pas su mobiliser les décideurs politiques, ne m’empêche pas de continuer à affirmer que si nous devons un jour gagner le pari de l’industrialisation en Afrique, il est impératif de réfléchir au problème de l’énergie. L’énergie solaire pour le nord du continent et l’énergie hydraulique pour la région du fleuve Congo semblent être les mieux adaptées. En les combinant, il sera alors possible de fournir en abondance l’énergie nécessaire au développement de l’Afrique. Mais avant d’en arriver là, il faut commencer par essayer de convaincre les décideurs de quelques pays. Quelques-uns de mes anciens collègues de Caltech, qui comptent parmi les meilleurs spécialistes mondiaux en matière de conception de panneaux solaires, et dont certains sont aujourd’hui en retraite, sont prêts à se lancer à mes côtés dans cette aventure.

J.F. D - Avant d’accepter la proposition de Microsoft, vous avez également développé un projet agronomique dans une ferme au Mali. L’alimentation fait-elle aussi partie de vos préoccupations ?

Cheick M. Diarra - L’autosuffisance alimentaire est une de mes priorités. Il n’est pas normal qu’un pays comme le Mali, qui compte un peu plus de 13 millions d’habitants pour une superficie d’environ 1,2 million de km2, soit près de deux fois celle de la France, et abrite le fleuve Niger grâce auquel plus de 1 million d’hectares pourraient être irrigués facilement, ait recours à l’étranger pour pouvoir nourrir sa population. Face à cette situation, j’ai donc initié un projet dans une ferme au Mali, l’objectif étant de mettre au point des semences de haute qualité et de rendement élevé adaptées au goût des consommateurs. A cette occasion, nous avons mené des tests sur différents échantillons de mil, de riz et de maïs. Dans ce contexte, nous voulions, avec l’aide du gouvernement malien, commencer à former des jeunes qui sortent de l’école d’agronomie de Katibougou, notre objectif étant de les spécialiser dans la fabrication de ces semences qui seraient ensuite vendues aux paysans. C’est un projet que je souhaite relancer.

J.F. D - Plus généralement, quel regard portez-vous sur la science et la technologie en Afrique ? Quel est votre constat ?

Cheick M. Diarra - Les chercheurs africains sont confrontés à trois problèmes majeurs. Il faut d’abord rappeler que l’immense majorité d’entre eux ne dispose pas des moyens nécessaires à leur activité de recherche, ne participe que très rarement à des conférences au niveau international et n’a quasiment pas l’opportunité de publier dans les grandes revues scientifiques. Ensuite, il n’existe quasiment aucun projet fédérateur qui puisse regrouper des chercheurs de l’ensemble de la communauté scientifique du continent. Or je suis convaincu que sur un continent où le développement industriel est handicapé par le coût prohibitif de l’énergie, alors que dans le même temps le soleil brille plus de 12 heures par jour sur des millions de km2, l’énergie solaire pourrait être à l’origine d’un projet capable de fédérer l’ensemble des compétences scientifiques et technologiques africaines. Enfin, la méconnaissance des médias africains des questions scientifiques fait que la science n’est pas vulgarisée et diffusée auprès du grand public. Or la combinaison de ces trois problèmes fait que les décideurs politiques ne perçoivent pas véritablement en quoi la maîtrise de la science peut contribuer à l’amélioration de la vie quotidienne. D’où une absence d’investissements et, par conséquent, de moyens, pour les chercheurs africains. C’est un cercle vicieux.

J.F. D - Face à cette situation, restez-vous optimiste pour l’avenir du continent ?

Cheick M. Diarra - Confrontés à cette situation, certains se définissent comme des « afro-pessimistes », d’autres se disent « afro-optimistes ». Face à ces réponses quelque peu extrémistes et irresponsables, je me range parmi les « afro-responsables ». Quand j’observe ce qui se passe aujourd’hui en Afrique, et en particulier les demandes qui émanent des jeunes, à savoir plus de gouvernance, plus de transparence, l’arrêt de cette « navigation à vue » qui a conduit à la situation actuelle, et une meilleure planification sur la base des moyens réellement disponibles dans chaque pays, j’estime que cette démarche est encourageante. Maintenant, nous qui sommes d’une autre génération, au lieu d’observer ces changements avec optimisme ou pessimisme, il faut que nous prenions nos responsabilités et profitions de ce nouvel élan pour mettre en place les conditions qui permettront à cette jeunesse de s’exprimer davantage et de se réaliser pleinement. Il est urgent que nous développions les conditions qui leur permettront de travailler. Par ailleurs, plus nous traversons des crises globales comme aujourd’hui qui touchent tous les pays, y compris ceux dont l’Afrique avait trop souvent tendance à attendre des aides, plus les jeunes Africains se rendent compte qu’il faut arrêter de vivre dans l’espoir que d’autres vont venir les sauver. C’est ce qui me procure de l’espoir pour l’avenir.

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Contact : Cheick Modibo Diarra
Courriel : cdiarra(at)microsoft.com
Ouvrage de Cheick Modibo Diarra : Navigateur Interplanétaire, Livre de Poche, 2005

Genesis Telecare ou le pari de la télémédecine au Cameroun

Jacques Bonjawo © Genesis Telecare
Jacques Bonjawo © Genesis Telecare

Permettre à des populations vivant dans des zones éloignées, privées de médecins, de bénéficier néanmoins d’un panel d’examens médicaux nécessaires à l’établissement d’un diagnostic, tel est le pari de la télémédecine. En lançant le projet « Genesis Telecare », le 21 avril dernier, à Yaoundé au Cameroun, l’informaticien Jacques Bonjawo, après avoir occupé de hautes responsabilités au sein de Microsoft et fondé l’entreprise Genesis Futuristic Technologies, localisée aux Etats-Unis, a donc décidé à son tour de relever ce défi. Aujourd’hui, il dresse un premier bilan positif de ce projet dont il souhaite à terme exporter le modèle, en particulier sur le continent africain.

Genesis Telecare s’inscrit pleinement dans la démarche adoptée par Jacques Bonjawo depuis son départ de Microsoft en 2006 après y avoir travaillé durant 9 ans au développement de grands projets. « J’ai estimé alors que je disposais de l’expérience nécessaire pour développer certains projets en Afrique, et plus particulièrement dans mon pays, le Cameroun », explique-t-il. Car pour cet informaticien mondialement réputé, qui travaille toujours comme consultant pour la multinationale américaine basée à Redmond et dirige Genesis Futuristic Technologies, une société informatique dont il est le fondateur, il est important de servir son pays. « Dans le cas contraire, j’aurais eu l’impression de gâcher ma vie ». Aussi, après s’être intéressé au secteur de l’éducation en s’impliquant largement dans le développement de l’Université Virtuelle Africaine (UVA), un programme d’enseignement à distance, a-t-il décidé de se lancer dans le secteur de la santé et de bâtir un projet de télémédecine au Cameroun. Durant quasiment un an, il a exploré le sujet, « tâté le terrain », vu quelles étaient les solutions les mieux adaptées, avant de boucler son dossier et de prendre la décision « d’y aller ».

Les maladies cardiovasculaires pour commencer

Le 21 avril dernier, un premier électrocardiogramme a pu être réalisé sur un patient qui se trouvait à Abong-Mbang, une petite ville rurale de la province de l’est du Cameroun. Transmis en direct à Yaoundé, les résultats ont été analysés aussitôt et interprétés par les médecins présents. « La zone rurale constitue notre cheval de bataille. Quand ils ont besoin d’effectuer un examen de ce type, les personnes qui y résident, faute de l’équipement médical nécessaire, voire du technicien pour le faire fonctionner, doivent en effet se déplacer à Yaoundé ou Douala », indique Jacques Bonjawo. Aussi le projet Genenis Telecare prévoit- il de mettre en place rapidement dans chacun des sites qu’il va créer des équipements médicaux spécifiques comme un stéthoscope électronique et un électrocardiographe. D’ores et déjà, deux sites où les patients peuvent se rendre, celui d’Abong-Mbang et un autre à Yaoundé, sont opérationnels. « Nous avons choisi pour commencer de mettre l’accent sur les maladies cardiovasculaires. Durant la préparation du projet, nous avons pu observer en effet que près du tiers de nos compatriotes avait une pression artérielle trop élevée et que l’on meurt beaucoup d’AVC au Cameroun ». Dans ces deux centres, des infirmiers et infirmières ont été formés spécifiquement aux technologies utilisées.

A Yaoundé, au centre où sont acheminées toutes les données collectées auprès des patients sur les deux sites de consultation, travaille une vingtaine de personnes, principalement des médecins à plein temps qui font les diagnostics et des techniciens dont le rôle est de mettre en place l’ensemble du système et de veiller à son bon fonctionnement. « D’autres médecins viennent compléter cette équipe. Par exemple, chaque jeudi et chaque samedi, un cardiologue se rend au centre de Yaoundé pour interpréter des électrocardiogrammes. En fonction de nos besoins, nous faisons également appel à d’autres médecins, par exemple en Inde mais aussi en France où le docteur Yann Hetmaniak, radiologue très réputé localisé à Montpellier, a accepté de nous interpréter des radiographies lourdes ». Genesis Telecare est donc avant tout un réseau que Jacques Bonjawo bâtit progressivement en multipliant les collaborations avec différents pays, y compris les Etats- Unis.

Un modèle à exporter

Premier constat depuis le lancement de Genesis Telecare, l’engouement qu’il suscite auprès de la population camerounaise. Car si Jacques Bonjawo avait parfaitement bouclé son dossier, il restait quelque peu inquiet quant à la façon dont le public allait accueillir cette médecine si particulière où le patient n’est pas en contact direct avec le médecin. « Or il s’avère que les patients sont plus décontractés quand le médecin leur parle à distance, plus francs, plus directs et plus ouverts », constate- t-il. Autre point positif de ces cinq premiers mois de fonctionnement, le fait d’avoir reçu près de 500 patients sur le site de Yaoundé pour des consultations gratuites et environ 200 patients à Abong- Mbang. Précisons que dès son lancement, le projet Genesis Telecare avait prévu d’organiser des journées portes ouvertes durant lesquelles des patients pourraient bénéficier d’une consultation et, le cas échéant, d’un électrocardiogramme. C’est à partir de cette base de données qu’à été const itué le «dossier médical électronique » qui représente le pivot du système mis en place par Genesis Telecare. Ainsi pour chaque patient est créé un dossier crypté dès la première consultation, dossier auquel il n’est possible d’accéder qu’à l’aide d’un code. Jusqu’à présent, le projet Genesis Telecare est financé sur fonds propres. Jacques Bonjawo souhaitait en effet dans un premier temps ne pas compter sur des aides extérieures. « Nous bénéficions néanmoins d’un soutien de l’Etat camerounais sous la forme d’une convention relativement intéressante que nous avons signé avec le ministère de la Santé. Celle-ci nous autorise en effet un accès aux infrastructures hospitalières publiques. Ainsi, à Abong- Mbang, nous disposons d’une salle pour recevoir les patients, salle qu’il nous appartient d’équiper », résumet- il. Sans doute des aides serontelles nécessaires dans une seconde étape du projet, celui qui l’a imaginé ayant pour objectif d’exporter ce modèle de télémédecine dans d’autres pays, que ce soit en Afrique ou sur d’autres continents. « Si les premiers résultats obtenus se confirment et que Genesis Telecare est un véritable succès, nous réfléchirons alors à la manière d’exporter ce modèle, bien que nous le fassions déjà d’une certaine manière à travers nos connexions à l’étranger, notamment en Inde ». Dans le futur, il envisage de disposer par exemple de plusieurs médecins basés aux Etats- Unis qui pourraient diagnostiquer des patients vivant en Afrique. « Il est permis également d’imaginer qu’un médecin africain spécialiste de médecine tropicale pourra collaborer avec un de ses confrères américains afin de soigner un patient vivant aux Etats-Unis et souffrant d’une maladie tropicale », déclare-t-il.

Faire profiter de son expérience

Confiant, Jacques Bonjawo doit néanmoins rester réaliste. Car pratiquer la médecine à distance nécessite forcément de disposer d’énergie, non seulement pour faire fonctionner les instruments médicaux mais également pour transmettre les données. Or les pannes d’électricité ne sont pas rares au Cameroun. Ce sont donc les zones rurales où ces pannes sont les moins nombreuses qui ont été retenues en priorité. « Il nous a fallu aussi envisager des solutions alternatives et notamment l’utilisation d’instruments fonctionnant à l’énergie solaire », précise-t-il. De plus, en cas de panne d’électricité, les données médicales stockées sur les ordinateurs portables utilisés en zone rurale peuvent être acheminées ensuite vers Yaoundé sous la forme d’un e-mail.

Aujourd’hui, Genesis Telecare occupe donc pleinement Jacques Bonjawo, même si cet homme extrêmement créatif et dynamique vit toujours aux Etats-Unis où est basée Genesis Futuristic Technologies, une entreprise de prestations informatique qu’il a créée. Il s’agit en quelque sorte de la holding d’une autre structure localisée en Inde, spécialisée dans la conception de logiciels. « Dans ce pays, nous développons également un volet télémédecine spécifique mais qui n’a pas de lien direct avec le projet camerounais », précise-t-il. Il faut dire que les économies d’échelle qu’il est possible de réaliser en Inde n’ont rien à voir avec celles qu’il est permis d’envisager au Cameroun. Qui plus est le coût de la bande passante en Inde reste peu élevé alors qu’il est exorbitant au Cameroun.

« Désormais, mon rôle est celui d’un catalyseur », affirme l’informaticien camerounais, qui estime que son parcours, notamment au sein de Microsoft, l’a préparé à cette mission. Il avoue que les neuf années qu’il a passées dans cette multinationale ont littéralement changé sa vie. « J’y ai acquis une expérience unique. Or ce serait du gâchis de ne pas en faire profiter mon pays, et plus généralement le continent africain. Alors certes, j’habite toujours Seattle, mais Genesis Telecare m’a permis de revenir en Afrique avec un projet concret », s’enthousiasme Jacques Bonjawo qui espère bien ainsi, si son projet est couronné de succès, servir de modèle à une jeunesse africaine qui doit retrouver la passion d’entreprendre.

Jean-François Desessard, Journaliste scientifique

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Contact Jacques Bonjawo
Courriel : jacques (at)genesis-in.com
GenesisTelecare :www.genesistelecare.com
Genesis Futuristic Technologies : www.genesis-in.com

Ouvrages de Jacques Bonjawo :

  • Mes carnets de voyage : 2000-2010, Cosmos Publishing, 2009
  • Intellectuels africains face à la mondialisation (ouvrage collectif), Cosmos Publishing, 2007
  • Mes années Microsof : un Africain chez Bill Gates, Cosmos Publishing, 2007
  • L’Afrique du XXIème siècle, Editions Karthala, 2005
  • Internet : une chance pour l’Afrique, Editions Karthala, 2002.

Riz : des variétés toujours mieux adaptées aux contraintes environnementales

Khady Nani Dramé dans une serre avec des plants de riz qui poussent en pots. © Micheline Pelletier / Abacapress
Khady Nani Dramé dans une serre avec des plants de riz qui poussent en pots. © Micheline Pelletier / Abacapress

Organisation de recherche panafricaine regroupant 23 pays membres, le Centre du riz pour l’Afrique (Africa Rice Center), dont le siège temporaire est situé à Cotonou, au Bénin, est aussi l’un des 15 centres internationaux de recherche agricole parrainés par le Groupe Consultatif pour la Recherche Agricole Internationale (GCRAI). Les recherches qui y sont menées visent à améliorer la productivité et la rentabilité du secteur rizicole tout en veillant à la durabilité de son milieu de production. Dans le cadre d’un post-doc, Khady Nani Dramé, jeune Sénégalaise titulaire d’un doctorat en écophysiologie moléculaire, y poursuit des travaux sur la tolérance à la toxicité ferreuse du riz. Lauréate en 2007 d’une bourse L’OREAL-UNESCO, elle y avait alors travaillé sur la tolérance à la sécheresse d’Oryza glaberrima, le riz d’origine africaine cultivé exclusivement en Afrique de l’Ouest. « Les recherches auxquelles je participe ont un impact, aussi minime soit-il, sur la vie quotidienne et le bien-être de mes compatriotes », déclare-t-elle comme pour expliquer ses choix scientifiques.

Plus jeune, elle voulait être ambassadrice. Mais douée pour les disciplines scientifiques, elle s’est tournée vers la recherche agricole. C’est en France qu’elle fait ses études universitaires, plus particulièrement à Caen, à Toulouse puis à l’Université de Paris XII, dans le Laboratoire d’Ecophysiologie Moléculaire que dirige le professeur Zuily-Fodil. Elle y réalise une thèse sur l’adaptation à la sécheresse de l’arachide, qui est alors la principale culture commerciale au Sénégal. « La sécheresse est l’une des contraintes majeures en Afrique. D’où l’importance de trouver des variétés qui résistent au manque d’eau», explique- t-elle. Doctorat en poche, elle obtient en février 2007 une bourse L’OREAL-UNESCO grâce à laquelle elle peut partir travailler au Centre du Riz pour l’Afrique, à Cotonou, au Bénin, où elle entame de nouvelles recherches toujours en lien avec la sécheresse. Mais cette fois-ci, elle décide d’orienter ses travaux sur le riz, et plus particulièrement sur la tolérance à la sécheresse d’Oryza glaberrima, le riz d’origine africaine qui n’est cultivé qu’en Afrique de l’Ouest. « Le riz est la première céréale au monde pour l’alimentation humaine. Qui plus est, c’est un élément fondamental de l’alimentation de nombreuses populations, notamment en Afrique. C’est pourquoi j’ai décidé de m’y intéresser », argumente-t-elle.

De la sécheresse à la toxicité ferreuse

Cultivé dans les régions tropicales, subtropicales et tempérées chaudes pour son fruit riche en amidon, le riz est une céréale de la famille des Poacées ou Graminées. Il désigne l’ensemble des plantes du genre Oryza, soit plus d’une vingtaine d’espèces parmi lesquelles seules deux sont cultivées : Oryza sativa et Oryza glaberrima. Le premier, le riz dit « asiatique », s’il est très productif s’avère néanmoins très sensible aux stress biotiques et abiotiques de l’Afrique sub-saharienne (ASS). En revanche, le second, l’espèce africaine, n’est certes pas très productive mais présente de bons caractères adaptatifs aux différents stress, entre autres, la sécheresse. Le fait que cette dernière espèce soit restée sauvage lui a permis en effet de mieux s’adapter. La solution idéale serait de pouvoir combiner le potentiel de haut rendement de la première espèce avec les caractères de tolérance de la seconde afin d’obtenir des variétés de riz à la fois très productives et tolérantes à des contraintes environnementales. C’est le défi qu’a décidé de relever un chercheur sierra léonais, le docteur Monty Jones, chercheur au sein de l’ADRAO. Ainsi dès les années 1990, celui-ci et son équipe se sont lancés dans ce travail difficile. « Les deux espèces de riz sont en effet séparées par des barrières de reproduction importantes qui entraînent la stérilité des descendants hybrides de la 1ère génération. Il a donc fallu les contourner en développant différentes techniques de sélection », résume Khady Nani Dramé. De ces recherches sont nées pour la première fois des variétés de riz interspécifiques à haut rendement et bien adaptées aux conditions environnementales de l’ASS. Elles ont été baptisées « NERICA » ou New Rice for Africa.

Pour sa part, la chercheuse sénégalaise, après s’être focalisée sur l’espèce africaine durant ses travaux sur la tolérance à la sécheresse financés par la bourse L’OREALUNESCO, qui l’on conduit à identifier des variétés tolérantes et à transférer cette tolérance à l’aide de croisements, travaille aujourd- ’hui sur les deux espèces, Oryza sativa et Oryza glaberrima, dans le cadre d’un post-doc sur la tolérance à la toxicité ferreuse. Ce travail s’inscrit lui-même dans un grand projet qui porte également sur d’autres stress comme la sécheresse, la salinité et le froid. « La toxicité ferreuse s’observe dans les bas-fonds, là où l’eau stagne. Il y a peu d’aération et le fer y est chimiquement réduit. Aussi quand la plante absorbe ce fer, cela entraîne des perturbations physiologiques par exemple la destruction des structures cellulaires, la réduction de la photosynthèse, qui, dans les cas les plus sévères, peut conduire à sa mort », explique-t-elle. Dans des zones où la toxicité ferreuse est très élevée, les paysans abandonnent leurs champs et s’en vont cultiver ailleurs. Or ce que souhaite Khady Nani Dramé et les chercheurs qui s’intéressent à ce problème de toxicité ferreuse est que les paysans ne quittent plus ces zones phytotoxiques, mais continuent de cultiver dans ces champs une variété de riz qui soit tolérante à la toxicité ferreuse avec un minimum de management. Dans le cadre de ce projet, quatre pays sont impliqués dans la sélection des variétés tolérantes a la toxicité ferreuse en collaboration avec le Centre du Riz pour l’Afrique : le Nigeria, le Ghana, la Guinée et le Burkina Faso. « Nous leur adressons du matériel végétal prometteur que nous leur demandons de tester sur des sites où la toxicité ferreuse est importante. Et en fonction des résultats obtenus, nous allons pouvoir identifier quelles sont les variétés les plus résistantes et les plus stables ». Il s’agit alors de trouver pourquoi telle variété est plus résistante face à ce stress que telle autre et identifier, peut-être, le ou les gènes responsables de cette tolérance, qu’il suffira ensuite de transférer à d’autres variétés grâce aux outils de la biologie moléculaire. « Les riz qui sont actuellement cultivés dans les champs dans le cadre de nos travaux pourraient conduire à l’obtention d’un riz tolérant à la toxicité ferreuse au cours des deux prochaines années grâce à une approche participative qui implique les paysans dans le processus de sélection», s’enthousiasme- t-elle. Quant à un éventuel transfert de gène, il faudra compter encore au moins cinq ans pour l’identification du gène, sa validation et la vérification des performances des variétés améliorées.

Une recherche qui contribue au bien-être des populations

La suite ? Khady Nani Dramé ne l’envisage qu’en Afrique, peut-être même au Centre du riz pour l’Afrique, si l’opportunité se présente. « Je pense que nous sommes plus ou moins influencés par ce que nous avons vécu et que nous vivons. En Afrique, nous avons beaucoup de contraintes environnementales. Aussi est-il capital dans un domaine comme l’agriculture, essentielle à la survie des populations, de trouver des solutions face aux stress abiotiques », estime-telle. Dans un contexte où la souffrance et la misère sont visibles au quotidien, il n’est donc pas question pour elle de faire de la recherche juste « pour le plaisir », ce qui ne l’empêche pas de la pratiquer avec plaisir. « La recherche fondamentale et la recherche appliquée sont indispensables. Cela dit, la première exige davantage de moyens et de temps. Alors que l’impact réel de la recherche appliquée sur la santé et le bien-être de la population se situe à un horizon d’une dizaine d’années voire moins ». Or pouvoir contribuer à l’amélioration de ce bien être est ce qui la motive le plus dans la poursuite de ses recherches.

A plus long terme, dans une dizaine, voire une quinzaine d’années, Khady Nani Dramé se verrait bien « franchir la barrière », autrement dit quitter la recherche, celle qu’elle pratique actuellement sur le terrain, du laboratoire au champs, pour devenir une gestionnaire de la recherche, afin de mettre son expérience à la disposition des bailleurs de fonds, par exemple dans l’évaluation de projets de développement. Guider le choix des décideurs, les conseiller sur les projets à financer, accroître l’efficacité des projets développés, c’est ce type de missions auxquelles elle voudrait participer. Peut-être qu’alors son parcours servira d’exemple à d’autres jeunes Africains. « Si les pays du continent investissaient davantage dans la recherche, les chercheurs seraient mieux rémunérés et serviraient davantage de modèles, ce qui inciterait beaucoup plus de jeunes à se tourner vers ce type de carrière ». Elle pourra alors s’enorgueillir d’avoir atteint le but qu’elle s’était fixée quand elle n’était encore qu’une adolescente : devenir ambassadrice, mais une ambassadrice de la recherche.

Jean-François Dessessard, Journaliste scientifique

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Contact : Khady Nani Dramé
Courriel : k.drame(at)cgiar.org
Centre du riz pour l’Afrique : www.africaricecenter.org

Renouer avec sa tradition scientifique, technologique et philosophique : une nécessité pour l’Afrique noire

« Il est essentiel d’accroître la visibilité scientifique de l’Afrique, en renforçant les sociétés savantes existantes, en identifiant le leadership scientifique et technologique, en faisant connaître les équipes scientifiques africaines et en soutenant l
« Il est essentiel d’accroître la visibilité scientifique de l’Afrique, en renforçant les sociétés savantes existantes, en identifiant le leadership scientifique et technologique, en faisant connaître les équipes scientifiques africaines et en soutenant l

La science et la technologie devraient être à l’ordre du jour du prochain sommet de l’Union Africaine qui doit se tenir en janvier 2010 en Ouganda. De science et de technologie, il en a été question lors du Symposium sur les Etats-Unis d’Afrique, organisé à l’initiative de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), en collaboration avec le Ministère des Affaires étrangères du Sénégal, du 27 au 30 juillet dernier à Dakar. Un événement qui a réuni près de 400 participants, parmi lesquels des hommes politiques, des intellectuels et des scientifiques du continent et de la Diaspora. La journée du 29 juillet était en effet consacrée à la recherche, et plus particulièrement la Recherche et Développement, la R&D, en Afrique. L’occasion pour Cheikh M’Backé Diop, chercheur en physique nucléaire et fils aîné du célèbre historien et anthropologue Cheikh Anta Diop, de dresser un état des lieux de la recherche scientifique et technologique africaine et, surtout, de proposer « des axes de travail pour une roadmap ».

Dans son introduction, le chercheur sénégalais a rappelé qu’un « préjugé tenace, lié à l’histoire de ces cinq derniers siècles, a donné de l’Afrique noire l’image d’un continent de tout temps arriéré, où la science et la technologie étaient inconnues des autochtones avant le contact avec les Arabes et les Européens ». Mais les travaux d’historiens et scientifiques, en particulier ceux de Cheikh Anta Diop, ont montré qu’il ne s’agissait là que d’un présupposé idéologique. La réalité est en effet bien différente. Dans ce contexte, il a estimé nécessaire que l’Afrique noire renoue avec sa tradition scientifique, technologique, mais aussi philosophique, dans le cadre du monde moderne. Ce n’est qu’en adoptant cette démarche que ce continent parviendra à relever les défis de sa reconstruction et du bien-être pour l’ensemble de ses habitants. Cela implique que les décideurs africains définissent une stratégie et une politique de développement scientifique. D’où l’obligation de commencer par dresser un état des lieux. Cet exercice particulier, Cheikh M’Backé Diop s’y est livré en s’appuyant plus particulièrement sur trois publications, facilement accessibles1.

D’évidentes faiblesses, pas seulement financières

A Dakar, le chercheur sénégalais a présenté les principaux résultats de cet état des lieux de la recherche et de la technologie en Afrique. Pour commencer, il apparaît que toutes les disciplines scientifiques sont représentées sur l’ensemble du continent africain. Pour autant, elles le sont inégalement d’un pays à l’autre. Ainsi ils ne sont que quelques-uns - Afrique du Nord, Nigeria, Afrique du Sud, Sénégal - à posséder un large spectre de spécialités. Force est de constater que la recherche fondamentale reste peu présente sur ce continent, sauf en mathématiques et dans certains domaines de la physique et de la biologie. Cheikh M’Backé Diop a rappelé que l’Afrique ne représente que 0,6 % de la Dépense Intérieure brute de Recherche et Développement (DIRD) mondiale, contre 37 % pour les Etats-Unis, 31,5 % pour l’Asie, 27,3 % pour l’Europe, 2,6 % pour l’Amérique latine et les Caraïbes et 1,1 % pour l’Océanie. Ce continent ne consacrerait que 0,3 % de son PIB à la R&D. Quant au nombre de chercheurs qu’il abrite, il s’élève à 73.000, dont 17.000 pour l’Afrique sub-saharienne, ce qui ne représente que 1 % des chercheurs dans le monde. Ramené au nombre d’habitants, cela correspond à 1 chercheur pour 10.000 habitants, contre 20 à 40 chercheurs pour le même nombre d’habitants dans les pays industrialisés. Il a souligné aussi que l’indicateur de publications des chercheurs africains ne progresse que très faiblement en absolu pour l’Afrique, comparativement aux autres pays, et qu’il a même régressé en relatif sur les 10 années considérées contrairement à l’Asie et à l’Amérique latine.

Au-delà de ces différentes données qui montrent en particulier la « faiblesse évidente des moyens financiers » de l’Afrique, Cheikh M’Backé Diop a dressé un constat plus critique. Ainsi, tout en soulignant la prise de conscience effective, par les responsables politiques, de l’importance de la science et de la technologie pour le développement du continent africain, il a parlé d’un manque de vision et de démarche stratégiques globales sur les moyen et long termes, accompagnées d’objectifs et de programmes précis chiffrés. « La recherche africaine apparaît souvent morcelée, disparate, pilotée au gré des financiers extérieurs et de l’individualité des chercheurs », a-t-il déclaré avant d’évoquer la faiblesse et l’instabilité de la fourniture énergétique. Il a rappelé aussi la sous-industrialisation chronique globale du continent, « même si des exceptions existent comme l’Afrique du Sud et l’Algérie ». Il a par ailleurs déploré la connexion trop ténue entre le monde de l’industrie et de l’artisanat et le monde de la formation et de la recherche. Plus globalement, il a regretté le manque de visibilité de la recherche africaine. Enfin, il a rappelé l’une des dimensions politiques de la recherche scientifique africaine en se référant au débat entre les tenants de l’approche « fédéraliste » et ceux de l’approche « régionaliste ».

Mise en place d’une roadmap de la recherche en Afrique

« Cet état des lieux de la recherche africaine reste sommaire et demande à être approfondi, mis à jour et complété sur plusieurs aspects », a reconnu le chercheur. Néanmoins, il a estimé qu’il était d’ores et déjà possible de proposer des thèmes de réflexions, de travail et d’actions d’ordre stratégique, visant à contribuer à la mise en place d’une roadmap de la recherche africaine « propre à lui conférer le rôle central qu’elle doit jouer pour reconstruire l’Afrique ». Alors, certes, il faut poursuivre la réflexion engagée afin de consolider cet état des lieux de la recherche africaine. Mais il est urgent de prendre des mesures conservatoires à court terme. Par exemple, populariser la science et la technologie en Afrique, introduire dans l’enseignement, à l’échelle continentale, l’histoire des sciences et des techniques de la préhistoire à nos jours, dès l’école primaire, ou encore faire connaître les grands scientifiques africains. « Il est essentiel d’accroître la visibilité scientifique de l’Afrique, en renforçant les sociétés savantes existantes, en identifiant le leadership scientifique et technologique, en faisant connaître les équipes scientifiques africaines et en soutenant les publications scientifiques du continent », a-t-il indiqué. A tout aussi court terme, il est indispensable de mener des actions visant à renforcer les unités scientifiques opérationnelles du continent, à évaluer et soutenir, voire piloter, les projets en chantier si ceux-ci s’accordent avec les intérêts de l’Afrique, et à accroître le rôle de la diaspora scientifique, technique, managériale africaine dans le développement scientifique et technique du continent.

Plus généralement, la mise en place d’une roadmap de la recherche en Afrique implique d’élaborer un plan stratégique du développement scientifique et technologique du continent qui s’articulera autour de différentes thématiques et de trouver les sources africaines de financement de la R&D. Cheikh M’Backé Diop a évoqué également la création d’un statut du chercheur panafricain et la constitution d’un réseau de think tanks et d’expertise scientifique et technologique avec pour objectif d’éclairer le politique, du niveau local au niveau continental. « Il est impératif de participer de manière significative, dans une vision stratégique, à de grands projets scientifiques et technologiques internationaux et de créer un Comité panafricain scientifique d’Ethique », a-t-il lancé.

Cheikh M’Backé Diop a alors conclu par deux citations. La première est d’Abdoulaye Janneh, Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (ONU) : « Le continent ne peut plus se permettre de continuer à perdre du temps. Il doit lancer un vaste mouvement pour former et employer des scientifiques, ingénieurs et techniciens en grand nombre et tisser des liens solides entre l’industrie, le milieu universitaire et le gouvernement, assurant ainsi que les innovations d’aujourd’hui jetteront les bases du développement économique et social de demain ». Quant à la seconde citation, elle est extraite d’un ouvrage de Cheikh Anta Diop intitulé « Les fondements économiques et culturels d’un Etat fédéral d’Afrique Noire » : « L’Afrique doit opter pour une politique du développement scientifique et intellectuel et y mettre le prix ; sa vulnérabilité excessive des cinq derniers siècles est la conséquence d’une déficience technique. Le développement intellectuel est le moyen le plus sûr de faire cesser le chantage, les brimades, les humiliations. L’Afrique peut redevenir un centre d’initiatives et de décisions scientifiques, au lieu de croire qu’elle est condamnée à rester l’appendice, le champ d’expansion économique des pays développés ».

Jean-François Dessessard, Journaliste scientifique 

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Contact : Cheikh M’Backé Diop
Courriel : mbacke(at)magic.fr