Religions et développement : mutations en Afrique et au sud de la Méditerranée

Collège des Bernardins – Agence française de développement

Le 5 décembre dernier, l’AFD a organisé conjointement avec le Collège des Bernardins un colloque avec comme thème : « Religions et développement : mutations en Afrique et au sud de la Méditerranée ». La richesse de cette journée fut à l’image du nombre des intervenants issus d’organismes très divers : représentants d’ONG ou acteurs confessionnels du développement, universitaires, médecins etc. ; par ailleurs, la présence des représentants des trois religions monothéistes (le Grand Rabbin Haïm Korsia, Aumônier général israélite des Armées et de l’Ecole Polytechnique, Rachid Lahlou, Président du Secours Islamique de France, Andrea Riccardi, Ministre italien de la coopération internationale et de l’intégration, fondateur de la communauté Sant’Egidio) symbolisait l’ouverture donnée à ce colloque liée à l’actualité brûlante du dialogue interreligieux qui s’impose aujourd’hui dans un monde globalisé.

Quatre thèmes principaux ont étayé cette journée :

· Les acteurs confessionnels du développement : concilier fidélité, identité et neutralité
· Finance éthique du développement
· Religions et procréation/reproduction
· Le facteur religieux dans la cité

A l’issue des différentes interventions suivies de vifs débats avec les participants, plusieurs pistes de recherches et de réflexion restent ouvertes ; néanmoins une conclusion pourrait s’imposer, à savoir l’indéniable confrontation entre la laïcité du « développeur » et la religiosité du « développé » ; en effet, les mutations récentes dans les pays arabes, à l’image de leur « printemps », et l’évolution très rapide du continent africain sous l’impulsion du « religieux » (animisme, christianisme, islam) démontrent bien que l’Europe a toujours les religions en face d’elle. Plusieurs questions qui ont été soulevées lors de ce colloque s’imposeront sûrement à tout acteur qui se penche sur l’avenir du développement de l’Afrique ; il faudrait en souligner deux :

« Les religions sont-elles un facteur de développement ou de blocages ? »

« Le religieux peut-il être considéré comme un facteur humanisant du développement ? ». ■

Claudie Lasserre-Rasoazanamanana