La formation au coeur du développement

livre formation au développement

Christine Heuraux, L’Harmattan 2011

Directrice à l’EDF du Pôle « Accès à l’énergie », Christine Heuraux a publié en 2010 « L’électricité au coeur des défis africains. Manuel sur l’électrification en Afrique ».

Cette année, son ouvrage sur la formation au coeur du développement porte principalement sur la mise en place de formations liées à l’électrification rurale, aux métiers de l’eau et aux métiers forestiers.

En préface, le Président Abdou Diouf nous rappelle que seulement 12 % de la population rurale de l’Afrique au Sud du Sahara a accès à l’électricité. Desservir tous les villages africains à partir des réseaux centraux est une mission financièrement impossible. Seules sont disponibles des techniques d’électrification décentralisée, principalement groupes diesels ou panneaux solaires. Mais la mise en place et la pérennisation de ces solutions décentralisées ne sont possibles que si des spécialistes de ces techniques et des gestionnaires sont formés. L’enseignement professionnel ne fournissant généralement pas ce type de professionnels, il appartient à chaque projet de créer des formations spécifiques qui souvent ne survivent pas au projet. Un effort est fait pour chercher des solutions au niveau national et régional. Christine Heuraux les décrit mais cède aussi la plume à Alassane Alagassou, directeur de l’Agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et de l’électrification rurale et à d’autres responsables d’initiatives au Mali, au Burkina Faso, au Sénégal, au Bénin, à Madagascar, au Gabon, au Botswana. Elle cite la « Facilité Energie ACPUE » mise en place par l’Union Européenne. Elle plaide pour « un effort concerté qui permette aux divers acteurs…de mener une action efficace sur le long terme ».

Il s’agit donc d’un complément précieux à son manuel d’électrification rurale. Les exemples cités montrent que l’électrification rurale a des effets domestiques (éclairage, TV) mais aussi professionnels (boulangeries, ateliers de soudure et de réparation, couture, commerces, charge de batteries, cybercafés). Il y a donc beaucoup d’emplois induits.

Nul doute que cet ouvrage sera précieux pour tous les acteurs du secteur et qu’il leur permettra de développer des efforts coordonnés pour que le nombre des villageois raccordés augmente rapidement.

A noter que l’ouvrage se termine par une communication de Michel Roussin et une postface du directeur du développement rural à la Banque mondiale.■

Louis-Luc Camier