A propos du festival "Etonnants voyageurs"

La CADE a rendu compte dans sa Lettre n° 160 de février 2013 du Festival « Etonnants voyageurs » qui a eu lieu à Brazzaville à l’initiative de Michel Le Bris et Alain Mabanckou.

  • Des écrivains anglophones, francophones, arabophones ou lusophones présents dans la capitale congolaise, y ont-ils rencontré l’africanophonie ? Ce terme, il n’est pas inutile de le rappeler, est un concept politico-linguistique. Il concerne toutes les langues utilisées en Afrique, y compris les langues européennes introduites et imposées naguère par la colonisation mais désormais acculturées et intégrées dans le riche patrimoine du continent.
  • Des cinéastes, des dramaturges, des chanteurs africains ont déjà illustré des langues africaines dans leurs oeuvres et les ont fait entendre dans leur pays d’origine et hors du continent. Ne peut-on envisager que les écrivains publient leurs créations dans des éditions bilingues, la Francophonie pouvant notamment soutenir à cet effet la traduction des grands textes africanographes et viceversa, ainsi que le sous-titrage dans les deux sens des chansons, des films et des représentations théâtrales ? Ne pourrait-on pas également encourager les universités africaines à collaborer à cette initiative en les incitant à former des linguistes et des traducteurs qualifiés pour assurer ainsi l’accession des langues africaines à l’écrit littéraire ?
  • Il y va, peut-être, de la survie de nombreuses langues qui disent chacune le monde et contribuent à la richesse du patrimoine culturel mondial.

Henri Senghor