Voici le texte du message que notre vice-président Henri Senghor adressa le 6 décembre dernier au futur 44ème président des États-unis d’Amérique et qu’il est heureux de porter à la connaissance des lecteurs de La Lettre.

Henri SENGHOR, Ambassadeur Honoraire du Sénégal, Président du CIFER

à

Monsieur Barack OBAMA, Président Élu des États Unis

Monsieur le Président,

Je voudrais vous dire tout l’honneur et l’immense fierté que je ressens à m’associer aux hommages qui vous ont déjà été rendus de par le monde à l’occasion de votre succès mémorable et sans précédent à l’élection présidentielle aux États Unis.

Dans cette nuit du 4 au 5 novembre, dans l'attente fiévreuse du choix du peuple américain, je me demandais ce que mon oncle, feu Léopold Sédar Senghor, Premier Président du Sénégal indépendant dont j'ai été l'ambassadeur, le filleul et le confident, aurait pensé du magnifique espoir que vous offrez à l'humanité.

Il m'a suffi alors de choisir cette belle prophétie dans l’oeuvre poétique de ce chantre de l’africanité qui s’est efforcé, sa vie durant, d’incarner l’idée d’une « Civilisation de l’Universel ». Après avoir prédit que "les premiers génies originaux du Nouveau Monde" seront des métis de Noirs et de Blancs, il soulignait "qu'il n'était pas besoin que ce métissage fût des sangs; qu’il suffisait qu'il fût des âmes, informées par la symbiose réalisée par la terre américaine."

Et il concluait que "toute civilisation est de l'âme, étant Esprit" (extrait d'une conférence prononcée à Bahia, en1964).

Ce que vous annoncez dans vos discours, à travers vos premières initiatives de Président élu, c'est cette Civilisation de l'Universel à laquelle aspirait L.S. Senghor, qu'il contribua lui-même à construire pour les hommes de sa génération, tout juste issus de la domination coloniale.

A l'époque où notre planète a besoin d'un "génie original" pour orienter son destin, je me réjouis que votre pensée puise aux sources de notre millénaire sagesse pour répondre aux défis inédits de l'avenir. Je ne sais pas si l'Afrique est le berceau de l'humanité. En tout cas, vous êtes ce roi Mage que l'on attendait pour lui montrer la route à un moment où elle ne savait plus où aller. C'est cette image pieuse, à la veille de Noël, que je me permets de vous offrir au nom de toute ma famille.

En vous réitérant mes chaleureuses félicitations pour votre brillante élection, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, les assurances de ma très haute considération et de mon profond respect.

Henri SENGHOR