La Culture africaine à Cajarc dans un Festival hors du commun : Africajarc 2009

Africajarc affiche
Africajarc affiche

Du 23 au 26 juillet 2009, l’Afrique était présente en force à Cajarc, dans le Lot, où se tenait un Festival, aujourd’hui à sa 11ème édition, qui rassemblait des représentants parmi les plus éminents de la culture africaine.

L’identité propre de cette manifestation, qui n’a pas d’équivalent dans la France d’aujourd’hui, s’est inscrite, au fil des ans, dans une vision globale de productions culturelles où se côtoient musique, danse, cinéma, arts plastiques et littérature.

Ce Festival, se dénommant Africajarc, qui se situe dans le tissu social de la France profonde, ménage des dialogues inédits et marquants entre artistes et personnalités de culture différentes.

Cette année, les invités étaient nombreux et prestigieux avec à leur tête sur le plan musical Salif Keita et Alpha Blondy.

Pour la littérature se distinguaient des écrivains tels que le philosophe Souleymane Bachir Diagne, le critique littéraire Mongo-Mboussa, l’écrivain Alain Mabanckou, la linguiste et philosophe Aissatou Mbodj, le journaliste Auguste Léopold Mbondé, Christian Valantin, ancien Directeur du Haut Conseil de la Francophonie, l’écrivain et anthropologue Roland Colin qui est le véritable amphitryon et l’âme de ces journées littéraires, le professeur René Bourrel de l’OIF, entre autres intervenants. Un débat passionnant et de haut niveau s’est tenu sur l’articulation entre l’oralité et l’écriture en littérature africaine. Le cinéma n’a pas été en reste, avec notamment la présentation de « L’enfant noir » en présence du réalisateur Laurent Chevalier, ainsi que de « Bronx Barbès » d’Eliane de la Tour, et du « Mandat » d’Ousmane Sembène.

C’était pour les nombreux participants une fête de l’esprit et de la créativité.

A la grande surprise des festivaliers, deux écrivains, Fadel Dia, Sénégalais et Mbarek Ould Beyrouk, Mauritanien, tous deux édités par Présence Africaine, se sont vus refuser leur visa d’entrée sur le territoire français malgré la justification des invitations officielles des organisations du Festival. Il en a été de même des deux chanteuses ivoiriennes, les « Go de Koteba » de notoire réputation.

Face à ces restrictions qui tiennent aux conditions d’application à courte vue de la politique d’immigration, contredisant la bonne mise en oeuvre d’une coopération culturelle franco-africaine, le Ministre de la Culture et de la Communication, Frédéric Mitterrand, a été saisi afin qu’il trouve les arrangements nécessaires pour éviter que se renouvellent de tels obstacles à l’avenir.

La CADE espère vivement que ces voix venues du Continent africain et d’ailleurs, porteuses d’un message de paix, de fraternité et de respect mutuel seront entendues.

Henri Senghor