In memoriam

Pierre Messmer et Jacques Pelletier nous ont quittés. Ils incarnaient tous les deux une nouvelle relation à l’ Afrique. Ils étaient l’un et l’autre des amis de la CADE.

Pierre Messmer fut avec Gaston Defferre un des principaux acteurs de la loi-cadre qui a permis une décolonisation paisible de l’Afrique francophone, puis auprès du Général de Gaulle, il fut le ministre qui sut maintenir l’unité de l’armée déchirée par l’indépendance de l’Algérie. Il avait adhéré à la CADE depuis ses débuts en 1996. Il payait régulièrement ses cotisations et suivait avec beaucoup de sympathie ce que nous faisions. C’est sans la moindre hésitation qu’il avait accepté de venir ouvrir le Colloque de notre dixième anniversaire, le 7 décembre 2005. De sa voix cassée, mais avec une autorité souveraine et souriante, il nous a dit sa conviction que les Français devaient continuer à s’intéresser à l’Afrique et aux jeunes venus d’Afrique. Il nous a prodigué ses encouragements à poursuivre nos efforts pour mieux comprendre l’Afrique d’aujourd’hui afin de préparer l’Afrique de demain.

Élu du terroir de l’Aisne, Jacques Pelletier, a incarné cette génération de Français de la post-colonie qui par conviction, par altruisme, ont cru à la Coopération et à la nécessité de l’Aide publique au développement. À sa manière simple, directe et chaleureuse, il adhérait lui aussi au travail de la CADE qu’il a soutenue depuis ses débuts. Il croyait à l’avenir de l’Afrique et à la nécessité d’informer nos concitoyens sur les problèmes et les avancées de ce continent qu’il aimait, qu’il avait servi comme Ministre de la Coopération et qu’il a continué à servir au Sénat.

La CADE a perdu un père et un frère. Nous n’oublierons pas ce que nous leur devons : ils nous ont transmis une certaine idée de la relation franco-africaine, respectueuse et généreuse. Nous l’avons reçue comme un flambeau que nous essayons de transmettre à notre tour...

Michel Levallois