Vers une force africaine de maintien de la paix

Le journal La Croix se faisait l’écho, dans son édition du 24 novembre dernier, des résultats de la conférence tenue vendredi 21 novembre 2008 à Addis-Abeba (Ethiopie) entre l’Union africaine et l’Union européenne représentée par Jean-Marie Bockel, pour le renforcement des capacités des militaires africains afin de prévenir et résoudre les conflits sur leur continent. À cet effet, un programme de coopération militaire a été lancé entre les deux continents. Ce programme répond aux aspirations des Africains qui souhaitent prendre à leur compte les missions de paix. L’Union africaine avait déjà pris des initiatives dans ce but en créant un Conseil de paix et de sécurité et une « Force africaine en attente » qui est un réservoir d’unités militaires réparties dans les différents pays africains.

Cette force devra atteindre 25.000 hommes au total répartis dans les cinq sous-régions africaines en brigades de 5.000 hommes. Entre 2004 et 2008, l’Europe a apporté son aide aux premières initiatives de l’UA en octroyant 400 millions de subventions. Une nouvelle aide de 300 millions devra être débloquée pour rendre la « force en attente » opérationnelle dans les deux ans. Pour atteindre son objectif ambitieux, l’Union africaine a décidé d’appliquer le concept français de « renforcement des capacités africaines de maintien de la paix (ReCAMP) ». Ce programme a été qualifié par Bernard Membe, ministre Tanzanien des affaires étrangères (pays qui préside actuellement l’UA), d’évènement majeur. De son côté, le Secrétaire d’Etat à la Coopération s’est réjoui de voir la France désignée par ses partenaires européens « nation cadre » pour réaliser le programme côté UE.■

Philippe Mathieu