Femme phare pour un continent : Hommage à Wangari Muta Maathai

Source Wikipedia
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De son enfance kenyane de 1940 à ce funeste dimanche du 25 septembre 2011, Wangari Maathai n’a pas ménagé sa force pour sillonner le monde et alerter sur les dangers qui menacent la planète Terre. Wangari restera dans l’histoire pour les femmes et pour le monde. L’exemple de son oeuvre, notamment la mise en place de la Ceinture verte, la cohérence de ses luttes sont une source d’inspiration pour chaque femme et chaque homme politique. Dans cette Afrique « pauvre de ses richesses », si, à tous les niveaux, chaque responsable pouvait réaliser le dixième du travail de cette combattante pour la terre, les arbres, les femmes, les Droits de l’Homme, le continent ferait un grand pas…

Femme de paix, de paroles et d’actes

Elle fonde le mouvement de la Ceinture verte (Green Belt Movement) en 1977 pour prévenir l'érosion du sol. Ce mouvement aura planté plus de trente millions d'arbres en 16 ans.

Elle concilie l’éducation de trois enfants avec sa fonction de dirigeante du « Maendeleo ya wanawake » (Conseil national des femmes du Kenya). Lors de son divorce, Wangari écope de quelques jours de prison pour avoir dénoncé la partialité du juge qui en accord avec son mari affirme qu’ « elle avait un trop fort caractère pour une femme et qu'il était incapable de la maîtriser ».

Par la suite elle fera plusieurs autres séjours en prison sous le président Daniel Arap Moi en demandant des élections multipartites, la fin de la corruption et de la politique tribale. Avec l’aide d’Amnesty International, non seulement elle sera libérée, mais elle aura un siège au Parlement en 1997. Elle prône l'utilisation constante de la nonviolence et des manifestations populaires avec l'aide des organisations internationales.

Wangari fonde également le Parti vert Mazingira en 2003 affilié à la fédération des Partis verts d'Afrique et aux Verts Mondiaux. Mwai Kibaki, le nouveau président la nomme, en janvier 2003, ministre-adjoint à l'Environnement, aux Ressources naturelles et à la faune sauvage.

Elle obtient le prix Nobel de la Paix en 2004.

En 2006, elle reçoit le titre de Docteur honoris causa de l'université Soka de Hachiouji-Tokyo. Le 9 octobre 2008, elle participe à la conférence de Lille (Forum mondial de l’économie responsable). Membre honoraire au Conseil pour l'avenir du monde depuis 2009, Wangari Muta Maathai s’est exprimée par ailleurs au travers de nombreux ouvrages, conférences, films, etc.

Oui, on ne verra plus le sourire de Wangari Muta Maathai, une invitation à la vie, à l’espoir et même au rêve d’une Afrique revivifiée grâce au combat intègre de ses citoyennes et de ses citoyens.

A vrai dire, Wangari, femme d’envergure ne peut pas vraiment mourir : elle renaît chaque seconde au travers de son combat, de ses idées, de son exemple mais surtout au travers de ses millions d’arbres plantés . Elle devient immortelle par la vie qu’elle a essaimé sur la terre du Kenya et au-delà.

Niamoye Diarra

Honneurs, récompenses, distinctions, décorations :

Elle est membre honoraire du Club de Rome.

Wangari Maathai a reçu plus de cinquante honneurs, récompenses, distinctions et décorations pour ses actions, dont :

1984 : Prix Nobel alternatif, « pour la conversion du débat écologique du Kenya en action de masse pour le  reboisement », en Suède
1991 : Prix Goldman pour l’environnement, aux Etats-Unis et The Hunger Project’s Africa Prize for Leadership, de l'Organisation des Nations Unies
1993 : Médaille Edingburg (The Edinburgh Medal), du Medical Research Council, en Écosse
2004 : Prix Petra Kelly (Petra Kelly Environment Prize, Heinrich Böll Foundation), en Allemagne et en Norvège le  Prix Sophie et surtout le Prix Nobel de la paix, « pour sa contribution au développement durable, à la démocratie  et à la paix »
2006 : Chevalier de l'Ordre national de la Légion d'honneur, de la France

Oeuvres :


Wangari Maathai a écrit et préfacé de nombreux livres. Seuls quelques-uns sont traduits en français ; elle a obtenu le Grand prix littéraire des lectrices ELLE 2008 en catégorie Document pour Celle qui plante les arbres :

« Pour l'amour des arbres » (Nicolas Hulot et Gro-Harlem Brundtland signent la préface) (trad. Jean-Paul Mourlon), L' Archipel, 2005, 164 pp (ISBN 978-2841877096)
« Celle qui plante les arbres » (trad. Isabelle Taudiere), Héloïse d'Ormesson, 2007, 380 pp (ISBN  978-2350870571)
« Témoignage poignant des défis et des réussites de l'Afrique moderne. » Bill Clinton
« Mama Miti, la mère des arbres » (trad. Claire A. Nivola), Le Sorbier, 2008
« Un défi pour l'Afrique », Héloïse d'Ormesson, 2010 (ISBN 978- 2350871400)
« Unbowed: A Memoir», Knopf, 2006. (ISBN 0-307-26348-7)
« Un prix Nobel de la paix pour la planète », article de L'Ecologiste n°14, oct-nov-déc 2004, pp 6-7
« The Greenbelt Movement: Sharing the Approach and the Experience», Lantern Books, 2003. (ISBN  1-59056-040-X)
« The Canopy of Hope: My Life Campaigning for Africa, Women, and the Environment», Lantern books, 2002.  (ISBN 1-59056-002-7)
« Bottom is Heavy Too: Edinburgh Medal Lecture», Edinburgh UP, 1994. (ISBN 0-7486-0518-5)

Filmographie :

2009 : « Nous resterons sur Terre », film environnemental réalisé par Olivier Bourgeois et Pierre Barougier (sortie 8 avril 2009)
2008 : « Taking Root : The Vision of Wangari Maathai », film environnemental réalisé par Lisa Merton et Alan Dater (2008), http://takingrootfilm.com/


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