Etonnants voyageurs - Mali 2010

© Etonnants Voyageurs
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Sous le signe de la rencontre au rendez-vous de la liberté

Pour sa huitième session, le Festival « Etonnants Voyageurs au Mali » s’est tenu du 22 au 28 novembre 2010. Il s’agit de l’une des manifestations majeures de la créativité littéraire africaine, rassemblant une quarantaine d’écrivains venant de différentes régions d’Afrique, qui se sont retrouvés au cœur d’un pays incarnant une tradition culturelle parmi les plus prestigieuses du continent. On peut dire que 2010 se présentait comme un excellent millésime, marquant la célébration du cinquantenaire des indépendances africaines et contribuant de la sorte à une précieuse mise en perspective historique de l’événement, dont la pierre de touche m’a semblé être le thème de la rencontre.

En premier lieu, rencontre des générations. La participation sensible et rayonnante de Christiane Diop portait le message des fondateurs de Présence Africaine et se posait comme événement en soi. Ce signal fort rejoignait la talentueuse créativité des jeunes « slameurs » maliens tout comme celle des romancières et romanciers de l’Afrique qui monte. Emotion aussi, pour ces jeunes créateurs, d’y trouver l’occasion de dialoguer avec Cheikh Hamidou Kane, dont l’Aventure ambiguë n’a pas pris une ride. Rencontre marquante, tout autant, avec la société africaine des profondeurs, lors d’étonnantes randonnées d’écrivains en lointaine province. J’en retiens pour ma part, l'accueil chaleureux des lycéens de Sikasso, fils et filles de paysans sénoufo pour nombre d'entre eux, assoiffés d'entendre la parole d'acteurs témoins de l'histoire de leur peuple. Et, à une courte étape de la ville historique, symbole de la résistance à la conquête coloniale, le pèlerinage au sanctuaire de Missirikoro, pic rocheux improbable dominant la savane, creusé de grottes mystiques, où voisinent les « méditants » d’un Islam soufi et les sacrificateurs aux génies tutélaires du peuple des terroirs.

Le Festival mettait en lumière, indubitablement, la conscience renouvelée d’un potentiel culturel immense, comme un pont de salut entre la terre des racines et les créativités nouvelles, vitales pour inventer le monde qui vient, en déni de l’opacité des désespérances ordinaires. Si l’espoir est le ressort et le produit du voyage, on peut dire alors qu’ « Etonnants Voyageurs » nous invite, en explorateurs résolus de nos étonnements sans rivage, à garder foi résolument en l’Afrique d’aujourd’hui et de demain.■

Roland Colin

40ème anniversaire du GRDR

A l'occasion de son quarantième anniversaire, le Groupe de Recherche et de Réalisation sur le Développement Rural (GRDR) et la revue « Hommes et migrations » ont organisé deux journées événements sur les migrations sub-sahariennes, les 21 et 22 Janvier, à la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration. Au programme une exposition « Sahel mon amour » illustrant le Sahel et l'engagement du GRDR aux côtés des migrants sub-sahariens et de leurs villages d'origine, deux tables rondes, l'une sur les caractères des migrations sub-sahariennes en France depuis les années soixante, l'autre sur les regards rétrospectifs et prospectifs sur l'espace migratoire sub-saharien, des présentations de photographies, un café littéraire sur « littérature et migrations africaines » et, pour terminer, un défilé de mode.

A travers ces événements, le GRDR a montré l'étendue de son engagement au Sahel et l'évolution de son activité en parallèle avec celle du caractère des migrations sub-sahariennes en France. Aux migrations temporaires et orientées quasi exclusivement vers la France ont succédé, avec les regroupements familiaux, des migrations d'une autre nature et plus diversement tournées vers l'Europe et l'Amérique. Plus difficiles maintenant du fait du durcissement des conditions de délivrance des visas, de l'encadrement des migrations par les accords de gestion concertée des migrations et de l'accueil, les migrations donnent lieu de nos jours à un engagement plus fort des migrants aussi bien ici que là-bas dans le développement local en liaison avec les autorités.

A noter qu'un numéro spécial de la revue « Hommes et migrations » va être publié sur les migrations sub- sahariennes.■

Jean-Loïc Baudet