Nouveau pas dans la politique européenne d'aide à la sécurité alimentaire

La  Terre : l'Europe et l'Afrique

Décidés en 2000 dans le cadre des Nations Unies, les Objectifs du Millénaire pour le Développement couvrent 8 domaines d'action dont l'un des plus importants concerne la réduction de moitié d'ici 2015 du nombre de personnes souffrant de la faim.

Dix ans après l'adoption de ces Objectifs et 5 ans avant le terme fixé pour les atteindre, un bilan d'étape sera dressé en Septembre prochain à New-York par l'Organisation des Nations Unies.

Pour s'y préparer et mettre à jour la ligne d'action européenne, la Commission Européenne a adressé fin Mars une Communication au Conseil et au Parlement européen qui propose le cadre de la politique de l'Union Européenne d'aide aux pays en développement en matière de sécurité alimentaire.

Après avoir rappelé que cette initiative vise aussi bien les populations urbaines que les populations rurales aujourd'hui plus affectées par la faim, la Commission Européenne présente sa stratégie en quatre points :

  • accroître la disponibilité de la nourriture, en axant l'effort sur la petite paysannerie et l'intensification durable de la production,
  • améliorer l'accès à la nourriture, en promouvant sous tous ses aspects le droit à l'alimentation,
  • améliorer la qualité de l'alimentation, en agissant aussi bien sur la diversité de l'offre de produits alimentaires que sur l'éducation et la santé,
  • renforcer la prévention et la gestion des crises alimentaires au niveau national et régional, en développant un système d'information et des mécanismes d'intervention appropriés.

La Commission Européenne insiste en outre sur la nécessité d'optimiser l'efficacité des investissements au titre de la sécurité alimentaire par des approches combinées nationale et régionale. L'accent est mis sur l'harmonisation et la coordination des moyens d'intervention de l'Union Européenne, y compris dans le cadre de la Politique Agricole Commune et également des Organisations internationales compétentes (FAO,FIDA,PAM).Elle préconise de porter une attention particulière aux pays fragiles et énonce ses priorités dans la conduite à suivre vis-à-vis de la petite paysannerie et de ses organisations professionnelles, du système de gouvernance – et notamment de la politique foncière – et de soutien aux groupes vulnérables de population.

De toutes les propositions formulées, la plupart dépendent d'une volonté de coordination des États-membres. Certaines, telle la réforme du Comité sur la sécurité alimentaire mondiale dont le rôle pourrait être déterminant pour faire prévaloir une meilleure régulation des politiques agricoles aujourd'hui plus concurrentielles que coopérantes, relèvent d'une prise de conscience de l'urgence de nouvelles pratiques par la communauté internationale.■

Jean-Loïc Baudet