Editorial

Retour aux fondamentaux : Lieux et territoires de mobilisation des ressources futures

En 2008-9, la Cade revient aux fondamentaux du continent subsaharien en évaluant les « ressources futures » et en s’interrogeant sur la mobilisation des sociétés à partir de leur territoire pour y parvenir. La dimension prospective de notre représentation est associée à sa dimension géographique avec un effort tout particulier pour comprendre les liens symboliques et culturels qui attachent les Africains à leurs lieux et les éléments qui les mobilisent pour agir collectivement à l’amélioration de leur sort. L’enracinement et le déracinement seront en arrière-plan de ce cycle compte tenu de l’extrême mobilité des individus et des sociétés.

Le terme de ressource sera ici un terme clé. La ressource n’existe pas en soi, mais les potentialités qu’on pressent dans tous les domaines se transforment en ressources par le biais de techniques, de savoir-faire et de savoirs et c’est dans ce domaine que les Subsahariens sont perçus – le plus souvent à tort – comme inefficaces ou prédateurs. La question de la préservation des « ressources », de leur protection ne peut se concevoir sans avoir réalisé cet inventaire des technologies maîtrisées et à l’oeuvre. Le regard se posera enfin sur le politique dès lors qu’il est impliqué dans la conduite de cette mobilisation dans les villages ou les cités, mais restera distant s’il n’apparaît que comme un outil d’instrumentalisation.

On s’efforcera de mettre en valeur les différentes formes d'engagement des Africains dans les lieux qu’ils habitent comme dans les territoires qu’ils investissent. Pour nous, lieux et territoires sont des espaces délimités, « artificialisés » et appropriés. Les sociétés africaines ont aménagé et organisé nombre de territoires et de lieux de telle sorte qu’ils y sont chez eux. Ils ont su « bricoler », diraient certains, des espaces qui leur correspondaient, même si l’oeil occidental ne sait y déceler que les signes d’une pauvreté appelant l’action humanitaire d’urgence.

Il s'agit de présenter enjeux, défis et gestion du développement par une approche partant du bas, du local. L’attention se portera sur les évolutions et bégaiements, les recompositions et les réajustements pour y déceler ce que seront les grandes lignes du futur africain.

Cet ensemble pourra se décliner pour l’année à venir en rencontres-débats centrées sur certaines zones ou entités géographiques en fonction des opportunités et de l’actualité.

  • Octobre : « Les changements dans le Delta intérieur du Niger (Mali) : continuité ou ruptures? »
  • Novembre : « Le village africain comme lieu de vies »
  • Décembre : « Les terroirs africains comme lieux de développement »
  • Février : « Le "quartier" citadin, cohabitation, congestion et ségrégation »
  • Mars : « La cité africaine, lieu de dynamisation des capacités de développement »
  • Avril : « Tensions politiques et fractures sociétales en période de récession : regards croisés sur le Kenya et la Côte d'Ivoire »
  • Mai : « Les échanges ville-campagne et le réaménagement des territoires
  • Juin : « La maîtrise des échanges et la mobilisation concertée de ressources des villes et des campagnes »
Georges Courade