La crise stimulerait-elle de nouvelles initiatives africaines ?

En ces temps d'incertitude où tout le monde s'interroge sur la nature, l'ampleur et la durée de la crise et, parallèlement, sur les meilleures manières d'y remédier, une chose est maintenant évidente: elle illustre le phénomène de mondialisation, dans la mesure où son impact se fait sentir partout. Il dépendra bien sûr de la refonte du système financier international mais également du dynamisme et de la confiance dans l'avenir des uns et des autres de la surmonter avec plus ou moins de réussite. Qu'en est-il, à cet égard, de l'Afrique et des Africains?

Comme l'illustre le titre du livre d'Anne-Cécile Robert et Jean-François Servant « Afriques, année zéro: du bruit à la parole » le continent africain entre dans une nouvelle ère de son histoire : l'ère de dépendance et de marginalisation tire à sa fin. S'ouvre une ère de prise de conscience du potentiel africain et de volonté de construire le futur à partir de ses propres forces.

Est-ce l'effet de l'intérêt que portent à l'Afrique aussi bien les puissances émergentes que les Etats-Unis ou celui d'un réveil de l'Europe et de la France pour un continent délaissé depuis la fin de la guerre froide, ou encore celui d’intellectuels africains qui appellent les leurs à se mobiliser sans compter sur un « miracle » Barack Obama pour leur continent ? Toujours est-il qu'on assiste actuellement à une évolution des idées et des pratiques déterminante pour l'avenir de l'Afrique.

Il est significatif que cette évolution affecte les forces vives africaines sur le continent africain comme dans notre société.

Sur le continent africain, l'émergence et la rapide croissance d'entreprises africaines traduisent un nouvel état d'esprit des jeunes générations, prêtes à courir des risques dans des secteurs d'activité prometteurs. On ne compte plus les « success stories » qui donnent envie à de nouveaux entrepreneurs de saisir leur chance dans des pays où les opportunités de développement peuvent faire rêver. La Lettre de la Cade se fera l'écho de ces réussites.

Dans notre société, la diaspora africaine, avide de reconnaissance, multiplie les initiatives au nom de sa double citoyenneté, ici en prenant part de multiples façons à la vie de la cité, là-bas en soutenant les efforts de leur communauté d'origine pour l'aider à sortir de la pauvreté. Il est à noter que, dans les deux cas, la diaspora se rapproche aussi bien des associations et ONG que des collectivités territoriales, impliquant ainsi, dans une démarche collective, de nouvelles catégories d'acteurs.

Ces deux mouvements font sortir la coopération franco-africaine, en recherche elle-même d'un second souffle, de son cadre restreint, institutionnel d'une part, humanitaire de l'autre et mobilisent de nouveaux acteurs pour faire face aux enjeux d'une situation mouvante.

La Cade