Nos voeux pour l’Afrique de demain

En ce temps de présentation des voeux et alors que chacun s’interroge sur les nécessaires changements dans la conduite des affaires du monde, la CADE souhaite partager ses convictions avec ses membres et tous ceux qui lui font l’amitié de soutenir son action, à la lumière d’une actualité africaine riche en rebondissements.

Contrairement à ceux qui mettent en exergue les conflits ou les graves tensions qui affectent les pays où des problèmes de fond n’ont pas été traités et réglés à temps, souvent dans un contexte international qui en complique la solution, nous avons la conviction que l’Afrique progresse sur le chemin de la paix. Elle s’en donne les moyens à travers l’Union Africaine qui parvient maintenant à contenir des situations explosives dans des limites qui laissent la porte ouverte à la négociation. Le Zimbabwe vit une tragédie absolue, comme nous le rappelle l’article « Zimbabwe : la peste et le Choléra » dans cette Lettre et des inquiétudes pèsent sur la situation de pays aussi divers que la Côte-d’Ivoire, la République démocratique du Congo, le Soudan, le Tchad, la Somalie, la Mauritanie. Mais il ne faut pas oublier que le Ghana, le Botswana, le Burkina-Faso, chacun selon son génie propre est parvenu à mettre en place un consensus politique qui est reconnu par la communauté internationale. Enfin n’oublions jamais que ce continent est immense et qu’il compte 55 États sur lesquels nous savons fort peu de choses.

Plus que jamais, nous ressentons le besoin d’éclairer l’actualité africaine et de la mettre en perspective. On ne peut rien comprendre à tout ce qui bouge en Afrique, que ce soit sous l’effet des forces intérieures ou sous celui des intérêts des puissances extérieures, si, au-delà des reportages qui leur sont consacrés, on ne met pas en lumière les enjeux, rivalités, défis, tensions sociales, conflits d’intérêts sous-jacents. La CADE se réjouit à cet égard des récentes publications qui, sous la plume d’historiens africains et français, rendent intelligible l’actualité africaine, en refusant les simplifications et les préjugés. Comment ne pas recommander la lecture de deux ouvrages récents qui éclairent et justifient la démarche de la CADE : le Petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy de Adame Ba Konaré et Afriques, année zéro, du bruit à la parole, de Anne-Cécile Robert et Jean-Christophe Servant.

Face à une crise systémique qui touche le monde entier, l’Afrique, en dépit des atouts qui sont les siens, peine à faire entendre sa voix dans les enceintes internationales. Pourtant fin novembre dernier à Poznan, à la réunion préparatoire de la conférence sur le changement climatique, l’Union Européenne et l’Union Africaine ont pris une position commune dans une déclaration conjointe. Formons le souhait qu’en d’autres occasions et dans d’autres enceintes, les Africains prennent leur place et jouent leur rôle dans la construction du monde de demain.

Bonne et heureuse année à tous.

La CADE