Cycle « l’Afrique des mutations silencieuses »

8. « La place des femmes dans les sociétés africaines »

Sommaire

Préambule sur la vie de la Cade

Dans son mot d’introduction, Michel Levallois donne quelques informations au public de la rencontre-débat sur la vie de la CADE : une Assemblée générale précédée d’un Conseil d’administration s’est tenue le 7 Mai dernier et elle a été suivie le 10 juin d’un Conseil d’administration extraordinaire convoqué pour élire un nouveau Bureau. Ces réunions statutaires ont été immédiatement suivies par la tenue de la première réunion d’un Comité d’Orientation stratégique qui associe à la définition des choix stratégiques de la CADE des personnalités connues pour leur engagement envers l’Afrique. 

Il s’agissait de préparer l’avenir, tout particulièrement le prochain cycle annuel qui commencera le 9 octobre par une rencontre-débat sur l’histoire des paysans de l’Office du Niger, et de renouveler le Bureau, après la décision de Michel Levallois de se retirer de la Présidence de la CADE après l’avoir fondée il y a douze ans et en avoir assumé la responsabilité depuis lors.

En reconnaissance de ses services passés et de la contribution future qu’il est prêt à apporter à l’activité de la CADE, l’Assemblée générale lui a conféré la distinction de Président d’honneur. De son côté, le Conseil d’administration a renouvelé les mandats des membres du Bureau et porté à sa présidence Jean-Loïc Baudet. Deux nouveaux membres font leur entrée dans le Bureau : Mme Claudie Lasserre, comme Secrétaire générale et Philippe Mathieu, comme Trésorier. En terminant son propos, Michel Levallois remercie tous ceux qui animent bénévolement l’activité de la CADE et, en particulier, la permanente et âme de la CADE, Sara Desessard.

Jean-Loïc Baudet rend hommage à l’action de Michel Levallois et le remercie pour le travail accompli comme pour le réseau qu’il a constitué et qui représente l’une des forces principales de la CADE au côté de l’équipe d’animation de l’activité de notre association.

Présentation

Le choix du thème du jour est motivé par la volonté de porter un regard lucide et réaliste sur l’évolution de la place des femmes dans les sociétés africaines. Pour en illustrer l’importance Jean-Loïc Baudet évoque un récent article de deux chercheurs, une directrice de recherches sur l’économie du développement à la Banque Mondiale et un professeur adjoint à la Copenhagen Business School, qui ont illustré les bénéfices à attendre des investissements en faveur de la scolarisation des filles, dans les services de santé génésique ou dans le financement de l’activité productive des femmes par la voie du micro crédit. Il en ressort que les fonds consacrés à l’amélioration du sort des femmes sont sans doute un des meilleurs investissements qui soient.

Pour traiter du thème de ce jour, deux approches nous ont semblé intéressantes à présenter : une approche académique que va présenter Thérèse Locoh, directrice de recherche de l’INED – Institut national d’étude démographique – spécialiste des études de genre et sociétés en Afrique et organisatrice d’un colloque international sur ce thème en Abidjan en 2001 et une approche pragmatique du vécu des femmes africaines qui sera exposée par Kidi Bebey, journaliste à RFI, qui tient sur cette antenne une émission quotidienne sur les femmes africaines.

Une responsable d’un groupement villageois partenaire d’enda en Casamance, Sénégal. 2007. Photo : enda
Une responsable d’un groupement villageois partenaire d’enda en Casamance, Sénégal. 2007. Photo : enda

L’approche théorique

Thérèse Locoh se félicite tout d’abord de l’importance prise par les questions de genre dans la coopération internationale, comme en atteste la place qu’elles tiennent dans le document de stratégie de la coopération française : il y est dit que l’approche de genre repose sur l’analyse et la remise en cause des processus – d’autonomisation et de renforcement des pouvoirs – qui différencient et hiérarchisent les individus en fonction de leur sexe. Dans l’étude de genre, ce qui est essentiel ce sont les rapports de pouvoir qui sont basés sur l’assignation de rôles socialement construits, au-delà des rôles biologiques. Cela permet de rendre visibles les inégalités à diagnostiquer selon des critères quantitatifs et qualitatifs d’ordre systémiques.

Le chercheur doit, bien sûr, dans sa démarche se tenir à distance des stéréotypes tels que la pauvre femme écrasée sous son fagot de bois ou la grande mama-Benz, très riche commerçante. Son travail repose, en premier ressort, sur une connaissance statistique de groupes humains relativement homogènes, quelles que soient les faiblesses des données statistiques dans des pays où l’état-civil et les recensements sont encore à parfaire.

Au plan démographique, à partir des enquêtes démographiques et de santé, mais aussi des enquêtes sociologiques, on observe, sur une période de 20 à 30 ans, une légère augmentation de l’âge médian à l’entrée en union pour les hommes et aussi pour les femmes, surtout dans les villes. Ceci concerne les hommes qui entrent en union plus tard que les femmes, ce qui les place à leur égard en position de séniorité et d’autorité, mais aussi les femmes dont en 2001, 65 % sont déjà mariées à 20-24 ans, pourcentage tombé à 60 % en 5 ans, ce qui dégage du temps pour une éventuelle scolarisation. En ville l’âge des femmes à la première union est passé de 16 à 19 ans entre 1987 et 2001.

Second constat, il y a une augmentation des unions informelles, plus précaires, depuis une quinzaine d’années. En ce qui concerne la polygamie, longtemps stable, elle donne quelques signes de diminution dans certains pays et prend de nouvelles formes (polygamie sans co-résidences).

Phénomène majeur de la démographie africaine, la baisse de la fécondité influencée principalement par les progrès de la scolarisation et de la santé génésique touche tous les milieux, mais particulièrement les milieux urbains. On peut y voir également le produit d’une négociation plus fréquente entre l’homme et la femme, et, également, les conséquences d’un appauvrissement dans un contexte social plus développé. En 30 ans, on a divisé par deux la descendance des femmes à Lomé. Au Ghana, la fécondité a baissé en 20 ans de 6,5 à 4,5 enfants par femme. Cela s’accompagne dans plusieurs pays d’Afrique d’une surmortalité des petites filles d’un à quatre ans.

En matière de nuptialité, les règles d’endogamie sont moins respectées du fait de la mixité urbaine et les mariages forcés sont en diminution. Au-delà des questions purement démographiques, les rapports de genre connaissent des évolutions significatives, avec l’augmentation des taux de scolarisation chez les filles et d’alphabétisation chez les femmes, le vote de lois plus respectueuses du choix des femmes, mais sur l’application desquelles on peut s’interroger, la montée en puissance d’associations de défense des droits des femmes par les femmes elles-mêmes sorties des universités africaines, la place grandissante des revenus de la femme dans le revenu du foyer – phénomène des hommes « conjoncturés » – . On aurait garde d’oublier dans cette énumération des facteurs de changement dans les rapports de genre, le poids de campagnes internationales telles que celles sur l’excision, la charge symbolique des responsabilités exercées par les femmes telles que Mme Ellen Johnson-Sirleaf, chef de l’Etat du Libéria.

Il faut voir aussi que ces changements s’opèrent souvent dans des conditions de précarité pour les femmes et qu’en milieu rural les femmes se heurtent dans leur démarche à des pesanteurs innombrables (accès à la terre et au crédit, traditions et coutumes ...) qui sont aussi lourdes de conséquences. Le fardeau des dépendances – maladies, vieillesse – pèse essentiellement sur les femmes. Les menaces que génèrent la concurrence de plus en plus vive pour l’emploi, le changement climatique, facteur de risque pour l’économie d’autosubsistance des femmes, les fondamentalismes religieux de tous les horizons : charia islamique, pratiques des sectes évangéliques ...

T. Locoh termine son intervention par quelques notes d’espoir : selon l’UNESCO, en Afrique subsaharienne, 65 % des jeunes filles de 15 à 24 ans avaient été scolarisées en 2005 – mais ce taux varie beaucoup d’un pays à l’autre (très fort en Afrique du Sud, il est faible en Afrique sahélienne) –. Dans le secLa Lettre de la Cade n° 113 - Septembre 2008 page 4 teur productif, leur part augmente, mais c’est avant tout dans le secteur informel et dans des conditions d’emploi qui souvent confinent à l’exploitation. Des évolutions ambiguës se font jour : les migrations féminines portées par l’espoir d’une vie meilleure, mais qui peuvent tourner à l’exploitation ou la prostitution, la baisse de la taille de la famille qui peut être un progrès – en terme de genre – ou un facteur de précarité.

Il est à signaler, enfin, que l’Union Africaine a adopté un protocole additionnel à la Charte des droits de l’homme et du citoyen relatif à l’égalité des droits entre hommes et femmes et pratique la parité dans la composition de sa Commission. A cela s’ajoute une mobilisation des femmes dans les associations et les instances représentatives.

L’intervenante souligne aussi les engagements pris à l’égard des femmes sur l’égalité des sexes dans les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Il est également très significatif que les questions ayant trait aux femmes ne soient plus du seul ressort d’un ministère ad-hoc au sein des gouvernements mais soient de plus en plus prises en compte de façon systématique et transversale dans tous les ministères.

T. Locoh signale la publication récente par l’INED d’un ouvrage sur genre et sociétés en Afrique, la reproduction d’un rapport de Denise Savineau établi en 1938 à la demande du gouvernement du Front populaire sur la condition des femmes en Afrique, et la sortie d’un CD-Rom restituant des données statistiques à l’intention d’une ethnie malienne illettrée.

Avant de passer la parole à Mme Kidi Bebey, le modérateur se dit très frappé par l’incidence de l’urbanisation sur les rapports de genre et la diffusion encore lente de ces changements en milieu rural.

L’approche pratique

Kidi Bebey, journaliste camerounaise, a créé, produit et animé sur RFI une émission quotidienne depuis octobre 2006 intitulée Reines d’Afrique et voulue par la direction pour rapprocher la chaîne de son auditoire féminin. Ce magazine se veut le reflet de ce qu’est une quelconque Mme Coulibaly. Sachant que la chaîne est écoutée par 45 millions d’auditeurs, en majorité francophones, et que l’auditorat féminin est plutôt jeune, actif et urbain, sachant par ailleurs que l’émission suscite une forte attente chez les femmes puisqu’en très peu de temps elle se classe 8ème sur 20 magazines de RFI, Kidi Bebey présente sa ligne éditoriale dans un double souci de proximité et de faire parler les auditrices sur ce que les intéresse prioritairement et leurs attentes. Les auditrices peuvent être des femmes africaines de passage à Paris ou déjà installées. L’émission comporte un reportage local, et, dans sa partie grain de sel, fait dialoguer les femmes entre elles dans un « maquis » (restaurant populaire africain). Elle met en exergue dans des brèves d’actualité, les femmes qui bougent et ce qui bouge pour les femmes, et donne des informations pratiques.

A côté de ces émissions il y a des émission thématiques (vie chère, relations interpersonnelles, SIDA ...) et des émissions de fin de semaine, dites de chroniqueur. L’objectif de proximité amène Kidi Bebey à ouvrir très largement son émission à toutes les préoccupations des femmes mais aussi à leurs attentes, leurs réussites, leurs projets dans un esprit d’accueil aussi large que possible et d’émulation. Il n’y a pas d’exclusive sur les thèmes traités : cela va des enfants-soldats jusqu’aux droits de l’homme en passant par des sujets plus intimes tels que le repassage des seins, dans une démarche à la fois participative et pédagogique. L’intervenante mentionne l’approche « féministe » des faits de société, approche qui n’est pas sans susciter l’intérêt d’auditeurs masculins.

Ceci étant, comment est perçu ce qu’elles disent, veulent, pensent, croient, espèrent ou rêvent ? D’abord les hommes font écran en se positionnant sur les questions évoquées, même s’il s’agit par exemple d’accouchement. Font écran également les conditions de la vie quotidienne du fait des nombreuses occupations des femmes.

Il y a aussi la fracture numérique, les femmes ayant moins facilement accès à Internet que les hommes ou les jeunes, et la fracture culturelle liée à l’effacement social de la femme qui a peur de s’exprimer à la radio. Malgré cela, les femmes africaines éprouvent un énorme besoin d’expression, à partir de leur expérience personnelle et de leur sensibilité et non pas, comme souvent les hommes, de manière théorique. Besoin d’expression, donc, mais aussi besoin de partager, encouragé par l’anonymat de la radio, en particulier pour ce qui est du savoir-faire. Egalement, un besoin de conseil pour entreprendre et donner libre cours à leur ambition externe, en La Lettre de la Cade n° 113 - Septembre 2008 page 5 L E D E B A T : dépit de toutes les difficultés qui brident cette dernière. Cette ambition concerne, à côté de leur vie personnelle, leur vie de famille et plus particulièrement l’avenir de leurs enfants, mais aussi leur communauté, leur ville et même leur continent.

Les traits de caractère de ces auditrices peuvent être résumés ainsi : elles sont volontaires, dynamiques, entrepreneuses, travailleuses, curieuses. Parmi leurs sujets d’inquiétude, reviennent le plus souvent l’avenir, la santé et la guerre. Elles ont besoin d’ouverture sur le monde et de reconnaissance (affirmation de sa personnalité et de sa perception, y compris critique, des choses).

En conclusion, Kidi Bebey souligne le besoin d’avancer des femmes, ce qui les amène à critiquer et à proposer dans un esprit constructif et en essayant de ne pas se prendre pour des « superwomen ».

En remerciant l’intervenante, le modérateur note à la fois l’effacement social de la femme et les ambitions personnelles qui les animent. L’image qui ressort est très positive et témoigne de l’intérêt des femmes africaines pour le type d’émission que produit Kidi Bebey et qui leur permet de s’exprimer et de trouver dans cette expression le moyen de s’affirmer et de partager leur perception de la vie.

Le Débat

Le débat est ouvert par une communication de Marie-Thérèse Avemeka, consultante auprès du Ministère des Affaires étrangères de la République du Congo, qui s’est exprimée sur le rôle des associations féminines, en matière de parité notamment. Elle mentionne le fait qu’en même temps que siègent les Chefs d’Etat au Sommet de l’Union Africaine, les associations féminines évaluent la mise en oeuvre d’un engagement des Chefs d’Etats sur la parité pris a Addis- Abeba en 2004. Elles examinent également un thème d’actualité, cette année les violences en Afrique. Il existe en outre, au sein de l’Union Africaine, un Comité consultatif des femmes qui veille à la bonne application des dispositions sur la parité. Marie-Thérèse Avemeka joint sa voix à celle des deux intervenantes pour appeler les associations féminines africaines à s’exprimer et se faire entendre non seulement en Afrique mais aussi en Occident et dans le monde, dans un esprit d’échange avec leurs partenaires et de progrès.

Une première question s’adresse à T. Locoh et porte sur les raisons de la surmortalité des petites filles entre 1 et 4 ans par rapport aux garçons du même âge. Passée la première année où les garçons sont plus vulnérables que les filles, on constate en effet entre 1 et 4 ans une surmortalité féminine, en particulier en ville, qu’on ne s’explique pas, étant donné l’absence de préférence pour l’un ou pour l’autre sexe dans les sociétés africaines sub-sahariennes. L’hypothèse d’un accès aux soins, coûteux en ville, a été avancée sans être prouvée.

A la question sur la place des femmes dans les instances de décision nationales, la réponse de T. Locoh est circonstanciée : en Afrique de l’Est dans le Parlement de plusieurs pays, les femmes occupent 25 à 30 % des sièges – 48 % au Rwanda – alors qu’au Sénégal la proportion est de 6 %. La proportion de femmes parlementaires a tendance à augmenter.

Une question adressée à K. Bebey porte sur le repassage des seins. Ce phénomène récent et urbain touche le Cameroun, le Gabon et, semble-t-il, le Congo. Il tient à la crainte des mamans devant la prédation masculine sur les jeunes filles adolescentes. Pour les soustraire aux pratiques trop pressantes des hommes, elles compriment la poitrine (bandages, pierres chaudes...) de leurs filles de façon à empêcher les changements de leur corps. Inutile de dire que c’est l’effet d’un manque d’éducation.

A une question sur la construction et la reconstruction de soi, K. Bebey souligne le besoin des femmes africaines de s’exprimer sur le quotidien dans un monde médiatique où elles sont quasi absentes (TV, radio, presse). Cela va de pair avec le besoin de reconnaissance constitutif de l’estime de soi.

Sur la question de la perception féminine de la guerre, K. Bebey évoque les réactions suscitées chez ses auditrices par la situation belliqueuse au Darfour et en RDC. Elles ont évoqué leur sentiment de victime des viols et des rejets familiaux et les séquelles de la guerre en termes de santé et de troubles psychologiques. K. Bebey s’efforce d’apaiser les situations dramatiques par des slogans du type « les vrais hommes ne violent pas » et, par exemple, de donner la parole, comme ce fut le cas pour une responsable d’ONG congolaise au Kivu, à une femme qui travaille à la réinsertion des victimes de la guerre.

A la question portant sur l’existence d’émissions spécifiques pour les Africaines en France, K. Bebey évoque l’émission de fin de semaine qui s’intitule « Diaspora » qui, en fait, concerne aussi bien les hommes que les femmes africaines de France. Elle renvoie au site de RFI pour toute information sur les programmes de cette antenne.

L’intervenante n’a pas encore abordé la question des femmes dans le champ politique. Par contre elle a souvent accueilli des femmes chefs d’entreprise et, sans vouloir en faire des héroïnes, elle reconnaît qu’elle a toujours été frappée par l’énergie qu’elles déploient pour conduire leur entreprise, en dépit de toutes les difficultés qu’elles rencontrent.

A la question sur les dispositions discriminantes à l’égard des femmes dans les Codes de la famille, T. Locoh répond qu’il y a un grand travail à faire sur le plan juridique pour l’égalité des droits mais que cela ne sera pas suffisant, tant l’application des lois pose de problèmes surtout en milieu rural. Elle cite le cas de la polygamie, interdite par le Code ivoirien mais autorisée par les Codes sénégalais et togolais tout en étant soumise à déclaration lors du mariage.

Il a été demandé à T. Locoh si l’amélioration de la place des femmes ne dépend pas avant tout des progrès dans la sécurité, dans la réduction de la pauvreté et dans le développement. Sans nier l’importance du contexte socioéconomique, l’intervenante, en s’appuyant sur la situation française, fait ressortir toute l’importance du combat pour l’égalité des droits, qui reste une conquête sociale. Une bonne gouvernance peut y contribuer mais c’est l’ensemble de la société qui doit évoluer pour faire changer les rapports hommes-femmes.

Autre question, celle de l’influence de la diaspora sur les questions du genre. T. Locoh fait part de sa conviction que la diaspora peut exercer, et exerce bien souvent, une influence sur les représentations de genre en Afrique.

Le modérateur fait réagir les intervenantes à dadeux questions qui mettent en cause la place des femmes dans les sociétés africaines : incidence des migrations alternantes des hommes au Sahel sur la place des femmes dans les villages ainsi passagèrement désertés, et effet du micro-crédit dont les femmes sont les principales bénéficiaires sur leur statut familial et social.

Après avoir décrit la multiplicité des formes de migrations qui ne sont pas, et de moins en moins l’apanage des hommes, les intervenantes font part de leur perplexité sur leur incidence en matière de genre, aussi bien en raison des difficultés à aborder ces questions avec les femmes à la radio qu’en raison de l’absence d’enquêtes et de statistiques à ce sujet.

Quant au micro-crédit, si son intérêt est indéniable pour des questions de survie, elles émettent des doutes sur leur effet macroéconomique. Il est fait remarqué que le micro-crédit, à côté de ses effets bénéfiques, peut avoir des effets pervers dans la mesure où il peut conduire à alourdir encore la charge féminine dans la vie des familles.■

Jean-Loïc Baudet