2. Femmes et prison en Afrique à travers le cas du Mali. Raisons de l'incarcération, conditions et réinsertion

Cycle I : « Femmes, genre, familles et lien social. Représentations et réalité »

Rencontre-débat du 15 février 2012

Présentation

De gauche à droite : Assétou Ouya Koite et Niamoye Diarra © CADE

Jean-Loïc Baudet, président de la CADE, introduit la deuxième rencontredébat du cycle : « Femmes, genre, famille et lien social. Représentations et réalité ». On parle en général des f emme s af r i cai ne s comme de celles qui jouent un rôle moteur dans l'économie ou dans l'éducation des enfants. Mais le thème des femmes incarcérées est l'occasion d'envisager un angle peu habituel, symbolique des tensions qu'elles peuvent vivre dans leurs sociétés.

Cette rencontre, animée par Niamoye Diarra, administratrice de la CADE, présentera, à travers le cas d'un centre pénitentiaire pilote de Bamako, la prison des femmes de Bollé, le travail mené pendant dix ans par Madame Assétou Ouya Koite, exdirectrice de l'établissement et seule intervenante de cette soirée. 

Niamoye Diarra explique que les femmes africaines sont de plus en plus confrontées à la prison et que c'est une situation qui s'aggrave avec les mutations de l'Afrique d'aujourd'hui. Madame Koite, première directrice du centre de détention, de rééducation et de réinsertion de Bollé, nous présentera son travail pour que la vie de ces femmes en prison ne soit pas un obstacle à leur réinsertion. Entre la présentation de Madame Koite et le débat seront projetés deux courts métrages, tournés à la prison de Bollé.

Assétou Ouya Koite

© http://www.raid-normandie-monde.com

Madame Assétou Koite remercie et salue les organisateurs de cette rencontre, qui lui permettent ainsi de présenter ces situations d'incarcération de femmes, auxquelles elle a été confrontée de 1998 à 2009.

Une criminalité féminine plus forte, conséquence de l'urbanisation croissante

Le développement de la criminalité

Dans toutes les sociétés en mutation, on constate un développement de la criminalité, ainsi en est-il du Mali. L'urbanisation massive, qui aggrave en général la pauvreté et l'isolement des personnes déplacées, l'ignorance des lois et leur non-respect (80 % des femmes au Mali sont analphabètes) en sont des facteurs aggravants. Venues chercher de meilleures conditions de vie, de nombreuses jeunes femmes constituent une partie majeure de ces populations migrantes, sans protection face aux travers et aux risques des grandes villes. Mais la criminalité masculine reste toujours la plus forte.

Même si le Mali a adhéré depuis vingt ans à la Déclaration universelle des droits de l'Homme des Nations Unies et a ratifié des conventions nationales ou internationales qui en sont issues, les femmes continuent d'être discriminées, de subir l'excision, d'être infériorisées par les belles-familles, de subir des violences domestiques. Elles restent sous tutelle du mari, ou plus tard sous celle du fils. Elles subissent les réprimandes morales et sociales De gauche à droite : Assétou Ouya Koite et Niamoye Diarra © CADE Graphique 3.2.9.2 - Source : Rapport final. Etat des lieux de la situation des enfants en conflit avec la loi au Mali. Ministère de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille - MPFEF, octobre 2009, p. 27. Fausse accusation /ne reconnait pas l'infraction 20% Manqu e d'argent/besoin d'arg ent/nécessité 20% Mauvaise compagnie/influence des compagnons 10% Refus de paternité de l'enfant/grossese non désirée 20% Suite harcèlement sexuel 5% Influence marabout 5% Non paiement de salaire 5% Peur aux parents 15% Répartition des filles détenues selon les raisons qui les ont poussé à l'infraction La Lettre de la CADE n° 149 - Février 2012 page 3 en cas de divorce, de répudiation, restent spoliées en cas de veuvage. Tensions qui peuvent expliquer délits et passages à l'acte.

Et même si la loi confère aujourd'hui des droits plus justes aux femmes, celles-ci sont toujours entravées quand elles veulent les exercer, à cause des traditions et des pesanteurs socio-culturelles.

Le système pénitentiaire

Les prisons sont restées longtemps des lieux dégradants, de promiscuité, tortures, traitements dégradants et inhumains. L'emprisonnement rend les femmes encore plus vulnérables car, considérées comme détentrices de la morale de la famille, elles sont comptables du déclin de son image, et d'autant plus dévalorisées.

Conscient que la femme constitue le socle de la famille, que son emprisonnement peut avoir des répercussions néfastes sur son entourage et en particulier sur ses enfants, le législateur malien a voulu instaurer un cadre plus souple à son endroit, dans un souci de protection des populations vulnérables. Depuis vingt ans, on tend vers une amélioration. La création du centre de Bollé en est l'exemple-phare, avec la volonté de séparer les femmes des hommes, ainsi que les mineurs. La direction nationale de l'Administration pénitentiaire a conféré à ce centre, dès sa création sous tutelle du ministère de la Justice en mars 1999, trois missions : la détention, mais aussi l'éducation, ainsi que la formation et la réinsertion. Ce centre reçoit pratiquement l'ensemble des femmes détenues sur le territoire malien, 1170 femmes majeures et 258 filles mineures, en 10 ans.

Bollé, une prison - pilote

L'incarcération

La prison de Bollé accueille des femmes majeures comme des filles mineures. Elle est à la fois un centre de détention provisoire pour les prévenues en attente de jugement et une centrale où les détenues purgent leurs peines.

Les statistiques d'incarcération couvrent l'ensemble des crimes et délits, dont Madame Koite donne une large liste d'exemples : vol, complicité de vol, faux et usage de faux, coups et blessures, adultère, abandon du domicile conjugal, bigamie, attentat à la pudeur, non assistance à personne en danger, atteinte au bien public, homicide, infanticide, complicité de viol, tentative de meurtre, abandon d'enfant, etc.

L'éducation

Pendant leur temps d'incarcération, les femmes de Bollé fréquentent des ateliers d'apprentissage qui doivent leur permettre de retrouver une activité économique à l'issue de leur détention : couture, teinture, savonnerie, poterie, maraîchage, élevage de volailles.

Elles suivent aussi des cours d'alphabétisation en langues locales ou en français.

Elles pratiquent des activités socioculturelles et sportives, des jeux de société, du théâtre thérapeutique. Elles peuvent recevoir une éducation religieuse, sans contrainte, une fois par mois, dans les religions musulmane, catholique ou protestante.

L'objectif est de remplacer le confinement en cellule par des activités formatrices et de reconstruction personnelle, d'offrir aux femmes détenues une deuxième chance.

Cette prison n'aurait pas vu le jour et ne pourrait pas fonctionner telle quelle sans les efforts de l'Etat, sans les soutiens, dès l'initiative du projet, de la Fondation de la Première Dame du Mali, sans compter ceux de diverses ambassades (Canada, France...), ceux de nombreuses associations et ONG partenaires comme ENDA, ou le groupe ASFOM (Association d'Appui aux Structures socio-éducatives en milieu fermé ou en milieu ouvert).

La réinsertion, un exemple de partenariat

L'ASFOM a été créée en 2000 sous la sollicitation de familles en détresse, frappées par la délinquance et les craintes de récidive. Son but est de favoriser et de faciliter la réinsertion sociale de femmes, jeunes filles ou jeunes garçons, en menant des actions de formation en prison comme en milieu ouvert. Ce groupe appuie les efforts de l'Etat envers les femmes pendant et après la détention. Il contribue à la formation des personnels pénitentiaires. Il favorise la réinsertion sociale en trouvant des ressources et en créant des conditions économiques favorables. Il mène aussi des actions de prévention santé, en particulier en ce qui concerne le SIDA ou les MST.

L'AFSOM a créé à Bamako un lieu d'écoute et de formation, le centre LADAMU-SO. C'est un impératif pour l'ASFOM de trouver des partenaires.

En conclusion, Madame Koite indique à quel point le centre de Bollé est apprécié tant sur le plan africain que sur le plan international. Ce centre joue un rôle de vitrine pour promouvoir ce à quoi on peut compter espérer. Elle termine sur ces mots de Robert Badinter après sa visite à Bollé : « Vous êtes en avance sur l'Occident sur le plan humain. Ce que je viens de voir m'a surpris. Merci.

La seconde chance des femmes de Bollé : deux courts métrages documentaires

La crèche de Bollé. Image extraite du documentaire : 24h à Bamako/la seconde chance des femmes de Bollé . © TV5Monde
La crèche de Bollé. Image extraite du documentaire : 24h à Bamako/la seconde chance des femmes de Bollé . © TV5Monde

Le premier documentaire

Tourné en 2001, est une présentation générale du Centre de Bollé. Madame Koite, alors directrice de l'établissement et qui guide la visite dans le film, permet au spectateur d'entrer plus concrètement dans l'esprit du projet. A l'époque du tournage, la prison détenait soixante femmes, de tous âges, qui auparavant avaient été incarcérées en maison commune avec les hommes. Il fallait les sortir de cette proximité souvent dégradante et humiliante, et leur donner cette deuxième chance qui est le fondement du projet humaniste de l'établissement. Le film donne à voir les lieux, les dortoirs, les ateliers : les femmes vivent ensemble, et font les choses ensemble. La rééducation commence par l'alphabétisation pour toutes. A Bollé, les jeunes mères peuvent garder leurs enfants jusqu'à l'âge de trois ans, et pendant leurs diverses activités, une gardienne (en uniforme !) s'occupe de la crèche. Par chance il n'y avait pas eu à cette époque de cas spécialement lourd qui aurait entravé le déroulement des activités. Mais il avait fallu se battre contre l'opinion publique pour faire accepter que l'on offre à ces femmes des conditions de vie décentes. La prison, commente Madame Koite, n'est pas une fin en soi : on peut y être un acteur de développement. Ainsi chaque année, le 10 décembre, à la date anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, le centre de Bollé organise une soirée culturelle, suivie le lendemain d'une exposition-vente des produits fabriqués par les détenues. Cette habitude a été prise aujourd'hui, en 2012, dans toutes les prisons du Mali.

Le deuxième film

Il montre précisément l'un de ces spectacles de fin d'année, préparé de longue date par les détenues et leurs formateurs/trices. Un large public venu de l'extérieur y assiste. Cette fois, il s'agit d'un défilé de mode et de coiffures traditionnelles, représentant toutes les régions du Mali. Les tissus proviennent de l'atelier de teinture, les vêtements de l'atelier de couture, ainsi des bijoux et des coiffures. Chants, musiques ou danses, propres à chaque ethnie, soutiennent le passage des modèles. Le voyage part de Kayes (femme soninké) pour finir à Djenné (femme bozo). Il aura fait passer le spectateur par Koulikoro, Ségou (femme bambara), Mopti (femme peule), Gao (femme songhaï) ou Tombouctou (femme touarègue) sans oublier Sikasso (femme senoufo) ni Bamako. Le spectacle se clôt sur une danse collective des présentatrices. Ce type d'initiative culturelle a un impact bénéfique et double : il permet à la fois de supporter la prison et de se préparer à la réinsertion. Madame Koite rappelle pour finir que tous les droits des détenues sont respectés à Bollé, droit à la culture, à une bonne santé, à une bonne alimentation, droit au sport… Bollé constitue une référence, que viennent visiter de partout des femmes juristes africaines. La volonté à Bollé, c'est de remettre l'humain au coeur de la prison, de resocialiser les femmes, de ne pas ajouter une double peine à la peine d'enfermement. Niamoye Diarra conclut par cette formule : « A Bollé, les femmes sont enfermées, mais elles ne sont pas confinées ». Il ne s'agit pas d'idéaliser l'ensemble des prisons africaines (dans certaines prisons d'hommes, on ne peut même pas s'allonger faute de place !), mais de montrer, avec Bollé, un exemple, une alternative

Le débat

On pourrait articuler les interventions du débat sur les interrogations suivantes :

La culpabilité des femmes détenues ? Ces femmes ne seraient-elles pas plutôt des victimes ? La réalité des conditions carcérales ? Ne serait-elle pas idéalisée par la présentation qui a été faite du centre pénitentiaire de Bollé ? Réinsertion ou récidive ? Peut-on évaluer des taux de réussite ?

En conclusion : un beau pas en avant vers plus de dignité.

Les femmes détenues

Plusieurs questions concernent directement les femmes détenues : proportion entre prévenues en attente de leur jugement et condamnées purgeant leurs peines, statuts de ces femmes en détention, causes majoritaires de leur enfermement et réelle culpabilité.

Réponses : Madame Koite ne peut pas donner de statistiques précises actualisées, mais il est sûr que les taux de détention préventive sont supérieurs à ceux de l'incarcération pour peine. C'est d'ailleurs la même situation dans les prisons pour hommes ou pour mineurs. Conséquence des lenteurs excessives des procédures, des jugements qui tardent et qui traînent, les durées ne sont pas respectées et les détenues restent en prison beaucoup plus longtemps que ce ne devrait. C'est une situation qui perdure partout en Afrique.

Quant à la culpabilité des femmes, il y a de réelles coupables, qui ont perpétré des homicides ou des infanticides. Aux yeux de la loi, elles doivent être punies de la même manière que l'homme qui a commis le même crime. Mais il est vrai qu'un grand nombre de femmes sont emprisonnées pour adultère ou faute conjugale, alors que les femmes subissent des injustices par rapport au mariage. Si une femme est persécutée, violentée et qu'elle repart dans sa famille, cela constitue un motif de divorce. Même si c'est l'homme qui prononce la répudiation ! (En principe interdite par la loi). La polygamie, autorisée pour les hommes mais pas pour les femmes, engendre de nombreux conflits et de nombreuses injustices, et peut devenir explosive en milieu urbain, où les femmes d'un même homme sont obligées de vivre dans la même concession, c'est-à-dire sous le même toit. Victimes du comportement du mari, ou des pressions de la belle-famille, des femmes sont amenées à commettre de graves infractions et se retrouvent en prison sans l'avoir cherché. Des jeunes filles, obligées de venir en ville pour financer et préparer leur trousseau de mariage se retrouvent isolées, sans famille, petites bonnes dans des conditions souvent malheureuses. Il arrive qu'elles tombent enceintes, abandonnent voire éliminent leur enfant. Ces infanticides sont des motifs réels, ce sont des crimes.

Un auditeur s'interroge sur l'évolution possible des lois au regard de sociétés qui évoluent. Et en particulier pour le Mali, il se demande ce que risque d'apporter, par rapport au taux d'incarcération des femmes, le nouveau Code de la Famille qui vient d'être adopté. Madame Koite répond sans ambages que ce code n'est pas une avancée, que ce serait plutôt un recul, due à une pression islamiste certaine sur le Parlement, l'Assemblée, le Gouvernement. En tous les cas, dans ce code, le problème des femmes détenues n'est absolument pas abordé.

La réalité des conditions carcérales.

Un auditeur s'émeut vivement devant cette présentation d'une prison "idéale", qui pourrait occulter la réalité catastrophique et indigne des prisons africaines en général. Une auditrice demande des précisions sur les financements et allocations dans les prisons au Mali. A la prison de Kayes, se rappelle une autre, les familles devaient apporter de la nourriture aux prisonniers, sinon ils ne mangeaient pas.

Réponses : Niamoye Diarra et madame Koite redisent ensemble que le centre de Bollé est bien une exception, une expérience hors normes, et que cet établissement pilote représente un modèle et un espoir pour l'amélioration générale des prisons dans le sous-continent. Bollé est d'ailleurs visité par des associations de femmes magistrates venues de divers pays africains pour essayer de relayer cette dynamique. Jean-Loïc Baudet interviendra aussi pour rappeler que la CADE, organisatrice de cette conférence, n'a pas vocation à l'afropessimisme ni à la déploration de tout ce qui ne marche pas en Afrique, au contraire! Nous sommes ici rassemblés pour parler d'une Afrique en évolution, et le cas de Bollé en est un bel exemple.

Ceci étant dit, la réalité est là : il est vrai que dans les prisons maliennes, pour l'alimentation et la santé, l'allocation quotidienne par jour et par personne est seulement de 380 FCFA, environ 50 centimes d'euro. Bien sûr, cela ne va pas. A Bollé, les femmes mangent chaque jour viande ou poisson fumé, elles dorment sur des lits, elles sont encadrées.

Donc il faut voir Bollé comme une espérance : l'établissement bénéficie d'un financement spécial d'Etat, auquel s'ajoutent les contributions de la Fondation de la Première Dame, lesquelles ont permis d'installer tout l'équipement, sans compter les ONG qui prennent une grande part en matière de projets et d'accompagnement. Tout cet ensemble n'a été possible aussi que grâce à la qualité et à l'assurance d'une bonne gestion.

tL'exemple de Bollé va-t-il se multiplier ? Va-t-on créer un Bollé « Hommes » ? Actuellement, au Mali, l'Etat vise plutôt à améliorer un peu partout les choses, afin que toutes les prisons puissent émerger. Mais ailleurs aussi, comme le font remarquer plusieurs témoignages d'auditeurs, des prisons évoluent vers une meilleure prise en compte de l'humain : au Sénégal, en Afrique du Sud.

Le souci de la réinsertion

Réinsertion, récidive, à la sortie de prison, c'est toujours une tension entre les deux. Et, comme le souligne une auditrice, pour les femmes, la réinsertion est un problème d'autant plus accru qu'en Afrique, une femme n'a de valeur que lorsqu'elle est en ménage. Une femme répudiée, une femme qui a fait de la prison, même si elle a appris un métier, comment peut-elle refaire sa vie ? Peut-on évaluer un taux de réussite ?

Réponses : Il est vrai que cette image de la prison colle à la peau. C'est pourquoi le plus souvent quand c'est possible, la famille fait en sorte que cela ne se sache pas, que la détention de la femme reste un secret. La prison peut être considérée comme une étape, elle peut être un chemin décidé par « la main de Dieu ». La religion peut aider à comprendre cela et le Mali est une société ouverte, où l'on pardonne. La réinsertion peut être effective.

En ce qui concerne les femmes de Bollé, le relais pour la réinsertion est pris par l'AFSOM, qui poursuit le travail de formation engagé par les exdétenues : l'AFSOM les aide à se perfectionner dans leur spécialité, à former des groupements de femmes pour monter des petits projets qui fonctionnent. Sur la question d'une auditrice par rapport à ce qu'on appelle la justice « réparatrice » ou « restauratrice », qui donne, par rapport à la réinsertion, des résultats probants là où elle est expérimentée (exemples en Belgique, au Brésil, au Sénégal, à Bordeaux), Madame Koite répond que pour le moment rien n'est spécialement fait au Mali. Par contre, pour les mineurs, il commence à exister des alternatives et il y a des juges qui prennent des mesures d'accompagnement plutôt que de décider l'emprisonnement. C'est une évolution.

En conclusion, Madame Koite raconte que plusieurs fois des détenues en fin de peine lui avaient demandé de pouvoir rester à Bollé : elles s'y sentaient en sécurité et par contre, inquiètes d'avoir à retrouver la rue. Par ailleurs, à la suite d'un reportage télévisé sur la prison, la brigade policière lui avait téléphoné pour lui signaler que des filles à Bamako faisaient tout pour pouvoir y être internées !

Belle récompense pour cette directrice d'établissement, chaleureusement félicitée par l'auditoire et par les membres de la CADE pour son travail d'humaniste au service de toute dignité.■

Chantal Wallon