5. Les entreprises africaines dans la globalisation : quels leviers d'émergence ou de développement ?

Cycle II : La libération de la capacité d'entreprendre en Afrique

Rencontre-débat du 16 décembre 2010

Présentation

Les entreprises africaines commencent à se structurer pour se mettre en situation de conquérir des marchés à l’étranger et de prendre part à la mondialisation économique. Ce cycle, qui est parti de l’entrepreneur, aborde aujourd’hui la manière dont se comportent ces entreprises au niveau international et les stratégies qu’elles doivent développer pour assurer leur compétitivité et leur pérennité.

A cette rencontre préparée et animée par Roland Portella, ont bien voulu accepter de participer : Didier Acouetey co-fondateur du « Business Forum Afrique-Asie du Sud » (forum de rencontres entre entreprises africaines et asiatiques), PDG de Africsearch (cabinet de recrutement des cadres africains pour multinationales, de conseil en ressources humaines), organisateur du Forum Africa & Agenda Act (propositions de solutions pour la place de l’Afrique dans le nouvel ordre mondial, chroniqueur à RFI sur les problématiques de formation / emploi en Afrique et Karim Dahou, executive manager au NEPAD-OECD Africa Investment Initiative (programme qui vise au renforcement des capacités des pays africains à améliorer le climat des affaires en faveur de la croissance et du développement).

Karim Dahou

Karim Dahou © CADE
Karim Dahou © CADE

Karim Dahou aborde l'aspect structurel d el"'environnement des affaires. L'Afrique n'a jamais été dans une situation d'"isolat" puisqu'elle a toujours eu une tradition d'échanges et de commerce. la globalisation accélère sa mutation rendue nécessaire pour accroître sa compétitivité. Se posent alors les problèmes de la production et de l'amélioration de l'environnement des affaires, indispensables pour maintenir sa cohésion sociale et assurer sa survie. Le meilleur vecteur nécessaire pour affronter le reste du monde est l'intégration régionale susceptible de produire de la croissance et du développement. Cette politique d'intégration est un enjeu capital pour les décideurs africains, dans des secteurs particuliers comme les infrastructures, les marchés financiers, le secteur agricole, l'emploi.

Le partenariat entre le NEPAD et l'OCDE a pour but d'améliorer le climat des affaires en Afrique. les modes opératoires en sont des dialogues de haut niveau entre décideurs des politiques publiques et décideurs des politiques d'investissement du secteur privé, internationaux et Africains. Il faut faire sauter un certain nombre de verrous freinant l'investissement et amener certains pays africains à revoir leur cadre normatif: politiques publiques, politiques d'investissement, fiscalité, commerce, marchés financiers, finances, etc., qui ont un impact sur le climat des affaires.

Les défis à relever

Les infrastructures posent un défi considérable : accès à l’eau potable, à l’électricité, à des moyens de transport adéquats dont l’insuffisance hypothèque le développement des micro entrepreneurs. Une étude de diagnostic de la Banque Mondiale menée tous les deux ans montre que du fait du fort déficit dans le domaine des transports, cela coûte plus cher à des pays enclavés d’exporter par voie maritime que par voie aérienne alors que, normalement, cette dernière est trois fois plus chère. Cette étude estime que les besoins en matière d’infrastructures sont de 93 milliards de dollars chaque année. Les Etats africains avec leurs partenaires publics et privés (8 à 10 milliards annuels, en croissance rapide) arrivent à mobiliser la moitié de cette somme. L’Afrique a en stock un capital privé parmi les plus faibles des pays en développement, mais qui connaît une croissance plus rapide qu’ailleurs.

Le développement des infrastructures à une échelle régionale est crucial pour la réduction des coûts et pour la dynamique des échanges entre pays. Ces infrastructures sont l’épine dorsale de l’intégration régionale. Or, les pays africains échangent peu entre eux. Les statistiques officielles estiment le commerce intra-régional à 10 % des exportations alors qu’il est de 90 % vers l’extérieur de l’Afrique. Cette dynamique d’intégration régionale est essentielle pour la compétitivité des entreprises. Il faut décloisonner les dynamiques d’investissement, commerciales et de production et les porter à une échelle sous-régionale.

Les marchés financiers : les principaux déterminants pour les investisseurs, étrangers comme nationaux, sont la taille des marchés et les taux de croissance. Des pays comme le Nigeria, l’Egypte, l’Afrique du Sud, les pays du Maghreb se taillent la part du lion en ce qui concerne les investisseurs étrangers. La taille des marchés financiers africains est extrêmement étroite. Le poids de l’ensemble du secteur bancaire est équivalent à celui d’une grande banque d’affaires européenne. L‘intégration des marchés financiers, avec l’aide de la puissance publique, en permettant d’offrir plus de crédits aux entrepreneurs africains et d’accroître les taux d’investissement, est un enjeu très important. On commence à avoir de plus en plus de structures financières qui ont une dimension régionale et qui offrent un portefeuille diversifié aux gros investisseurs et adapté aux besoins de petits entrepreneurs, notamment dans le secteur agricole.

La fiscalité : le comité d’investissements de l’OCDE n’est pas très favorable aux diminutions de taxes pour l’investissement ; car en réduisant l’assiette fiscale on réduit aussi la capacité des Etats à fournir les services nécessaires aux entreprises comme les infrastructures. C’est un domaine où les pays africains auraient avantage à harmoniser leurs politiques pour faire face à la concurrence internationale. L’agriculture est un secteur très important. Il faut savoir que 60 % des terres arables disponibles sont en Afrique. Les tensions sont très fortes sur les prix et la production est arrivée à un niveau de saturation dans de nombreuses régions du monde. Le stock de capital par agriculteur africain est le sixième de celui des Latino-Américains et le quart de celui des Asiatiques. Le potentiel de croissance est donc très important et il pourrait être tiré aussi bien par l’investissement domestique intérieur que par l’investissement étranger. Là encore, l’intégration régionale est fondamentale, car les zones de production doivent être articulées étroitement à des marchés de débouchés pas seulement dans le reste du monde mais aussi en Afrique. Le marché africain est en effet tiré par le développement de grandes métropoles qui permettent l’écoulement de la production de villes secondaires. Ces métropoles sont le plus souvent dans les régions côtières et constituent donc des zones de transit pour les produits exportés. Cette polarisation de la production agricole vers les métropoles côtières incite à penser sa croissance dans un cadre sousrégional.

K. Dahou conclut en insistant sur la nécessaire mise en réseau des infrastructures des différents pays pour pouvoir travailler sur le lien entre zones de production et marchés d’écoulement.

Roland Portella interroge l’intervenant sur trois points. Quel genre de dialogue s’établit-il entre les entrepreneurs et son institution ; où en est-on sur la problématique des APE (Accords de partenariat économique) et AGOA (African Growth and Opportunity Act), certains chefs d’entreprises craignant ces accords ; enfin, y a-t-il une évolution montrant que les entrepreneurs sont sur les marchés internationaux ?

Karim Dahou répond que les entrepreneurs se plaignent des infrastructures et des difficultés à se financer localement. Le fait de régler les emprunts en devises et de libérer les revenus en monnaie locale leur font courir un risque de change considérable. Les APE engagent fortement les Etats et comportent des opportunités et des risques. En ce qui concerne les opportunités, les enveloppes de financement sont relativement importantes pour les programmes d’investissement et d’infrastructures régionales. D’un autre côté, les pays peuvent avoir des règles d’origine et des régimes d’accès à des marchés d’exportation différents. Cela peut compliquer l’investissement de certaines entreprises sud-africaines chez leurs voisins en plus d’exporter sur le marché européen et augmenter les coûts de progression. Cela mérite discussions. L’AGOA qui offre des incitations tangibles aux pays africains à poursuivre leurs efforts pour ouvrir leurs économies et créer des marchés libres, est une bonne idée et ça a marché. Concernant le textile, il y a eu des investissements considérables de la part d’investisseurs de pays émergents. Au Lesotho, on est passé de 0 en 2000 à 500 millions de dollars en 2003 d’export vers le marché américain. Mais dès que l’accord multifibres a été dénoncé, ces pays n’ont plus supporté la concurrence en terme de coûts. Actuellement, les seuls produits qui bénéficient de l’AGOA sont les hydrocarbures.◘

Roland Portella © CADE
Roland Portella © CADE

Roland Portella demande à l’intervenant suivant ce qu’il pense du Campus Europe-Afrique qui s’est tenu au Maroc pour réfléchir à la formation de gros potentiels d’équipes au niveau international pour accompagner les entreprises dans la globalisation.

La diversité des entreprises : fer de lance de l'économie africaine

Didier Acouetey © CADE
Didier Acouetey © CADE

Didier Acouetey indique que ce Campus répond à une dynamique Sud-Sud. Les entreprises marocaines investissent en effet de plus en plus en Afrique subsaharienne. Plus généralement, la formation est un enjeu crucial pour permettre aux entreprises de se positionner sur les marchés internationaux. Les entreprises africaines ont un déficit en capacités techniques et humaines qui ne leur ont pas permis de bénéficier pleinement de l’AGOA et de profiter de l’ouverture des marchés. Un véritable investissement est à opérer en faveur des ressources humaines des entreprises.

Le secteur privé africain est à la fois ancien et très récent. Ancien, car on a toujours fait du commerce en Afrique, même si l’entreprise existait sous une forme individuelle ; ce milieu des affaires s’est structuré du fait de mouvements de fond : la libéralisation des économies qui a permis l’émergence d’un secteur privé, l’ajustement structurel qui a provoqué un dégraissage de la fonction publique, ce qui a amené de nombreux fonctionnaires à se tourner vers le secteur privé, les besoins importants d’investissements en Afrique, le partenariat public-privé. Tout ceci a rendu nécessaire d’offrir un cadre réglementaire plus adapté, favorable aux investissements et structurant pour le secteur privé.

Ce secteur privé compte 70 % de très petites entreprises, 20 % d’entreprises moyennes et seulement 10 % de grandes entreprises. A l’intérieur de ces formats, les entreprises sont plus ou moins structurées et certaines sont cotées sur les marchés. De nombreuses petites entreprises fonctionnent assez bien hors de tout cadre légal (secteur informel). Cette grande diversité est reconnue comme le fer de lance de l’économie africaine.

Un autre élément à considérer est l’évolution du contexte économique mondial et l’Afrique y suscite un intérêt croissant. Le marché africain de demain est porteur (près de 2 milliards d’habitants en 2050) et le continent dispose d’un fort potentiel de croissance, ce qui crée un appel d’air qui favorise le développement du secteur privé, qui bénéficie par ailleurs d’une nouvelle génération d’Africains bien formés. Certaines entreprises ont une dynamique régionale, ce qui est une exigence pour la conquête de marchés internationaux. Des partenariats avec de grands groupes asiatiques se développent qui apportent du cash, de la technologie et l’amélioration des ressources humaines. Des exemples encore peu nombreux de groupes prospères témoignent de la dynamique de ce secteur privé africain qui se régionalise et qui part à la conquête du monde. Il y a encore beaucoup de défis à relever en particulier dans le domaine des ressources humaines, ce à quoi s’emploie le cabinet Africsearch pour le compte des grandes entreprises africaines.

Les ressources humaines ont un coût. Les entreprises africaines ne comprennent pas toujours la nécessité d’investir dans ce secteur. Cela rend le recrutement de diplômés sur le marché international difficile, faute de rémunérations suffisantes et d’offre en matière de perspectives de carrière, ce qui pousse ces derniers à se tourner vers les multinationales. Cet investissement dans les ressources humaines est pourtant nécessaire au développement des entreprises et à la création de richesses. L’investissement sur le moyen ou le long terme se heurte aux coûts d’accès à l’argent, les crédits étant à des taux très élevés. Il y a heureusement des fonds d’investissement pour le secteur privé, mais ils vont vers de gros projets, le ticket d’entrée étant trop élevé pour les petites entreprises. Une économie ne peut se développer que si elle passe à une phase industrielle et de transformation des ressources. Mais passer d’une culture d’exportation à une culture de production suppose que soient abaissés les coûts d’accès à l’argent, de l’électricité, des transports, des communications et une véritable politique d’investissement dans la formation, sinon les produits, trop chers, ne sont pas compétitifs.

Les champions africains

Pour terminer, D. Acouetey rend compte d’une initiative qui permet de rapprocher les opérateurs économiques africains, qui s’intéressent au marché du Sud-Est asiatique et souhaitent lever des fonds sur ce marché, et les opérateurs asiatiques qui s’intéressent au marché africain. Il s’agit de la création d’une chambre de commerce africaine à Singapour et des entreprises « Champions ». Les « Champions » africains sont des entreprises structurées, reconnues, qui ont une capacité à conquérir de nouveaux marchés en Afrique et dans le monde. Elles sont en capacité de lever des fonds et d’absorber les technologies et donc d’avoir une meilleure pratique de fonctionnement. D. Acouetey travaille à un appel à « Champions » avec les organisations régionales africaines pour offrir un cadre qui stimule l’émergence d’un vrai secteur privé et surtout de vrais champions capables d’entrer en compétition avec des multinationales. Actuellement ces entreprises sont trop rares et si on n’est pas capable de créer un environnement qui permette à ces entreprises de naître et se développer, d’avoir des positions de champions, on n’aura jamais un secteur privé capable de développer le continent.

Roland Portella fait remarquer que les champions africains relèvent plus du désir d’Asie que du désir d’Europe.

Didier Acouetey énonce trois réalités.

1) Aujourd’hui, il y a moins d’Europe et de France en Afrique faute de stratégie européenne et française.

2) L’Afrique a beaucoup changé ces dernières années, elle est décomplexée et les Africains formés dans les universités partent à la conquête du monde.

3) Quand on regarde la trajectoire de beaucoup de pays africains par rapport à l’Asie du Sud-Est, on voit que dans les années 60, la Côte d’Ivoire était, en terme de richesse par habitant, devant la Corée du Sud et Singapour. Cinquante ans plus tard, la richesse par habitant de la Corée du Sud est de 15.000 $/habitant contre 4 à 500 pour les pays africains. Ces derniers souhaitent donc suivre la trajectoire des « dragons » asiatiques pour rattraper leur retard. Ces pays offrent des possibilités de partenariat dynamiques, accessibles si on les aborde de manière structurée, ce que permettent les chambres de commerce. ◘

Le Débat

Les APE. Le débat s’engage sur les APE qui sont très critiqués par les entreprises africaines. Ces APE sont des accords commerciaux préférentiels qui permettent aux pays en développement de pénétrer le marché des pays développés. C’est un coup de pouce pour la compétitivité en particulier vis-à-vis des exportateurs des pays asiatiques vers les marchés européens ou américains. Cela n’a pas très bien marché, ces accords n’ayant pas permis à l’Afrique de maintenir ses parts de marché en Europe qui ont été progressivement rognées par les Asiatiques. Ce serait de la responsabilité des politiques publiques de favoriser la compétitivité des produits transformés plutôt que de faire confiance au reste du monde.

Le NEPAD. En ce qui concerne le NEPAD qui est une liste de projets d’infrastructures sous-régionales, transfrontalières, il y a eu peu de réalisations jusqu’en 2000. Depuis 2002, des projets commencent à voir le jour avec des partenaires internationaux, comme le corridor Nord-Sud en Afrique australe, une partie du corridor de Maputo, dont on voit le début de la mise en œuvre. C’est donc très important pour l’Afrique.

Le facteur démographique. Le fait que les entreprises africaines se sont créées sur une base individuelle n’est pas un phénomène nouveau. On l’a vu dans le reste du monde, chaque fois qu’un pays a connu un choc démographique soudain et considérable, comme en Europe à la transition 18e-19e siècle, en Asie du Sud-Est pendant la première moitié du 20e siècle, dans les pays du sud de l’Europe au début du 20e siècle. Lors de ces chocs démographiques, les ajustements entre les structures capitalistiques et l’offre de travail, qui augmente énormément, ne sont pas assez rapides. La pression sociale est forte et les sociétés répondent par la migration. C’est ainsi que se sont disséminées des communautés de Chinois tout le long de la côte de la mer de Chine, les investissements étant soutenus par une politique active de soutien à l’exportation.

L’exploitation des terres. Pour ce qui est de l’exploitation des terres africaines par des sociétés étrangères, il est précisé que les principes directeurs des sociétés multinationales contiennent un corpus de normes environnementales et sociales que les entreprises doivent respecter quelque soit leur domaine d’activité. On est aujourd’hui dans un contexte où certains pays n’auront pas assez de terres pour produire et nourrir leur ressortissants et qui sont importateurs nets de denrées alimentaires, comme l’Arabie Saoudite et la Corée du Sud. L’Afrique dispose de terres non exploitées ; dès lors, quel schéma mettre en place pour qu’elles le soient ? Il existe des investisseurs qui accaparent les terres sans tenir compte de la demande locale. Mais certains dirigeants africains s’enga- gent dans cette direction de bonne foi, croyant que grâce à ces investissements dans les cultures d’exportation, le marché local pourra s’industrialiser à partir du secteur agricole. Pour répondre à cette problématique, il faut que les responsables politiques aient une véritable vision stratégique pour que l’exploitation de ces terres se fasse en commun et qu’elle satisfasse les besoins des parties.

Un modèle de développement endogène ? Une question est posée qui est de savoir si l’Afrique ne pourrait pas avoir son propre modèle d’industrialisation et de développement. Ce qu’on constate, c’est l’énergie que mettent les Africains à produire de la richesse. C’est le cas des petits vendeurs, des paysans qui travaillent dans des conditions difficiles. Ces modes de production témoignent de l’échec des dirigeants qui, par manque de volonté politique, n’ont pas su faire évoluer les techniques de production en organisant la formation. Tout semble fait pour que le paysan africain vive mal. A cela s’ajoute le manque de compétitivité des produits à l’exportation, face à la concurrence des produits occidentaux largement subventionnés. Il faut passer d’une économie agricole à une économie de la connaissance. Pour cela, il faut former, il faut de l’électricité, des infrastructures de transport. L’Afrique a des atouts : la population, l’espace, les ressources naturelles. On ne peut pas avoir tout cela et ne pas prendre en compte les bases de la production. Il faut que les Etats soutiennent certaines industries par des mesures d’accompagnement, voire par un minimum de protection. Il faut aussi une politique d’encouragement pour que les entreprises puissent attirer certaines ressources humaines indispensables à leur développement. Pour assurer la pérennisation des entreprises, dont la Banque Mondiale souligne qu’elle progresse, a été mise en place une évaluation par les pairs mais encore faudrait-il que celle-ci soit assortie de règles contraignantes. Cette pérennisation passe également par la sauvegarde du patrimoine des entreprises qui peut être menacé par les règles successorales.

On a vu les enjeux qui sont à surmonter pour que les entreprises africaines s’internationalisent. Des progrès sont clairement accomplis, des partenariats stratégiques sont montés avec des entreprises occidentales ou de pays émergents. On connaît, au Nigeria notamment, des entrepreneurs milliardaires en dollars. Il faut que les gouvernements accompagnent ce processus, dans lequel les entrepreneurs africains prennent leur part d’initiative, en agissant de manière volontariste sur les leviers qui relèvent de leur domaine régalien. Le développement de l’Afrique est à ce prix.■

Philippe Mathieu