Cycle I : « Que peuvent les productions littéraires africaines ? »

4. « Littérature et jeunesse. Quelle mémoire ? »

Présentation

Cette dernière rencontre - débat du cycle 2009/2010 est la troisième sur le thème de la littérature. Elle porte sur les rapports entre jeunesse et littérature. Cette dernière se heurte en Afrique à des questions cruciales qui se posent en période de mondialisation. Elle doit être pensée en tenant compte de multiples enjeux : la « bibliodiversité » (diversité culturelle appliquée au monde du livre), les obstacles que rencontrent sa production et sa distribution, les politiques publiques du livre, l’éducation des enfants dans des pays anciennement colonisés, où l’écriture côtoie l’oralité, mais aussi les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication.

Interviendront successivement : Kidi Bebey, journaliste indépendante. Elle fut rédactrice en chef de la revue « Planète Jeunes », puis « Planète Enfants », productrice à RFI de l’émission « Reines d’Afrique ». Auteur de nombreux ouvrages dont « Filles et garçons tous égaux », « Modibo Keita ».

Caya Makhélé, journaliste, directeur des éditions Acoria, auteur de nombreux ouvrages, dont « Les jours qui dansent avec la nuit », commissaire du Salon international du Livre de Châtenay-Malabry.

Viviana Quiñones, enseignante en Argentine, puis bibliothécaire en France, chargée de mission « Afrique » à la Bibliothèque nationale de France, au Centre national de la littérature pour la jeunesse - La Joie par les livres.

Tanella Boni, écrivaine et universitaire, administratrice de la CADE a bien voulu animer cette séance.

En préalable à la rencontre-débat, Jean-Loïc Baudet, président de la CADE, présente la conteuse Malvina Herrera. Elle est intervenue à la Goutte d’Or à l’occasion de l’exposition « Quand l’Afrique s’éveillera ». Accompagnée au balafon par le griot Lamine Kouyaté, elle va raconter l’histoire de Zola Zoba. (Voir ci-après en page 6).

En ouvrant cette séance du 16 juin, Tanella Boni relève une coïncidence : le 16 juin est la journée de l’enfant africain. Cette journée rappelle à tous que l’enfant a droit à la santé, à l’éducation, à la vie d’abord et aussi aux grands rêves, qui lui permettront d’assumer sa part de responsabilité envers lui-même et les autres. Or la littérature est le chemin du rêve. Elle aide les jeunes à mieux se connaître, à avoir l’estime d’eux-mêmes et avoir une idée de la dignité humaine. Quand on parle de littérature de la jeunesse en Afrique, on pense immédiatement aux contes, mais il y a d’autres formes, d’autres artistes. Il faut aussi tenir compte des enjeux, des difficultés de toute nature. Nous allons partager les expériences des intervenants sur ce thème.

L’accès au livre par la presse

Kidi Bebey © CADE

Kidi Bebey expose son rapport à la littérature vue de trois côtés : de la presse, de l’édition et en tant qu’auteur. Rédactrice en chef pendant douze ans de la revue « Planète Jeunes » créée en 1993, puis « Planète Enfants » lancée en 1998, elle a vécu le rapport presse/littérature. Lire un journal est une approche de l’écriture différente de celle du livre, mais qui peut s’adapter aux réalités du lecteur : l’enfant, le jeune. Il fallait faire la part de l’imaginaire et la part du rêve en demandant à ses lecteurs de devenir des producteurs. L’écrit incite à écrire soi-même, répondant ainsi à un grand besoin d’expression. Le magazine est interactif. Il permet un discours des jeunes sur les jeunes. Une des difficultés rencontrées fut la hiérarchisation négative de la presse par rapport à l’édition chez les adultes. Pour eux « Les paroles s’envolent, l’écrit reste », et la presse aussi s’envole, le papier se déchire, il se perd et disparaît. Tandis que le livre demeure. La presse est moins intimidante que le livre. Il n’y a pas d’ordre de lecture, on peut choisir le thème qui intéresse, aller à la fin, revenir au début. On peut se sentir « conquérant » de ce matériel. Il atténue la solennité du livre. En outre celui-ci empêche parfois d’avoir une information juste, longtemps, car le livre vieillit.

Sa deuxième expérience en tant qu’auteur d’albums pour les petits, de fictions pour les adolescents, de fictions documentaires se situe dans un projet en cours au Mali : publier des albums retraçant l’histoire des héros et de leurs descendants américains ou caribéens. Ils sont un reflet de l’histoire africaine adaptée aux enfants, présentant des modèles et des figures emblématiques. Ils plaisent aussi aux parents, car c’est leur propre histoire, alors que l’histoire de l’Europe est souvent mieux connue que celle de l’Afrique. Les sujets ne se limitent pas aux indépendances, aux hommes, à la politique. Dans la société, il y a aussi des femmes, Myriam Makeba, des musiciens, Bob Marley, des héros du sport marathonien. Les jeunes ont besoin d’ouverture, d’imaginaire. Ils sont attirés par l’image, puis intéressés par les textes.

« Pourquoi je ne suis pas sur la photo ? »

Un livre, c’est une goutte dans l’océan. Sa promotion et sa diffusion sont un problème. Faire savoir que le livre existe suppose ensuite de le mettre à disposition. Il faut sensibiliser le monde de l’édition : les éditeurs, les écrivains, les illustrateurs, les journalistes, les institutions qui constituent un réseau. On n’a pas vraiment ce réseau en Afrique. Il y a aussi un problème d’éducation globale des parents pour lesquels le livre doit traiter de préceptes moraux, mettre les enfants dans le droit chemin, les faire réfléchir. L’accès au rire est accessoire. Or le rire est une approche pour arriver au but recherché.

Il faut aussi répondre aux questions que se posent les enfants. « Pourquoi je ne suis pas sur la photo ? » est le titre d’un album. Car les enfants, même très jeunes, demandent : « Où étais-je avant de naître ? ». Il y a une sorte de paradoxe en Afrique : la majorité de la population est jeune, mais elle ne peut s’exprimer. Les jeunes voudraient être pris au sérieux, maintenant, sans devoir attendre plus tard, quand ils seront adultes. Les adolescents sont une « non population », mal comprise, d’autant que les rites de passage à l’âge adulte disparaissent. Ils sont en décalage, quand ils voient la télévision, Internet. Ils souffrent de cette incompréhension et de préjugés réducteurs. Nous avons tenté une collaboration entre « Planète » et la revue française « Phosphore ». La réaction fut immédiate : « comment aider ces jeunes lecteurs de 16 – 17 ans ? », sans penser qu’ils pouvaient simplement souhaiter correspondre en égaux. On ne répond pas non plus à une autre question : la puberté. Or c’est, un moment très important de la vie des jeunes et ils en sont conscients. Mais personne n’ose aborder ce thème.

Autre décalage illustré par un exemple à propos d’un film. C’est l’histoire d’un jeune Américain qui a brillamment réussi ses études aux USA et qui quitte sa famille. Loin de la civilisation de consommation, il s’en va vivre en sauvage en Alaska, avec ce que la nature lui proposera. Pris au piège de son ambition, faute de nourriture, il meurt. Face à ce scénario, deux membres africains d’une ONG qui présentaient un court métrage sur le SIDA, s’exclament : « Impossible ! Un jeune ne peut pas abandonner sa famille, sa communauté qui ont misé sur lui et ont fait tant de sacrifices pour ses études. C’est de l’égoïsme. Il doit rendre ce qu’il a reçu, pour aider d’autres à vivre à leur tour ». En effet les jeunes sont déchirés entre leur envie de vivre leur vie, dans un certain individualisme tel qu’ils le voient partout ailleurs, et le devoir dû à la famille. Ils n’ont pas de repères pour choisir. Il y a là un espace éditorial pour les auteurs : le devoir lié à l’environnement, la famille, la tradition. Et comment choisir sa propre vie. ◘

Le roman « caméléon »

Caya Makhélé © CADE

Caya Makhélé va expliquer comment le roman, la fiction s’adressent à un public jeune et comment ils le mettent en scène. Les tranches d’âge ne sont pas les mêmes en Afrique et en Occident. C’est une difficulté pour les éditeurs : on ne sait pas à quel public on s’adresse. Il faut donc des grilles de lecture plus ouvertes.

« L’enfant noir » de Camara Laye, écrit pour les enfants, a touché tous les publics. C’est ce que C. Makhélé appelle le « roman caméléon », qui convient à tous. Écrit et édité pour tous publics, il rencontre un écho particulier chez les jeunes, notamment si les personnages sont des enfants. Ils y trouvent le vécu d’une part d’euxmêmes, une vue sur leur avenir, lorsqu’on y parle de la responsabilité de l’adulte face à la société. C’est la dialectique de la transition entre la tradition, support des valeurs du passé, et la modernité, qui est l’intrusion de l’Occident en Afrique.

Les écrivains interrogent celle d’aujourd’hui : comment s’estelle construite, avec quelles valeurs ancestrales, quelles valeurs de la modernité ? Ces ouvrages regardent vers l’avenir. Ils s’ouvrent sur le monde entier avec une place plus importante encore accordée aux médias : télévision, cinéma, Internet. Les jeunes vont dans les cybercafés, ils inventent des arnaques en multipliant les tentations dans les sites.

On s’interroge sur la place que pourrait occuper Internet dans la diffusion de cette littérature. La question se pose également en France. Mais faire l’impasse du livre, par rapport à la consommation de lecture, priverait les jeunes de l’essentiel : le support matériel papier, qui mémorise le contenu du livre.

La fiction raconte la vie

Quelques uns des thèmes traités sont ensuite présentés. La littérature contribue aussi à la socialisation de l’enfant. La fiction tente de montrer la place des jeunes dans la société, sous une forme documentaire. A travers un conte, on fait passer des principes moraux. S’ils sont introduits discrètement, le lecteur jeune n’est pas rebuté. Si c’est asséné comme une vérité absolue, ils ne sont pas acceptés.

La fiction donne une crédibilité matérielle aux choses et aux gens. Les petits cireurs des rues passent généralement inaperçus, mais comme le livre en parle, les jeunes voient ces cireurs, jusqu’alors invisibles dans leur quotidienneté. Ils voient ces enfants exploités se construire néanmoins une existence. Ils acquièrent la légitimité de ce que l’on voit.

Il y a aussi la part faite au quotidien, où l’enfant se prend en charge. En voici quelques exemples : Une bande de cousins et de copains en vacances dans un village enquêtent sur les conflits de génération. Les enfants de la ville dans un village. Ce sont les deux pôles fondateurs de l’Afrique d’aujourd’hui. Autre roman : dans un village la télévision est arrivée. Ce fut de la magie, comme le cinéma des frères Lumière à son époque en France. Elle vient d’être installée, puis disparaît. Traumatisme, car c’était le miracle pour sortir le village de son isolement. Les enfants mènent l’enquête pour retrouver cet objet venu d’ailleurs, un OVNI littéraire.

Un autre thème à la mode, c’est l’enfant - soldat. Il vit dans l’immédiat, il n’a plus d’enfance, de morale. Il manie la Kalachnikov comme nos ancêtres la daba. Il acquiert un seul savoir : détruire. Il se construit quand même à travers une désacralisation totale de l’existence et il revient dans le giron familial, à la suite d’une sorte d’initiation, pour passer à l’âge adulte. C’est la modernité de l’Afrique, qui se bat avec elle-même, qui se disloque pour se reconstruire, qui se cherche. De nombreux romans en parlent, dont le plus célèbre « Allah n’est pas obligé ».

Ce thème nous ramène à un autre questionnement : qu’avons-nous fait de nos indépendances ? 50 ans c’est peu, mais on peut quand même tirer des leçons du passé, conformément à la tradition africaine : s’inspirer de l’expérience des anciens.

Autre sujet : « Dans la cour des grands ». Sous ce titre, le livre raconte comment être accepté par les plus âgés. Le rite initiatique, constitutif de l’être africain, se retrouve ainsi dans la modernité. Ici c’est une adolescente, qui est face à une question fondamentale : à la veille de faire l’amour, sautera-t-elle le pas ? C’est la question de toute une jeunesse.

En conclusion, on constate que les auteurs montrent la capacité de la jeunesse de se forger de nouveaux rites de passage, dans une société qui elle-même s’interroge. Quitter sa famille pour s’installer ailleurs, se créer un avenir à travers l’école, sortir de l’enfermement de l’armée pour se ressaisir. C’est la capacité de dire ce qu’elle pense de la société dans laquelle elle vit.◘

La littérature pour les jeunes : un trésor

Viviana Quiñones © CADE

Pour Viviana Quiñones, qui collabore avec des professionnels africains, le livre traduit bien les réalités de la jeunesse, d’où ce titre « Le trésor de la littérature africaine pour la jeunesse ». Cette littérature est d’une très grande richesse et suit une évolution remarquable. Elle existe dans le même contexte que les autres secteurs de la littérature où divers facteurs rendent l’accès au livre difficile (diffusion, prix, etc…) et elle affronte des difficultés spécifiques : parents et instituteurs qui n’ont pas l’habitude de lire et n’encouragent pas la lecture chez les jeunes (sauf la lecture scolaire), dont l’utilité n’est souvent pas comprise. D’autre part les bibliothèques ne sont pas en nombre suffisant. Il y a enfin la question de la langue.

Celle de l’écrit, le français, n’est en général pas la langue maternelle. La langue maternelle devient parfois langue d’enseignement, et si des publications en langue maternelle existent (au Rwanda par exemple), elles sont insuffisantes pour répondre aux besoins de lecture des enfants de plus en plus scolarisés dans leur langue. Dès les années 1980 sont apparues des éditions pour les jeunes parmi les productions des Nouvelles éditions africaines (NEA) à Abidjan, Dakar, Lomé ou confessionnelles comme Saint-Paul en RDC. Après 1999, il y a eu un nouvel essor dû à une plus grande professionnalisation des éditeurs, des auteurs et des illustrateurs.

On trouve des éditeurs pour jeunes dans presque tous les pays francophones, depuis de grandes maisons à des éditions à compte d’auteur. Sortent ainsi une cinquantaine de titres par an en moyenne. Auteurs et illustrateurs publient aussi en France ou ailleurs. Apparaissent de belles éditions, cartonnées, en papier glacé, aux prix plus élevés ; d’autres productions sont plus modestes, à des prix plus accessibles.

La distribution n’est pas une question simple, mais elle s’est améliorée dans les dernières années. A Bamako, par exemple, il existe une librairie spécialisée sur le livre de jeunesse. L’édition africaine est davantage distribuée en France.

Les écrivains « pour adultes » ont toujours consacré des ouvrages aux enfants : A. Hampâté Bâ, L.S. Senghor, Ahmadou Kourouma, Guy Menga parmi ceux de la première génération (nés avant 1950) ; Véronique Tadjo, Florent Couao-Zotti, Justine Mintsa, Tanella Boni parmi ceux de la deuxième génération. D’autres écrivent seulement pour les enfants, comme Fatou Ndiaye Sow … Un grand nombre d’illustrateurs travaille sur le continent (Moustapha Ndiaye, Ali Zoromé, S. Amegankpoe, Ponce Zannou…), d’autres le font à l’étranger (D. Mwankumi, Christian Epanya…).

Les modalités de transmission du passé ont été perturbées par la colonisation. Elles affrontent maintenant le livre importé et la mondialisation. Les livres de jeunesse traduisent une conscience claire du besoin de transmettre les « trésors » que les adultes veulent voir perdurer. Tous les genres sont présents : le conte bien évidemment mais aussi l’album, le roman, les documentaires... Ils sont un véhicule de transmission de valeurs, de la tradition et la culture, avec très souvent une intention pédagogique.

La littérature orale est très présente, de diverses manières, et il existe aussi des contes modernes. De nombreux récits tracent des itinéraires de vie. D’autres sont liées aux problèmes réels des jeunes d’aujourd’hui : conflit entre vie traditionnelle et modernité, scolarité et rôles des filles, enfants placés, excision, mariage forcé, enfants maltraités et enfants soldats…

D’autres encore portent sur des thèmes universels: des histoires liées au quotidien des enfants, des romans d’aventures, des documentaires scientifiques… V. Quiñones présente ensuite plusieurs publications, témoins de la diversité dont elle vient de parler. Elle renvoie le public à la revue en l igne Takam Tikou http://takamtikou.bnf.fr qui présente les nouveaux livres africains de jeunesse. ◘

Titre

A plusieurs questions sur la diffusion du livre par Internet, des précisions sont apportées. Les bibliothèques ne sont pas encore équipées. Son accès est difficile. Il est peu présent à la maison, faute d’électricité. Dans les cybercafés, c’est payant et on n’a pas le temps de lire un livre. Par contre, le mobile, très largement utilisé, est une formule fiable. Les cassettes ne sont pas très répandues, mais la radio est un puissant moyen. « Planète jeunes » est une autre voie d’apprentissage de la lecture. C’est de l’information avec un poster. On peut s’identifier à une personnalité. On est dans un rapport, presque, interactif.

Dans tous les cas se pose le problème du coût de production. Fabriquer un livre en Afrique revient très cher, le conserver encore plus et le faire circuler est une gageure. En prenant en compte tous ces paramètres, il faut trouver des modes de distribution différents, adaptés à des groupes de populations, à des régions, à des tranches d’âges. Les politiques publiques ont aussi un impact. Lorsqu’elles se désintéressent du livre, les parents s’imaginent que le livre de divertissement ou de fiction est moins important que le livre d’école.

Une auditrice fait remarquer qu’on parle de l’Afrique, comme si c’était partout la même chose. Or il n’en est rien, selon la situation politique ou économique des pays. En Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Mali, au Bénin, par exemple, le livre d’enfant circule très bien.

Le livre africain, tous genres confondus, arrive en France comme une exception. Pour le banaliser, on peut imaginer qu’il figure dans les programmes de l’éducation nationale. Mais c’est le parcours du combattant. Il faut passer par des réseaux administratifs et autres. Beaucoup d’écrivains vont à la rencontre des lecteurs. C. Makhélé rapporte son expérience de 4 ans à Châtenay-Malabry (Hauts-de- Seine, Sud de Paris), où il habite et où il est commissaire du Salon International du Livre. Durant toute l’année scolaire, il organise un concours d’écriture, qui touche toutes les écoles. 500 enfants y participent. Les textes les plus intéressants sont ensuite publiés. Cinq ouvrages écrits par les Africains ou sur l’Afrique, leur sont « donnés ». Ils reçoivent en cadeau un bon d’achat d’un livre, pour qu’ils fassent, eux-mêmes, acte de choix et d’achat. Pendant l’année, des écrivains de tous pays viennent dialoguer avec eux.

Dernière intervention qui n’appelait pas de réaction. Les Africains de la diaspora se sentent coupés de leurs racines. Or avec les nouvelles technologies, notamment les enregistrements sur Internet, ils peuvent retourner dans leur village, où les grands-parents leurs rappelleront leurs origines, tout en valorisant les langues locales.■

Robert Ginésy