Cycle II : « La libération de la capacité d’entreprendre en Afrique »

2. « La nouvelle génération d'entrepreneurs en Afrique : profils et valeu sociale de leurs activités »

Présentation

De gauche à droite : Patrice Hoppenot, Roland Portella, Amos Ngongang et R.oger Njitchoua  © CADE
De gauche à droite : Patrice Hoppenot, Roland Portella, Amos Ngongang et R.oger Njitchoua © CADE

Après avoir examiné, lors de la première rencontre-débat de ce cycle, les différentes facettes du monde de l’entreprise africaine et les défis à relever, on s’attache ici, de manière concrète et avec les acteurs, à voir comment ces entrepreneurs intègrent dans leurs stratégies d’entreprise la demande sociale de leurs concitoyens. C’est une question qui émerge dans les instances internationales et on sait combien les liens sociaux constituent, en Afrique subsaharienne, le poumon des différentes activités humaines. Ce sujet sera abordé par Patrice Hoppenot, président de Investisseurs & Partenaires pour le Développement (société d’investissement pour le développement des PME en Afrique) ; Amos Ngongang, contrôleur des risques marchés et évaluation de projets à la Direction du groupe SNCF, président de Dynamique Afrique Centrale ; Roger Njitchoua, entrepreneur, directeur de Cameroun Breuvages, entreprise de production d’eau. Roland Portella, directeur de Central Business Leaders, une plate-forme de mutualisation de compétences pour chefs de PMI européennes, administrateur de la Cade, a bien voulu assurer l’animation de cette rencontre-débat.

Introduction

Roland Portella a choisi, en organisant cette rencontre, d’aborder le sujet par son volet sociétal. Il constate en effet l’émergence d’une nouvelle catégorie d’entrepreneurs qui établissent un lien assez direct entre leurs activités et le développement social de leurs concitoyens, donc d’un capitalisme plus humain. Ces comportements rejoignent le débat ouvert au niveau international sur « un nouveau capitalisme est-il possible ? ». A cet égard, il est significatif que les grandes écoles de commerce européennes ouvrent une chaire de création d’entreprises à vocation sociale pour répondre à l’engouement des jeunes sur ce sujet. R. Portella demande aux intervenants de réagir sur ce point.

Patrice Hoppenot confirme qu’en effet, beaucoup de jeunes souhaitent avoir une utilité sociale et participer à la rénovation sociale des pays qui en ont besoin. Il constate aussi que beaucoup d’hommes et de femmes retraités souhaitent donner du sens à leur vie en proposant leurs talents de manière professionnelle à des tâches d’assistance technique. Amos Ngongang estime que cette évolution est incontournable. Les nouvelles générations adoptent davantage des relations d’égal à égal avec celles originaires d’autres continents. Pour lui, les concepts antérieurs sont dépassés et en appelle au capitalisme social sans lequel il est impossible de vivre ensemble. Robert Njitchoua démontre, à travers les projets qu’il a conduits au Cameroun, que la dimension sociale est prise en compte dans l’étude d’impact de chacun d’eux.

L’animateur pose alors la question de savoir pourquoi un investisseur se préoccupe d’entreprises à vocation sociale ? Est-ce que cela repose sur des critères de rentabilité ? Peut-on dresser un panorama de ces entreprises ?

Un partenariat nécessaire

Patrice Hoppenot © cade
Patrice Hoppenot © cade

Patrice Hoppenot répond qu’au risque de décevoir, Investisseurs & Partenaires pour le Développement (IPDev) créé en 2002, n’a pas formellement de vocation sociale. Son approche est différente car il n’y a pas de développement économique sérieux s’il n’y a pas d’entrepreneurs dans un pays. C’est une donnée universelle, liée à l’humain. Entreprendre, c’est aussi vouloir laisser des traces. Encore faut-il en avoir les moyens en termes financiers, d’apprentissage, de gestion d’entreprise. Les entrepreneurs africains ont des projets, mais la culture latente ne leur est pas favorable. IPDev a donc pour objectif de les accompagner financièrement et techniquement en tant que partenaire. A la question de savoir si une entreprise a une vocation sociale ou pas, P. Hoppenot répond que chaque PME qui marche bien, qui produit des services, de l’emploi, des salaires, est un succès sociétal.

Comment fonctionne IPDev ? Actuellement elle dispose d’un portefeuille de 25 entreprises exclusivement en Afrique francophone. C’est celle qui en a le plus besoin car l’Afrique anglophone a hérité de la culture britannique du « business ». On rencontre à IPDev de tout, des pharmaciens qui souhaitent créer une société de « répartiteur » ou une fabrique de médicaments génériques, des médecins qui souhaitent évoluer vers la gestion de cliniques, un hydrogéologue qui ambitionne de créer une entreprise de vente d’eau de bonne qualité à prix très bas, un vétérinaire passionné par les populations peul du nord Sénégal qui ont des vaches dont la production est si faible qu’elles ne leur fournissent aucune ressource financière. Il a décidé de créer une laiterie approvisionnée exclusivement en lait de vache et non en lait en poudre importé d’Europe. Cette initiative permet de substituer à une économie de troc l’apport de ressources monétaires à ces populations. Ce sont de beaux exemples d’entreprises qui apportent des services à une population qui en a besoin.

Les entreprises soutenues par IPDev sont des sociétés à capital risque dans lesquelles IPDev est membre du conseil d’administration et partenaire, partageant les mêmes risques que l’entrepreneur. Mais pour que l’entreprise marche, il faut qu’elle soit performante, qu’elle gagne de l’argent, et pour cela, il lui faut de bons recrutements, des cadres formés qui font bien leur travail. IPEdev n’exige rien pour lui mais considère que ses objectifs sont atteints lorsque l’entrepreneur devient autonome.

Le soutien de la diaspora

Amos Ngongang © cade
Amos Ngongang © cade

Amos Ngongang fait part d’une expérience différente. Il a suivi un parcours professionnel atypique. Ingénieur ICAM, il a travaillé en France, puis 10 ans en Afrique avant de revenir en Europe. Au cours de ces étapes, il s’est occupé en Afrique de la maintenance d’un site de production d'un groupe international et a été confronté à des entrepreneurs africains qui, face à la concurrence, ne disposaient pas de toutes les armes. Il a alors pris l’initiative de créer un centre d’affaires spécialisé en téléphonie internationale. Il s’agissait d’aider les jeunes entrepreneurs en mutualisant leurs compétences et de leur permettre de se concentrer sur leur projet en réduisant les coûts. Cette entreprise a été un échec dont A. Ngongang a su tirer les leçons.

Revenu en Europe, il a noué des relations avec la diaspora et avec la vie associative. Il préside la jeune association « Dynamique Afrique Centrale », dont l’objet est de faire la promotion, de développer, de participer à toute initiative économique en Afrique centrale. C’est une association pluridisciplinaire qui comporte des juristes, des ingénieurs, des médecins, qui accompagne les porteurs de projets. Parmi les projets soutenus il prend comme exemple la création d’une école d’ingénieurs en Afrique Centrale qui a déjà formé deux promotions d’ingénieurs qui s’orientent vers la création d’entreprises et donc qui créent des emplois et participent directement à la gestion de leur environnement. Il a ainsi découvert de nouveaux profils d’entrepreneurs aussi bien en Afrique qu’en Europe, qui considèrent que tout projet doit comporter un volet social. Le responsable ne peut pas s’intéresser qu’au seul capital financier. En Afrique, il doit répondre à de nombreuses sollicitations et faire face à une demande sociale qui n’est pas couverte par l’Etat. Un autre projet soutenu par l’association est la production d’énergie hydroélectrique pour l’alimentation d’entreprises et de centres de santé qui eux-mêmes génèrent de l’emploi et du progrès social.

Ces nouveaux chefs d’entreprise ont voyagé, se sont formés. Ils sont confrontés à la mondialisation, à la bourse, à la fluctuation des cours des matières premières. Ils subissent une mutation. Le chef d’entreprise africain dispose non seulement d’un capital financier, mais il doit faire aussi du marketing politique pour exister et se maintenir, ce qui représente un coût qui tend à réduire sa compétitivité. Celui qui ne le fait pas prend des risques. C’est une grande différence avec l’Europe, où les entreprises sont généralement accueillies à bras ouverts. Pour conclure, s’agissant du capitalisme social, c’est, pour A. Ngongang, le seul système possible en Afrique et le mieux adapté à la culture africaine.

Un entrepreneur heureux

Roger Njitchoua © cade
Roger Njitchoua © cade

Roger Njitchoua montre à son tour comment, avec une solide formation, une volonté forte et un partenariat efficace, les portes peuvent s’ouvrir à un candidat entrepreneur. R. Njitchoua est un entrepreneur de la diaspora, formé en France où il a obtenu un doctorat en géosciences. Spécialisé dans les ressources en eau, il a été chercheur contractuel au CNRS et chargé d’enseignement à l’université d’Orsay. Il a été gérant d’ « Hydrotraces », société de services en matière d’eau et d’environnement. Il est directeur de « Cameroun Breuvages », société fondée en 2004 avec le soutien de IPDev. Face à la forte demande d’eau de qualité, il a rédigé un projet que son partenaire a encouragé. Il s’agissait de fournir à bas coût un produit adapté aux besoins vitaux de la population. Il a donc eu l’idée de fournir de l’eau en sachets, solution économique, adaptée à des populations à faibles revenus et permettant de réduire les risques de maladies hydriques. Le projet centré sur la ville de Douala a généré 60 emplois directs et encouragé une centaine de chômeurs à s’impliquer dans la gestion des points de vente. La production est passée de 2 millions de sachets en 2005 à 15 millions aujourd’hui. Le projet est en cours de duplication à Yaoundé.

Parmi les clés du succès, R. Njitchoua cite la qualité du projet et son adaptation aux besoins réels de la masse de la population, la qualité du porteur de projet qui doit y croire et le maîtriser, la qualité du partenaire et de son accompagnement. Cameroun Breuvages est la première société soutenue par IPDev au Cameroun. Une autre clé du succès est d’avoir le recul suffisant et savoir faire la part des choses face aux contraintes de divers ordres : familiales, communautaires, politiques. Pour conclure, R. Njitchoua adresse un signal d’encouragement à tous ceux qui voudraient suivre la même voie.

Le Débat

L’auditoire © cade
L’auditoire © cade

Les exemples concrets d’initiatives de la part de jeunes entrepreneurs africains et de mécanismes d’accompagnement pour les soutenir qui ont été exposés ont suscité de nombreuses questions.

Le partenariat

Un premier train de questions porte sur la difficulté pour un entrepreneur d’établir un partenariat. C’est un paradoxe en Afrique, où existe une tradition de solidarité. Les organisations patronales y sont très faibles et quand elles existent, ce sont souvent des filiales d’organisations qui dépendent de multinationales. Par ailleurs, l’Etat ne joue pas vraiment son rôle pour la promotion des entreprises. R. Njitchoua répond qu’il y a encore en Afrique, un certain égoïsme et une phobie du partage. Quand un Africain a un projet, il préfère le faire seul. Il prend l’exemple des tontines qui amassent parfois des sommes considérables mais qui ne constituent pas une épargne mobilisable, chacun préférant se consacrer à son petit projet. Il y a un effort de pédagogie à faire. Mais cela change chez les chefs d’entreprise issus de la diaspora qui comprennent qu’ensemble, on est plus fort. P. Hoppenot a observé que quand on crée un partenariat, la méfiance s’installe : au début, tout le monde est d’accord, mais en s’engageant a minima et en attendant de voir. A. Ngongang évoque, pour expliquer cette méfiance, des facteurs culturels. Les indépendances africaines se sont parfois faites dans la douleur comme au Cameroun. Certains parents ne donnent pas leur nom à leurs enfants car il évoque un passé qui risquerait de les faire passer pour des descendants de terroristes. Il faut donc aujourd’hui reconstruire en faisant sauter les blocages psychologiques. Ce n’est pas infranchissable et passé un certain cap, les choses deviennent faciles.

La concurrence asiatique

Des questions portent sur la concurrence asiatique qui relève de la problématique des coûts de production et de la concurrence sur les marchés. R. Portella estime qu’il ne faut pas stigmatiser les Chinois tout en reconnaissant que leur présence sur les marchés engendre des tensions avec les commerçants africains. Pour P. Hoppenot, c’est dans le domaine des travaux publics que les Chinois sont particulièrement agressifs. Ce sont plutôt les Français qui souffrent, les Chinois étant en capacité de faire des offres plus basses que celles de leurs concurrents en réponse aux appels d’offres. Par contre, les Chinois étant de bons commerçants, ils concurrencent directement les marchands africains sur les marchés et cela devient conflictuel. Il faut donc trouver les moyens de réguler cette concurrence. Les gouvernements ont accordé des facilités aux Chinois pour investir dans leur pays. Il faudrait que les commerçants et les chefs d’entreprises fassent pression sur leur gouvernement pour faire cesser ces aides.

Le rôle de l’Etat

Quel rôle l’Etat joue-t-il dans la formation professionnelle ? A cette question, il est répondu que le développement des ressources humaines en Afrique glisse de plus en plus de l’Etat au privé. Cependant, le chef de l’Etat camerounais, par exemple, parle de la création d’écoles d’ingénieurs professionnalisantes ce qui révèle une prise de conscience de la nécessité de former de la main-d’oeuvre qualifiée. A noter que des écoles techniques créées en Afrique centrale, l’ont été à l’initiative des communautés villageoises et que les professeurs sont payés par les porteurs du projet, le rôle de l’Etat étant en l’occurrence inexistant. Concernant le rôle de l’Etat, la fiscalité est une question récurrente. Au Cameroun, R. Njitchoua indique qu’elle est élevée. Face à cette difficulté, la solution est selon lui de faire du marketing politique. Lors d’un débat à la télévision locale avec des responsables du Ministère des mines, il a défendu le fait que l’eau était un produit de première nécessité et qu’elle devait donc être défiscalisée. Il a été entendu puisqu’il y a deux mois, l’eau a été complètement défiscalisée. Mais beaucoup de choses restent à faire et les groupes de pression ont un rôle à jouer. Une des revendications actuelles est l’exonération des droits de douane de l’outil de production comme cela est appliqué aux Chinois. P. Hoppenot assimile les contrôles fiscaux bien souvent à du racket, puisqu’ils reviennent à payer ce qu’il faut à tel responsable politique, et non ce qu’on doit, ce qui peut conduire l’entrepreneur au jeu dangereux de la double comptabilité.

Le problème de la légitimité des acteurs locaux

Une question porte sur la légitimité des acteurs locaux. Face à la faillite des Etats, la légitimité tend à revenir à des acteurs extérieurs. Quel est le rôle des entrepreneurs locaux dans la reconstruction de leur légitimité d’action ? A. Ngongang répond qu’aujourd’hui les acteurs locaux prennent conscience qu’il faut coopérer non seulement localement mais aussi avec les autres pays face à la nécessité d’élargir les marchés. Un entrepreneur qui n’a pas eu l’opportunité de se former à l’étranger peut réussir à créer son entreprise en s’appuyant sur ses réseaux familiaux et ses relations. Le rôle des banques dans la création d’entreprises est souvent évoqué. L’expérience faite au Cameroun par R. Njitchoua est significative. Il s’est en effet heurté à des refus successifs avant de se tourner vers IPDev lors du montage de son projet. Mais dès lors que celui-ci a montré qu’il marchait, les relations avec les banques se sont normalisées. Pour P. Hoppenot, il faut se mettre à la place des banques. En France, elles ne prêtent pas à des start-up si l’entrepreneur n’apporte pas un minimum de fonds propres pour prendre les premiers risques. IPDev se substitue aux banques en apportant des fonds propres mais après avoir étudié à fond le projet. Cela permet de se connaître et d’établir une véritable relation de confiance.

Disposer d’un « capital politique ? »

Quant à la nécessité de disposer d’un « capital politique » pour réussir, les réponses sont variées. R. Portella rassure les jeunes entrepreneurs qui voudraient se lancer en les assurant que des porteurs de projets réussissent sans bénéficier de réseau puissant. Il n’en est pas moins vrai, selon les témoignages des intervenants, que les interlocuteurs qu’ils ont en face d’eux ne sont pas toujours des vrais patriotes et songent à leur intérêt personnel avant de penser à l’intérêt général. R. Njitchoua, faisant part de son expérience personnelle, indique qu’il existe des règles non écrites, des codes à connaître, faute de quoi on peut courir à l’échec. Le chef d’entreprise peut contribuer à supprimer certains abus, comme des contrôles fiscaux par des personnes non habilitées, en les dénonçant auprès des autorités avec lesquelles des liens ont pu s’établir. Le marketing politique peut donc avoir des vertus.

Des réseaux d’aide à la diaspora à l’articulation avec le secteur informel

Face aux pièges qu’il faut savoir contourner, quelqu’un demande s’il existe un réseau qui aide les candidats entrepreneurs de la diaspora à comprendre les codes. Dans ce but, R. Njitchoua a organisé au Cameroun, en collaboration avec l’ONUDI, un forum avec des chefs d’entreprise « en herbe » et des partenaires du Nord. Il est en train de monter une association (New Bell Initiative, du nom d’un quartier de particulière pauvreté) qui a pour objectif de mobiliser les élites pour trouver de l’emploi à ceux qui n’ont pas d’expertise et de les mettre ensemble pour créer des structures.

Sur l’appui apporté au secteur informel, des articulations sont possibles avec les entreprises. Cameroun Breuvages a créé de nombreux emplois indirects : ce sont des grossistes qui travaillent de manière informelle et qui brassent pas mal d’argent. Ce système répond bien à la fois à la vocation économique et au volet social de l’entreprise.

Diversification ou éparpillement ?

Une question porte sur la motivation et sur la diversification des activités d’un même entrepreneur. L’exemple est donné d’un expert comptable qui exporte des mangues et des haricots verts, ou d’une agence de tourisme qui se lance dans la filature de textiles. On s’attendrait davantage à une diversification horizontale. Est-ce que ce comportement, qui est très différent de ce qu’on trouve dans les pays du Nord, est dû au souci de la réputation du chef d’entreprise, à ses réseaux politiques ou à la diversification des risques ? P. Hoppenot répond que les entrepreneurs avec qui il travaille se concentrent sur leur objectif et ça marche bien. Par contre, lorsqu’ils ont l’impression de maîtriser leur entreprise, ils ont souvent envie d’aborder un autre challenge.

Finalement, la réponse à la demande sociale dans l’environnement de l’entreprise se trouve essentiellement dans la création d’emplois, dans la formation et parfois dans des pratiques de sponsorisation qui relaient l’absence de l’Etat dans de nombreux créneaux. Les chefs d’entreprises sont conscients de leur responsabilité au sein de la société dans laquelle ils exercent et la meilleure manière d’avoir un impact social est de réussir et de pérenniser leur entreprise. ■

Philippe Mathieu