Conférences à la Cité des sciences et e l'industrie de la Villette

dans le cadre de l'exposition "Quand l'Afrique s'éveillera"


Sécurité alimentaire et recherche sur la mousson 


Cette conférence a mis en lumière l’importance de la connaissance de la mousson pour la campagne agricole. Un projet international « l’Analyse Multidisciplinaire de la Mousson Africaine (AMMA) » financé conjointement par les coopérations bilatérales, France et Grande-Bretagne, et par l’Union Européenne, débuté en juillet 2006 par une série de mesures et programmé sur 4 ans, a pour objectif de mieux comprendre la mousson africaine afin d’en améliorer les prévisions. D’un coût de 60 millions d’euros, il mobilise plusieurs centaines de chercheurs de divers centres de recherches africains. Son enjeu économique porte sur un des éléments déterminants des récoltes agricoles, le moment le plus opportun des semis. Pour atteindre cet objectif, encore faut-il que les pays concernés se dotent d’outils météorologiques performants et que le relais des informations sur la mousson soit fait dans de bonnes conditions auprès des paysans.

Les deux conférenciers ont mis en valeur la portée et l’intérêt de ces recherches qui permettent d’aller au- delà de l’incidence du phénomène El Niño sur le climat africain.

J.-L. Baudet 

Les Nouvelles technologies de l’information en Afrique

En marge de l’exposition «Quand l’Afrique s’éveillera...» la communication au sens large et les techniques modernes à son service ont été présentées par Anne Cheneau-Loquay, directrice de recherches au CNRS et Pascal Renaud (IRD). Leurs deux interventions ont établi un état des lieux des équipements et des utilisateurs et une analyse de l’impact de ces procédés dans la vie courante.

Le téléphone mobile a explosé, passant de 50 millions d’appareils en 2002 à 190 millions en 2006. Le téléphone fixe est évidemment largement supplanté, d’autant que l‘électricité fait toujours défaut. Pour la même raison les ordinateurs sont rares. L’Afrique représente 3% du parc mondial, mais 80 % des étudiants à Ouagadougou en ont. On en trouve d’occasion à Dakar venant de Doubaï. Près de Lagos une ville est totalement informatisée et vit en autarcie.

Quoique peu répandu en valeur absolue Internet est pratiqué en groupe dans les cybercafés, dans de multiples chaînes de service et de travail commerciales, politiques, agricoles, administratives, médicales... C’est à la fois une ouverture au monde et un recentrage grâce au renforcement des relations avec la diaspora. Au Burkina, le Journal Officiel est sur site: tous ceux qui s’y intéressent le lisent et l’impriment. Cette diffusion de l’information renforce la démocratie.

L’imprégnation de la totalité des sphères dirigeantes est si profonde, que certains demandent que les TIC (Techniques d’information et de communication) soient déclarées “biens publics” comme l’eau .

R. Ginésy