Colloque annuel du club Diallo Telli

Le Club Diallo Telli a tenu son colloque annuel le samedi 1er décembre en présence d’une nombreuse assistance africaine. Le thème des alternances démocratiques en Afrique a été décliné le matin avec M. Kenfack comme modérateur sous l’angle du bilan et l’après midi sous celui des perspectives, avec M. Abessolo dans la position de modérateur.

Le point de vue de l’historien a été présenté par M. André Salifou, ex-président de la Conférence Nationale du Niger en 1991, tandis que M. Senou Gueye a apporté son témoignage et ses réflexions de porte-parole du BIT et M. Makha Thiam s’est exprimé sur la contribution de la diaspora aux alternances démocratiques. M. Salifou a rappelé le contexte défavorable dans lequel on est passé du mono au pluripartisme, ce qui ne dispense pas les hommes politiques, trop souvent mal préparés à exercer leur fonction, de la nécessité de repenser la démocratie à la lumière des valeurs et réalités africaines. Après avoir relevé que la démocratie ne peut être que le fruit d’une lente maturation, M. Gueye a posé le problème de la démocratie en Afrique en termes d’appropriation et d’adaptation avant de conclure sur l’approfondissement de la pédagogie et de la connaissance/respect des règles pour valider le recours aux élections. Quant à lui, M. Thiam a déploré les dérives des pratiques des hommes politiques et appelé de ses vœux, en interpellant la diaspora, un changement de culture politique.

Les intervenants de l’après midi ont fait œuvre de lucidité. M. Albert Bourgi, professeur d’Université, en dénonçant le rôle des partis dans le dévoiement de la démocratie, la transhumance politique et, compte tenu du climat de suspicion, en insistant sur le respect du code moral démocratique, M. Alain Vivien, ancien Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, en soulignant l’apparition d’une classe d’entrepreneurs qui prennent en main le développement africain et sont appelés à accéder au pouvoir.

Colloque très stimulant où ont été mis en valeur le rôle du renforcement de l’Etat pour conforter la démocratie et où l’interaction de la démocratie et du développement était sous-jacente à tous les propos des intervenants comme du public.

Jean-Loïc Baudet