CIFER 1

Rencontre des traditions religieuses de l'Afrique avec l'Islam, le Christianisme et la laïcité

 

à partir des écrits de Léopold Sédar Senghor

 

Comme nous l’avions annoncé dans nos précédentes éditions, le Centre International Francophone d’Echanges et de Réflexion (CIFER) présidé par notre ami Henri Senghor a organisé sous cet intitulé une journée et demie de réflexion et d’échanges les 15 et 16 janvier dernier en partenariat avec la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix et la Société des Africanistes.

Les membres du bureau de la Cade qui ont pu y assister en tout ou en partie l’ont trouvé si intéressante qu’il vous est proposé d’en respirer le parfum par la lecture de larges extraits du compte-rendu qui a déjà pu en être porté à la connaissance des membres du CIFER. La matière étant très riche, la publication sera répartie sur plusieurs livraisons de La Lettre. Lors de la première journée, après les introductions du président du CIFER, des représentants de l’Organisation Internationale de la Francophonie et de l’UNESCO et du modérateur Bernard Lecherbonnier, « la conférence inaugurale du Professeur Souleymane Bachir Diagne a d’emblée posé le problème dans toute son ampleur. En puisant dans le trésor immense des traditions spirituelles négro-africaines (qui, dit Senghor, ont pour base l’amour entendu comme don de soi), le Christianisme et l’Islam, en conjuguant leurs aspirations à une justice universelle qui conduit au salut, jettent les bases d’un socialisme humaniste et d’une économie fondée sur l’éthique. Ce socialisme spiritualiste, conçu par Senghor et Mamadou Dia, est en consonance avec le monde en devenir, ou cosmogénèse, tel que l’a imaginé le Père Teilhard de Chardin. D’où la conception senghorienne d’une laïcité ouverte, qui libère les religions de leurs scléroses et ouvre les vannes de l’énergie spirituelle. Dans son grand discours de Touba, en 1963, Senghor en appelle à un « soufisme actif », conscient de la puissance trans formatrice du travail humain qui, en accueillant pluralisme et tolérance, inaugure le mouvement vers une « terre totale ». C’est à cette intuition grandios que le Cardinal Lustiger a rendu hommage en 2002 ».