La Lettre de la cade

Coordination pour l'Afrique de Demain

Bulletin   mensuel   d'information   sur   les   activités   de   la   CADE     septembre   2005   -   n ° 8 3

Sommaire:
  • Les défis de l'africanisme
  • L'art africain contemporain en question
  • le baromètre de la Cade
  • L'Afrique qui marche
  • "Perspectives prometteuses" pour l'économie africaine?
  • Les bio-carburants
  • Le millénaire du développement
  • La formule Bardey voyages africains
  • Des lectures pour la rentrée



  • ADE


    Débat du   mois  :

    L'art africain contemporain en question »


     


    Editorial


    Les défis de l'africanisme


    Dans notre esprit, l'africanisme n'est pas le monopole des anthropologues, ni de la Société des Africanistes du Musée de l'Homme, il est le fait, le produit de tous ceux qui s'intéressent à l'Afrique subsaharienne, qu'ils y aient vécu, et travaillé, qu'ils y poursuivent aujourd'hui des activités de coopération ou des actions humanitaires et de solidarité.

    Ce sont ces Africanistes, amoureux ou professionnels de l'Afrique que la Cade interpelle pour leur proposer de s'interroger sur le regard qu'ils portent sur le continent africain, de reformuler le discours qu'ils tiennent ou qu'ils subissent sur ses populations. Pendant dix ans, au fil de plus de quatre vingt rencontres débats, suivies par autant de Lettres, nous avons rappelé la pluralité des Afriques, la vitalité et la créativité de leurs sociétés, l'immensité des défis politiques, économiques, sociaux et culturels que les Africains doivent relever, sans oublier que nous aussi, anciens colonisateurs et parties prenantes du monde développé, nous


    avons notre part de responsabilité dans les tragédies africaines d'aujourd'hui, qu'il s'agisse de dettes, de politique économique, de modèles de développement, de guerres civiles.

    Loin de nous l'idée de nous enfermer dans la culpabilité. Il s'agit simplement de ne pas oublier que l'Afrique est aussi notre présent, que les défis africains sont aussi des problèmes mondiaux et que nous ne pouvons les ignorer ou nous en débarasser en les diabolisant.

    C'est à poursuivre ce travail que nous vous convions, amis de la CADE, en espérant que vous aiderez l'équipe actuelle à trouver les idées, les partenariats et les ressources financières qui nous permettront de faire de l'anniversaire de nos dix ans d'existence, le 9 décembre prochain, un nouveau départ et non un enterrement.

    Nous comptons sur vous.

    Michel Levallois


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    La Lettre de la Cade n°83 - Septembre 2005


    Compte-rendu de la rencontre-débat du 8 juin 2005

    L'art africain contemporain en question


    L'art africain se réduit souvent dans l'esprit du grand public à l'« art primitif ». Pourtant, d'autres formes d'expression se sont dessinées dès les années 20 et surtout, au lendemain des indépendances. A travers biennales, colloques, textes critiques, s'est instauré un dialogue animé entre spécialistes de l'« arène de l'art». Malgré tout, les problèmes inhérents à la tentative d'identifier ce qui constitue « l'art africain contemporain » sont loin d'être aujourd'hui résolus. L'exposition « Africa Remix » qui s'est tenue au Centre Pompidou tente de contribuer à cette réflexion. A travers la pratique de quelques artistes majeurs vivant ou non en Afrique, cette rencontre débat tente une


    exploration de cette création multiforme et de saisir ce qui pourrait être un « regard africain sur le monde ».

    La Cade a fait appel à Nicole Guez, sociologue, critique d'art, commissaire d'exposition, qui a bien voulu accepter d'organiser et d'animer ce débat. Elle s'est entourée de Rémi Sagna, ancien Secrétaire Général de la Biennale de Dakar, actuellement responsable des projets de coopération à la direction de la Culture et du patrimoine à l'Agence Internationale de la Francophonie, et de Olivier Sultan, philosophe, critique d'art, directeur de la galerie d'art « Le musée des arts derniers ».


    Intervention de Nicole Guez


    Après Diisseldorf et Londres, le Centre Pompidou accueille jusqu'au 8 août « Africa Remix » une importante exposi­tion consacrée aux arts contemporains d'Afrique. 84 artistes de la totalité du continent, de l'Algérie au Zimbabwe, du Cap au Caire, sont réunis et les quelque 200 oeuvres présentées à Paris offrent une occasion unique d'entrer en contact direct avec une création africaine contemporaine extrêmement vivante, et qui reste encore trop mal connue.

    En effet, lorsqu'on parle « d'art afri­cain » l'image qui s'impose est celle de l'art « nègre », art porteur d'une singu­larité culturelle puissante et qui dans le même temps occupe une place majeure dans l'imaginaire artistique occidental puisqu'il a été à la source de l'art moderne.

    Pourtant d'autres formes d'expression se sont dessinées dès les années 20 avec l'introduction, en Afrique sub-saha-rienne, de techniques artistiques occi­dentales. On peut en apprécier la qua­lité au travers de délicates aquarelles en provenance de l'ex. Congo Belge        (signées Lubaki ou Djilatendo) -


    conservées au cabinet d'estampes de la Bibliothèque royale de Belgique, de gouaches dotées d'un intense pouvoir expressif ou de portraits comme ceux du Nigérian Aina Anabolu (1882-1963) formé à Londres et qui revint dès 1923 enseigner les arts plastiques à Lagos).

    Mais c'est seulement, au lendemain des indépendances, que de nom­breuses écoles des beaux arts s'ouvrent notamment au Sénégal, en Ethiopie, en Côte d'Ivoire, au Mali, au Ghana et qu'une vigoureuse expression artis­tique se fait jour dans un certain nombre de grands pays du continent, accompagnant leur accession à la modernité. Cependant il faudra attendre la fin des années 80 pour que la création africaine contemporaine fasse une percée sur la scène interna­tionale.

    Depuis lors, dans le contexte de la mondialisation de l'art, se poursuit un intense travail de mise en lumière de l'art africain contemporain allant de pair avec une exigeante réflexion au travers de biennales, d'expositions, de colloques, de publications qui se sont succédés ces quinze dernières années


    en Afrique et dans le monde et dont « Africa Remix » est le dernier mani­feste. Cependant les problèmes inhé­rents à l'identification de ce qui consti­tuerait « l'art africain contemporain » sont encore loin d'être résolus.

    Un certain nombre de questions res­tent ouvertes et se trouvent aujour­d'hui posées par « Africa Remix » : Qu'est-ce que « l'art africain contem­porain ? Existe-t-il une définition ? Répond-elle aux conceptions occiden­tales ou en est-elle éloignée ? Y a-t-il un style, une école une approche spé­cifiquement africaine ? Comment se présente l'art africain d'aujourd'hui ? Quels sont les chaînons manquant entre l'art d'hier et celui d'aujourd'hui ? Quel pourrait être l'art africain de demain ?

    Dans les faits la réflexion sur l'art afri­cain contemporain avance par approches successives, au travers de propositions, que se renvoient, de Londres à New York, de la Biennale de Dakar à celle de Johannesburg, de la Mostra de Venise à la Documenta de Kassel, certains acteurs internationaux du monde de l'art : commissaires d'ex­positions, conservateurs de musées d'art moderne et contemporain, mar­chands, critiques d'art, collectionneurs.

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    Je voudrais m'arrêter sur 3 d'entre elles, qui sont à mes  yeux  particulière­ment  importantes  et  significatives.

    1 - « Les magiciens de la terre » en 1989

    2 - « Partage d'exotismes » en 2000 à Lyon ayant toutes les deux pour com­missaire Jean Hubert Martin

    3 - La Documenta XI à Kassel en 2002 et la problématique élaborée à cette occasion par Okwui Enzewor qui en fut le commissaire principal et le directeur artistique (après avoir été le directeur artistique de la Biennale de Johannesburg en 1997)

    Les magiciens de la terre, 1989

    En 1989, l'exposition « les magiciens de la terre» devait exalter l'égalité des cul­tures en mêlant les œuvres d'artistes autodidactes ou adeptes d'un art savant traditionnel - africains, latino américains, aborigènes d'Australie - à celles des représentants les plus en vue de l'art international tels que l'Amé­ricain Sol Lewitt ou le Britannique Richard Long protagoniste du land art. Jean Hubert Martin ouvrait en réalité la discussion sur deux questions importantes au regard de la création occidentale :

    - (1) L'art des « magiciens de la terre » est-il capable de « ré-enchanter » un art occidental qui ne fait plus rêver ?

    - (2) Quels artistes non occidentaux peuvent êtres montrés et avoir une chance d'être acceptés dans les réseaux de l'art contemporain ?

    Sur les 100 artistes présentés, 20 seule­ment venaient du continent africain, tous issus de l'art « non officiel », à l'écart, pour ne pas dire « à l'abri », des filières académiques.

    Accusé de trop privilégier dans sa sélection un « primitivisme autodi­dacte » Jean Hubert Martin réussira parfaitement la mise en orbite des créateurs africains qu'il a distingués. Sont ainsi révélés au public l'Ivoirien Frédéric Bruly Bouabre, les Zaïrois Bodys Isaac Kingelez et Chéri Samba, la Sud Africaine Esther Mahlangu, le Nigérian, Twins Seven Sevens, Cyprien Toukoudagba du Bénin, la Sénégalaise Seni Camara, le Malgache Effiambélo, qui, tous, accéderont par la suite au marché international et se trouvent aujourd'hui dans de grandes collections comme la « Contemporary African Art Collection » de Jean Pigozzi.

    « Partage d'exotismes », Lyon 2000

    Cette biennale qui, une fois encore, n'était pas uniquement africaine, inter­rogeait plus largement la place que le monde de l'art offre aux cultures non européennes et la part prise par ces cultures dans la création internationale contemporaine.

    Les œuvres de cent vingt artistes, connus ou inconnus, appartenant aux cinq continents ont été assemblées sans aucun parti pris autre qu'esthétique. Par touches successives, des œuvres, venues des quatre coins du monde ont dessiné les contours d'un art contem­porain multiforme, jubilatoire, riche de toutes ses interrogations. Exotisme du proche, proximité de l'ailleurs, cet art se nourrit de ren­contres, de regards croisés ou chacun prend, jette, apporte à l'autre quelque chose de sa propre culture.

    Pour ce qui concerne les artistes afri­cains, dix ans après le choc des « magi­ciens de la terre », quelle avancée cette exposition a-t-elle permis ? Quelle image de la création africaine en a émergé ?

    Sur les 120 artistes sélectionnés pour l'exposition, 16 sont africains. A l'ex­ception de la Sud Africaine Esther Mahlangu, aucun des artistes des « Magiciens » n'a été repris. Jean Hubert Martin fait toujours place à des artistes issus aussi de l'art non « officiel » comme Géra - Abubacar Mansaray-Goba, mais il présente aussi des œuvres plus « classiques » au regard de l'histoire de l'art moderne occiden­tal, comme les sculptures des frères Dakpogan du Bénin ou celles de Romuald Hazoume que le cubisme (Miro, Max Ernst ou Tapies) nous ont rendues familières. L'exposition fait également une place à de jeunes artistes « branchés », radicaux, à la pointe de la création contemporaine comme Barthélémy Toguo, Pascale Marthine Tayou ou Georges Adéagbo.

    Cette exposition est importante car elle a permis plusieurs avancées :              - (1) Elle a marqué la fin de l'apar­theid qui séparait en catégories les artistes « populaires » et les artistes porteurs d'un savoir traditionnel, les artistes autodidactes et ceux issus des filières académiques et a donné toute sa visibilité à une création multiforme.

    - (2) Elle a entériné le fait qu'il existe actuellement en Afrique des artistes contemporains qui, pour inventer leur propre langage, ne s'interdisent pas de jeter un coup d'œil dans le rétroviseur en direction du cubisme, de l'expres­sionnisme, de l'art cinétique, qui avaient eux-mêmes, en leur temps, puisé aux sources de l'art traditionnel africain.

    - (3) Elle a révélé au public le travail de certains artistes totalement novateurs, à la pointe de l'art contemporain, dans le contexte de la mondialisation.

    La bataille de la « visibilité » de l'art africain contemporain sur la scène internationale était bel et bien gagnée. Mais un des reproches faits à cette exposition est d'avoir porté un regard non pas « colonialiste » mais « de la métropole » sur l'Afrique et de fait, les œuvres sélectionnées n'existent que sous le prisme du regard occidental.

    « La Documenta XI », Kassel 2002

    Ce reproche, Okwi Enzevor Commissaire principal et directeur artistique de la « Documenta » de Kassel en 2002 le reprend à son compte. Cette exposition avait pour thématique « L'artiste comme détec­tive/La connaissance de l'art».

    « La Documenta » est considérée par les professionnels comme la plus importante exposition d'art contem­porain du monde. En 2002, pour la première fois, elle est pilotée par un Commissaire africain, Nigérian, vivant à New York ; Okwi Enzewor est le fondateur de la revue radicale « NKA » vers laquelle regarde tout ce qui compte dans le monde des artistes et des intellectuels africains ou de la dia­spora africaine. L'approche d'Okwi Enzewor se voulait politique autant qu'esthétique.

    L'exposition était un ensemble consti­tué d'œuvres multimédia, d'installa­tions, de vidéos, de photographies. Elle réunissait, aux côtés d'artistes occidentaux consacrés et politique­ment engagés (Léon Golub, Louise Bourgeois, Annette Messager) des

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    artistes provenant de pays arabo-musulmans et plusieurs des artistes africains déjà rencontrés dans des expositions précédentes, à Paris, à Lyon, à Dakar, à Londres ou à Johannesburg : Frédéric Bruly Bouabré, Bodys Isaac Kingelez, Georges Adéagbo, Pascale Marthine Tayou, William Kentridge, Yinka Shonibare Ouattara, auxquels il faut ajouter le photographe Sud Africain David Goldblatt.

    Intervention de Rémi Sagna


    C'est au niveau de la réflexion esthé­tique et politique sur la place de l'Afrique dans l'écriture de la moder­nité qu'elle a été vraiment innovante. L'exposition de Kassel était assise sur 4 plate formes : en 2001 s'étaient tenues à Vienne, New Dehli, Sainte Lucie et Lagos, des assises sur 4 thèmes : « La démocratie inachevée », « La justice transitionnelle », « La créolité et la créolisation », « La ville africaine en état de siège ».

    Okwi Enzewor se plaçait dans le cadre d'une critique « post coloniale » visant à la « déconstruction de l'Europe » : « Arrêtez de vous prendre pour le centre du monde, Constatez que l'Europe a toujours été métissée, Cessez de prétendre à l'universalisme, Prenez conscience des bases sur les­quelles s'est construite votre propre culture ». Telles sont les adresses de cette Documenta à destination des ex puissances coloniales.

    La démarche, dénonçant la main mise de décideurs non africains sur la créa­tion africaine contemporaine, visait à libérer les énergies créatrices du conti­nent en invitant les Africains a prendre eux-mêmes en main la réécriture de leur propre histoire. Si elle a permis de mettre en œuvre tout un appareil cri­tique conceptuel, elle a été sans conséquence


     immédiate sur la création afri­caine. La Documenta XI n'a pas vu l' émergence de nouveaux artistes africains.

    « Africa Remix », Paris 2005

    Avec « Africa Remix », Simon Njami, africain, francophone, ancien de « Revue Noire », commissaire des ren­contres photographiques de Bamako, remet « la balle en jeu ». Son exposi­tion évite deux pièges majeurs : la cou­pure du continent entre le nord et le sud et la recherche à tous prix d'une spécificité africaine irréductible aux autres cultures.

    Les artistes présentés au Centre Pompidou avaient déjà participé aux principales expositions de ces quinze

    Rémi Sagna fait part de l'expérience qu'il a vécue comme Secrétaire Général de la biennale de Dakar. Il ne se présente pas comme un spécialiste de l'art mais comme un administra­teur culturel. La biennale de Dakar est née d'une volonté des artistes sénéga­lais qui souhaitaient créer une mani­festation répondant à leur besoin de concertation. Le contexte était favo­rable, le Sénégal étant un foyer de création artistique stimulé par le Président Senghor. Rappelons qu'en 1966 s'était tenu le festival internatio­nal des arts nègres.

    Le président Diouf, à l'issue d'une ren­contre avec les artistes, a décidé d'ap­porter l'aide de son gouvernement à la création de cette biennale. Sa première édition a été organisée en 1990. Elle a


    dernières années. Ils ont produit des œuvres de grande qualité, dont beau­coup ont été spécialement créées pour « Africa Remix » qui se présente donc à première vue comme un exceptionnel  « récapitulatif » de la création africaine contemporaine de ces quinze dernières années. On peut s'interroger sur la pertinence du concept de « Remix » emprunté à la musique autour duquel est construite l'exposition. Le « remix » est une technique inventée par les disc-jockey pour « trafiquer » un mor­ceau de musique, le bricoler, le recycler. C'est un concept qui fonctionne pour mettre en scène un art vivant, une création en mouvement tournée aujourd'hui aussi bien vers ses propres racines que vers le kaléidoscope de l'art occidental.

    regroupé des personnalités du monde des lettres pour célébrer la création lit­téraire. A la base du projet, il avait été décidé d'alterner littérature et art. La seconde édition, en 1992, a été consa­crée aux artistes plasticiens. Elle regroupait des artistes d'Afrique mais également de Chine, du Japon, d'Europe et comportait donc une dimension internationale

    Une évaluation de ces premières édi­tions a été décidée. La question posée était : en quoi cette biennale se diffé­renciait-elle des autres événements (Sao-Paulo, Cuba...) ? Un consensus s'est dégagé pour consacrer la biennale de Dakar à l'art africain contempo­rain. La raison en est que les artistes africains étaient très peu présents sur la scène internationale, qu'ils avaient très peu d'occasions de se retrouver sur le continent et qu'ils étaient très peu connus de leur propre public. Rémi Sagna a été chargé d'animer et de don­ner un contenu à ce projet. Il fallait avant tout donner la parole aux spécia­listes et un conseil scientifique a été créé regroupant galiéristes, critiques d'art, artistes, philosophes, ensei­gnants. Le contenu du projet devait répondre aux demandes des artistes.

    La biennale a commencé modeste­ment et s'est tenue en alternance avec


     


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    La Lettre de la Cade n°83 - Septembre 2005


    le Fespaco et la biennale de Johannesburg, en ciblant les artistes africains. Les éditions de 1996, 1998 et 2000 ont pris une ampleur crois­sante. Elles se sont ouvertes aux artistes africains de la diaspora et pro­gressivement à des artistes non afri­cains. L'objectif était en effet de per­mettre des rencontres, des échanges, un dialogue au sein de la communauté artistique, et de faire connaître les artistes qui doivent avoir l'occasion de vivre de leur création.

    La biennale de Dakar s'est enracinée comme un événement majeur de la créa­tion contemporaine en Afrique. La pro­chaine édition aura lieu en mai 2006.

    Intervention de Olivier Sultan

    Du Zimbabwe aux arts « derniers »

    Derrière un jeu de mots (« le musée des arts derniers ») se cache un engage­ment : la défense des artistes africains, toujours insuffisamment reconnus.

    Début 2003, j'ouvre le musée des arts derniers à Paris, dans le 15* arrondisse­ment. Le but : prendre le contre-pied de ce culte du « primitivisme », mon­trer une autre réalité que celle de cette Afrique rêvée, fantasmée, mythique. Car c'est cette réalité que j'ai connue. Envoyé au Zimbabwe pour y diriger le Centre culturel Français de Harare, je multiplie les contacts avec les artistes, j'écris un livre sur la sculpture contem­poraine du Zimbabwe, et, en 1993, j'ouvre ma propre galerie. En parallèle, j'organise des expositions en Europe et aux Etats-Unis, dont une au Musée des Arts d'Afrique et d'Océanie à Paris (en 1990).

    Au Zimbabwe même, à l'époque, les artistes sont promus sous une étiquette ethnique : la sculpture dite « Shona », pour des raisons à la fois commerciales et patriotiques. Le pays est indépen­dant depuis peu, et revendique avec force son « africanité ». Cependant, les sculpteurs de ce pays sont des artistes contemporains à part entière, et sont loin de constituer un mouvement eth­nique ou tribal. Au fil des expositions à l'étranger, des liens se nouent avec des artistes africains d'autres pays et se constitue un réseau, auquel participent quelques commissaires d'expositions, collectionneurs et autres spécialistes.

    A Paris comme à Harare, je monte une galerie d'art, dont le « pilier » commercial est constitué par les sculp­teurs sur pierre du Zimbabwe. En tant que galiériste, une évidence me frappe assez rapidement : il n'existe pas de lieu consacré de façon permanente à Paris aux artistes africains contempo­rains. Alors que l'art ancien est reconnu et célébré, et qu'on va bientôt lui consacrer un musée, qu'en est-il des artistes vivants, issus d'Afrique ?

    Quelques collections prestigieuses (par ex ; La collection Pigozzi) ont contri­bué à la réputation de certains artistes, comme Chéri Samba, Seydou Keita, Kingelez, Frédéric Bruly-Bouabré ou encore Malick Sidibé, pour ne citer qu'eux. La Fondation Cartier, la gale­rie Agnes B., la Fondation Dapper sont quelques lieux qui organisent des expositions occasionnelles.

    Mais ce qui constitue l'axe principal du Musée des Arts Derniers, c'est la conviction qu'il est indispensable de présenter dans un même lieu les artistes issus d'Afrique, et leurs col­lègues et amis occidentaux. En effet, selon moi (et d'après les artistes eux-mêmes), l'obstacle principal à l'acces­sion des artistes africains au plus haut niveau international est le processus d'enfermement au sein d'une catégorie « exotique » ou paternaliste qu'est l'art « africain contemporain ».

    Au terme de deux années de program­mation au musée des arts derniers, un livre entier pourrait être écrit sur les préjugés et les réactions (souvent pas­sionnées) du public. La mise en regard d'artistes d'origines diverses (africains ou non) est très intéressante, car elle amène de façon presque automatique le débat : « peut-on peindre, sculpter, créer autour du thème de l'Afrique et ne pas être de ce Continent ? » Vaste débat que celui de l'« origine » des artistes.

    LE DEBAT                                                                                                                                                                          Michel Levallois s'interroge sur la contradiction apparente entre le fait de reconnaître les artistes par l'originalité et la qualité esthétique de leur production sans chercher à savoir s'ils sont africains, et la démarche qui est d'en faire une communauté artistique identifiable par son origine.                                                                                                                                                                                                         Rémi Sagna répond qu'il n'y a pas de contradiction. Il n'est pas question de considérer ces artistes comme n'ayant connu rien d'autre que leurs propres racines. Mais ces artistes étaient frustrés de ne pas avoir de visibilité et de n'être pas, ou peu présents, dans les galeries et les centres d'art en Europe. Il se dit convaincu que les artistes se sont nourris à beaucoup de sources et qu'ils ne peuvent être que des métis. Senghor disait que l'avenir était au métissage. Un autre élément est de permettre aux artistes africains d'être appréciés par d'autres regards que des regards africains. Les biennales ont également été l'occasion de lancer une dynamique d'écriture sur l'art africain contemporain.

    Michel Levante s'étonne de ce que la sélection n'ait pas été élargie au monde noir, des Caraïbes, des USA, du Brésil. Pourquoi avoir créé un axe eurafricain de l'art, s'interroge-t-il ?                                                                                                                                                      Pour Rémi Sagna, un tel axe n'existe pas. L'ouverture à la diaspora est manifeste et des expositions ont été consacrées à des artistes américains, afro-américains, brésiliens dans le cadre d'expositions confiées à des commissaires pour permettre de développer les échanges.  Nicole Guez atteste du fait qu'aux biennales de Dakar, les artistes de la diaspora étaient amplement présents.  Mais la biennale estorganisée de telle sorte que chacun est là mais dans un contexte particulier. Par exemple, la s"élection internationale n'est ouverte qu'aux artistes du continent africian. Mais il y a des expositions individuelles qui présentent des artistes de la diaspora prise dans le sens le plus large. Parallèlement à la biennale se tient le festival "off" auquel participent quantité d'artistes de toutes origines.       PM            

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    Le baromètre de la CADE


     


    Une revue des articles consacrés à l'Afrique a été faite pendant la période estivale en prenant le quotidien « La Croix » comme exemple. Bien que l'Afrique y occupe une place modeste (moins de 4% des articles), sont relatées les situations de crise (Côte d'Ivoire, Darfour, Crise humanitaire au Niger). La Croix a publié dans ses parutions de juin-juillet une série intitulée « Destins africains » consacrés à l'examen de quelques uns des grands problèmes aux­quels l'Afrique est confrontée, des illus­trations étant prises dans chacun des pays. Cette présentation, qui ne se veut pas exhaustive, permet au lecteur de se faire une idée un peu plus fine de l'Afrique, que celle tirée de la lecture de ses malheurs relatés tout au long de l'an-

    née.

    La série commence par prendre en compte les objectifs du millénaire destinés à la réduction de la pauvreté et donne à partir du cas d'un jeune Mozambicain citadin et de sa famille campagnarde quelques éléments de base des problèmes de la vie quotidienne. Vient ensuite une interview d'un conseiller du Secrétaire général de l'ONU sur ces objectifs qui situe en face des besoins la position des pays riches. L'annulation de la dette est corrélée au lancement de la bataille de l'accès à l'école à Madagascar. Dans un entretien avec Louis Michel, Commissaire au développement et à l'Action humani­taire à Bruxelles, celui-ci fait part du désir de voir l'Europe considérer l'Afrique aussi comme un enjeu géostra­tégique. Le rôle des femmes est mis en évidence au Mali dans un article intitulé « Le poids des traditions n'arrête pas les femmes ». Le Sida et les problèmes phar­maceutiques qui y sont liés font l'objet d'une présentation très générale précisée par un exemple pris au Mozambique. Dans la suite de la série est traitée la question de l'accroissement de l'aide au développement, présentée au Mozanv bique, qualifié de laboratoire pour l'aide au développement. La situation des pro­ducteurs de coton maliens sert de toile de fond aux problèmes du libre-échange entre pays « inégaux ». La corruption et les progrès encore insuffisants de son combat trouvent une illustration à Madagascar. Le rôle respectif des pays riches et pauvres est développé dans un entretien avec Mgr John Olorunfemi Onaiyekan. Un article relate l'existence au Mali d'une médecine privée viable qui se développe dans les campagnes. La dernière illustration est celle des perches du Nil en Ouganda, projet qualifié de désastre écologique et de succès écono­mique. Georges Balandier conclut la série par le constat d'un optimisme de la vie en Afrique.


     


    Chronique de rentrée : l'Afrique qui marche


    L'Afrique qui marche, c'est le titre de couverture de Courrier International du 9 au 15 juin 2005 (n° 762) « Loin du Darfour et de la Côte d'Ivoire, les réus­sites d'un continent » - « Une vitalité économique ignorée par l'Occident ».

    « En 2004, le continent noir a connu un taux de croissance de 5,1%, sa plus belle performance depuis huit ans. Selon les experts, la tendance devrait se confirmer en 2005 et 2006. Cette expansion, même si elle doit beaucoup à la hausse des matières premières, traduit l'émer­gence d'une nouvelle Afrique où le dynamisme va de pair avec la démocra­tie. D'Accra à Johannesburg en passant par Cotonou, une autre Afrique se fait jour».

    Citons quelques extraits de l'article du Washington Post, signé Carol Pineau, qui est la première référence mentionnée :

    « Certes, l'Afrique est une terre de guerres, de pauvreté et de corruption... mais elle est aussi une terre de bourses, de gratte-ciel, de cybercafés et de classes moyennes de plus en plus nombreuses. C'est la partie de l'Afrique qui marche... Ne pas parler de cette Afrique-là, c'est faire la caricature unidimensionnelle d'un continent particulièrement com­plexe... Avec un bon gouvernement et une politique budgétaire, des pays comme le Botswana, le Ghana, l'Ouganda, le Sénégal et bien d'autres sont en plein boom, et leurs économies croissent à un rythme soutenu... »

    Dans le cadre de cette vision positive et objective de l'Afrique, nous conseillons à nos amis de la CADE de lire le numéro de septembre 2005 de National géogra­phie France « Spécial Afrique », admira­blement documenté et illustré, dont nous extrayons l'éditorial de son rédac­teur en chef, François Mazot :

    « L'Afrique est le continent mère de l'hu­manité. Mais il en est aujourd'hui l'homme malade. Il faut dire que cet immense ensemble, sans doute le plus riche en termes de faune, de paysages et de peuples, souffre d'un climat et d'une géographie qui sont aussi parmi les plus durs du monde. Entre les étendues désertiques qui croissent chaque année et les climats tropicaux, humides, pro­pices aux maladies et aux infections, ses habitants affrontent certaines des pires malédictions telles que le sida, bien sûr, mais aussi les réveils sporadiques d'Ebola et de Marburg, terribles virus tueurs... sans parler de la corruption et du manque de sens de l'intérêt général d'une partie des élites.

    Partout, le continent progresse. Un cer­tain nombre de pays connaissent une réelle croissance et de plus en plus d'Africains ont accès à l'éducation. Dans certains cas, comme au Tchad avec le pétrole, l'exploitation des richesses natu­relles devient encadrée et surveillée par les citoyens, les ONG et les institutions internationales afin d'éviter justement pillage et corruption.

    Quelques spécialistes du continent se prennent même à rêver d'un futur où l'Afrique, mère de tous les hommes, deviendrait un modèle de développe­ment harmonieux et respectueux de la nature pour l'humanité ».   Bernard MONNIER

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     «Perspectives prometteuses » pour l'économie africaine ?


    En août de cette année « L'Intelligent Jeune Afrique » écrit « l'Afrique revient sur la scène internationale » après le G 8 en Ecosse, où les grandes puissances sont tombées d'accord pour augmen­ter l'aide, annuler la dette des plus pauvres et ouvrir un accès universel au traitement contre le SIDA.

    En septembre « Marchés Tropicaux » estime que « si l'Afrique attire tant les regards actuellement, c'est certes en raison de poches d'insécurité... mais c'est aussi, voire surtout, parce que, une fois de plus, le continent est convoité pour ses matières premières ». En juin déjà « Courrier international » reprenait dans un dossier intitulé « L'Afrique qui marche » des articles de journaux étrangers allant dans le même sens (Voir Chronique de ren­trée de Bernard Monnier).

    Ainsi commencent à être pris en considération les points positifs de l'économie africaine. C'est d'ailleurs


    dans le n° 9 de « Repères », la publica­tion du Centre de Développement, que l'on trouve le titre du présent article. Il a été utilisé à l'occasion de la sortie de « Perspectives économiques en Afrique », document faisant désormais référence. Réalisé depuis quatre ans par le Centre de Développement de l'OCDE et la Banque Africaine de Développement (BAD), il propose cette année une analyse fouillée de 29 pays représentant 85% de la population du continent et 90% de sa production.

    Certes l'Afrique a bénéficié de la crois­sance mondiale, de la hausse du cours des matières premières non agricoles, pétrole et hors pétrole. Mais la partie francophone a été pénalisée par l'appré­ciation de l'euro par rapport au dollar.

    Le constat est le suivant : taux de crois­sance 2004 à 5,1%, le plus fort des huit dernières années et en phase avec elles ; inflation tombée en dessous de 10% ; déficit budgétaire moyen de 1,5%.


    Ces perspectives favorables sont très inégalement réparties entre les 53 Etats selon que la paix règne ou non, que les institutions fonctionnent selon des règles respectées, que le sol est plus ou moins riche, le climat plus ou moins handicapant.

    En outre existent des menaces exté­rieures découlant, entre autres causes, de l'énorme déficit américain et de la surchauffe de l'économie chinoise, et intérieures par suite de l'absence d'une véritable intégration régionale.

    Pour que l'économie participe davan­tage à la vie de la nation, l'OCDE, la BAD et d'autres institutions veulent aider les petites et moyennes entre­prises, qui fleurissent dans l'économie populaire, pour qu'elles en sortent et contribuent à un développement dynamique et pas seulement à une économie de survie.

    Robert GINESY


     


    LES BIO CARBURANTS


    L'augmentation continue et, semble-t-il durable, du prix du pétrole amène à un regain d'intérêt pour les carburants issus de l'agriculture. Le colza est uti­lisé en Europe pour le bio-diesel. La Malaisie et l'Indonésie en produisent à partir de l'huile de palme, qui coûte 200 $ de moins à la tonne que le colza. Les Philippines ont une indus­trie de bio-énergie à partir du coprah. Maurice et l'Afrique du Sud transfor­ment le sucre.

    Le Brésil, qui a réussi le plan alcool, veut lancer maintenant le plan diesel. Le pétrolier brésilien Pétrobras et le cotonnier français Dagris sont en

    cours d'association pour produire au Brésil un bio-diesel à partir du coton, du tournesol et peut-être du soja et du ricin. Les usines seraient construites en 2006. Si le projet réussit, Dagris a l'in­tention de transférer le procédé en Afrique, notamment au Sénégal et au Burkina, dont les gouvernements sont en pointe dans ce domaine des bio­énergies.

    L'huile alimentaire de coton a peu d'avenir car c'est une production non protégée. Ce qui ne serait pas le cas de l'huile industrielle, qui sert déjà dans les entreprises de transformation du coton en Afrique.

    LEMILLENAIRE DU DEVELOPPEMENT

    Lors du Sommet 2005 tenu à New York du 14 au 16 septembre, l'ONU a fait le point sur les OMD (Objectifs du Millénaire pour le Développement), qui avaient été défi­nis en 2000 pour être atteints en 2015.

     

    Ils sont au nombre de sept répartis en quatre thèmes : la pauvreté et la faim (réduire de 50% la population tou­chée) ; l'éducation (permettre à tous les enfants d'effectuer un cycle com­plet d'études primaires, éliminer les disparités entre sexes à tous les niveaux d'enseignement); la santé (réduire de deux tiers la mortalité des moins de 5 ans); l'environnement durable (réduire de 50 % les populations sans eau potable).            

    L'OCDE a publié pour le Sommet un tableau de l'état d'avancement des pays en développement dans la réalisa­tion de ces objectifs.

    En Afrique, deux Etats (Maurice et Tunisie) ont atteint les sept. L'Egypte en a six. Botswana, Cap Vert et Namibie sont à cinq. 4l Etats se répartissent entre 4 et 1. Mais six Etats n'en ont achevé aucun : Ethiopie, Guinée Bissau, Libéria, Mozambique, Niger et Somalie.

    Pour l'ensemble  du continent, l'objectif  «taux de scolarisation dans le primaire» est atteint à 59 %, mais le pourcentage tombe à 13 % pour l'«achèvement du cycle de cinq années d'études». «L'égalité entre garçons et filles dans le primaire» et «l'environnement durable» sont réalisés à 55 et 51 %. Les autres objectifs restent en dessous de la moyenne. RG      

     

    La Lettre de la Cade n°83 - Septembre 2005


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    compte rendu de lecture

    « la formule bardey voyages africains »

    par alain ricard * edition confluences 2005


    Pourquoi ce sous-titre « La formule Bardey » ? Celui-ci était un explora­teur, commerçant et voyageur de la fin du XIXe. C'était un jeune homme intrépide, clairvoyant, large d'esprit : il engagea Arthur Rimbaud pour le représenter à Harrare. Celui-ci le trou­vait un peu « bizarre », mais appréciait son énergie.

    Alfred Bardey au soir de sa vie, a laissé la formule qu'il appliquait à ses voyages. « Une des nombreuses ques­tions qui m'ont souvent été posées était : Comment doit-on se comporter avec les indigènes en pays peu vu, peu connu ? Les pays, les gens, les situa­tions etc... sont trop divers pour don­ner une formule servant à tout et à tous, mais je puis dire celle que j'ai employée par tempérament peut-être, et qui peut s'inscrire suivant la mode nouvelle : « C.O.S » confiance, opti­misme, solidarité. J'ai presque toujours rencontré la solidarité, ce qui n'a pas exclu la fermeté quand le contraire s'est produit ». Salam Aleikoum Bardey.

    Alain Ricard le dit, dans tous ses nom­breux voyages, il a essayé de suivre son exemple. Il insiste sur le fait que l'Afrique n'est pas une passion pour lui. « L'Afrique est une raison d'agir et de travailler, elle n'est pas l'objet d'une


    impulsion irrationnelle ». Or la rela­tion française à l'Afrique se vit souvent sur le mode passionnel, c'est à dire en dehors de la norme du savoir intellec­tuel. « S'il est un besoin d'Afrique que je comprenne, c'est le besoin de connaissance ». Cet essai est une cri­tique de l'attitude des « fous d'Afrique ». « J'ai abordé l'Afrique par ses écrivains ». Alain Ricard a commencé par Wole Soyinka, qui a eu une grande influence sur lui, et avec lequel il entretint de longues relations et qui obtint le prix Nobel de littérature ; puis Dio Fo, qui, vingt ans après reçut la même distinction.

    Nous ne citons pas ici tous les écri­vains qu'il a fréquentés ; que l'on sache qu'il a entretenu des relations avec tous ; Ce sont les auteurs dont les noms nous sont connus maintenant.

    Denyse de Saivre

    *Alain Ricard est directeur de recherches au CNRS dans le laboratoire Langages, langues et cultures d'Afrique Noire (LLACAN) et il enseigne dans la formation doctorale de l'INALCO. Il a été directeur de « Politique Africaine » et a reçu le prix de la Fondation Humbolt en 2002. Auteur de nombreux ouvrages sur l'Afrique, dont « Voyages de décou­vertes en Afrique » (Bouquins Lafont 2000), il dirige la collection « Traversées de l'Afrique » aux Editions Confluences.


    DE LA LECTURE POUR LA RENTRÉE

    L'Afrique sans dette par Damien Millet aux éditions du CADTMI Syllepse, 218 pages. Dénonciation d'une Afrique qui s'endette et plai­doyer pour une rupture avec la poli­tique du FMI et de la Banque Mondiale. Cet ouvrage permet d'ap­précier la pertinence et la sincérité des grandes manoeuvres internationales et financières mises en place pour aider le Tiers monde.

    Négropbobie, par Olivier Tobner, Boubacar Boris Diop et François-Xavier Verschave aux éditions Les Arènes. Il s'agit d'une réponse à l'ou­vrage de Stéphen Smith.

    La fracture coloniale, la société fran-çaise au prisme de l'héritage colonial par Nicolas Bancel, Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire, aux Éditions de La Découverte.

    DÉCÈS

    Nous avons appris avec peine la dispa­rition de François-Xavier Verschave. Il était le président fondateur de l'asso­ciation « Survie ». Il a conduit pendant 20 ans un combat pour la défense des peuples africains en matière de vérité, de justice et d'équité. L'association « Survie » continue son œuvre au nom des valeurs qu'il y avait insufflé.



    AGENDA

    AVERTISSEMENT

    Les prochaines rencontres débats de la CADE se tiendront : A l'ENA, 13 rue de l'Université, Paris T

    Mercredi 5 octobre 2005

    (Amphithéâtre Jean Moulin)

    « Les luttes pour l'eau en Afrique » par Pierre RIBSTEIN, professeur à Paris 6 - Alain HENRY, de l'Agence Française de Développement - Laurent CHABERT, de l'ONG « Eau Vive » - Majda BOUCHANINE, de l'ONG « Les amis de la terre »

    Mercredi 9 novembre 2005

    « La décentralisation »

    Mercredi 7 décembre 2005

    Journée du 10e anniversaire de la CADE

    Sur le thème « Mythes et actualités de l'Afrique »


    Coordination pour l'Afrique de Demain (CADE)

    Association Loi 1901

    Président : Michel Levallois

    Vice-Présidents : Raymond Césaire,Jean Clauzel, Xavier de Franssu, Henri Senghor.

    Secrétaire Général : Philippe Mathieu

    Trésorier : Bernard Monnier

    La Lettre de la cade

    Directeur de publication : Michel Levallois

    Comité de rédaction : Robert Ginésy, Michel Levallois, Philippe Mathieu, Bernard Monnier, Denyse de Saivre, Henri Senghor.

    Maquette : Atelier Visconti

    La CADE : 5 rue des Immeubles-Industriels,   75011 Paris, France.

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