Bulletin   mensuel   d'information   sur   les   activités   de   la   CADE    Décembre   2004    n° 77


Sommaire:
  • D'une crise à l'autre
  • Frontières africaines: absurdité ou enracinement?
  • Francophonie et économie
  • Déchirure de la Côte d'Ivoire (suite)
  • Noir prophète
  • Tierno Bokar
  • Débat du   mois  :   « Frontières africaines : absurdité ou enracinement »

    enda europe

     

    Editorial

    d'une crise À l'autre

     

    La crise de Côte d'Ivoire, qui a entraîné !e départ de plus de 9.000 Français, est la seconde grande crise qui, avec celle de Brazzaville en 1997 (quelques 6.000 évacuations) ait provoqué un départ massif de nos compatriotes d'un pays d'Afrique depuis la guerre d'Algérie. Des troubles de même nature entraînèrent des évacuations à N'Djaména en 1979 et à Bangui en 1996 mais celles-ci furent plus limitées du fait du moindre nombre de nos nationaux résidant dans ces capitales.

    La crise de Brazzaville, encore plus violente que celle d'Abidjan puisque les protagonistes s'affrontaient au canon dans la ville, se traduisit par les mêmes pillages des biens et les mêmes détresses des Africains comme des Européens. Elle ne fit aucune victime civile européenne et eut l'avantage de ne durer que trois mois. Mais la rapidité du dénouement ne peut faire oublier les 10 à 15.000 victimes congolaises de cette crise. En effet, comme aucun pays et notamment la France, qui aurait eu la capacité d'intervenir, ne voulait s'engager dans un conflit considéré comme de politique intérieure, les Nations Unies ne trouvèrent jamais l'appui nécessaire pour envoyer une force d'interposition ou lancer une opération de maintien de la paix. En dépit ou à cause de la légitimité qui lui était reconnue et des ressources financières importantes qu'il tirait du pétrole, le Président Lissouba perdit la partie devant une coalition d'anciens frères d'armes.

    Comme en Côte d'Ivoire, les sociétés militaires commerciales, les officines de renseignement et les mercenaires de tout poil, jouèrent un rôle on ne peut plus néfaste dans la crise. Les redoutables Sukhoï et les Mig 24 avec leurs paniers de roquettes étaient déjà là pour pourchasser des populations terrorisées. Mais le pire venait sans doute des médias et plus spécialement des propos outranciers de certaines radios.

    Pour éviter l'affrontement en Côte d'Ivoire, la France a eu le grand mérite de s'interposer sur le terrain en proposant aux adversaires, comme l'avait fait l'Afrique du Sud avec la RDC, une négociation. Ses résultats ont été confirmés par les chefs d'Etat africains présents à Accra 3.

    La violence des crises ne progresse pas de manière linéaire. Après des périodes de paroxysme, comme celle que nous venons de passer, ces crises connaissent des répits. Il appartient aux protagonistes de les mettre à profit pour analyser lucidement leur situation. Les résolutions du Conseil de Sécurité et de l'Union Africaine, qui peuvent être plus lourdes de menaces, notamment financières, qu'il n'y paraît, leur laissent le temps de réfléchir. Les résidents français ne reviendront peut-être pas de sitôt en Cote d'Ivoire, et certains peuvent s'en féliciter. Mais, du fait de leur place dans l'économie formelle, ils sont les plus à même d'aider à restaurer rapidement, comme c'était le cas à Brazzaville, un climat de confiance à l'égard de ce pays au sein de la commu­nauté internationale.

    Les médias nationaux et internationaux ont aussi un rôle déterminant à jouer dans l'apaisement des esprits. En prenant conscience de leur responsabilité à laquelle les Nations Unies les rappellent, ils contribueraient à faire baisser les tensions pour lesquelles Jean Hélène et Guy-André Kieffer ont été sacrifiés. Souhaitons que les efforts déployés par le Président Thabo Mbéki et ses pairs africains permettent à la Côte d'Ivoire de retrouver le chemin de la paix.

    LA CADE

    La Lettre de la Cade n° 77 - Décembre 2004 – page 1

     

    Compte-rendu de la rencontre-débat du 8 décembre 2004

    « Frontières africaines : absurdité ou enracinement »

    La perception des frontières africaines est imprégnée de mythes et de stéréotypes. Une analyse approfondie en a été jugée souhaitable par la Cade et ses partenaires, faisant appel aux dynamiques historiques précoloniale et coloniale et aux débats qui entourent les frontières politiques actuelles. Henri Médard, historien, maître de conférence à l'Université Paris I, et membre du laboratoire CNRS « Mutations Africaines de Longue Durée (MALD) » rappelle quelles étaient les frontières dans la période précoloniale. Pierre Boilley, historien, professeur à Paris I et directeur du MALD, présente les débats sur les frontières politiques actuelles en démontant un certain nombre de stéréotypes qui leur sont attachés. Serge Michailof, économiste, directeur des opérations à l'Agence française de Développement (AFD), ancien haut fonctionnaire de la Banque Mondiale analyse si les frontières sont un obstacle au développement économique. Il revient à Isaka Mandé, maître de conférence à Paris 7 Paris-Diderot, de jouer le rôle de modérateur.

     

    Des stéréotypes.

     

    Dans son introduction, Pierre Boilley insiste sur les stéréotypes véhiculés sur les frontières africaines. On entend souvent dire que la notion de frontière est un concept récent datant des 17e et 18e siècles, essentiellement européen ; puis qu'il a été diffusé et imposé à la faveur de la colonisation au mépris de la géographie, des entités culturelles et ethniques. On ressasse également à l'envie que, lors de la conférence de Berlin, les puissances européennes ont tracé un découpage arbitraire ; que le continent balkanisé suivant des frontières issues de la colonisation, entérinées par l'OUA, arbitraires, absurdes, artificielles aurait entraîné une non viabilité économique.

    Les frontières africaines, comme dans le reste du monde, ne sont pas naturelles mais le produit d'un choix humain. Il n'existe pas dans le monde de frontière idéale mais simplement des frontières qui existent et qui sont reconnues ou non par les Etats qu'elles séparent. Une bonne frontière serait une frontière légitime parce que reconnue. Elles ont toutes une part évidente d'arbitraire et d'artificialité. Mais elles sont des constructions géopolitiques datées. Elles ont une histoire et c'est cette histoire qui est intéressante.

    Les frontières d'avant la colonisation

    Henri Médard aborde les frontières d'avant la colonisation. Il y a plusieurs types de frontières tirés de l'imagination. Mais celui qui est privilégié est la frontière linéaire dont H. Médard va tirer tous les sens en prenant l'exemple du Buganda. Ce royaume situé au bord du lac Victoria, a été colonisé par la Grande Bretagne à partir de 1890. L'organisation territoriale de ce royaume va servir de modèle aux Britanniques pour le reste de leur colonie. La frontière du Buganda est le fruit de la pondération de plusieurs éléments : c'est un espace imaginaire, et c'est un espace réel, marqué sur le sol. Le Buganda est le territoire revendiqué par le roi et ses sujets, et c'est celui où les ordres du roi sont appliqués. Les deux ne coïncident pas exactement car les ordres du roi s'appli­quent tantôt au-delà de la ligne qui marque la fin de son royaume, tantôt en deçà de cette ligne.

    On présente généralement le Buganda comme ayant des frontières tranchées. Les cours d'eau peuvent être une frontière mais aussi un lien entre les deux rives, selon qu'ils sont navigables ou non. Le lac Victoria étant navigable, il constitue moins une frontière que la colonne vertébrale du royaume. Par contre, parmi les cours d'eau, seul le Nil est navigable et il constitue pour les Bugandais l'essence même de la frontière. En fait, bien que le Nil soit revendiqué comme frontière, la frontière politique est située à deux jours de marche du fleuve. Dans ce cas, la réalité et l'imaginaire ne coïncident pas. Les frontières reflètent des choix culturels, militaires ou techniques indépendants du milieu géographique. Les frontières sont donc d'abord politiques.

    Ces frontières sont contrôlées par trois ceintures : la ceinture extérieure où sont levées les taxes sur les marchandises. C'est la limite de la zone d'influence du Buganda ; la frontière linéaire où est effectué le contrôle des entrées et sorties ; le district de la capitale. Le plus souvent, la frontière, en Afrique, est perçue comme une zone tampon qui bouge en fonction des rapports de force de part et d'autre de la frontière et sert de front pionnier où s'installent les nouveaux arrivants et, en particulier, les réfugiés politiques du pays voisin. On retrouve donc la même population de part et d'autre de la frontière.

    Les frontières ont également un aspect religieux. On observe l'établissement de sanctuaires qui protègent la frontière, la pratique de rites magico-religieux pour renforcer la ligne. Un autre aspect est le lien existant entre l'eau et les divinités. Pour franchir une rivière, il faut faire des offrandes à ces divinités. Dans les récits mythiques, les dieux sont présentés comme ayant créé les vallées pour établir des frontières entre les hommes.

    Le fleuve permet de cumuler une frontière militaire, une puissance surnaturelle protectrice et une frontière claire et

    La Lettre de la Cade n° 77 - Décembre 2004 – page 2

    visible. Ces trois logiques ont des fonctionnements qui ne coïncident pas exactement et donnent donc lieu à des réajustements périodiques.

    Des frontières stables

    Reprenant la parole, Pierre Boilley souligne que si les frontières existaient avant la colonisation, tout s'est joué après extrêmement vite. En effet, 70% des frontières africaines ont été fixées entre 1895 et 1910. Tout se passe après la conférence de Berlin, qui a lancé le mouvement, et sous l'égide des différentes puissances européennes. Les frontières africaines ne sont pas remarquables par leur tracé ou par leur artificialité mais par la rapidité de leur tracé. Elles n'ont pratiquement pas été remises en cause après la décolonisation. Qu'est-ce qui fait la stabilité de ces frontières ? Une des réponses pourrait être qu'une majorité d'entre elles est basée sur des réalités africaines anciennes.

    P. Boilley cite l'exemple des frontières du Sahara entre le Mali, le Niger et l'Algérie qui pourraient être qualifiées d'absurdes : ce sont des frontières rectilignes qui passent dans le désert mais qui coupent des espaces humains, ce qui a entraîné la rébellion Touareg. En pratique, si on aborde les choses d'un point de vue historique, on se rend compte de l'existence dans cet espace de pôles politiques : en Algérie du Sud autour de Tamanrasset, autour de l'Aïr au Niger central, celui des Iwllemmedan. Il y avait donc avant la colonisation des zones politiques différentes dont on connaissait les limites de leur influence sur lesquelles seront établies les frontières actuelles.

    Les influences Touareg n'étaient pas seules à fonctionner. Il y avait aussi les influences françaises et les Français pouvaient entrer en conflit entre eux lorsqu'ils ont colonisé cette partie du monde. Un conflit a été évité de justesse entre les méharistes de l'Algérie conquise qui cherchait à étendre son territoire vers le sud, et les troupes de l'AOF. Pour éviter d'autres risques de ce genre, le gouvernement français a décidé de fixer les frontières souvent de manière linéaire, mais en tenant compte par endroits des réalités anciennes qui séparaient, avant la colonisation, et par un jeu d'intérêts et de stratégies croisés, deux pôles politiques touareg et deux pôles politiques français.

    Des frontières fondées sur des réalités anciennes

    II est donc intéressant de constater que les frontières coloniales sont souvent fondées sur des réalités anciennes et qu'elles ne sont donc pas illogiques. Pour rendre ces territoires ainsi délimités facilement gérables et éviter des conflits, il fallait que ces frontières conviennent d'une façon ou d'une autre aux populations qui sont séparées. Elles ont pu être aménagées pour adapter l'administration de ces populations.

    Pour conclure, P. Boilley estime que le problème des frontières n'est pas tant celui des segments de frontières ou des réalités que ces frontières représentent dans l'esprit des populations. Ce qui pose problème, c'est que ces segments ont été collés bout à bout pour créer des Etats qui n'existaient pas auparavant. C'est le problème de l'Etat qui a du mal à imposer son autorité sur l'espace qui lui appartient et à faire bénéficier de ses ressources les périphéries de l'espace qu'il est censé contrôler. On entre dans la problématique de la construction de l'Etat et du sentiment national en Afrique aujourd'hui.

    D'un consensus à l'autre

    Serge Michailof aborde les aspects économiques des frontières. Depuis plus de trente ans, l'Afrique subit une crise dramatique et un appauvrissement généralisé dont les causes profondes n'ont jamais fait l'objet d'un véritable consensus. Les observateurs internationaux pensent que la crise est liée à des modèles de développement trop dirigistes. Le consensus de Washington prône le désengagement de l'Etat de ses responsabilités économiques ce qui a conduit dans les années 1980-1990 à des politiques économiques qui marginalisent l'Etat. Ces politiques ont permis la stabilisation des économies mais elles n'ont pas déclanché la croissance économique et l'Afrique se retrouve dans la même situation de pauvreté.

    Aujourd'hui, un nouveau consensus est en train de se construire sur les origines du marasme économique africain. Les six piliers de ce consensus sont :

    la reconnaissance de la faiblesse des capacités humaines et institutionnelles,

    la reconnaissance des énormes distorsions économiques et des défaillances des marchés en Afrique,

    l'insuffisante diversification économique,

    l'instabilité politique,

    les déficiences graves en matière de gouvernance,

    l'insuffisante attention apportée aux problèmes d'inégalité et de pauvreté. Ce nouveau consensus remet l'Etat au cœur dé la problématique de développement comme l'ont été les Etats de l'Asie du Sud-Est dans les 25 dernières années.

    Y a-t-il une malédiction sur ces Etats ? s'interroge S. Michailof . Revenant aux frontières précoloniales, il relève l'existence d'organisations politiques très variables qui se développaient et disparaissaient en fonction des événements. Les mouvements des individus et des groupes sociaux étaient constants. Les territoires étaient constitués de pôles politiques dont la souveraineté ne pouvait plus réellement s'exercer au fur et à mesure qu'on s'éloignait du cœur de ces pôles. La notion de frontière était appréhendée de façon très diverse et sophistiquée. La colonisation s'est heurtée aux mêmes contraintes liées à l'immensité des espaces et à la faible densité de population. Ce qui importait était davantage le contrôle des hommes que celui de l'espace. Les frontières étaient artificielles et non respectées du fait de la très faible capacité d'encadrement de l'administration coloniale. Aux indépendances, les frontières se sont progressivement rigidifiées ce qui a été conforté par le principe d'intangibilité édicté par l'OUA qui a permis d'éviter des conflits interétatiques.

    Mais cette rigidité des frontières a eu un inconvénient. Les Etats n'ont pas été contraints à l'obligation de rationalisation de leur administration, qui implique des efforts de taxation, de réduction des féodalités, d'écrasement des minorités ethniques pour les couler dans un même moule.

    La Lettre de la Cade n° 77 - Décembre 2004 – page 3

    Contrairement aux Etats européens, ils se sont développés dans un contexte relativement peu exigeant.

    Des défis à relever

    Les frontières post-coloniales se sont progressivement rigidifiées au moment où les pressions démographiques ont commencé à jouer. L'un des problèmes qui se pose est celui des lois sur la nationalité qui va devenir de plus en plus sensible pour les équilibres politiques. Ce problème n'est pas propre à la Côte d'Ivoire et on se souvient du cas typique des Tutsi de l'Est Zaïre qui se sont révoltés en 1993 quand on leur a refusé la nationalité zaïroise ce qui a coûté 40 000 morts et le déclenchement de l'instabilité dans l'est du Zaïre. On voit bien que le problème des frontières déborde sur le politique. Le problème des frontières en voie de rigidification et l'instabilité politique qu'il provoque est, pour S. Michailof, une cause de blocage dans le processus de développement. Il propose quelques pistes de réflexion et d'action, la réforme de l'Etat revenant au cœur des espoirs de développement en Afrique et sur ce plan, la démocratie ne résout rien.

    S.Michailof propose de réfléchir à des mécanismes et à des institutions susceptibles de jouer un rôle sur les dérives possibles en matière de gouvernance : renforcer le rôle des médias et des institutions indépendantes comme les banques centrales, renforcer les institutions régionales qui peuvent jouer un rôle de médiation ou de mise en transparence par la réalisation d'audits, la formation des cadres, des parlementaires, la publication des actes de justice, la transparence des versements occultes des compagnies pétrolières et minières. Mais il faut également réfléchir à d'autres modes organisationnels de l'Etat que ceux de type jacobin qu'on connaît bien.

    Enfin, S. Michailof pense qu'on pourrait s'interroger sur l'intangibilité des frontières pour des pays complètement faillis que les aides internationales n'ont pas réussi à faire fonctionner. Mais il est conscient qu'une telle remise en cause pourrait être source de conflits en série et que le remède pourrait être pire que le mal.

     

    LE DEBAT

    Des questions récurrentes portent sur le rôle moteur que les ensembles sous-régionaux sont susceptibles de jouer dans le développement économique. P. Boilley souligne que cette question donne lieu à des réflexions pour reconstituer en Afrique des fédérations d'entités anciennes. Il y aurait là, selon Henri Médard, une volonté politique très forte en Afrique de l'Est, mais qui constituerait plutôt une échappatoire: comme on ne peut pas jouer sur les frontières, on cherche à les amoindrir.

    Pour Serge Michailof, les constructions régionales doivent permettre de rationaliser l'organisation des territoires en harmonisant les règles économiques, les infrastructures. Mais ce serait une vue de l'esprit de miser sur l'intégration régionale pour créer des grands pôles de croissance. Pour lui, la croissance ne peut s'envisager que par la diversification de l'économie et à partir de pôles urbains côtiers ouverts sur le marché mondial et pas seulement régional. S.Michailof illustre son propos en citant la réussite économique de l'île Maurice et de la Tunisie. Cette réussite prouve que le décollage économique peut se produire sans appartenir à un grand ensemble économique mais à condition de choisir un bon modèle de développement.

    Un intervenant pense cependant qu'il ne faut pas tout miser sur les marchés internationaux et que des efforts devraient être faits pour développer les marchés nationaux et régionaux. S. Michailof doute de l'efficacité de ces marchés sur la croissance car ils sont trop faibles, même s'ils sont relativement bien connectés. Les zones de prospérité de part et d'autre des frontières, souvent liées à des trafics illicites et à des déséquilibres entre systèmes monétaires, n'ont pas non plus, selon lui, d'impact significatif sur la croissance économique qui ne peut être basée sur ce type de situation.

    La problématique de la sécurité des frontières actuelles est soulevée et en particulier le problème de la contagion des conflits encouragée par l'existence d'ethnies transfrontalières. S.Michailof évoque à ce sujet les difficultés et les enjeux que représente le contrôle des populations aux franges des Etats. Lorsque les frontières coupent des groupes ethniques, les difficultés surviennent si le pouvoir central refuse leur intégration ce qui entraîne répression, exode, parcage dans des camps de réfugiés dans des milieux ethniquement favorables. Cela constitue un élément d'insécurité pour le pays d'origine et peut radicaliser les conflits. Si, à l'origine, les conflits n'ont pas un caractère ethnique, cette dimension peut réapparaître en cas de conflit politique en particulier si les groupes ethniques sont brutalisés. Il y a alors repli sur le groupe initial.

    P. Boilley ne croit pas à la réalité des conflits ethniques. Il cite le mouvement de contagion qui descend du Libéria et de la Sierra Leone vers la Côte d'Ivoire. Il n'a pas le sentiment que c'est un problème de frontière ou un problème ethnique, mais de déstabilisation politique, voire économique et une des importantes explications du conflit est la crise économique. P. Boilley pense par ailleurs que la rigidification des frontières ne les rend pas infranchissables pour les hommes. Elles constituent cependant des enveloppes beaucoup plus rigides qui renforcent le sentiment d'appartenance et peuvent entraîner des dérives du type « ivoirité ».

    Des questions sont posées sur les litiges frontaliers. Ces litiges existent mais P. Boilley souligne qu'ils sont extrêmement peu nombreux. Généralement, ces litiges ne donnent pas lieu à des affrontements déclarés et sont réglés par la Cour Internationale de Justice. L'acceptation des frontières actuelles se double du développement d'un sentiment national qui prend le pas sur le sentiment culturel individuel. Remettre les frontières en question serait remettre en cause de nouvelles identités.

    Philippe Mathieu

    La Lettre de la Cade n° 77 - Décembre 2004 – page 4

    L  A    P  A  G  E    E  C  O  N  O  M  I  Q  U  E

    FRANCOPHONIE ET ECONOMIE

    Lors de son Xe Sommet à Ouagadougou, les 26 et 27 Novembre derniers, la « Francophonie » a voulu donner plus de consistance à ses missions en matière économique. S'il n'y a pas à proprement parler d' espace économique francophone, les 51 pays membres ou associés parce qu'ils ont à des degrés divers « le français en partage » représentent quand même 10% de la population mondiale et 12% du PIB de la planète.

    Un rapport officiel décrit la situation. « A l'heure des grands ensembles économiques, il faut imprimer à la Francophonie une plus grande dynamique d'intégration, de partage du savoir et de transfert de technologie... Elle sera jugée sur son aptitude ou non à créer des conditions de croissance et de progrès partagés susceptibles d'assurer durablement une amélioration substantielle du niveau de vie des populations qui la composent ». Elle compte en son sein deux membres du G 7, trois de l'OCDE, vingt deux PMA. Cette diversité « est une prodigieuse chance de donner au monde un modèle de partenariat réussi ».

    LA MICRO FINANCE

    La Francophonie soutient diverses initiatives dans ce but : annulation ou réduction de la dette, NEPAD, OHADA pour assainir l'environnement juridique des affaires, les Nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC), la micro finance.

    Elle considère ce dernier point comme un élément important dans la lutte contre la pauvreté : création d'emplois, insertion des plus pauvres dans la vie économique et sociale grâce à l'offre de services financiers adaptés à leurs besoins. Quatre axes d'efforts ont été identifiés : adaptation du cadre législatif pour faciliter la création d'institutions de micro crédit et leur insertion dans les circuits financiers classiques ; apport en capital aux institutions de micro finance ; diffusion de l'information ; modernisation des institutions par l'informatique.

    Le Sommet s'est fixé deux objectifs. L'un pour réduire la pauvreté dans une stratégie de développement durable : faciliter l'accès aux financements internationaux; développer l'apprentissage des NTIC, appuyer les métiers de la culture, contribuer à la formulation de politiques nationales pour la gestion des écosystèmes (eau et énergie), renforcer une gouvernance favorisant la création d'activités et incitant au développement du secteur privé et de l'investissement. Le second concerne l'intégration des pays en développement et des PMA francophones à l'économie mondiale : améliorer la capacité des Etats à faire valoir leurs intérêts dans les négociations avec les instances internationales, susciter des concertations pour élaborer des positions communes dans les Forums internationaux, contribuer à améliorer la gouvernance pour pouvoir accéder aux ressources, et investissements internationaux publics et privés.

    FORMATION ET CONSEIL

    Ces perspectives ont déjà été mises en œuvre dans le passé. A l'occasion de la conférence de Cancùn en Septembre 2003, la Francophonie a organisé deux réunions de travail avec les ambassadeurs francophones à Genève en Juin et Juillet, un séminaire sur les enjeux de cette conférence en Juillet à Paris avec plus de cent participants et une réunion informelle des ministres du commerce le 9 Septembre au Mexique. Elle a diffusé des dossiers en 750 exemplaires, traduit les documents de travail.

    Puis le 5 Décembre 2003 elle a réuni les ambassadeurs à Genève pour faire le point sur les négociations menées depuis Cancùn et elle a enfin signé un accord avec le Centre européen de gestion des politiques économiques pour produire et diffuser en français les informations sur les négociations commerciales.

    L'Agence intergouvernementale de la francophonie est intervenue dans les domaines des accords commerciaux. Pour améliorer les capacités de négociation de ses membres elle a organisé un séminaire avec une centaine de cadres du public et du privé à Bangui en Décembre 2003. Puis trois autres ont eu lieu en 2004 à Yaoundé, Dakar et Antanarivo.

    En soutien des accords régionaux elle a fait une étude sur l'impact des Accords de partenariat (APE) Cemac/UE. Elle a lancé un atelier sur le commerce entre la Cemac et l'UEMOA et des rencontres acheteurs/vendeurs sur le livre scolaire, le textile, les marchés d'Abidjan. Un Symposium sur l'accès aux financements internationaux a réuni à Paris du 5 au 7 Mai 2004 trois cents participants : 42 pays , 33 organismes internationaux, 34 banques et organisations régionales et 30 ONG.

    Cette action se poursuivra dans un cadre pluriannuel plus efficace, pour mettre fin au « saupoudrage des financements actuels », d'autant qu'avec un budget de 250 millions d'euros, l'AIF ne peut se poser en bailleur de fonds, mais elle doit avoir un effet de levier. Si la langue française paraît menacée dans le monde, la culture francophone qui la sous-tend se diffuse en dehors de son périmètre afin de disposer d'une base commune pour les relations commerciales. Par ailleurs en vue d'attirer les centres d'appel pour les services aux entreprises, Indiens et Chinois s'initient au français en vue de concurrencer le Maroc, la Tunisie et le Sénégal. Ces délocalisations ne devraient pas dépasser 12 à 13.000 postes de travail sur les 200.000 existant en France.

    Robert GINESY

     

    La Lettre de la CADE n° 77 - Décembre 2004 6 page 5

    Le baromètre de la CADE Décembre 2004

    DECHIRURE DE LA COTE D'IVOIRE (suite)

     

    LA FRANCE GARDE MAL LA PAIX

    (Libération du 7/12/04 — « Rebonds » -Béatrice Pouligny — CERI- Sciences Po)

    « Les autorités françaises se sont vues contraintes à reconnaître graduellement ce qu'elles niaient il y a un mois : les soldats français participant à l'opération Licorne en Côte d'Ivoire ont tiré sur des civils ivoiriens, à plusieurs reprises, entre le 6 et le 9 Novembre, faisant au moins une soixantaine de morts et plus d'un millier de blessés « (selon les bilans repris par la Fédération internationale des droits de l'Homme)1 (...) Par delà les ambiguïtés du rôle de la France dans ce pays, cet épisode illustre deux difficultés majeures des opérations extérieures dans lesquelles les soldats français sont censés se comporter en soldats de la paix. La première concerne l'utilisation des moyens de la guerre pour des missions qui comportent une fonction importante du maintien de l'ordre. (...).

    La seconde difficulté caractéristique de toutes les opérations extérieures : comment ne pas apparaître comme une force d'occupation et d'oppression ? Telle est la hantise de tous les responsables militaires occidentaux. (...) De fait, pour s'assurer du succès à moyen et long terme, un facteur clé est l'acceptation de l'action étrangère par les populations. (...) En Côte d'Ivoire, l'opération Licorne a pu bénéficier d'une légitimité conférée par un mandat de l'ONU. Ce faisant, on pouvait espérer que tout le monde oublierait que celle-ci n'avait été conférée qu'à posteriori (résolution 1464 du 04/02/03). Cette chronologie a pu apparaître comme un détail aux diplomates français, elle ne l'était pas pour les Ivoiriens. Deuxième handicap : la légitimité ne vaut que tant que l'on respecte son mandat. (...) L'action des militaires français a clairement outrepassé ce mandat. L'anéantissement, au sol, de l'ensemble de l'aviation militaire ivoirienne a été considérée comme une riposte disproportionnée et inutilement vexante pour l'orgueil national d'un pays auquel la France est, par ailleurs, liée par des accords de défense. Mais ce sont surtout les tirs contres les civils dans des situations qui ne relevaient pas strictement de la « légitime défense », même « élargie » qui ont fait basculer l'opération Licorne. (...)

    Il faut tirer les conséquences de cette expérience. En Côte d'Ivoire, la seule opération viable est de planifier un retrait rapide des forces françaises, sans attendre la fin du mandat confié par l'ONU, le 4 avril 2005. Cela suppose une collaboration effective avec les forces de l'ONU et de la CEDEAO présentes sur place ».

    (1) NDLR : Ces chiffres, cités par l'auteur de l'article, ne sont pas formellement vérifiés

    MBEKI PEUT-IL REUSSIR ?

    (Jeune Afrique - l'Intelligent du 12/12/04 - Elise Colette et Cheikh Yerim Seck)

    « Pourparlers de Lomé, négociations de Marcoussis, sommet d'Accra, huis clos d'Abdis Abeba... Là où tous les autres ont échoué, le chef de l'Etat sud-africain veut imposer sa méthode, ses hommes et ses moyens. (...) Théorie privilégiée du Président Mbéki : résoudre les problèmes africains entre Africains. (...) Le Sud-Africain apporte du sang neuf dans une crise où les principaux acteurs semblent irréconciliables. Il rassure les populations qui s'impatientent de voir aboutir une sortie de crise négociée. Il permet aux Français de respirer en se soustrayant d'un face à face tendu avec le pouvoir d'Abidjan. Investi par l'Union Africaine, il ne demande rien ni aux uns ni aux autres. (...)

    En se lançant dans une mission difficile — les Sud-Africains connaissent mal le terrain francophone — Mbéki a l'occasion d'appliquer à nouveau sa théorie privilégiée. (...) Cette médiation dans la partie francophone du continent (...) est pour lui un moment historique. (...) A peine était-il rentré à Prétoria le 6 Décembre que Mbéki gagnait ses lauriers d' « homme de paix » en recevant les compliments du département d'Etat américain et le soutien officiel de la France. »

    Bernard Monnier

    Un lecteur nous écrit

    La chronologie et les commentaires de la page consacrée à la Côte d'Ivoire dans la dernière Lettre de la CADE (Le baromètre de la Lettre N° 76, NDLR) me paraissent donner - bien involontairement je n'en doute pas - une impression insuffisamment objective de la situation. Je souhaiterais mentionner des éléments factuels en vue d'une présentation plus complète des données, de nature à rétablir un tableau plus impartial. Par exemple, sur les quatre points suivants (extraits du précédent baromètre).

    1 — «Jusqu'en 1993, c'est le « miracle économique »...qui attire des masses d'immigrés des pays voisins.... » Ne pourrait-on dire que ce sont les immigrés des pays voisins qui fournissent massivement la main d'oeuvre assurant les productions qui sont les bases du miracle économique ivoirien ?

    2 — «... le concept d'« ivoirité », une idéologie qui nourrit les pulsions xénophobes d'une partie des ivoiriens à l'encontre des immigrés et des ethnies du Nord musulman.... ». Cette idéologie, suscitée par les héritiers d'Houphouët Boigny pour exclure son ancien premier ministre de la vie politique, et les descendants d'immigrés, de l'accès au foncier nourrit et oriente contre les gens du Nord la xénophobie qu'une partie des Ivoiriens du Sud a fréquemment manifestée (y compris à l'égard des Togolais, Ghanéens, Dahoméens, Guinéens,....victimes de fréquents pogroms depuis quelque 50 ans – et maintenant des Français !)

    La Lettre de la Cade n° 77 - Décembre 2004 – page 6

    3 - « ...accords de Marcoussis. Les rebelles s'engagent à désarmer en octobre 2004 mais refusent de s'exécuter...» ...accords de Marcoussis prévoyant pour fin 2004 la modification de la Constitution en ce qui concerne l'ivoirité et le désarmement ; les nordistes conditionnent leur désarmement à la révision de la Constitution.

    4 — « Novembre 2004 : début de reconquête du Nord par les forces ivoiriennes loyalistes »

    4 Novembre 2004 : après une nuit de destruction complète à Abidjan de tous les médias (journaux, radios et télés) autres que favorables à Gbagbo, attaque surprise, notamment aérienne, des zones "nordistes" par les FANCI, (Forces Armées de Côte d'Ivoire, loyalistes).

    Bien d'autres aspects pourraient être évoqués, mais il me semble que quelques compléments sur quelques points suffiraient à rétablir une meilleure impression d'équilibre.

    Bernard Dumont

    La CADE remercie cet ami lecteur de ses observations qui, doit-on le rappeler, visent une sélection d'articles de presse qui ne reflètent en aucune façon une prise déposition de la CADE (NDLR).

     

    NOUS   AVONS   LU

    « NOIR PROPHÈTE » DE MARC DURIN-VALOIS

    Fidèle aux Editions Lattès, Marc Durin-Valois a publié en 2001 « L'Empire des solitudes », en 2002 « La chamelle » et en 2003 « Le diable est dans les détails ». Il a obtenu en 2003 le Grand prix de la francophonie et le Prix national des bibliothèques.

    Il publie cette année « Noir Prophète », livre qui témoigne de sa culture et de sa passion pour l'Afrique et notamment pour l'Ouganda et la région du lac Victoria où il a passé sa jeunesse. Au-delà de la description de sublimes paysages et de son attrait pour le surnaturel, les griots et les sorciers, il nous révèle un réel talent d'auteur à suspens de romans policiers ou de contre espionnage.

    L'histoire est celle d'un jeune fonctionnaire de la DGSE à la personnalité instable qui, à travers un correspondant africain qu'il « traite » sur le Net, contribue à l'apparition, puis à la montée en puissance sur la scène internationale d'un nouveau prophète, Juwna. L'auteur décrit avec humour la psychose qui s'empare des chancelleries et des cellules de crise et, surtout, la folie d'un monde conduit par la rumeur. Certains trouveront que quelques ingrédients, la belle Asiatique ou quelques paumés devenus mercenaires compliquent un peu le récit. Juwna, le sage et le prophète persécuté, dont la chasse ressemble étrangement à celle de l'ennemi public du moment, finira par disparaître dans les eaux de ce lac Victoria, puits de mémoire et de rédemption.

    La qualité du style de Durin-Valois est source de jubilation, tant il se plait, « à l'Africaine » non seulement à multiplier les qualificatifs mais aussi les aphorismes les plus sophistiqués dont un bon dictionnaire permettra de retrouver le sens.

    Raymond Césaire

    NOUS   AVONS   VU

    « TIERNO BOKAR » AU THÉÂTRE DES BOUFFES DU NORD

    À voir absolument : « Tierno Bokar » adapté par Peter Book et Marie Hélène Estienne aux Bouffes du Nord.

    Dans la salle, je me suis posé cette question : Comment celui qui ne connaît pas ou n'a rien lu d'Hampaté Bah peut-il suivre et comprendre ce conte initiatique Peuhl ? En sortant j'étais convaincu qu'il fallait être initié pour se sentir intégré à la scène et aux comédiens car nous sommes invités à suivre l'initiation en plusieurs étapes en guise d'école pour nous imprégner de la sagesse africaine.

    La pièce est courte, simple et drôle mêlant l'Afrique animiste ouverte à l'Islam et celle marquée par le Colonialisme. Ce conte tourne autour d'une querelle sur le chapelet à 11 ou 12 grains engendrant passions et massacres et traite avec humour l'administration coloniale. Le Griot Sotigui Kouyaté, la sagesse même, fait découvrir qu'il y a dans la vie trois Vérités : ma Vérité, ta Vérité et la Vérité.

    La scène est sobre : un arbre Dogon à sacrifices, quelques nattes et calebasses. Le tout est un parfait antidote au fanatisme. Ces acteurs de ce coin du Monde nous montrent que les hommes sont semblables et qu' il n'est pas nécessaire d'être musulman pour vivre et apprécier la philosophie du Sage de Bandiagara présentée par le grand écrivain africain Hamadou Hampaté Bah qu'il serait sage de relire souvent.

    Xavier de Franssu

     

    Coordination pour l’Afrique de Demain (CADE)

    Association Loi 1901. Président : Michel Levallois. Vice-Présidents : Raymond Césaire, Jean Clauzel, Xavier de Franssu, Henri Senghor.

    Secrétaire Général : Philippe Mathieu. Trésorier : Bernard Monnier.

     

    La Lettre de la CADE

    Directeur de publication : Michel Levallois. Comité de rédaction : Robert Ginésy, Michel Levallois, Philippe Mathieu, Bernard Monnier, Denyse de Saivre, Henri Senghor. Maquette : Atelier Visconti.

     

    La CADE : 5 rue des Immeubles-Industriels, 75011 Paris, France.

    Tél. : 01 44 93 87 46 / Fax : 01 44 93 87 50. E-Mail : endacade@wanadoo.fr. Web : www.afrique-demain.org

    La Lettre de la Cade n° 77 - Décembre 2004 – page 7

    ARRI* ET L'AFRIQUE

    LES CONFLITS DANS LA REGION DES GRANDS LACS

    La troisième Conférence du cycle « Réalités de l'Afrique », le 23 novembre, a donné la parole à Bernard Lugan, historien, expert auprès du tribunal pénal international du Burundi.

    Pour lui « après la parenthèse coloniale », « la vieille Afrique reprend le dessus ». L'histoire explique les événements du Rwanda. Depuis 3.000 ans av. JC des populations nubiennes descendent vers le sud et arrivent dans le centre est, poche de richesse de l'Afrique avec ses terres fertiles et pas de mouche tsé-tsé. Les Tutsis pasteurs nomades s'installent parmi les Hutus agriculteurs sédentaires. Pour survivre ils doivent s'imposer, car ils sont minoritaires : 15% de la population. Durant des siècles les Hutus s'étant persuadés de leur infériorité, les deux peuples vivent en coexistence tantôt pacifique, tantôt violente.

    Après la première guerre mondiale, l'administration belge et les missionnaires catholiques introduisent l'idée de la primauté de l'individu sur le groupe. Puis après la seconde guerre ce fut le dogme de la démocratie à l'Occidental. Jusqu'à aujourd'hui les Tutsis ont su manœuvrer pour préserver leur pouvoir même après l'avoir perdu dans des élections parce que minoritaires et même après le génocide.

    RG

    *ARRI. Association Réalités et Relations Internationales, 11 rue Nicole 75116 Paris.

    AGENDA

    PROCHAINES RENCONTRES DEBATS

    - Mercredi 12 Janvier 2005 : « L'Afrique et la francophonie », présentée par Henri Lopes, Ambassadeur de la République du Congo Brazzaville, ancien Directeur Général de l'Unesco, écrivain. La Cade questionnera ce grand écrivain africain sur le sujet passionnant du métissage des cultures. Cette rencontre est organisée conjointement avec ARRI.

    - Mercredi 9 Février 2005 : « Mythes et réalités de la corruption en Afrique » en collaboration avec l’IEDES et le DESS « Développement, Coopération Internationale et Action Humanitaire » de Paris I

    - Mercredi 9 Mars 2005 : « Les organisations de la paysannerie africaine productrice de coton, entre combats, alliances et manipulations », en collaboration avec les mêmes partenaires.

    - Mercredi 13 avril 2005 : « Les conséquences du Sida sur les rapports entre société civile et Etat en Afrique ».

    AVEC NOS PARTENAIRES

    Nous vous informons de la rencontre débat qui aura lieu exceptionnellement sur :

    « Les enfants des rues d'Afrique centrale »

    par Bernard PIROT, Délégué général de la Fondation Auteuil, auteur d'un livre sur le sujet paru très récemment, Richard BANEGAS, professeur à l'Université de Paris I et Yves MARGUERAT, Directeur de recherche à l'IRD,

    Le Mercredi 19 Janvier à 18 h à l'ENA-Observatoire 

    2, avenue de l'Observatoire 75006, PARIS (RER Luxembourg ou Port Royal- Métro Notre Dame des Champs) Coorganisée par la CADE, l'IEDES, le DESS « Développement, Coopération Internationale et Action Humanitaire (DCAH) de Paris I, Coordination Sud et l'Agence Française de Développement (AFD)

    Le CIFER (Centre International d'Echange et de Réflexion) et SOPEL International organisent une rencontre débat sur le thème

    « L'Union Africaine et le NEPAD face au défi de la pauvreté »

    Le Lundi 17 Janvier 2005 Au Conseil Economique et Social (9, place d'Iéna, 75116 Paris métro Iéna)

    Pour tout renseignement, s'adresser au CIFER, 101 rue du Cherche Midi, 75006 Paris.

    Courriel : senghore@wanadoo.fr

    Abonnement à La Lettre de la CADE :

    Nom …………………………………………………………………                Prénom…………………………

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    Code postal ………………….           Ville ……………………………………………………………………..

    Abonnement seul : 30 euros, - étudiants : 8 euros, - entreprises, collectivités locales : 150 euros. Adhésion individuelle à l’Association, comprenant l’abonnement : 45 euros. Paiement par chèque à l’ordre de la CADE.

    La Lettre de la Cade n° 77 - Décembre 2004 – page 8