Bulletin   mensuel   d'information   sur   les   activités   de   la   CADE  -  Septembre   2004   -   n°74


Sommaire:
  • La Cade entre dans sa dixième année
  • La société civile malgache et l'Etat
  • Points de repère sur Madagascar
  • Perspectives économiques 2003/2004
  • Les étonnants voyageurs de St-Malo
  • Du danger d'être despote
  • Un été faste pour le développement
  • La case obus, histoire et reconstitution
  • bat du  mois  : La société civile malgache et l'Etat

    Editorial

    La Cade entre dans sa dixième année

    Le 29 février 1996, nous organisions notre première rencontre-débat autour de la question « L'afropessimisme, regard du Nord ou réalité du Sud ? », Au fil des mois et des années, nous appuyant sur soixante quinze rencontres-débats et sur autant de Lettres adressées à nos abonnés et à trois cent journalistes et agents publics et privés de la coopération française et internationale, nous avons résolument poursuivi notre effort d'information et de clarification sur l'Afrique subsaharienne.

    L'évaluation qui a été faite par un certain nombre d'amis de la Cade que nous avons interrogés a conclu à l'utilité de l'action de notre association et à la nécessité de la poursuivre car l'information dont disposent le grand public et même les milieux plus avertis continue de privilégier les stéréotypes négatifs. Le drame ivoirien et la tragédie du Darfour ont ainsi envahi la scène africaine depuis le début du nouveau siècle, telle que nous la voyons d'Europe. En dépit des espoirs suscités par la nouvelle Union africaine et par le lancement du NEPAD, la marginalisation économique, mais aussi politique et culturelle de l'Afrique n'a jamais été aussi menaçante et accompagnée d'un discours aussi pessimiste. Le succès de librairie du livre de Stephen Smith prouve que les discours « provocateurs » sur l'Afrique subsaharienne font toujours recette. Plus que jamais, il faut parler de l'Afrique autrement ! Le CCFD(1), la Fondation de France et d'autres partenaires ayant confirmé leur appui à la CADE en complément de celui d'Enda Tiers Monde, Marchés tropicaux ayant ouvert ses colonnes aux comptes-rendus de nos rencontres-débats, un plan de travail pour les deux prochaines années a été établi lors d'une réunion que nous avons tenue le 24 Mai avec un certain nombre de partenaires, principalement universitaires, qui se sont proposés pour nous accompagner dans nos travaux. La programmation définie l'a été avec eux et le principe d'une préparation conjointe des rencontres-débats, arrêté. Ainsi la CADE pourra-t-elle élargir son audience à de plus jeunes publics soucieux de découvrir le continent africain au delà des clichés convenus. Outre les rencontres-débats mensuelles, seront organisées avec certains de nos partenaires des journées thématiques, occasion de marquer le dixième anniversaire de la CADE. Le renouvellement du fonctionnement de notre association bientôt décennaire se traduit aussi par le développement en son sein d'une culture Internet : nous nous sommes dotés d'un site référencé par celui de l'Agence Universitaire de la Francophonie et nous préparons une base de données accessible sur Internet et sur Cédérom reprenant la totalité des articles publiés dans les Lettres émises par la CADE depuis sa création. Ces orientations seront soumises à la prochaine assemblée générale qui se tiendra dans le courant du mois de Décembre et qui pourra, nous l'espérons, valider ce nouveau départ de la Cade.

    La CADE

    (1)     Comité catholique contre la faim et pour le développement

    La Lettre de la CADE n° 74 – Septembre 2004 – page 1

     

    Compte-rendu de la rencontre-débat du 23 juin 2004

    La société civile malgache et l’Etat

    Pour clore son cycle de rencontres sur l'Etat et la société civile, la CADE met l'accent sur Madagascar - cette grande île proche de l'Afrique, mais qui n'est pas l'Afrique - où les événements de ces dix dernières années illustrent une relation spécifique entre ces deux entités.

     

    LES COMPOSANTS DE LA SOCIETE CIVILE

    Françoise Raison Jourde, historienne, a enseigné huit ans à Madagascar, a coordonné deux numéros de « Politique Africaine » et publié plusieurs ouvrages sur le pouvoir, les partis et la religion avant et après la colonisation.

    Selon elle, il faut remonter à 1972 pour aborder le thème de la société civile dans sa conception malgache, avec les associations, les partis et les ONG et comprendre ainsi les crises de 1991 et 2001/2002. En mai 1972, la première république s'effondre en quelques jours sous la poussée d'un fort mouvement d'opinion animé par les étudiants, l'élite de l'avenir. Il est dirigé contre le néo-colonialisme symbolisé par les accords de coopération avec la France, la présence d'une foule d'assistants techniques bloquant des postes et contre la génération précédente. Celle-ci, aux commandes depuis I960, moins diplômée, est considérée par eux comme bénéficiaire indue de l'indépendance. Le mouvement a surpris par sa violence. Aussi la moyenne bourgeoisie merina, les élites côtières voient-elles un recours dans l'armée, qui arrive au pouvoir avec le général Ramanantsoa, réputé apolitique, qui hérite du « welfare state » légué par la colonisation des années cinquante. Que représente l'Etat ? Depuis la fin du XVIIIème siècle, le royaume est organisé de telle sorte que les individus et les communautés sont dans l'obligation, pour assurer la mise en eau des rizières et communiquer entre eux, de passer par l'Etat central, qui se définit comme leur médiateur.

    Il est donc indispensable, mais -paradoxe - il est également détesté. Ce sont les corvées, la conscription, les rapports de soumission, les filières d'extorsion au profit d'une oligarchie.

    Cependant, en 1972, les étudiants ne réclament pas moins d'Etat, mais plus d'Etat. Le régime militaire de l'amiral Ratsiraka va donc assez facilement aller vers une étatisation socialiste de l'économie. Mais il y a des butoirs : l'enseignement, la presse, les mouvements de jeunesse plus ou moins soutenus par les Eglises.

    Ces dernières avaient eu jusque là une attitude modérée, par crainte de détonner vis à vis d'un pouvoir neutre et du père de l'indépendance, Philibert Tsiranana. Aussi le pouvoir, avec l'appui des jeunes, peut-il les interpeller avec vigueur leur reprochant leur emprise scolaire lourde et leurs liens suspects avec l'étranger, leur absence de décolonisation interne. De plus, leurs rivalités anciennes les empêchent d'accorder leurs violons.

    Mais au fur et à mesure que le régime perdait sa base d'adhésion populaire et apparaissait de plus en plus marqué idéologiquement, la tension augmentait avec le pouvoir, cependant que leur cohésion grandissait. L'œcuménisme embryonnaire en 1972, devient une réalité en 1979, et en 1980 se crée la FFKM, Commission sociale du mouvement œcuménique des Eglises - catholique, réformée, anglicane, luthérienne. On assiste donc à une inversion du mouvement. Ce sont les Eglises qui interpellent le pouvoir au

    nom de la morale individuelle. En 1982 et 1987 des textes critiques apparaissent. Le CNOE (comité national d'observation des élections), ONG née avant les présidentielles de 1989, procédera à un examen critique des résultats. En 1990 se tiennent deux concertations que boudent les autorités. De la deuxième, et avec les églises comme catalyseur, émerge le mouvement des Forces Vives, constitué à partir des associations.

    Institutions majeures de la société civile, les associations, existaient bien avant la colonisation. Le fokonolona incarnait une forte solidarité organique. Sous la colonisation, beaucoup restaient clandestines ou informelles. On y trouve les secours mutuels pour les enterrements, des associations masquant des activités nationalistes, le Secours rouge international, proto-parti communiste malgache. Après l'indépendance, elles se sont développées dans le cadre de l'ordonnance 60 - 133, équivalent de la loi française de 1901. Elles ne sont pas basées sur une adhésion à un programme avec cotisation. Elles se constituent par relations de parentés, de voisinages, d'activités, car les Malgaches ont la passion des associations. Ainsi s'est créé une organisation souterraine dont on ignore le nombre de composants et les modalités de financement, mais qui est capable d'organiser des manifestations grandioses, donnant l'impression que la société va basculer. A la veille des élections, elles attirent ceux qui n'adhèrent pas aux partis et elles disparaissent après.

    La Lettre de la CADE n° 74 – Septembre 2004 – page 2

    Les ONG non reliées aux Eglises foisonnent sur tous les thèmes, à toutes les échelles, dans tout le pays. On ignore leur nombre et les flux financiers générés. D'autant plus qu'elles n'ont pas toujours de réunion du Conseil d'Administration ou de vérification des comptes. C'est un espace de grande liberté. Souvent instrumentalisées par les anciennes élites des Plateaux, les nouvelles élites côtières y affluent, créant des réseaux peu transparents et aboutissant à des distorsions entre régions.

    Les partis ne sont pas sociologiquement très différents des associations, mais ils sont détestés, car on se méfie de l'idéologie et des analyses d'ensemble. Ils étaient 147 en 1997 ! Si on aime les associations, on n'aime pas les partis parce qu'ils divisent : majorité, minorité ne plaisent pas. Ce sont plutôt des comités de patronage. On parlera de « ra » volution et de « politoc ». Cette perception du politique explique que l'alternance se conçoive mal, quoiqu'elle soit évoquée dans le débat politique, et que la démocratie reste un concept mal défini et mal compris.

    Dans ce contexte, les Eglises ont, aux yeux des gens, l'énorme avantage d'être au dessus des partis. Elles recherchent le consensus, sont modernistes, travaillent au développement. Par deux fois elles sont entrées en politique. Au Forum de 1992, qui a préparé la constitution, leurs représentants étaient majoritaires parmi les 1.500 délégués. En 2001/2002, elles ont animé et soutenu « le mouvement des forces vives » qui a contraint le président Ratsiraka à renoncer au pouvoir et porté Marc Ravalomanana à la présidence de la république.

    POUR UN PROJET DE SOCIETE

    Jean-Claude Rabeherifara, sociologue, directeur-adjoint du Centre international des industries de la langue et du développement à Paris X-Nanterre, a notamment travaillé sur les réseaux sociaux et familiaux et sur l'ethnicité en milieux ouvriers.

    Il va cadrer la société civile, « telle qu'elle est vécue aujourd'hui », afin d'éviter à la fois l'anathème tout autant que l'enthousiasme a-critique à son encontre. Coïncidence, dit-il, le jour de cette rencontre de la CADE, ce 23 Juin 2004, s'achève à Antananarivo le premier Atelier national préparatoire à la Plate-forme des OSCM (Organisations de la société civile malgache). Dans la foulée de celui-ci, d'autres réunions se tiendront dans les régions pour aboutir, au dernier trimestre de cette année, à une Convention nationale. Sous les deux premières républiques - I960 et 1975 - ont fleuri des associations qui se voulaient non politiques, tournées vers le caritatif et le social. Elles ont, en fait, été instrumentalisées par les gouvernements successifs pour canaliser les aspirations locales. Les partis au pouvoir - le PSD de Tsiranana, l'AREMA de Ratsiraka - ont créé leurs propres organisations de jeunes, de femmes ainsi que leurs syndicats et les corporations diverses sous leur contrôle etc. De façon permanente, l'Etat a joué un rôle structurant de médiateur.

    Partie prenante de la vague mondiale des mouvements de démocratisation des années 1990, la société civile malgache d'aujourd'hui procède de la dynamique des communautés de base. Elle riposte à une crise économique inhérente à la faillite du socialisme administratif et déclamatoire, dans un contexte d'affaiblissement de l'Etat qui, placé sous la férule des Plans d'ajustement structurel, a dû se dégager des secteurs productifs, ainsi que de ceux de la santé et de l'éducation. Ces réseaux recherchent des solutions alternatives pour répondre aux besoins du développement. Après les puissantes et massives manifestations de 1991-92 apparaît une nouvelle vague d'associations qui œuvrent, comme les Eglises, pour la santé et l'éducation mais ont la particularité d'investir de nouveaux secteurs : le développement, l'environnement, les micro-entreprises, la gestion des ressources naturelles etc. Ce mouvement coïncide avec la volonté des bailleurs de fonds de chercher à assurer les services sociaux et économiques de base en dehors de l'Etat défaillant et décrédi bilisé aux yeux des populations. Depuis dix ans, une multitude

    d'OSCM se sont ainsi créées. Les associations de cette nouvelle génération ont pris l'initiative d'ouvrir le débat sur le développement, la gouvernance, la démocratie, les droits humains, sociaux, économiques... et sur le rôle et la fonction d'une société civile organisée. Elles travaillent sur des plates-formes (« Genre et Développement », « Dette et Développement », « Droits Humains », « Citoyennet » etc.) où elles se retrouvent pour construire un projet de société dans lequel les populations pourront mieux se reconnaître. Elles sont autonomes vis à vis de l'Etat, des partis, de l'armée et sont basées sur le volontariat.

    Les OSCM bénéficient d'un cadre juridique et institutionnel favorable à la décentralisation - avec l'ordonnance 60-133 qui régit le fonctionnement des associations depuis l'Indépendance et avec, maintenant, la création de 22 régions - car leur ancrage est local. Mais elles manquent de compétences pour la mobilisation des individus, l'administration de leurs propres organisations et la formulation de leurs programmes d'action. Elles se recrutaient surtout dans les populations de base, qui ont besoin de se défendre, et maintenant les élites politiques commencent à y venir. Le Réseau DRV (Comité de Concertation et de Coordination des associations et ONG-Femmes de Madagascar), créé par le Premier Forum des ONG malgaches de 1994, joue un rôle moteur dans la structuration en cours.

    LA BANQUE MONDIALE TROISIEME ACTEUR

    Jean  Yves Barrère, économiste, membre fondateur avec Jacques Bugnicourt, du CEDETIM (Centre d'études et d'initiatives de solidarité internationale) a été en 2002 soutenir la légitimité de l'élection de Ravalomanana et il revient de Madagascar.

    Il va insister sur deux particularités de la société civile.

    D'une part, à celle-ci et à l'Etat comme acteurs de la vie malgache, il faut ajouter désormais la Banque

    La Lettre de la CADE n° 74 –Septembre 2004 – page 3

    mondiale. Son rôle est en effet majeur depuis que des négociations ont été engagées par l'ancien gouvernement pour l'allégement de la dette. En juillet 2003, a été signé le Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté (DSRP) avec la participation de représentants de la société civile, car la Banque veut la valoriser au détriment de l'Etat. C'est sa nouvelle politique. Or cette société civile a été, en fait, manipulée. Sans avoir eu le temps d'étudier le dossier, elle a été contrainte de signer, car un crédit de 800 millions de dollars était en jeu.

    D'autre part, voici un exemple concret où la société civile se substitue à l'Etat. Une ONG, strictement malgache, « Taratera », née à Majunga, étend son activité dans le Sud et l'Ouest avec 150 personnes. Elle s'occupe d'eau, d'assainissement et selon les lieux, d'hygiène, de zones maraîchères, de déboisement. Elle installe des comités de l'eau avec les usagers pour le suivi des travaux et le financement. Elle est présente dans 700 villages, a installé 400 mécanismes hydrauliques, souvent des pompes fabriquées à Tuléar. Il lui manque un soutien pour la recherche et la réflexion sur son action.

    Selon lui, la société civile malgache est une réalité, mais elle est trop discrète et ne s'exprime pas assez sur les sujets qui fédèrent les gens comme la situation économique.

    LE DEBAT

     

    Le débat a montré que la situation à Madagascar est lourde d'incertitudes. On parle beaucoup de régionalisation depuis les années 70/80. Vingt deux régions ont été créées, mais leurs attributions sont encore incertaines par rapport à celles des provinces devenues des provinces autonomes lors du conflit Ratsiraka-Ravalomanana. Le rôle des autres instances locales est aussi en question. Comment évolueront les communes jugées souvent trop vastes, les fokonolona qui ont été parfois utilisées par le pouvoir ? Dans le système actuel, l'Etat n'est représenté que dans les

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    Points de repère sur l'histoire et les événements politiques récents de Madagascar

    Mystère des origines : détachée de l'Afrique, la « grande île » tirerait son nom d'une confusion avec Mogadiscio. Elle aurait connu très tôt des migrations africaines, asiatiques et océaniennes.

    Lieu de passage obligé vers la route des Indes, Madagascar a vu se créer à partir du 15ème siècle un certain nombre de grands royaumes qui ont été soumis et unifiés à partir du 18ème siècle par la monarchie merina.

    1820 - 1885 : structuration d'un Etat et relations diplomatiques avec plusieurs pays européens et les Etats-Unis sur fond de rivalités franco-anglaises. Rôle de Jean Laborde, négociant puis Consul de France auprès de la reine Ranavalona 1ère.

    1895 : après un premier traité signé en 1895, la Reine est contrainte d'accepter le protectorat de la France tandis que l'Angleterre reçoit des compensations.

    1896 : devant la résistance qui s'organise, Gallieni fait abolir la royauté, exiler la reine et Madagascar devient colonie.

    1896-1960 : Madagascar est une colonie relativement prospère qui, du fait de son histoire, de sa langue et de ses élites, entretient avec la France des relations plus proches de celles des pays colonisés d'Asie que d'Afrique. Celles-ci n'empêcheront pas qu'éclate en 1947, en plusieurs points de l'île, une rébellion qui sera durement réprimée.

    1960-1972 : préparée par l'Union Française et la Loi-cadre de 1956, l'Indépendance se déroule dans de bonnes conditions en dépit d'un climat politique toujours agité. M. Philibert Tsiranana est élu Président de la République et sera réélu en 1965.

    1972-1992 : démission du Président Tsiranana sous la pression d'étudiants progressistes et de l'armée et instauration d'une deuxième République nationaliste puis révolutionnaire et autocratique avec le capitaine de vaisseau, puis à partir de 1975, le Président Ratsiraka.

    1992-1997 : Après huit mois de grèves qui paralysent le pays et la répression sanglante d'une marche pour la paix sur le palais présidentiel, le 10 août 1991, une nouvelle Constitution fonde la Troisième République. Le président Zafy est élu mais il ne parvient à endiguer ni le délabrement économique ni les manœuvres politiques de son prédécesseur.

    1997 : Réélection et retour au pouvoir du Président Ratsiraka qui se rallie au libéralisme économique et lance une régionalisation d'inspiration fédéraliste.

    La crise de décembre 2001 à juillet 2002.

    La victoire de M Ravalomanana, Maire de Tananarive, au premier tour des élections présidentielles, est contestée par le Président Ratsiraka et la Haute Cour Constitutionnelle qui rejette une demande de vérification des procès verbaux. S'appuyant sur les réactions populaires de la capitale, M Ravalomanana s'autoproclame Président en février tandis que le Président Ratsiraka se réfugie dans son fief de Tamatave en déclarant l'« état de nécessité nationale ».

    Après des mois de tensions et de confusion et les médiations des présidents Bongo et Wade, un nouveau décompte des voix confirme la victoire à M. Ravalomanana. En dépit des réticences de l'OUA, le nouveau Président est reconnu par la communauté internationale en juin/juillet. L'ex-Président Ratsiraka réside à Paris.

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    régions et les villes importantes. L'aspiration à un poids grandissant des structures locales ou régionales découle de la défiance vis à vis d'un Etat qui assume mal ses fonctions régaliennes. Mais signifie-t-il réellement le rejet d'un pouvoir central?

    L'avenir du Président Ravalomanana apparaît incertain. L'enthousiasme qui avait accompagné son élection est retombé. Moins soutenu par la bourgeoisie et les villes, il pourrait faire le pari du paysannat, qui, peut-être, va profiter des millions de dollars du DSRP La situation sociale est explosive : chômage, grèves des magistrats et autres fonctionnaires. La société du Président intervient dans de nombreux domaines : les routes, le commerce, l'administration... Ce qui est bon pour « Tiko » est-il bon pour le pays ?

    Certains sont franchement pessimistes et estiment « qu'on va dans le mur », Mais il semble que personne ne veuille prendre la responsabilité de travailler à la chute du président, car, à l'heure actuelle, il n'y a. pas de successeur potentiel. Un intervenant qui s'est rendu récemment dans la Grande Île, a été au contraire favorablement impressionné par le climat totalement changé qu'il a trouvé, en particulier par le retour de l'activité économique et la vitalité de l'entreprenariat, favorisé par les accords passés par le gouvernement malgache avec les bailleurs de fonds étrangers et internationaux. Le président mène son pays comme un chef d'entreprise : les entrepreneurs lui apportent un certain appui, il a la confiance de la communauté internationale et sur le plan intérieur, il est très prudent. Son modèle c'est la Malaisie.

    Manifestement, la situation n'est pas claire. Elle démontre, comme il a été dit, que la société civile ne peut, à elle seule, gérer le pays qui a besoin d'un Etat - lequel fait partie des traditions et du patrimoine malgaches - pour garantir l'unité d'une nation aux composantes multiples.

    Robert GINESY

     

     

    Perspectives économiques en Afrique 2003/2004

    Comme chaque année depuis trois ans, le Centre de développement de l'OCDE et la Banque africaine de développement (BAD) ont publié ce volumineux document. En cinq cents pages grand format il présente le continent dans son environnement international, décrit ses performances macro-économiques et leur avancement par rapport aux objectifs du Millénaire de l'ONU. Il fait le point sur la réalité de la gouvernance et s'attarde sur l'offre et la demande d'énergies de toutes origines. Ensuite vingt pages d'analyses fouillées sont consacrées à chacun des 22 pays étudiés représentant 87% de la population et 95% du PIB de l'Afrique. Enfin 50 pages de statistiques économiques, financières et sociales apportent une mine d'informations. Une fiabilité maximum a été recherchée en puisant les données auprès des autorités nationales, d'observateurs locaux indépendants, de l'Agence Française de Développement, de l'Agence internationale de l'énergie, des bureaux africains de la BAD et du FMI. Lors de sa présentation en juillet dernier, le directeur de la coopération internationale et du développement du ministère français des affaires étrangères, le secrétaire général de l'OCDE, l'ambassadeur de l'union européenne ont manifesté, par leur présence, le caractère euro-africain de ce document sans message à diffuser, ni politique à soutenir.

    C'est un ouvrage de référence utilisé pour les actions de développement des pays membres, et comme baromètre -grâce à sa périodicité - de l'évolution du continent.

    On a toutefois regretté que certains aspects pourtant essentiels, soient mal analysés comme l'économie informelle, l'éducation et la santé. En fait les statistiques manquent, par hypothèse pour l'économie populaire et par discrétion des Etats pour le secteur social.

    R.G.

    Perspectives économiques en Afrique 2003/2004. Documentation française 29 Quai voltaire 75007 Paris - 01 40 15 70 00. e-mail : commandes@ladocumentation francaise.fr

     

    Les étonnants voyageurs de Saint-Malo

    15e Festival International du Livre 29-31 Mai 2004

    Pour son quinzième anniversaire, les Etonnants voyageurs se sont tournés vers les Caraïbes et Saint-Malo est devenu la capitale culturelle des Caraïbes dans un foisonnement de nouveaux et anciens films, de livres, de musiques, d'expositions, des joyeuses retrouvailles et d'échanges passionnés. « 2004, c'est l'année d'un double bicentenaire, de l'indépendance d'Haïti et de la naissance de Victor Schœlcher, cette mémoire restera présente tout au long des rencontres, des échanges, des débats... » La littérature de la Caraïbe est le lieu où se pense la diversité du monde car le multiculturalisme et le métissage y sont à l'œuvre depuis fort longtemps. Il faut se réjouir que la littérature caribéenne soit ainsi mise à l'honneur avec son immense créativité. La jeune génération d'écrivains de Martinique, de Guadeloupe ou de Guyane bouscule et enrichit la langue et les lettres françaises. La vie au sein du Festival a été splendidement aidée par un superbe catalogue conçu et réalisé par les organisateurs et Télérama. Il comprend une liste biographique de tous les auteurs, puis un agenda proposé par Le Monde « Vivre sa culture » qui permet de découvrir chaque jour ce qui fait l'événement, suivre toute l'actualité des arts et du spectacle : théâtre, cinéma, danse, musique, peinture, sculpture... Des rencontres sur tous sujets ont eu lieu avec tous les auteurs, écrivains, cinéastes, acteurs. Des émissions avaient lieu chaque jour sur France-Inter et de nombreux films furent projetés.

    Ceux qui n'auront pas eu la chance d'assister au Festival, pourront se reporter au catalogue.

    Denyse de Saivre

    La Lettre de la CADE n° 74 – Septembre 2004 – page 5

     

    Le baromètre de la CADE septembre 2004

    DU DANGER D'ETRE DESPOTE

    « II y a pour Washington, de bons et de mauvais dictateurs. Saddam Hussein a compris à ses dépens qu'il était un mauvais dictateur. Mais Teodoro Obiang Nguema, l'obscur président de la petite Guinée équatoriale, sait parfaitement qu'il est devenu un dictateur acceptable aux yeux des Etats-Unis depuis le début des années 90. C'est à cette époque, en effet, que plusieurs compagnies pétrolières américaines ont commencé à extraire de l'or noir dans les eaux territoriales de cette ancienne colonie espagnole, indépendante depuis 1968. Tous les experts savaient, au moins depuis dix ans, que le sous-sol du golfe de Guinée regorgeait de pétrole. Ceux de la compagnie espagnole Hispanoil en particulier. Mais ces derniers se sont heurtés à la profondeur des fonds marins et se sont fait prendre de vitesse par leurs concurrents de Houston (Texas). Résultat : la Guinée équatoriale est devenue aujourd'hui une sorte de protectorat américain, en même temps que le troisième producteur de pétrole en Afrique, après le Nigéria et l'Angola, avec une production quotidienne proche de 400.000 barils/jour. Presque un baril quotidien par habitant puisque cette enclave, coincée entre le Cameroun et le Gabon, n'en compte qu'un demi-million. La population, bien sûr, ne profite en rien de cette manne puisque son revenu par habitant stagne entre un et deux dollars par jour et que son espérance de vie ne dépasse pas 50 ans. Mais elle est réduite au silence par la peur que fait régner le « gang de Mongomo », du nom de la localité où Teodoro Obiang Nguema a vu le jour, en 1945.

    Formé à l'académie militaire de Saragosse, au temps du franquisme, Obiang prend peu à peu le contrôle de la jeune armée du pays avec l'aide de son oncle, Francisco Macias Nguema, qui dirige la Guinée équatoriale d'une main de fer, depuis l'indépendance. En 1979, il le renverse et le fait fusiller après un procès expéditif. Depuis, protégé par une garde rapprochée marocaine, il règne en despote et se moque de la démocratie en proclamant le multipartisme, en emprisonnant ou en assassinant après tortures ses opposants, en se faisant élire (en 1989) avec 99,96% des suffrages et réélire en 1997 puis 2002 avec « seulement » 97% des voix. La presse libre est aussi absente que l'eau courante à Malabo, mais tout ceci ne gêne guère la France et l'Espagne, qui, ne désespérant pas d'être un jour invitées au grand banquet pétrolier, ne se sont pas opposées en 2002 à l'arrêt du mandat du rapporteur spécial de la Commission des droits de l'homme de l'ONU en Guinée équatoriale. Pas plus, d'ailleurs, que la Chine, Cuba et la Corée du Nord, les rares pays à entretenir une représentation diplomatique en Guinée équatoriale.

    Les pratiques d'Obiang ainsi que le trafic de drogue auquel se livrent les protégés du régime finirent tout de même par rebuter quelque peu l'administration de Bill Clinton, qui ferma l'ambassade américaine à Malabo en 1996, tout en laissant les compagnies de Houston faire leurs affaires et remplir les comptes à l'étranger du gang de Mongomo. Georges W.Bush, tout en prêchant sa croisade démocratique mondiale, n'a pas eu les mêmes scrupules : depuis 2003, l'ambassade américaine a rouvert ses portes. Mais, comme le président américain a ses pudeurs, il évite de recevoir le dictateur à la Maison Blanche lorsque les compagnies pétrolières le traitent avec faste aux Etats-Unis où il a acheté plusieurs somptueuses résidences. L'un de ses fils, Teodorin, n'a pas eu la même chance : il voulait acheter une suite dans l'immeuble new-yorkais où vivait le marchand d'armes Adnan Kashoggi, mais n'a pas été accepté par l'assemblée des propriétaires, il a dû se replier sur une résidence de Bel Air, en Californie. C'est là, ainsi que dans les plus luxueux hôtels de Rio de Janeiro et de Paris, qu'il mène sa vie de ministre-play-boy international. La perspective de le voir un jour succéder à son père inquiète passablement le gang de Mongomo et pourrait expliquer en partie quelques développements récents.

    Le métier de dictateur exige en effet une vigilance de tous les instants. Teodoro Obiang Nguema en sait quelque chose, lui qui affirme avoir déjà déjoué quatre complots depuis 1980. Etaient-ils tous bien réels ? Sans doute pas, car il n'existe pas de meilleur moyen de se débarrasser d'opposants réels ou virtuels que de les accuser de tels crimes. C'est pourquoi on se pose aussi la question à propos de la cinquième tentative, dans laquelle, affirme-t-on à Malabo, aurait trempé le fils de Margaret Thatcher en même temps que quelques hommes d'affaire sulfureux de Grande-Bretagne- un ancien officier britannique reconverti dans le commerce d'armes et celui des coups tordus, deux ou trois poignées de mercenaires sud-africains et cinq ou six pilotes arméniens. L'affaire remonte à Mars dernier lorsqu'un groupe de mercenaires, en transit au Zimbabwé, a été arrêté pour tentative de renversement du président Obiang en même temps qu'étaient raflés à Malabo, une quinzaine d'hommes, leurs complices supposés. L'amateurisme de l'entreprise soulève bien des questions et on ne peut exclure que les comploteurs et leurs financiers aient été piégés soit par l'Afrique du Sud, soit par les militaires du Zimbabwé, soit encore par quelques factions du gang de Mongomo à moins que ce ne soit par les trois ensemble. La seule certitude, c'est qu'ils n'étaient pas animés par un sentiment humanitaire mais bien par l'odeur du pétrole. »

    (Jacques Amalric - Libération du 2 Septembre 2004- pages Rebond)

    Nous avons sélectionné cet article dans la presse de l'été comme une illustration saisissante des maux qui accablent l'Afrique avec la complicité des grands pays - c'est l'exemple d'un petit pays - Le mois prochain, nous nous intéresserons à l'Etat le plus étendu d'Afrique, le Soudan et notamment la province du Darfour, qui fera l'objet de notre rencontre-débat du 10 novembre.

    Bernard Monnier

    La Lettre de la CADE – Septembre 2004 – page 6

     

    L  A     P  A  G  E     E  C  O  N  O  M  I  Q  U  E

    UN ETE FASTE POUR LE DEVELOPPEMENT

    D'après les engagements pris en juillet et août à Genève et à Washington, on pourrait dire que l'été 2004 a été particulièrement favorable au développement. En effet, l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et la Banque Mondiale semblent abandonner des attitudes uniformément libérales pour des procédures qui tiennent désormais compte de la singularité de chaque pays du Sud et notamment des Africains.

    A L'ORGANISATION MONDIALE DU COMMERCE

    Du 28 juillet au 1" août l'OMC a réuni à Genève son Conseil Général, organisme préparant les décisions des conférences ministérielles. Il fallait sauver le cycle de Doha, mis à mal par l'échec de Cancun en septembre dernier, et dont le terme est fixé à décembre 2005.

    A l'issue d'âpres négociations, les représentants des 147 pays membres sont parvenus à un accord-cadre qualifié d'« historique » par tous. Selon les responsables africains, Union Européenne, Etats-Unis, ACP et les autres avaient la volonté d'aboutir. Malgré des intérêts parfois divergents, les Etats du G 90 (Pays de l'Union africaine, ACP, PMA et plusieurs ténors des pays émergents) ont constamment défendu des points de vue unitaires. Ce qui au niveau des principes adoptés a été payant. C'est la consécration de la « dimension développement », celle promise à Doha, mais quelque peu oubliée depuis.

    Voici les dispositions adoptées : L'accès aux marchés du Nord doit être amélioré ; les réductions tarifaires seront modulées selon les produits, sans réciprocité avec celles du Nord ; le retrait des subventions à l'exportation se fera progressivement ; les monopoles d'Etat « préservant la stabilité des prix intérieurs et la sécurité alimentaire » verront leur statut maintenu.

    Le coton bénéficie d'un traitement très privilégié. Le FMI, la Banque Mondiale, la PAO, le Centre du Commerce International seront incités à aider « les économies dans lesquelles le coton revêt une importance vitale ». « II sera traité de manière ambitieuse, rapide et spécifique » dans les négociations sur l'agriculture. Un sous-comité coton se réunira périodiquement pour étudier les politiques ayant des effets de distorsion sur les échanges de ce produit.

    Quant aux pays du Nord, ils se sont engagés, sans date ni modalités définies, à éliminer toutes les formes de subventions à l'agriculture. Ils ont également abandonné leurs demandes concernant la transparence des marchés publics et les investissements, ils ne retiennent que celles sur la facilitation des échanges.

    D'ici à la fin de l'année on verra comment se traduiront dans la réalité les principes lancés à Genève. D'ores et déjà, ces derniers influeront sur les négociations à venir entre l'Union Européenne et les pays ACP pour la mise au point des Accords de partenariat économiques régionaux.

    A LA BANQUE MONDIALE

    Quelques jours après la réunion de Genève, la Banque Mondiale à Washington annonçait le 10 août qu'elle mettait fin aux fameux PAS : Plans ou Prêts d'ajustement structurel. Au nom du libéralisme, ils imposaient, pour le bien des générations futures, des contraintes administratives et financières insupportables. Au niveau

    macro-économique certains ont réussi en Asie, rarement en Afrique, mais partout le coût social a été très lourd. Pendant deux ans, la Banque, consciente de ces échecs, a consulté gouvernements, associations de la société civile, universitaires, secteur privé, ONG, de part le monde. En Afrique, elle s'est rendue au Cap Vert, à Madagascar, au Sénégal et en Tanzanie.

    Désormais il y aura des Prêts de politique de développement (PPD). Ils ne comporteront pas d'avis normatifs sur le contenu et la nature des programmes choisis et élaborés par les pays, pour le développement et la réduction de la pauvreté. La Banque Mondiale conseillera et appuiera, mais ne prescrira pas.

    En fait, on passera d'injonctions impératives à des incitations à aller dans le bon sens, tel que défini par la Banque. Mais les Etats auront sans doute la liberté de choix. Et surtout, selon elle, ils pourront « s'approprier » les réformes.

    Les nouvelles orientations définies par ces deux institutions sont un frein à un libéralisme absolu et faussé par la disparité des partenaires. C'est une prise de conscience de la diversité du monde, supposant des règles modulées seules capables de réduire les écarts entre ces partenaires.

    Robert GINESY

    NDLR : l'essentiel des informations utilisées dans cette page provient de l'hebdomadaire « Marchés Tropicaux.»

     

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    La Lettre de la CADE n° 74 – Septembre 2004 – page 7

     

    NOUS   AVONS   LU...

    « La case obus, histoire et reconstitution »

    Coll. « Architectures traditionnelles », éd. Parenthèses, 2003 de Christian Seignobos et Fabien Jamin

    Cet ouvrage consacre un important travail de sauvegarde d'un patrimoine architectural original et d'un savoir-faire menacés de disparition : les cases-obus de l'ethnie Musgum, au Nord Cameroun. De ces cases traditionnelles dont les silhouettes avaient notamment séduit André Gide, il ne reste plus aujourd'hui que quelques squelettes et des souvenirs dans la tête de vieux bâtisseurs qu'il devenait urgent de transmettre à de nouvelles générations. C'est ce à quoi s'est attelée l'association des élites Musgum qui a sollicité l'association Patrimoine sans Frontières pour entreprendre un programme de préservation de l'architecture traditionnelle Musgum et de perpétuation du savoir-faire des anciens bâtisseurs. Un chantier-école a été mis en oeuvre qui a permis cette transmission à une jeune génération majoritairement ignorante de ses propres richesses culturelles.

    Dans une première partie, Christian Seignobos (géographe, directeur de recherche à l'IRD) relate, de manière détaillée et vivante, l'histoire tourmentée de ce « peuple célèbre, mais mal connu » des plaines du bas Logone. Dans une seconde partie, Fabien Jamin, architecte, qui a conduit le chantier-école, fait le compte-rendu du déroulement de ce projet et des techniques constructives originales employées. Cet ouvrage ne se veut pas seulement un livre sur l'architecture traditionnelle, mais constitue une première contribution à l'histoire Musgum. A noter qu'il est superbement illustré par les dessins des auteurs et par de nombreuses photographies dont certaines sont des documents d'archives.

    P.M.

    ... dans les « Cahiers d'ARRI »

    « L'Afrique des premiers siècles »

    Dans les « Cahiers d'ARRI », supplément au numéro 59 d'Août-Septembre 2004 de « Regards sans frontières », périodique de notre .association partenaire*, Guy Girod-Genet publie un saisissant raccourci de l'histoire de

    l'Afrique du paléolithique au XVIIIe siècle. Il ravivera les souvenirs de certains et apprendra à beaucoup que, durant des millénaires, le continent noir tenait sa place dans le monde de ces époques.

    *Association Réalités et Relations Internationales, 11 rue Nicolo 75116 Paris

    ... dans Politique africaine

    La revue Politique africaine vient de nous donner son numéro 94. Il a pour titre « Autour du lac Tchad : intégrations et désintégrations. » Les contributions de cette livraison coordonnées par Janet Roitman montrent comment le bassin du lac Tchad, « sédiment historique de réseaux » de populations, d'économies, de pratiques sociales et culturelles est devenu un espace transnational original, aujourd'hui structuré par les investissements pétroliers et où s'affrontent différents réseaux d'autorités légitimes et illégitimes.

     

    AGENDA

    PROCHAINES RENCONTRES DEBATS

    Exceptionnellement Jeudi 7 octobre 2004 : « Espoirs et limites de la microfinance en Afrique » par Yann Gauthier, directeur du Centre International du Crédit Mutuel (CICM), et Christine Poursat, responsable du pôle microfinance au Groupe de Recherches et d'Expertises Techniques (GRET)

    • Mercredi 10 novembre 2004 : Le Soudan

    Mercredi 8 décembre 2004 : Frontières africaines

    ARRI ET L'AFRIQUE

    Henri Senghor, vice-président de la Cade, intervient le 21 septembre à 18h dans le cadre du cycle organisé par l'ARRI « Les Réalités de l'Afrique », sur la laïcité et la démocratie au Sénégal.

    APPEL A LA DIASPORA AFRICAINE CHRETIENNE EN FRANCE

    Le Premier Congrès de la Diaspora Africaine Chrétienne de France se réunira au Parc des Expositions « Hall Saint Martin » à Cergy-Pontoise, dans le Val d'Oise (95) les 19 et 20 Février 2005. Faire de la Diaspora Africaine Chrétienne en France une chance pour le développement intégral de l'Afrique francophone, telle est la vision que des chrétien(ne)s et des laïcs en Ile-de-France veulent partager avec les Communautés Africaines en France. A.D.A.C-Comité Préparatoire, 29, rue des Pâtis, 95 520 OSNY (France)

    « diasporafrichretiens.conf@wanadoo.fr ». Contacts : pasteur Christian Caron 01 30 75 24 33 - Clotaire Saulet 06 77 43 48 22.

     

    Coordination pour l’Afrique de Demain (CADE)

    Association Loi 1901. Président : Michel Levallois. Vice-Présidents : Raymond Césaire, Jean Clauzel, Xavier de Franssu, Henri Senghor.

    Secrétaire Général : Philippe Mathieu. Trésorier : Bernard Monnier.

     

    La Lettre de la CADE

    Directeur de publication : Michel Levallois. Comité de rédaction : Robert Ginésy, Michel Levallois, Philippe Mathieu, Bernard Monnier, Denyse de Saivre, Henri Senghor. Maquette : Atelier Visconti.

     

    La CADE : 5 rue des Immeubles-Industriels, 75011 Paris, France.

    Tél. : 01 44 93 87 46 / Fax : 01 44 93 87 50. E-Mail : endacade@wanadoo.fr. Web : www.afrique-demain.org

     

    La Lettre de la CADE n° 74 - Septembre 2004 – page 8