Bulletin mensuel d'information sur les activités de la CADE


Débat du mois :

Un autre regard sur les enfants et les jeunes des villes africaines

 

Sommaire :


Editorial : Le Caire : un rendez vous manqué ?

(3 et 4 avril 2000)

L'Eurafrique n'en finit pas de se chercher. Le terme fut inventé au début des années cinquante, il tendait à identifier une grande région géopolitique, solidaire dans ses enjeux et son avenir, face au reste du monde. Il correspondait aussi, à la veille de la décolonisation, au désir de préparer d'autres rapports entre les deux continents, dont l'un dominait l'autre depuis trois-quarts de siècles, après l'avoir "ponctionné", pendant un siècle et demi, d'une partie de ses habitants.

De conventions de Yaoundé en accords de Lomé, d'un sommet franco-africain à l'autre, l'Europe et l'Afrique n'ont cessé de se concerter aux plus hauts niveaux, et de bâtir des projets communs et ambitieux. La première a consenti, pendant quatre décennies, pas toujours dans l'enthousiasme, des appuis considérables au développement de la seconde. Avec des résultats mitigés. Et non sans l'endetter, au-delà du raisonnable.

Il faudra laisser à l'histoire, le moment venu, le soin de décider si le premier sommet eurafricain du Caire aura été une grande date ou un non-évènement, un demi siècle après que l'on ait commencé à parler d'Eurafrique. Dans l'immédiat, ce sommet paraît relever plus d'un rendez-vous manqué que d'un nouvel élan.

Il est vrai que l'on y a parlé de choses sérieuses : de droits de l'homme, de démocratie, de bonne gouvernance ; mais aussi de lutte contre la pauvreté, d'aide alimentaire, d'abolition de la dette. Il est vrai, également, que l'on a entendu deux discours parallèles, mais pas de véritable dialogue : les Africains ont préféré parler de dette, les Européens de démocratie. Les premiers, au nom de l'urgence, les seconds, au nom des principes.

Les deux continents ont, inévitablement, un avenir en commun. Il reste un long chemin pour le réaliser.

La CADE


Une initiative pour l'Afrique

Des capitaux privés pour répondre aux besoins de base de l'économie populaire africaine, tel est le dernier défi lancé par Michel Rocard. Mariage de la carpe et du lapin, pourraient penser certains, entre Vivendi, Bolloré, EDF, Totalfina, CFAO... et Enda Tiers-Monde. Afrique Initiatives, cette nouvelle société que préside Michel Rocard, entend satisfaire les besoins de la population africaine, c'est à dire des plus pauvres. "La pauvreté comme défi économique" avions-nous écrit dans l'éditorial de la Lettre de la CADE en mars 1998. Michel Rocard a su convaincre les grands capitalistes français qui travaillent avec l'Afrique qu'à l'aube du XXI ème siècle, il n'y a pas d'antagonisme entre rentabilité et réponse aux besoins des plus pauvres, entre technologie moderne et développement de techniques et de produits adaptés à l'Afrique, que le marché prioritaire est à l'évidence le marché africain. Afrique Initiatives se propose d'appuyer les initiatives locales dans les secteurs de l'alimentation, des services des eaux et de l'électricité, de la santé, de l'éducation-formation, des nouvelles technologies. Nous suivrons avec attention les progrès de cette entreprise novatrice qui est un acte de confiance dans l'Afrique.

(Voir extraits de l’intervention de Michel Rocard plus bas)

AFRIQUE INITIATIVES
56, rue de l'Université 75007 PARIS
tél & fax : 01.42.84.85.86
e-mail :
contact@afriqueinitiatives.com


Un autre regard sur les enfants et les jeunes des villes africaines

Les jeunes urbains sont, en Afrique, une réalité majeure : ils représentent plus de la moitié des populations urbaines. S'ils ne sont pas, pour bon nombre d'entre eux, des marginaux, la jeunesse qu'ils incarnent est en grande partie marginalisée, dés lors qu'elle ne rentre pas dans le système scolaire ou universitaire, ou qu'elle le quitte sans pouvoir intégrer une véritable occupation et une position sociale. Or, on constate que les jeunes urbains ne sont pas passifs, qu'ils sont souvent acteurs de leur destin. L'objet de la rencontre-débat, organisée en partenariat avec Procape (programme de communication et d’appui aux enfants en situation difficile en milieu urbain), est d'essayer de comprendre comment se pose le problème et, à travers des expériences vécues, d'illustrer par quelques exemples la ou les façons dont il peut être traité.

 

Les exposés

DANIELE POITOU est sociologue (CNRS, Centre d'Etudes africaines et MARJUVIA). elle a une expérience du Nigéria, mais surtout du Niger et du Sahel.

Compte-tenu de leur poids démographique (60 % de la population urbaine a moins de vingt ans), les jeunes représentent un enjeu essentiel pour l'avenir des sociétés africaines. Les pouvoirs en place ont souvent tenu à entretenir des structures d'encadrement de type varié, pour en conserver le contrôle, mais un nombre de plus en plus important de jeunes se trouvent exclus des filières habituelles d'intégration au système de production. Ils constituent, dès lors, un facteur potentiel de déstabilisation politique et ils sont perçus comme une menace, d'où l'ambivalence des gouvernements à leur égard : ils représentent une jeunesse crainte et convoitée.

 

Urbanisation et marginalisation

Le problème de la jeunesse n'est pas nouveau (les premiers travaux sur la délinquance juvénile datent de l'époque coloniale). Mais, jusqu'aux indépendances, il restait limité à une fraction limitée des classes d'âge concernées. Dans les années qui ont suivi, les jeunes livrés à eux-mêmes restaient une minorité, qu'il s'agissait de stigmatiser, de châtier, au mieux de rééduquer pour protéger la société et l'ordre établi. La délinquance et la marginalité étaient alors interprétées comme le coût social d'un développement économique conçu sur le modèle occidental. Cependant, dans la mesure où elle ne s'accompagne pas, au même rythme, d'un développement économique, l'explosion urbaine qui caractérise les capitales du tiers-monde entraîne la montée d'un phénomène sans précédent, celui des populations marginalisées, obligées de trouver dans les rues leurs moyens de subsistance. La jeunesse participe plus que toute autre catégorie sociale à cette situation.

De multiples facteurs se conjuguent pour aggraver le processus de déstructuration du tissu familial et social. Sur fond de crise, le blocage des mécanismes qui assuraient l'équilibre relatif des sociétés africaines se traduit alors par des migrations massives vers les villes, incapables de fournir aux nouveaux arrivants les emplois nécessaires à leur intégration. D'où la prolifération de quartiers périphériques mal équipés, mal reliés au centre ville, où s'entasse une population aux revenus aléatoires, installée dans un mode de vie précaire, en partie fondé sur l'illégalité.

C'est à ce contexte qu'il faut relier la situation des jeunes (analphabètes, déscolarisés ou diplômés chômeurs), qui occupent les rues pour y exercer leurs activités et, pour nombre d'entre eux, y élire domicile. Du village au bidonville, de la famille à la rue, s'opère, pour de nombreux jeunes le passage d'un mode de vie stable et encadré à une situation d'insécurité permanente, où les modes d'insertion dans le monde des adultes sont à réinventer en permanence.

Qui sont les jeunes concernés, comment caractériser la problé-matique de leur situation, quelles en sont les difficultés et quelles réponses ? Il faut aussi comprendre le changement de perspectives qui s'opère, à l'égard de ces questions, du point de vue scientifique comme au point de vue politique, au niveau national et au niveau international. Les conceptions classiques de la "marginalité" sont devenues obsolètes ; l'illicite, l'illégal, le non-conforme deviennent le fait du plus grand nombre et la condition de sa survie. On passe alors d'une vision pathologique et pénalisante à une notion de la marginalité davantage comprise comme le résultat d'un processus, lié au contexte socio-économique et politique.

 

Un regard différent

On commence à avoir un regard différent sur la jeunesse urbaine, hétérogène et maintenant revendicatrice, d'autant plus préparée à la contestation qu'elle a été plus acculturée. Elle se voit en effet privée des moyens de formation qui lui permettraient de satisfaire, par des moyens licites, ses besoins de consommation, de survie et d'intégration. On assiste alors à des explosions de violence, au fur et à mesure que se développe un individualisme au sein de groupes pour qui l'observance des valeurs communautaires devient difficile à respecter.

Les solidarités traditionnelles s'effritent, elles se recomposent parfois sur d'autres bases, plus compatibles avec les ressources et les aspirations des citadins et de leurs nouveaux modèles de référence, d'inspiration souvent occidentale. Les jeunes urbains sont les plus ouverts à ces transformations, à partir de valeurs qui ne sont plus celles de leurs aînés, mais qui ne correspondent pas entièrement à leurs aspirations ni à leurs opportunités réelles.

D'une politique de répression brutale, appuyée par une société basée sur le respect de l'autorité des aînés, on passe à l'idée d'une gestion sociale de la marginalité, plus orientée sur la prévention, voire l'accompagnement. Les jeunes sont alors moins perçus comme des coupables, plus comme les victimes apparentes d'une situation globale.

 

Des jeunes qui “se débrouillent”...

Aux stratégies de marginalisation déployées par l'état répondent des stratégies individuelles ou familiales des citadins les plus démunis, pour assurer leur survie face à la crise, et qui témoignent de leur créativité dans l'invention de petits métiers lucratifs. L'observation faite par

A. Touré des petits métiers d'Abidjan fait apparaître une gamme d'activités qui remplissent, dans l'économie urbaine, les interstices laissés par les secteurs plus structurés de l'emploi rémunéré. Cette économie de la "débrouillardise", loin d'être parasitaire, est complémentaire de l'économie formalisée. Le travail des enfants et des adolescents s'inscrit alors dans le droit fil des réponses apportées pour la survie du groupe. La frontière entre cette exigence de survie et l'exploitation de l'enfant, au préjudice de son développement personnel, reste cependant à préciser. Il ressort d'enquêtes menées sur cette question que, dans l'esprit de nombreux adultes, cette frontière reste bien souvent trop floue. Le travail domestique constitue encore la forme la plus répandue, en Afrique, de cette exploitation enfantine, mais on voit apparaître l'exploitation sexuelle. On peut aussi citer le cas des talibés, dans les grandes villes, les rackets organisés par les occupants de la rue à l'égard des plus jeunes.

La scolarisation a contribué à l'éloignement des enfants par rapport aux valeurs traditionnelles, en leur inculquant le mépris du travail manuel. Mais aujourd'hui, elle ne conduit plus à l'emploi salarié dans la fonction publique, autrefois forme achevée de promotion sociale. Le mythe de l'école s'effondre en même temps que celui de la ville, lieu de plaisir et d'argent facilement gagné. La déperdition scolaire est considérable, les diplômes n'assurent plus de débouchés. Les familles, appauvries, n'assument plus le devoir de protection auprès des enfants que la tradition leur confiait, chacun doit se prendre en charge de façon autonome.

Ainsi, dans les espaces encombrés et sous-équipés des quartiers périphériques, se côtoient les éléments d'une population composite, adonnée au petit commerce, à la mendicité, aux activités de services multiples et aux trafics de toutes sortes. Sans atteindre les proportions relevées dans d'autres continents, le nombre des jeunes vivant dans la rue continue de s'accroître dans les villes africaines. Le forum de Grand-Bassam en 1985 a représenté un tournant dans l'attention portée à ces problèmes, en vue de chercher des réponses mieux adaptées et de contribuer à la mise en place de politiques d'accompagnement, à la prise en charge par les groupes sociaux concernés de leurs problèmes.

Pierre-Marie Coulibaly, d'Enda Jeunesse Action à Dakar, se pose tout d'abord la question de savoir qui sont les jeunes concernés, puis il présentera quelques initiatives de terrain et dégagera des pistes d'action.

Les jeunes concernés sont les enfants et les jeunes désoeuvrés, exclus du système scolaire après le primaire, qui ne peuvent accéder à d'autres formations. Ils constituent la majorité de la jeunesse en ville. Parmi eux, on trouve des enfants qui travaillent dans le cadre familial : petits métiers pour les garçons, domesticité pour les filles (qui viennent majoritairement de la campagne). Ils sont souvent constitués en groupes qui prennent en charge les nouveaux venus. Puis on trouve une minorité de véritables enfants de la rue.

 

... qui s’organisent et se prennent en charge.

Au niveau des quartiers, les jeunes se regroupent en associations : au départ, il s'agit d'activités sportives et culturelles ; puis l'on constate une diversification vers la formation et des activités socio-éducatives, ainsi que la sensibilisation dans le domaine de la santé et de l'assainissement. Ces associations organisent également les loisirs pour les plus jeunes. Les aînés prennent en charge ces derniers, par exemple par des actions de médiation (faire payer les rémunérations dues par l'employeur...) ou d'intermédiation, par exemple avec les services de santé (obtenir des rabais, monter des ébauches de mutualité). Ces associations disposent aussi de cadres de réflexion : au niveau local, elles se constituent en collectifs, qui organisent des sessions de formation ; au niveau national, elles organisent des conférences dans les villages, pour les sensibiliser aux difficultés d'un exode féminin à des âges de plus en plus précoces, et convaincre de retarder le départ.

Ces initiatives d'enfants ou de jeunes ont besoin de soutien : c'est l'affaire des ONG, des missions, mais aussi des structures étatiques. Il faut apporter une aide pour mieux comprendre et mieux définir les problèmes ; cela passe par des formations de moniteurs, l'intermédiation pour obtenir des équipements et des fournitures, la valorisation des expériences.

Il s'agit de combler un vide laissé par les pouvoirs publics. Mais ces associations ne peuvent, seules, résoudre toutes les difficultés des quartiers. Cependant, leur action, telle qu'elle vient d'être rapidement présentée, ouvre des pistes.

Sam Boubou Ba est sénégalais, il a grandi à Pikine, ville périphérique de Dakar. Il a dirigé l'Amicale des Jeunes de Wakhinane de Pikine jusqu'en 1993, date de son départ en France pour poursuivre des études supérieures. Il a ainsi été amené à présenter à l'UNESCO son expérience associative de recherche-action, et plus tard dans le cadre d'ATD-Quart monde. Par ailleurs, il a mené des projets de recherche-action en milieu urbain français, puis de médiation sociale, toujours en France.

 

L’amicale des jeunes de Pikine

Il rappelle que la situation des pays du tiers-monde reste globalement préoccupante, après quatre décennies de stratégies de développement. Depuis une quinzaine d'années, on met l'accent sur le rôle des acteurs locaux. Dans ce contexte, la jeunesse africaine s'organise à travers des organisations de base (associations de quartier, groupements de production...) et des organismes d'appui, les ONG.

L'Amicale des Jeunes de Wahikinane est une de ces associations de développement. Le quartier a une population de 12.000 habitants, dont 57% de 15 à 35 ans. Il appartient à l'arrondissement de Pikine, étape ou escale pour les populations de l'intérieur venues chercher du travail à Dakar ou en instance d'émigration. De nombreux migrants s'installent en fait dans le quartier, dont la diversité ethnique est grande et la vie socio-culturelle intense. Les habitants vivent cependant dans une grande pauvreté, ils sont accaparés par le souci de survivre et sont souvent coupés d'une grande partie de la vie sociale.

L'AJW compte 400 membres et de nombreux sympathisants. De nombreuses associations furent créées à partir du début de la décennie, en raison d'une déclaration de soutien du mouvement associatif par le gouvernement sénégalais. En 1990, un noyau de sensibilisation provoqua des réunions préparatoires à la constitution d'une Amicale, créée en août 1990 par une assemblée générale. Il s'agit d'une association indépendante, sans lien politique, syndical ou religieux. Elle a pour objectif de rassembler les jeunes de Wakhinane et d'améliorer leurs conditions de vie sur le plan économique et social. Ses moyens sont constitués par les cotisations et les produits de ses manifestations lucratives. Elle a réussi le renforcement de la solidarité entre ses membres, une certaine cohésion sociale et la complémentarité de ses membres.

 

Ses réalisations :

De la formation : communication, alphabétisation, information sur les MST, planification et organisations de manifestations culturelles, rédaction de projets, administration et gestion d'association, démarche participative, périscolaire.

Sam Boubou Ba décrit alors l'historique et les résultats d'une des réalisations de l'Amicale : le complexe socio-éducatif (Guestu Sa Ndiérigne), centre féminin de couture (une centaine d'élèves) ; en un cycle de trois ans, il initie et forme au tricotage, à la broderie, à l'entretien des machines, à l'alphabétisation. Partant du désir de formation exprimé par les membres, l'Amicale a d'abord pensé à l'alphabétisation ; sans moyens, elle leur a demandé un engagement volontaire et bénévole. Puis elle s'est orientée vers le centre de couture. Après un certain nombre de difficultés pour s'installer dans un local convenable, pour se procurer et remettre en état des machines, pour faire faire par ses membres bénévoles des bancs, l'enseignement a commencé en novembre 1992. Moyennant une stricte discipline, un volontariat régulier des formateurs (tailleurs, étudiants), la première année se termina avec succès et fit connaître le centre. De là un programme conjoint avec Enda a pu être monté. D'autres actions sont décrites. Il faut principalement retenir le "centre de sensibilisation et d'information sur les drogues, ouvert avec un collectif d'associations de développement et l'appui technique et financier de la mission de coopération française et Enda.

L’ intervenant conclut en affirmant que les associations sont l'un des dispositifs de promotion sociale et d'insertion dans la société. L'exemple de l'AJW montre que lorsque l'Afrique essaie de bâtir son action sur la solidarité et la vie associative, elle peut parvenir à des résultats probants. Il montre aussi que le développement passe par la mobilisation de la population et la prise en charge de son propre destin.

 

Condamner le travail des enfants ?

Claire Brisset, de l'UNICEF, s'attendait à être en désaccord avec les exposés de cette rencontre. A défaut de l'être réellement, elle va faire "comme si". Elle met en garde contre une approche exagérément réformiste du travail des enfants, selon laquelle ce travail serait de toutes façon inévitable et qu'il s'agirait donc surtout de l'aménager. L'autre position est de dire qu'un enfant est un enfant jusqu'à dix-huit ans et qu'il ne doit pas travailler. La position des intervenants qui l'ont précédée lui paraît intermédiaire. En effet, le travail à bannir, c'est celui qui exploite l'enfant et empêche son épanouissement.

Faut-il boycotter le produit du travail des enfants ? En fait, 90% restent sur les marchés locaux, et le boycott n'y peut pas grand-chose : c'est donc bien au Sud qu'il faut régler le problème. Cependant, on n'arrivera pas à mettre fin à l'exploitation des enfants s'il n'y a pas de stigmatisation systématique. C'est au corps social de ne pas se résigner.

 

Le débat

Un intervenant se demande si l'apparition de certaines formes de la nouvelle économie n'est pas de nature à changer le contexte. P.M. Coulibaly donne quelques exemples d'initiation au micro-ordinateur, mais considère que cela restera très marginal. D. Poitou rappelle que, si l'on prend le cas du Niger, les équipements sont tellement peu développés que la nouvelle économie n'est pas encore un problème ni une solution. C. Brisset estime que la nouvelle économie recèle des surprises, et attire l'attention sur les perversions auxquelles elle peut donner lieu (réseaux pornographiques et pédophiles).

 

Les rapports avec l’Etat, avec les ONG...

A la question de savoir s'il n'y a pas danger de mainmise de l'état sur des initiatives telles que celles qui ont été décrites, P.M.Coulibaly répond que les rapports avec cet Etat sont très méfiants.

Un autre intervenant rappelle que les stratégies des ONG conduisent à investir le champ d'action politique. Avant de faire, on doit penser à ce que l'on veut faire, dans quel contexte et dans quel but politique. Il est donc surpris que cet aspect de la problématique n'ait pas été abordé par les orateurs. Il lui est répondu que le débat qu'il ouvre a fait l'objet d'une précédente rencontre (N.D.L.R : cf le compte-rendu dans la Lettre de la CADE n° 35, "Les mouvements associatifs, relations entre les ONG du Nord et leurs partenaires du Sud"). P.M.Coulibaly de son côté indique qu'Enda préfère parler en termes d'action et non de bénéficiaires ou de cibles.

 

... avec la tradition...

Un intervenant africain estime qu'un "autre regard" sur les enfants de la rue est extrêmement difficile dans la société africaine, où le regard "traditionnaliste" est encore très présent : l'enfant de la rue est perçu comme un sorcier, parce que marginalisé ; or c'est quelque chose de nouveau et d'inquiétant, parce que le sorcier est normalement une personne âgée. La destructuration de la famille joue un rôle fondamental en ce qu'elle fait de l'enfant son bouc émissaire. D. Poitou va dans le même sens, et insiste sur la place des croyances traditionnelles dans la marginalisation. Elle revient sur le décalage qui existe entre les institutions et les croyances traditionnelles et leur contexte actuel. C. Brisset donne l'exemple des petites filles, qui vont deux fois moins à l'école que les garçons, et que la société estime normal de faire travailler, ne serait-ce que pour les occuper. En Asie, le système des castes conduit à rendre beaucoup plus vulnérables les enfants des basses castes. Sur ce dernier point, on lui fait observer que l'on passe alors de la marginalité à l'exclusion, ce qui n'est pas la même chose. Il n'est pas donné de réponse à une question relative aux chiffres de la marginalité. En revanche, à une deuxième question concernant les résultats en terme de réinsertion, S. B. Ba répond en rappelant ce qu'il a dit sur l'expérience de son Amicale, notamment sur la formation des couturières et leur insertion professionnelle.

 

... avec la démocratie et le développement

Des intervenants africains rappellent que le problème de la jeunesse doit être replacé dans le cadre des problématiques de développement. On donne l'exemple, à Kinshasa, d'enfants sécurisés, entretenus, qui repartent spontanément vers l'insécurité de la rue. Il faut savoir comprendre les parcours, ne pas apporter de solution toute faite, mais aider les enfants à se prendre en charge. Il y a un temps d'éveil à la conscience, il faut l'accompagner.

Un intervenant se demande si les phénomènes de démocratisation des dernières années conduisent à des changements d'attitude et de comportement des jeunes. Faute de temps, la question n'est pas débattue sur le fond. On note, cependant, que les jeunes jouent un grand rôle dans cette évolution.

 

Les commentaires de la CADE

La rencontre a permis de présenter, dans un cadre démographique et socio-économique large, les problèmes propres à une certaine jeunesse africaine : celle qui, dans les villes, où elle représente plus de la moitié de la population, est la plus exposée aux chocs des mutations de la société et, potentiellement, la plus fragile.

Fragile, par définition, en raison de son âge, alors que les cadres traditionnels qui sécurisent l'enfance et la jeunesse ne remplissent plus leur rôle. Fragile, parce qu'une partie des migrations de la ville à la campagne se situe dans ces classes d'âge, sortant les enfants de leur milieu d'origine sans leur assurer les transitions nécessaires. Fragile encore, parce que le nouveau contexte social de la ville favorise, dans certains cas encourage, le passage d'une tutelle familiale et intégratrice traditionnelle vers l'exploitation du travail des enfants, sans contrepartie quant à leur formation et à leur insertion.

Une partie importante de cette jeunesse est, en outre, désoeuvrée, mal scolarisée ou déscolarisée. Elle manque de perspectives, elle se marginalise par rapport à une société elle-même précaire dans ses activités et son économie, et qui a progressivement tendance à la craindre et à la suspecter. Elle est relayée en cela par les pouvoirs publics, qui semblent n'avoir que récemment pris en compte la dimension politique et sociale du problème, après avoir longtemps privilégié l'approche répressive et moralisatrice.

Comme l'a rappelé un des intervenants, il ne faut cependant pas céder à la tentation d'une vision simplificatrice ou simpliste. Des jeunes encore bien intégrés dans leur milieu social à la jeunesse délinquante de la rue, il existe tout un éventail de situations qui vont du simple désoeuvrement à une insertion, par les petits métiers, dans l'économie précaire de survie d'une bonne partie de la population.

Les interventions ont montré que la situation dans beaucoup de villes africaines était moins dramatique que sur d'autres continents, mais que la tendance à l'aggravation était bien présente. Il n'existe pas de solutions simples et accessibles, elles passent de toute façon par une amélioration générale de la situation économique de l'ensemble de la population, c'est-à-dire par le développement. Cependant, les expériences de terrain qui ont illustré la rencontre indiquent que la prise de conscience de la nature profonde des problèmes, une approche plus participative et plus responsabilisante pour les principaux intéressés, les enfants et les jeunes, sont de nature à "ouvrir des piste d'action", selon la formule de l'un des intervenants.


Extraits de la conférence de presse de Michel Rocard pour Afrique Initiatives, le 24 mars 2000

 

“Premier constat. Il y a dans toute aide au développement, et à mon sens dans la politique de développement tout entière y compris la part qu'en assument les dirigeants africains, une convention implicite. En fait nous, occidentaux, appelons développement la capacité des autres, africains en l'espèce, à utiliser nos matériaux, nos techniques, nos procédés, nos produits et nos services, et cela presque indépendamment du fait de savoir si les uns et les autres sont adaptés aux conditions et aux cultures locales. Du coup, l'appropriation des savoirs, celle des services, et souvent même celle des produits ne se fait pas ou se fait mal. Il y a assistance et pas développement. L'évidence est là : il faut à partir des besoins réels tels qu'exprimés et traduits par les populations africaines sinon le décollage ne se fait pas. Un moyen de s'assurer de l'adéquation réelle aux besoins est de vendre produits et services et non plus de les donner.

Près de six cents millions d'africains sur un total de sept cent cinquante, vivent en économie populaire, terme que je préfère à celui d'économie informelle, pour distinguer l'informel salubre - l'économie populaire - de l'insalubre, drogue, prostitution, trafic de matières rares et d'armes, qui sont tous de l'informel aussi. Ce sont donc trois quart des africains qui vivent avec un revenu par habitant compris entre 200 et 500 dollars par an. Notre coopération touche peu cette population, car elle s'adresse surtout à ce qui nous ressemble, des administrations d'Etat, des collectivités territoriales et des entreprises qui ont déjà décollé et atteint une taille telle qu'elles puissent exporter et faire auditer leurs comptes. Mais pour aider un compagnon mécanicien à créer son garage, un botaniste qui invente un nouvel aliment composé à base de plantes naturelles à créer son unité de production, il n'existe rien. Des dossiers de ce genre, qui fleurissent par milliers dans l'économie populaire aftricaine, appellent un apport de capital-risque de 50 000 à 750 000 Euros. A ces niveaux, le coût unitaire d'étude du dossier est trop élevé à la SFI ou à PROPARCO, pour espérer pouvoir le traiter dans des conditions rentables. Au dessus, les grandes institutions sont là. C'est pour les pauvres qu'on n'avait jamais rien fait sauf ici ou là un peu de charité. Or ce qui importe à l'Afrique pauvre, c'est de créer ses propres richesses, donc ces propres entreprises, pour ne plus dépendre.

Afrique Initiatives a donc choisi de favoriser l'émergence de l'offre au sein de l'économie populaire africaine, celle où vivent les trois quarts des Africains...

... Afrique Initiatives est une société internationale basée en Europe qui entend exercer en Afrique les métiers de capital-risque, d'ingénierie financière, et de consultance pouvant permettre à tout projet potentiellement rentable et de dimensions modestes de se réaliser.

Elle cherchera à s'associer des partenaires africains dans chacune des réalisations qu'elle entreprendra. C'est déjà le cas dans le premier projet qu'elle réalise.

Incidemment si l'Afrique est notre priorité absolue, nous n'en avons pas fait une limitation statutaire : dans le champs d'activités que nous avons retenu, l'intervention d'Afrique Initiatives serait possible dans d'autres pays ou territoires au même stade de développement.

Le pari économique est donc clair : même en économie populaire, il existe un pouvoir d'achat capable de se mobiliser pourvu qu'on lui offre des produits ou des services répondant à ses besoins, à ses habitudes sociales et à son niveau de revenus."


La prospective en Afrique subsaharienne

 

Hugues de Jouvenel, délégué général de l'association Futuribles International a convié le 23 mars dernier plusieurs "africanistes" autour d'une table-ronde consacrée à la prospective de l'Afrique au sud du Sahara. Bernard Monnier et Michel Levallois y ont participé. Nous nous sommes réjouis d'apprendre que 18 pays africains font aujourd'hui l'objet d'une démarche prospective dans le cadre du Programme du PNUD "Futurs Africains" qu'anime Alioune Sall.

Nous nous sommes également félicités de la démarche de Futuribles qui, "au-delà de l'afropessimisme ambiant" se préoccupe de dégager les tendances lourdes et les défis principaux de l'Afrique subsaharienne. Tant il est vrai que le "no future" est la première manifestation de l'afropessimisme et la prospective la meilleure réponse à lui apporter.

L'intérêt et l'ampleur du sujet ont convaincu les organisateurs de prévoir une autre rencontre de ce type, pour une journée.

A suivre......

Pour en savoir plus, nous conseillons la lecture de FUTURS AFRICAINS, quelques repères, cinq années d'Etudes nationales de perspectives à long terme en Afrique, ouvrage collectif rédigé par des experts du projet régional, publié en 1997 (PNUD/NEI).

Ce livre débute par une préface de John Ohiorhenuan économiste en chef au Bureau régional du PNUD pour l'Afrique, l'Afrique a les moyens de construire aujourd'hui le futur qu'elle désire. Nous en extrayons le passage suivant :

“En résumé, on peut dire que l'étude nationale de perspective à long terme est une réflexion qui permet de créer, à l'horizon d'une génération (25-30 ans), une vision partagée des transformations structurelles nécessaires dans chaque pays. Ni propriété des gouvernements, ni monopole des oppositions, ni domaine réservé des experts, elle a pour ambition d'être un forum non partisan pour le renforcement du dialogue social entre tous les acteurs nationaux et pour l'internationalisation des stratégies et des politiques de développement en vue de l'action. L'étude nationale de perspective à long terme est un exercice entièrement exécuté par des nationaux. C'est un exercice qui complète les initiatives en cours d'exécution, et tente d'intégrer dans une vision globale et cohérente les actions de développement.

Basée sur la prémisse que le changement le plus important à opérer pour casser le cycle du sous-développement en Afrique est celui des mentalités et des comportements, la démarche proposée par Futurs Africains s'appuie davantage sur des méthodes d'analyse qualitative que sur des méthodes de projection économétrique ou de modélisation sophistiquée.“


Le baromètre de la CADE

(Mars 2000)

“Dans ce temps délicieux, quand on raconte une histoire vraie, c'est à croire que le Diable a dicté…”
Barbey D'Aurevilly

Pour le mois de Mars 2000, la CADE a réuni 110 articles extraits des colonnes des principaux quotidiens français. Les Echos, Le Figaro, Le Monde Diplomatique, Le Monde, La Croix, La Tribune et Libération relatent l'actualité de 21 pays d'Afrique noire sur cette période.

 

Apocalypse
(Figaro, 20/03)

Ce sont à des "escrocs de l'apocalypse" (cf supra) que les autorités ougandaises doivent les découverte successives de "charniers (Libération, 31/03) et autre "fosse commune" (La Croix, 31/03). "En apparence, rien ne distingue [pourtant] le Mouvement pour la restauration des 10 commandements de dieu de dizaines d'autres églises d'inspiration chrétienne teintées de millénarisme qui foisonnent en Afrique australe" (Le Figaro, 29/03) ; "l'Ouganda n'est [en effet] pas le seul pays du continent à être touché par un mysticisme politique" (Libération, 20/03) ; en outre, dans le pays, "les prophètes et les sectes sont légion et ce depuis longtemps, bien avant la colonisation anglaise. Ils ont été impliqués à maintes reprises dans les mouvements de lutte pour l'indépendance du pays" (La Croix, 20/03). L'actualité de ces "meurtres de masse" (Le Figaro, 27/03) a été traitée, dans la presse hexagonale, sur un registre tout a fait particulier. "Le paradis à mort en Ouganda" (Libération, 20/03) et "L'enfer et les 10 commandements" (Figaro, 29/03) illustrent la tonalité caractéristique utilisée pour la couverture de l'événement…

 

Les anges du ciel
(Figaro, 06/03)

Confronté à "une nouvelle crue" (Libération, 06/03), acculé à une "course humanitaire contre le déluge" (Figaro, 01/03), le Mozambique est bel et bien "frappé par la tragédie" (La Croix, 10/03). "L'aide s'est [progressivement] mobilisée" (Les Echos, 06/03), les contributions de chaque pays revêtant des formes diverses : "annulation symbolique de la dette bilatérale du Mozambique" par les Etats-Unis (Les Echos, 08/03), récolte de fonds par "un groupement d'associations caritatives" en Grande-Bretagne (La Tribune, 06/03) etc… L'intervention sud-africaine a quant à elle été saluée par les mozambicains eux-mêmes, les "naufragés du Limpopo" (Figaro, 05/03) qualifiant les militaires sud-africains venus à leur aide d' "anges du ciel" (cf. supra) et désignant l'Afrique du Sud comme un "nouveau samaritain" (Herald Tribune, 08/03). Le président Chissano a pour sa part estimé que "la réponse des pays non africains a été plus lente que celle de ses voisins d'Afrique australe (Libération, 06/03)… Alors que "les rescapés s'entraident" et que "l'espoir revient" (La Croix, 08/03), l'heure est désormais au bilan : Pour H. Védrine, Ministre des Affaires Etrangères, "tout ce qui avait été engagé en matière de reconstruction est pratiquement annihilé" (La Croix, 10/03). Au total, "les inondations [aur]ont coûté un milliard de dollars" (La Tribune, 29/03). "La Communauté des Etats d'Afrique australe (SADC) a demandé a ses 14 membres d'évaluer l'étendue des dégâts tant sur le plan agricole que sur le plan des infrastructures. Car le Mozambique n'est pas le seul pays touché par ce désastre naturel : on compte également près de 200 morts au Zimbabwe, au Botswana ou en Afrique du Sud" (Le Figaro, 01/03). La Croix (10/03) fulmine : "aujourd'hui, le monde entier découvre un pays frappé par la tragédie, alors que ses choix de paix et de gestion économique rigoureuse, tous deux rares en Afrique, intéressaient fort peu". Esquissant les contours de l'Afrique en tant que sujet d'actualité, le quotidien conclut : "Un pays africain ne vient à la une de l'actualité que s'il connaît des guerres tribales ou de terribles catastrophes naturelles" (Ibid)…

 

Etat de grâce
(La Croix, 01/03)

Le mois de Mars a naturellement été rythmé par les circonvolutions des élections présidentielles au Sénégal. Ce pays "qui fut le précurseur de la démocratie en Afrique francophone" (Le Monde, 27/03) a repris, à la faveur de ces élections et d' "un second tour historique" en particulier (La Tribune, 20/03), "son rôle de phare de la démocratie en Afrique" (Figaro, 27/03). Après avoir appréhendé jusqu'au dernier moment un "coup d'état électoral" (Le Monde, 01/03) de la part du président sortant A. Diouf, l'opposition a finalement remporté cette échéance électorale à travers un scrutin où, estime Le Monde (20/03), "les électeurs [ont été] en mesure de faire un choix éclairé". Dans une interview accordée à ce même quotidien (27/03), A. Wade, candidat élu à la présidence du Sénégal assure que "l'alternance au Sénégal peut changer les mentalités dans d'autres pays africains"…

L'actualité en Ouganda, au Mozambique et au Sénégal a été développée à raison d'une vingtaine d'articles par pays au mois de Mars.

Bonne Afrique
(Figaro/Suddeutsche Zeitung-Munich, 31/03)

Les préparatifs du sommet Europe-Afrique ont été à peine évoqués ; il ressort pourtant qu'il s'agit là du "premier sommet de l'histoire" (Figaro, 31/03) de ces 2 continents, et que son objectif consiste à "établir un nouveau partenariat pour le XXIème siècle" (ibid) ; partenariat à propos duquel il est pourtant précisé que "les 2 parties n'ont pas la même conception" (ibid)...

Pour autant, cela n'a pas empêché le ministre des Affaires Etrangères allemand J. Fischer d'effectuer une tournée dans plusieurs pays africains afin de donner des signes d'encouragement à la "bonne Afrique" (Figaro/Suddeutsche Zeitung-Munich, 31/03).

Enfin, son homologue "le ministre sud africain des Affaires Etrangères a réclamé que les membres du G8 examinent la question du poids excessif des dettes publiques en Afrique en prévision du sommet de juillet prochain. Elle a notamment réclamé une discussion avec l'Algérie et l'Afrique du Sud qui ont été chargés par l'OUA de représenter les intérêts de l'ensemble de l'Afrique sur ces questions"… (Figaro, 29/03).

Nicolas Fontang


En bref

Les Lettres de la CADE existent en recueil : vous pouvez vous les procurer au secrétariat au prix de 150 francs. Ces 35 Lettres, fruit de nos quatre premières années d’activité, peuvent constituer un utile instrument de travail sur les réalités africaines d'aujourd'hui.

 

Chez nos partenaires :

 

Pour une CADE sur l'Internet : CADENET ?

Une Table ronde électronique fonctionne depuis janvier 2000, à l'initiative de Bellanet, African Policy Center (APIC) Washington DC, en partenariat avec la Commission économique pour l'Afrique (ECA). Son objet est de fournir un espace électronique dans lequel les Américains du Nord et les autres peuvent "discuter des perspectives et des facteurs de compréhension de la réalité africaine susceptibles de justifier un engagement international en faveur de l'Afrique". (What policy perspectives and understandings of African reality should shape international engagement with Africa ?). N'est ce pas en termes anglo-saxon une déclinaison des objectifs de la CADE ? Nous avons inscrit la CADE à cette table ronde qui se déroule du 8 janvier au 8 mai, à raison de trois semaines sur chacun des thème suivants :

- Économie et développement

- Démocratie et droits de l'homme

- Paix et sécurité

- Éducation et culture

Des intervenants introduisent les débats et les contributions de la discussion sont résumées. Les résumés et les principales interventions sont traduites en français. La table ronde est ouverte à tous et la plus large audience est recherchée, en particulier en Afrique. Nous tenons à votre disposition, à la CADE, le tirage papier des travaux de cette table ronde.

Ce n'est pas le lieu de livrer ici une analyse détaillée de son fonctionnement et de son contenu. Disons seulement que ce que nous avons lu nous confirme dans l'idée que la CADE pourrait, avec l'aide financière du Fonds francophone des inforoutes, faire fonctionner à la rentrée prochaine un Forum électronique avec de nouveaux partenaires français (Ibiscus... ), européens (Université de Louvain, Université libre de Bruxelles..., et africains, (Enda Tiers-monde, Codesria...) sur les thèmes déja traités par la CADE, regroupés autour de têtes de chapitre à préciser ; économie populaire, jeunes des villes, prévention du Sida, gestion publique et services publics, ethnicité et citoyenneté ou sur des thèmes que nous traiterons au cours des prochains dix huit mois.

Nous serions heureux d'avoir vos réactions sur ce projet pour la CADE.

 

À lire : L'éditorial de Sophie Mappa sur la signification et la portée culturelle des valeurs démocratiques que nous recommandons à l'Afrique, et la contribution de Béatrice Hibou, sur les régulations internationales et l'impuissance économique des coopérations internationales en Afrique subsaharienne dans la dernière Lettre du Forum de Delphes, (21ter rue Voltaire 75011 Paris. Tél: 0143732620).


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