Bulletin mensuel d'information sur les activités de la CADE


Débat du mois :

Les mouvements associatifs : les relations entre les ONG du Nord et leurs partenaires du Sud

 

Sommaire :


Editorial : le nouveau visage de l'Afrique : l'urgence démocratique

Le dixième anniversaire de l'ouverture de la conférence nationale du Bénin, le 19 février 1990, la première des dix qui ont transformé le paysage politique de l'Afrique en permettant ce que l'on a appelé les transitions démocratiques, nous donne l'occasion d'une réflexion sur un des événements les plus importants que le continent africain a connus en cette fin de siècle.

Il faut d'abord rappeler que ces conférences sont survenues après deux événements majeurs qui ont en quelque sorte ouvert le champ politique verrouillé jusque là par la guerre froide : l'écroulement du mur de Berlin qui a libéré des oppositions plus ou moins prises en otage par les gouvernements africains pour le compte des grandes puissances ; la libération de Nelson Mandela qui a mis fin au mythe de la toute puissance de la minorité blanche en Afrique du sud.

Dix ans après, le bilan de ces conférences est mitigé : le succès des conférences du Bénin et du Mali ne peut faire oublier les échecs de celles du Congo-Brazzaville, du Togo, et du Niger, et surtout celui de la conférence du Congo-Zaïre qui a pourtant duré seize mois mais qui n'a pas permis d'éviter que Mobutu soit chassé du pouvoir par la force et que ce pays connaisse un calvaire dont on n'entrevoit pas encore la fin.

Ces conférences ont plus souvent échoué que réussi. Elles ont néanmoins profondément changé la donne politique en faisant apparaître une puissante aspiration des populations africaines à participer à la vie politique. Les tragédies des Congos et du Rwanda trouvent leur origine dans le refus des gouvernants de céder ou de partager le pouvoir, dans le recours à jouer

la carte ethnique pour s'assurer une légitimité de remplacement, et non dans un excès de démocratie. De bons esprits avaient cru pouvoir affirmer que la démocratie était un luxe que ne pouvaient pas s'offrir les pays en voie de développement. Il apparaît aujourd'hui que la participation des populations à la vie politique et à la gestion de leurs affaires, au niveau national et au niveau local, en particulier la participation de ceux au profit de qui doit être menée la lutte contre la pauvreté, cette nouvelle priorité des institutions internationales, est une exigence qui conditionne la paix et la sécurité dont ces pays ont impérativement besoin pour se développer.

L'actualité africaine de ces derniers mois est venue confirmer que la dynamique lancée il y a dix ans par les conférences nationales est toujours en marche, sous des formes différentes, parfois discutables, mais qui montrent la permanence et la vigueur de l'aspiration au changement. L'élection du président Obasanjo au Nigéria, de Thabo Mbeki en Afrique du sud, de Mamadou Tandja au Niger, la fin du régime du président Vieira en Guinée-Bissau, le départ du président Bédié en Côté d’Ivoire, le rejet de la réforme constitutionnelle demandée par le président Mugabé au Zimbabwé, la mise en ballotage du président Abdou Diouf au Sénégal, autant d’événements qui permettent de dire avec Albert Bourgi1 que "les logiques autoritaires ne sont plus une fatalité" en Afrique.

La CADE

1. Jeune Afrique n° 2042 du 29 février au 6 mars.


Les mouvements associatifs : les relations entre les ONG du Nord et leurs partenaires du Sud

(Compte-rendu de la rencontre-débat du 1er mars 2000)

Cette rencontre avait pour objet de décrire l'approche des ONG du Nord vis-à-vis des partenaires du Sud, et par conséquent d'identifier ces derniers, de préciser leurs attentes et leurs propres motivations, d'évaluer les perspectives d'avenir et les évolutions de ces relations entre partenaires. Trois intervenants ont fait part de leur expérience de “terrain”, en s'efforçant d'en tirer des orientations de portée générale. Plus brièvement, deux autres intervenants ont apporté chacun un témoignage, le premier sur la situation particulière des associations de migrants en France, le deuxième sur l'approche un peu différente de son association, “Justice Africa”.

 

Les exposés

Laurent Chabert d'Hières, délégué général de "Eau vive", rappelle que, depuis deux décennies, son association est centrée sur le développement local villageois dans plusieurs pays du Sahel, à partir d'une vocation première qui était l'accès à l'eau, mais qui s'étend aujourd'hui à la santé, l'instruction, la production et l'organisation villageoise. Deux approches de la relation avec les acteurs locaux se sont succédées dans l'histoire de l'association : une approche "programme" et "partenariale", puis une approche "villageoise" et "contractuelle".

Dans la première démarche, on s'entend avec un partenaire pour exécuter un programme au profit de villages "bénéficiaires". On s'appuie sur les mouvements locaux (groupements de paysans, ententes, coopératives, ONG locales). Les résultats sont souvent positifs, mais on a rencontré plusieurs écueils : statut mouvant de certains de ces acteurs (anciens fonctionnaires, entreprises déguisées...), dont la préoccupation première est souvent de consolider un partenariat avec une ONG considérée comme un "bailleur de fonds" ; revendication de ces acteurs de se poser à la fois en intervenants, en intermédiaires et en représentants de la "base" ; problèmes de compétence (aléas pour achever les programmes), poids des relations sociales, qui compromet la rentabilité et le respect des délais, manque de rigueur dans la gestion des fonds et part trop importante des frais de structure locale ; enfin, le village proprement dit est le grand absent du montage et de la mise en oeuvre des projets.

Dans une deuxième approche, depuis 1992, on s'est efforcé de mettre le village à la place qui doit être la sienne, en s'efforçant de lui rendre l'initiative, de le responsabiliser à toutes les étapes (définition non seulement du projet, mais aussi des perspectives économiques et sociales dans lequel il s'inscrit, prise en charge des démarches contractuelles). L'acteur central est donc le village, tous les autres acteurs sont ses prestataires de service ; l'opérateur local ne se tourne plus vers le "bailleur de fonds", mais vers le client qu'est le village ; quant à "Eau vive", elle apporte de l'appui, du conseil et de la subvention. Parallèlement à ce recentrage, on s'est efforcé de mieux identifier les acteurs et les prestataires de service : des "groupements" d'intérêt, qui ne sont pas forcément des ONG, éventuellement prestataires de service pour le village, et demandeurs eux-mêmes de prestations, pour la formation par exemple - des ONG qui sont en réalité des services techniques, des artisans ou des entreprises ou qui disposent d'une véritable expertise technique - les ONG qui constituent de véritables mouvements de pensée locale sur des sujets de société, droits de l'Homme, femmes, sida, seul ce troisième groupe étant considéré comme véritable partenaire, avec les villages.

Les résultats sont intéressants : malgré la réticence qu'éprouvent parfois les villages à se tourner vers les acteurs locaux, ceux-ci acceptent leur rôle de prestataires et d'être mis en compétition.

Restent deux grandes questions auxquelles l'expérience de "Eau vive" ne permet pas d'apporter de réponses: la synergie réelle entre ONG du Sud et du Nord, les ressources financières étant majoritairement entre les mains des secondes, les structures mixtes ne rencontrent guère de succès ; le rôle exact des ONG auprès de la "base" et leur capacité à agir en commun pour influer sur l'action étatique ou sur l'économie marchande.

Taoufik Ben Abdallah travaille auprès d'Enda Tiers Monde, dont l'action se situe plus particulièrement en Afrique de l'Ouest. Il reprend la question "qui est ONG et qui ne l'est pas?". Il y a une différence fondamentale entre le Sud et le Nord dans la manière d'aborder le phénomène associatif : la question de la représentativité ne se pose pas au Nord, car il suffit à une association de regrouper des personnes qui poursuivent un but commun ; telle n'a pas été, jusqu'à une date récente, la démarche au Sud (ce n'est plus tout à fait le cas, on commence à trouver des organisations qui se définissent par rapport à des questions, comme les droits de l'Homme).

Il existait et il existe toujours des formes associatives endogènes, culturelles et religieuses ; elles ne sont pas concernées par les questions de développement. Mais, même dans le cadre d'États autoritaires, la sous-administration des pays africains laisse le champ libre à d'autres types d'organisations, ce qui explique que tous les mouvements coopératifs des années soixante et soixante-dix, inspirés par le haut, ont échoué. De ce point de vue, les sociétés africaines ne sont pas spontanément socialistes. Les gaspillages et les échecs dans les tentatives de structurer la "société civile" sont nombreux.

C'est à partir de la pression d'organisations internationales que le phénomène "ONG" a émergé, avec une prolifération dans plusieurs directions : prise en charge de projets, intermédiation entre les "populations de base" et les "bailleurs de fonds", démarches d'accompagnement à partir d'actions fondées sur les préoccupations des groupes concernés (c'est la démarche d'Enda).

Au départ, deux constatations : il ne suffit pas d'apporter de l'argent pour contribuer à traiter certains problèmes, tels que la pauvreté, il faut se préoccuper d'une véritable prise en charge par les bénéficiaires ; la pauvreté ne consiste pas seulement à ne disposer que de faibles ressources, elle est aussi une exclusion des règles et des mécanismes de la société, qu'il faut pallier.

Le mouvement s'est développé en raison de l'absence de l'Etat, aggravée par les politiques d'ajustement structurel ; il a été l'occasion pour bien des fonctionnaires licenciés et autres chômeurs de se reconvertir, il a fait l'objet de récupération par les partis politiques, notamment les partis au pouvoir, qui y voyaient un moyen de renforcer leur influence. Dans les dix dernières années, néanmoins, on a vu émerger des ONG axées sur des questions telles que celles de l'environnement, du commerce international, de la dette, des droits de l'homme, qui ne sont pas forcément liées à des ONG européennes. Il n'en reste pas moins qu'il existe toujours un profond déséquilibre entre le Nord et le Sud : le "lobbying" international et national, indispensable à l'action associative, est largement dominé par les ONG du Nord (lors des discussions pour le renouvellement de la convention de Lomé, seules celles-ci se sont exprimées).

Les ambiguïtés du mouvement associatif en Afrique sont nombreuses : la "participation" des populations est sensée être apolitique, mais ce ne peut être le cas si elle se veut démocratique, elle est alors contrée ou récupérée si l'Etat est autoritaire ; la "représentativité", nécessaire pour légitimer l'action de nombreuses ONG, résulte, en fait, d'un déficit démocratique, qui ne peut être comblé de cette façon ; enfin, les relations avec les "bailleurs de fonds", qui conditionnent la survie d'une bonne partie des ONG, ne sont pas réellement égalitaires, et le débat contradictoire est difficile, sinon impossible.

Le milieu des ONG africaines réfléchit peu au contexte dans lequel se débattent les pays africains : une société civile peu structurée, une économie de marché envahissante au niveau mondial et local, un État profondément affaibli.

Justin Gandoulou est sociologue et maître de conférences à l’Université de Rennes. Dans son exposé, il compte réagir sur ce qui vient d'être dit et présenter son analyse de la façon dont il voit le phénomène ONG en Afrique, plus particulièrement au Congo, dont il est originaire.

Il existe de façon ancienne et constante en Afrique différentes formes de solidarité, civile, religieuse, culturelle, qui n'ont rien de commun et aucun lien avec les ONG d'aujourd'hui, d'apparition récente. A l'égard de ces dernières, il y a une forte attente, dans la mesure où les partenaires africains essayent de trouver des moyens de développement. Le contexte d'aujourd'hui est en effet précaire, qu'il s'agisse du milieu rural ou du milieu urbain, et les gens se constituent en ONG en espérant ainsi trouver des partenaires qui les aideront à mettre en oeuvre leurs projets, en représentant une alternative à l'Etat, dont tout le monde se rend compte qu'il n'est pas en mesure de remplir l'ensemble de ses fonctions, en particulier en matière de développement. Mais cela conduit à des ambiguïtés : la question des intermédiaires est en effet cruciale, ceux-ci ayant tendance à confisquer les projets.

Pendant longtemps, les populations du Congo ont été embrigadées, ce qui a pour conséquence une certaine inhibition de leur part quant à la conception et à l'accompagnement des projets, qu'elles ont des difficultés à s'approprier. Justin Gandoulou estime souhaitable qu'à travers les ONG se réalisent de nouvelles formes d'organisation sociale.

Mamadou Mbodj, représentant d’associations de migrants, aborde une question qui, de son point de vue, aurait dû être évoquée : celle de la place et du rôle des organisations de migrants, trop absentes des préoccupations des responsables de la coopération, sauf dans quelques cas de coopération décentralisée. Les animateurs de ces associations ont reproduit un mode de structuration sociale traditionnelle qui s'articule avec les villages et les régions d'origine, auxquels ils apportent le financement d'églises ou de mosquées, d'écoles, de dispensaires etc. Or on constate une méfiance vis-à-vis de ces ONG, exclues des espaces de réflexion par l'Etat et les ONG français. Une méfiance que l'on retrouve également dans les pays d'origine. Ces associations revendiquent une place correspondant à leur rôle effectif.

François Vinçot, ancien journaliste de la BBC, travaille pour "Justice Africa", une ONG d'un autre type, correspondant à une approche plus anglo-saxonne : elle correspond au concept de "charity", c'est-à-dire ce qui concerne le "non commercial". Cette association a été créée par quatre africains et un anglais, il est donc difficile d'établir une séparation entre le Nord et le Sud. Elle est financée en partie par l'OUA, bientôt par l'Europe. Ses membres travaillent en réseau, car ils sont dispersés en Afrique et en Europe. Ils s'intéressent actuellement à des projets de société civile au Soudan, de renforcement des systèmes de prévention des conflits dans la Corne de l'Afrique, de forum des citoyens au Rwanda (accord du bout des lèvres des autorités), ainsi qu'à des projets éducatifs et de recherche.

 

La discussion

Un participant rappelle que le Conseil Régional d'Ile de France a reçu récemment une délégation de migrants et qu'une évaluation récente de la coopération de la Région a recommandé d'associer les organisations de migrants à l'action de coopération. Il s'interroge par ailleurs sur le fait qu'aucun des exposés n'ait évoqué les communes parmi les partenaires et les acteurs des actions de développement, alors qu'elles sont devenues une réalité dans le cadre de la décentralisation en cours dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest.

Sur le premier point, Mamadou Mbodj estime que la démarche de la Région d'Ile de France est positive, mais qu'elle ne suffit pas. Un participant signale que des réflexions sont en cours au sein de la Commission Coopération-Développement pour mieux associer les associations de migrants à ses travaux. La question sera reprise, plus tard dans la discussion, par un participant africain, qui considère que ces associations sont considérées comme accessoires et subalternes, ce qui permettra à Monsieur Bodj de préciser que les seules actions concrètes pour lesquelles elles ont été sollicitées concernent l'aide au retour, ce qui parait limité et orienté dans un sens qui n'est pas celui de leurs finalités principales.

Sur le deuxième point, un participant, citant un exemple récent en Côte d'Ivoire, rappelle qu'effectivement, des projets importants, qui auraient du concerner au premier chef des communes, ont été conçus et exécutés sans même qu'elles soient consultées, ce qui n'est pas forcément le meilleur moyen de les amener à jouer le rôle qui doit être le leur. Laurent Chabert d'Hières indique que là où les communes sont une réalité, comme au Sénégal, elles comptent parmi les partenaires de l'action. Mais dans d'autres pays (Mali, Burkina), les choses sont à peine engagées en milieu rural, voire inexistantes (Niger), et l'interlocuteur est alors la chefferie traditionnelle. Taoufik Ben Abdallah pense que le problème de fond est celui de la légitimité des communes : bien qu'élues, l'Etat ne leur a que rarement accordé les moyens nécessaires et le transfert des pouvoirs est généralement mal défini.

Le représentant de la Commission Coopération-Développement intervient sur plusieurs points. Le vocable "ONG" n'est pas codifié, il est en fait d'origine onusienne, plusieurs agences des Nations Unies ayant souhaité, dans le courant des années soixante-dix, sortir du dialogue avec le seul État. Il est surpris que l'on n'ait pas évoqué la filiation missionnaire des ONG, qui constitue encore, même sous forme laïque, une part importante du paysage. Il revient par ailleurs sur le financement des ONG, pour nuancer le texte de présentation de la rencontre-débat ; ce texte indiquait en effet qu'elles étaient "largement subventionnées" par l'Etat, or, en 1996, sur 3 milliards F. mobilisés par l'ensemble des ONG françaises, 54% provenaient de fonds privés (NDLR : dont acte. Cependant, en dehors des associations d'inspiration religieuse et de celles qui se consacrent à l'action humanitaire, qui reçoivent en majorité leurs ressources de donateurs privés ou individuels, les associations de développement, en Afrique en tout cas, travaillent surtout grâce à des subventions de l'Etat ou de l'Union Européenne).

Le responsable d'une association, active au Congo, estime que, lorsque le vocable "ONG" est devenu d'usage courant, il a plutôt brouillé les cartes que clarifié la situation. Son association, qui a animé un forum des jeunes entreprises, a pour objet de prendre en charge un service de bien commun, et c'est la même démarche qu'elle encourage de la part d'autres groupements dont elle assure la formation. A partir de cette prise en charge, l'association peut devenir un partenaire pour les pouvoirs publics ou d'autres. Mais la notion de gestion désintéressée que suppose la démarche associative est longue et difficile à faire comprendre. C'est pourquoi il peut y avoir des initiatives, dans le domaine de la santé ou de l'éducation par exemple, sur un mode consensuel ou sur un mode associatif. Concernant le rôle et la place des municipalités, ils sont négligeables, car celles-ci ne sont pas encore réellement nées au Congo. Mais quand son association gère, par exemple, des crédits de micro-réhabilitations, elles s'étonnent de ce que les gens se réunissent et agissent sans leur autorisation. Concernant les problèmes d'autonomie ou d'initiative financière, tant que l'on finance l'action projet par projet, les associations sont en fait des "sous-traitants" de bailleurs de fonds publics, en particulier de l'Union Européenne.

Sur ce dernier point, Taoufik Ben Abdallah nuance le jugement : selon lui, les programmes sont suffisamment nombreux et diversifiés pour laisser une bonne marge d'autonomie, d'autant plus que les "bailleurs de fonds" ont tendance à se spécialiser sur certains types de programmes.

Laurent Chabert d'Hières confirme que le vocable "ONG" lui paraît dépassé. il préfère le terme "d'organisation de solidarité internationale", qui englobe la notion de désintéressement. Il estime que chacun a sa place et son rôle à jouer : l'Etat, l'économie marchande ont leur domaine, les associations travaillent sur les relations autres et sur la solidarité. Revenant à son tour sur les questions soulevées par le porte parole d'associations de migrants, il fait part de l'expérience d' ”Eau vive", qui a travaillé pendant six ans avec l'une d'entre elles : ces structures disposent de moyens importants, mais elles ont aussi des relations particulières avec les villages ou les régions d'origine de leurs membres, qui "fixent" leurs solidarités et comportent des éléments politiques. Cela rend difficile leur coopération avec d'autres associations, comme "Eau vive", qui ne suivent pas les mêmes logiques.

Un participant s'inquiète de propos récents du ministre délégué (Coopération et Francophonie), qui prône des actions de renforcement de l'Etat, ce qui ne lui paraît pas aller dans le bon sens. Il s'interroge également sur la dispersion des projets et sur leur efficacité.

Taoufik Ben Abdallah rappelle la faiblesse de la société civile au moment des indépendances, encore réelle aujourd'hui, qui ne peut par conséquent pas constituer une alternative systématique à l'Etat.

Une participante attire l'attention sur le fait qu'avant les évènements de 1994, le Rwanda était particulièrement "irrigué" par les ONG, ; elle signale que des régions de l'ancien Zaïre, comme le Kivu, considéré comme le berceau de la société civile, marginalisent les rwandophones. Elle constate que les ONG ont tendance à revendiquer la place des partis politiques et se veulent seuls représentants de la société civile.

 

Les commentaires de la CADE

Le débat a d'abord fait apparaître qu'à une approche des problèmes humanitaires, cultuels, culturels ou de développement, initiée par des mouvements associatifs du Nord, les pays africains ont répondu, non pas à partir de leurs structures civiles ou religieuses traditionnelles, mais en créant, en réponse, des structures nouvelles et spécifiques. En simplifiant quelque peu, on peut se demander si on ne se trouve pas en présence d'une problématique de même nature que celle rencontrée lors de précédents débats consacrés à l'Etat : l'adoption d'un modèle extérieur, fortement suggéré, voire imposé, par les partenaires du Nord, qui n'est encore que partiellement "approprié". Pourtant, les structures traditionnelles de solidarité en Afrique sont vivantes, et elles évoluent en même temps que la société. Elles ont, cependant, été à peine évoquées, "en creux", au cours des discussions. Le fait qu'elles n'ont pas constitué et continuent à ne pas constituer les éléments naturels d'un partenariat avec les initiatives associatives venues du Nord mérite quelque réflexion : ont-elles d'autres préoccupations ou finalités, ou les deux mondes préfèrent-ils s'ignorer ?

Savoir qui est le partenaire réel pose d'autres questions intéressantes, voire fondamentales : on constate que la "cible" des actions de solidarité est une "société civile" que l'on peine à définir : les exposés et la discussion ont bien montré que, très souvent, les mouvements associatifs africains, nés pour répondre à l'offre de solidarité des mouvements associatifs du Nord, revendiquent un rôle de porte parole des populations censées être concernées, mais aussi censées ne pas savoir s'exprimer directement, et un rôle d'intermédiaires nécessaires et incontournables avec la base.

Il a été signalé à plusieurs étapes de la discussion, qu'à l'origine, le poids donné aux "ONG" correspondait, pour de nombreux bailleurs de fonds, au souci de contourner des structures étatiques ou administratives jugées trop pesantes et trop prédatrices, pour aller directement à ceux qui devaient être les vrais bénéficiaires de l'aide et de la solidarité. Ce souci est louable, mais on doit se demander s'il ne contribue pas à affaiblir encore plus des structures administratives qui peinent à se décentraliser et à se fixer sur leurs missions de service public, et à orienter une "société civile" encore incertaine vers des stratégies trop tournées vers la canalisation de l'aide et pas assez vers la prise en charge autonome des problèmes de société et de certaines formes de service du bien commun.

Comme c'est généralement le cas lors des rencontres-débats de la CADE, la discussion menée autour du thème de la rencontre des milieux associatifs du Sud et du Nord a permis d'identifier un certain nombre de questions, d'y apporter des éléments de réflexion appuyée par l'expérience. Elle laisse place à des réflexions et à des débats encore ouverts.


Le sommet euro-africain du Caire

Le sommet euro-africain se tiendra au Caire sous la présidence portugaise les 3 et 4 avril 2000. Le Centre Nord-Sud et la Commission européenne travaillent à l’organisation d’un Forum Afrique Europe de la société civile, au Caire du 31 mars au 2 avril, qui permettra aux acteurs de la sociéte civile d’Europe et d’Afrique d’exprimer leurs principales préoccupations et d’adresser des recommandations aux Chefs d’Etats et de gouvernement au cours du Sommet. Cette initiative conjointe de la Commission européenne et du Centre Nord-Sud aboutira à des recommandations qui permettront de formuler un plan d’action pour le renforcement de la Société civile en Afrique et sa consolidation dans un contexte de partenariat euro-africain.

Quatre ateliers préparatoires se tiendront dans la perspective du Forum de la société civile. Le premier, du 9 au 11 mars, réunira à Alger les principaux acteurs d’Afrique du Nord ; le second, à Praia (Cap Vert, 17-19 mars) couvrira l’Afrique de l’Ouest. La réunion préparatoire de l’Afrique australe et de l’Afrique de l’Est, ainsi que la réunion préparatoire européenne, auront lieu au Caire, juste avant le Forum civil, c’est à dire les 29 et 30 mars. L’objectif principal de ces ateliers est de fournir des plates-formes régionales pour préparer le Forum et pour débattre des thèmes du Forum avant la tenue de ce dernier. Les ateliers préparatoires impliqueront aussi bien des représentants de la sociéte civile que du secteur privé et des parlementaires.

Les thèmes abordés seront les suivants : éradication de la pauvreté et bien’être social ; création d’un environnement stable et démocratique et promotion de la citoyenneté et de la transparence aux niveaux national et international ; vers une culture des droits de l’homme en Europe et en Afrique ; apprendre sans paternalisme ; comment renforcer les capacités nationales et régionales pour le bien-être de la citoyenneté ?

La préparation du Forum et la tenue du Forum lui-même devraient s’inscrire dans la dynamique d’un processus qui amènera par la suite au Sommet euroméditerranéen, lequel se tiendra sous la présidence française de l’Union européenne au cours du deuxièmes semestre 2000. Rappelons à nos lecteurs qu’après la Finlande et avant la France, le Portugal assume pendant six mois, à partir du 1er janvier 2000, la première présidence de l’union européenne du 21ème siècle.

Extraits d’un article de l’Interdépendant, organe du Centre Nord-Sud.


L'intégration régionale dans l'Afrique de l'Ouest : une pierre blanche sur la route de l'organisation de l'Afrique

 

L’UEMOA qui regroupe au sein d’une union économique et monétaire huit pays de l’Afrique de l’Ouest, vient de décider à partir du 1er janvier que les produits industriels de la zone circuleraient librement, sans restriction ni discrimination à l’intérieur de la zone.

Cette union douanière qui était appliquée depuis le 1er juillet 1996 pour les produits agricoles, de l’élevage et de l’artisanat, concerne un ensemble de 70 millions de consommateurs et un produit intérieur brut de 160 milliards de francs français.

Le chemin de l’intégration régionale reste semé d’embûches puisqu’il faudra que les Etats concernés renoncent effectivement aux droits de douane perçus sur les transactions internes à la zone. Il leur faudra bientôt se mettre d’accord sur un tarif extérieur commun. Enfin, l’UEMOA devra faire face à l’offensive des poids lourds anglophones de la CEDEAO, union des quinze pays de l’Afrique de l’Ouest dont ils font partie, à côté du Nigéria et du Ghana. Cette union qui vient de décider la création d’un passeport commun, prépare une zone de libre échange entre Ghana, Nigéria, Togo et Bénin qui pourrait déboucher sur la création d’une seconde monnaie régionale destinée à fusionner avec le franc CFA.

A suivre...


Négociation UE-ACP : les conclusions de la Conférence ministérielle de Bruxelles, 2-3 févier 2000

Les Etats ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et l'Union européenne ont conclu un nouvel Accord de Partenariat pour une durée de 20 ans. Le nouvel accord permettra de poursuivre les relations entre les deux groupes de pays sur des bases fondamentalement rénovées. Il repose sur trois piliers interactifs : la dimension politique, les stratégies de développement et la coopération économique et commerciale. Ce partenariat constitue un volet important de la politique de coopération au développement de l'Union et de sa politique extérieure. Il implique à l'heure actuelle 71 pays en développement, dont 39 comptent parmi les pays les moins avancés.

L'accord conclu le 3 février a un fort contenu politique. Le dialogue est au centre du partenariat. Il devra permettre de débattre ouvertement des questions fondamentales pour le dévelop-pement et de tous les sujets d'intérêt commun. Le respect des droits de l'homme, des principes démo-cratiques et de l'état de droit constituent des éléments essentiels. Les parties avaient également, en décembre dernier, convenu d'une approche novatrice en vue de promouvoir la bonne gestion des affaires publiques et de lutter contre la corruption. Lors de la session de février, elles ont amplement débattu des différents aspects des migrations et plus particulièrement de la question difficile et extrêmement sensible pour chacun, de la prévention et de la lutte contre l'immigration illégale. Elles ont à ce sujet trouvé un accord équilibré qui consacre le principe d'une coopération en la matière. L'UE et les Etats ACP engageront un processus visant, à terme, à définir dans un cadre qui sera à négocier avec chaque Etat ACP, les modalités et moyens de rapatriement des immigrants illégalement présent sur les territoires de l'une ou l'autre partie.

Cette nouvelle dimension de l'Accord de partenariat reflète les orientations décidées par l'UE conformément au Traité d'Amsterdam et aux conclusions du Conseil Européen qui s'est tenu à Tampere en octore 1999. L'Union s'engage en effet dans l'élaboration et la mise en œuvre d'une politique d'immigration et d'asile, fondée notamment sur le principe d'un partenariat avec les pays et régions d'origine. L'accord conclu avec les pays ACP ouvre la voie à de nouvelles initiatives notamment quant aux droits des ressortissants de pays tiers au sein de l'Union et aux mesures facilitant leur intégration.

L'Accord donne en outre une nouvelle dimension démocratique au partenariat en favorisant très clairement l'entrée de la société civile et des acteurs non étatiques dans la vie du partenariat sous ses différentes facettes (politique, sociale, économique et commerciale). Il prévoit l'information, la consultation et le renforcement des capacités de ces nouveaux acteurs.

Au cœur de l'Accord repose une stratégie de coopération interactive mettant en relation les stratégies de développement et les accords de partenariat économique et commerciaux, l'Accord offre une vision globale et intégrée des stratégies de développement centrée sur l'objectif de réduction de la pauvreté.

L'Accord prévoit que les Etats ACP et l'UE négocient et concluent, au plus tard en 2008, de nouveaux arrangements compatibles avec les règles de l'OMC en supprimant progressivement les entraves aux échanges entre eux et en renforçant la coopération dans tous les domaines déterminants pour le commerce. En 2004, il sera procédé à une évaluation de la situation des pays (hormis les PMA) qui décideraient qu'ils ne sont pas en mesure de négocier les accords de partenariat. L'UE étudiera alors les alternatives possibles afin de pourvoir ces pays d'un nouveau cadre commercial qui soit équivalent à leur situation existante et conforme à l'OMC. Les accords de partenariat économique seront mis en oeuvre au cours d'une période transitoire qui débutera au plus tard en 2008.

En matière de coopération financière, la programmation sera profondément réformée et sera sujette à un processus régulier de revue basé sur l'analyse des besoins et des performances.

Le montant du 9ème Fonds Européen de Développement sera de 13,5 milliards, dont 10 pour l'enveloppe à long terme, 1,3 pour l'enveloppe régionale et 2,2 pour la facilité d'investissement. A ce montant s'ajouteront 1,7 milliards de prêts de la Banque Européenne d'Investissement. Le montant total des ressources s'élèvera donc à 15,2 milliards.

Il a été convenu que ce volume additionné aux reliquats des fonds précédents (10 milliards) couvrira la période 2000-2007.

La Commission a pris l'engagement politique d'assurer avec de telles ressources au cours de cette période un accroissement significatif des déboursements au bénéfice des Etats ACP. Ces déboursements devraient pouvoir doubler par apport à la situation actuelle pour atteindre 3,5 milliards par an. Relever un tel défi suppose une révision interne au sein de la Commission ainsi qu'une re-définition du rôle respectif de la Commission et des Etats membres dans le processus décisionnel. Ce processus s'inscrit dans le cadre de la stratégie générale de réforme de la Commission.

Cet accord permettra la signature à Suva (Îles Fidji) le 31 mai, de la Vème Convention liant les Etats membres de l’Union européenne aux 71 pays du groupe ACP.


Le baromètre de la CADE

“Quand on se suffit à soi-même, on arrive à posséder le bien inestimable qu'est la liberté” Epicure

170 articles de la presse quotidienne française sont consacrés à l'actualité de 27 Etats africains en février 2000. Contrairement à l'accoutumé, c'est La Croix qui a le plus amplement développé les événements survenus durant cette période en Afrique sud-saharienne (45 articles) ; plus communément, ce sont les quotidiens à caractère économique La Tribune et Les Echos qui figurent en pied de liste au regard du nombre d'articles dévolus à la zone (10 à 20 articles). A l'aune de cette même jauge, Le Figaro, qui se situe généralement en deçà du Monde et de Libération, compte 40 articles dans ses colonnes en février contre 30 articles pour ces derniers.

 

Eldorado
(La Croix, 09/02)

Le président nigérian Olusegun Obasanjo venu “plaide[r] sa cause” (Figaro, 09/02) en faveur d'un allègement de la dette nigériane lors de sa visite officielle à Paris, a jugé opportun, dans le même temps, de préciser que “les événements qui sont survenus dans [son] pays n'ont rien a voir avec ce qu'ont raconté les médias” (Ibid). Ce discours “a fait un tabac à Paris auprès des hommes d'affaires et des hommes politiques” ; le Nigéria apprend-on est perçu comme un “eldorado” par les entreprises françaises ; en témoigne la place de la France au 3ème rang des investisseurs étrangers au Nigéria après le Royaume-Uni et les Etats-Unis (Les Echos, 09/02). Fort de ces “convergences d'intérêts” (Les Echos, 08/02), O. Obasanjo n'a pas hésité “à brandir les efforts consentis par son pays dans les opérations de maintien de la paix pour justifier le soutien de la France auprès des institutions multilatérales et du Club de Paris” (Ibid). Reste qu'à son retour, “des affrontements entre chrétiens et musulmans” (Le Monde, 23/02) ont secoué le pays et ravivé les “violences interethniques” (Figaro, 25/02).

 

Forum de dialogue
(Figaro, 09/02)

O. Obasanjo est cependant reparti avec une convention sur un “Forum de dialogue” instituant une rencontre annuelle des ministres des Affaires Etrangères, preuve s'il en est que “l'économie [était] au centre de la visite en France du président du Nigéria” (Les Echos, 07/02). Ce “privilège” accordé par la France aux seuls “mastodontes africains”- Nigéria et Afrique du Sud - tous deux anglophones, souligne bien, aux dires du Figaro (09/02), “la nouvelle politique africaine de la France”…

Le Nigéria (22 articles) constitue le premier sujet d'actualité traité au cours du mois, devant, l'Afrique du Sud, Le Sénégal et la République Démocratique du Congo (16 articles chacun).

De la RDC nous retiendrons l'amnistie, par le président Kabila, de tous les rebelles congolais (La Croix, 22/02) et l'approbation, par l'ONU, de l'envoi de troupes pour contribuer à l'application du cessez-le-feu (Figaro, 25/02) ; du Sénégal, la “psychose” d'un coup d'état en période électorale, “exacerbée par le syndrome ivoirien” (La Croix, 09/02) et “la volonté des jeunes officiers sénégalais, proches du peuple, de jouer un rôle d'arbitre au cas où la présidentielle serait entachée d'irrégularités” (La Croix, 25/02). Sur un tout autre registre, notons également l'inculpation d'Y. Habré par la justice sénégalaise, ce qui positionne Dakar “en pointe sur la justice internationale” (Libération, 06/02) ; de l'Afrique du Sud enfin, nous retiendrons la conjonction de plusieurs annonces d'ordre économique qui ont contribué à l'amélioration de l'image du pays, en l'occurrence : le “satisfecit du FMI” (La Tribune, 25/02), “la reprise du Rand” (Figaro, 01/02), la notation financière “positive” attribuée par l'agence Moody's (La Tribune, 09/02). Une polémique à l'encontre des média sud-africains “accusés de racisme” (Le Monde, 25/02) est cependant venue altérer ces signes encourageants ; à ce propos, Libération (15/02) conclut : “l'Apartheid fait encore couler beaucoup d'encre”…

Le revers politique du Président du Zimbabwe, R. Mugabe, à l'occasion du référendum constitutionnel, les inondations en Afrique australe, la reprise des négociations pour la paix au Burundi sous l'égide de N. Mandela, la signature d'un accord mettant un terme à la guerre civile djiboutienne, l'allégement effectif des dettes multilatérales mauricienne et ougandaise et, surtout, la finalisation de Lomé V n'ont pas retenu outre mesure l'attention des quotidiens hexagonaux (moins de 10 articles pour chacune des informations précitées).

En résumé, un peu plus du tiers des articles véhiculent une image pessimiste de l'Afrique tandis que les articles optimistes se comptent sur les doigts d'une seule main. On relèvera les propos de M. Roussin, ancien ministre de la coopération, selon lesquels “l'Europe croit toujours en l'Afrique” (Figaro, 21/02), ceux d'I. Ouedraogo, cinéaste et Ministre de la Culture au Burkina-Faso, d'après qui “l'Afrique peut être une chance pour tout le monde” (La Croix, 25/02) et le choix de son nom par la promotion 2000 de l'ENA (La Croix, 16/02) : “Nelson Mandela”.

Mais, à l'heure où “L'Europe fixe les règles de son aide au développement” (Libération, 02/02) dans le cadre d'un partenariat censé conduire les ACP à plus de liberté, ce bien inestimable, un ministre africain déclare : “l'Europe nous impose son destin”…

Nicolas FONTANG


Afrique émergente : est-ce possible ?

Le premier Forum International sur les perspectives africaines organisé par le Centre de développement de l'OCDE et par la Banque Africaine de Développement le 4 février, a tenté de répondre à cette question. Nous avons relevé dans la note de travail rédigée pour ce Forum par JC Barthélémy et Ludwig SODERLING quelques observations intéressantes sur la perception que certains spécialistes ont de l'Afrique :

1/ L'Afrique Subsaharienne en tant qu'entité n'émergera pas dans les vingt prochaines années.

2/ Emerger, cela signifie doubler le PIB par habitant dans les vingt ans.

3/ La remise de la dette et l'aide extérieure ne peuvent avoir qu'un faible impact sur la croissance qui dépend surtout du capital humain et de la diversification.

4/ Ce sont donc les pays africains qui, en fin de compte, déterminent le sort de leur économie.


Attaquer la pauvreté ?

Tel est le thème du rapport que la Banque Mondiale prépare pour l'an 2000-2001. Lors d'une rencontre organisée par la DGCID, au Centre Kléber le 21 février dernier, Jacques Bugnicourt a exposé un plan en dix points pour lutter contre la pauvreté.

“La question n'est pas, en effet, de savoir quel est le meilleur programme de lutte contre la pauvreté, mais plutôt quelle est la politique économique et sociale qui ne produit pas la pauvreté, et qui donne des chances d'amélioration des conditions d'existence de la majorité de la population.”

Cette approche qui était celle de l'éditorial de la précédente lettre, “Encore un petit effort, Monsieur CAMDESSUS”, est inspirée de celle de l'Inter Groupe-Africa qui a adopté à Addis Abeba les 7 et 8 Février 2000 une contribution critique sur le rapport de la Banque Mondiale.


En bref

 

Chez nos partenaires

Décentralisation : entre dynamiques locales et mondialisation : le GEMDEV (Economie Mondiale Tiers Monde Développement) a voulu, face aux deux phénomènes majeurs de la mondialisation et de la localisation, apporter sa contribution à la réflexion sur ces thématiques, en organisant un cycle de séminaires au cours desquels seront abordées les principales questions que soulèvent ces processus de “localisation” ou de “décentralisation”.Un premier séminaire, le 3 mars 2000, a été centré sur le thème : “Enjeux politiques et questions théoriques : de l'usage de quelques notions particulières”. Les trois suivants seront consacrés les 17 mars, 31 mars et 21 avril à des études de cas de “différentes expériences de processus apparentés à des décentralisation”, leur analyse devrait permettre de comprendre comment, dans chaque cas, s'articulent développement local, décentralisation et démocratie. Le séminaire du 25 avril s'intéressera en particulier à l'économie de proximité. Le cinquième séminaire, le 12 mai 2000, recherchera, entre acteurs internationaux et acteurs locaux les recompositions territoriales et les complexes interfaces. La synthèse de ces cinq séminaires sera faite le 16 juin 2000.

Les séminaires se tiendront à Paris, au centre Malher, 9 rue Malher.

 

A lire


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