L a   L e t t r e

 d  e   l a

C A D E

Coordination pour  l'Afrique de Demain

Bulletin mensuel d'information sur les activités de la CADE - juin 1996 - n° 3

Sommaire:
  • Editorial
  • L'économie populaire urbaine
  •  

    E D I T O R I A L

     

    Une réalité méconnue : les PME-PMI en Afrique

    Les PME-PMI (petites et moyennes entreprises / indus­tries) tiennent une place importante dans l'économie africaine. Les politiques économiques actuellement mises en œuvre leur assignent un rôle moteur dans le développement et dans la construction de partenariats Nord-Sud et Sud-Sud. Elles sont également appelées à prendre leur part dans les privatisa­tions. Elles restent pourtant largement méconnues.

    Les grandes entreprises, les multinationales spéciali­sées dans la production et l'exportation des principaux pro­duits de base ou dans l'importation, alimentent les caisses de l'Etat et focalisent l'attention de bailleurs de fonds étrangers. Les millions de petits artisans, commerçants et prestataires de service de l'économie populaire urbaine n'intéressent ni les banques, ni les investisseurs, mais ils font vivre et travailler les trois quarts de la population. Entre les deux, le secteur des PME-PMI où cohabitent des entreprises africaines et euro­péennes. Ces entreprises sont modernes par leurs techniques et leurs modes de gestion. Elles sont en règle avec le fisc. Mais elles ne peuvent pas plus être assimilées aux grandes entreprises, dont elles ne partagent ni les stratégies ni les méthodes ni les moyens, qu'aux petits "informels" qui sont souvent leurs plus sérieux concurrents. En Côte d'Ivoire par exemple, 680 entreprises, dont 60 % sont françaises, cotisent au Mouvement des PME-PMI. On a pu dire qu'elles consti­tuent "le maillon manquant' du développement.

    En tout état de cause, û ne semble pas que l'opinion publique française, celle qui suit les affaires africaines, ait une claire conscience de la réalité et des possibilités des PME-PMI africaines.

    C'est pourquoi, dans la ligne de l'objectif qu'elle s'est fixée de porter un autre regard sur l'Afrique et de jeter des passerelles entre "africanistes", chercheurs et hommes d'ac­tion, secteur public et secteur privé, ONG et entrepreneurs, la CADE a pris l'initiative de s'intéresser à ce secteur d'activité afin de le mieux connaître et de le faire connaître. Nous nous proposons de recueillir auprès des entreprises ou de leurs organisations les réponses aux questions suivantes :

    Quelle est la réalité de ce tiers secteur ? Quelle est sa place dans l'économie, en termes d'emplois, de production, de satisfaction des besoins? Quelle est sa clientèle ? Locale, régionale, extérieure à l'Afrique ? Quelles sont ses stratégies, ses vues d'avenir ? Comment se voit-il par rapport au déve­loppement prévisible de l'économie populaire ?

    Nous faisons donc appel aux membres de la CADE pour qu'ils nous signalent les PME-PMI qu'ils connaissent en France et en Afrique, les associations ou  organismes qui pourraient souhaiter se joindre à cette initiative afin de pré­parer une rencontre-débat et un livre blanc.

     

    MICHEL LEVALLOIS, membre du Comité de pilotage

     

     

    La CADE est un réseau d'hommes et de femmes qui veu­lent porter un autre regard sur l'Afrique.

    Comité de pilotage :
    Claude BAEHREL. Secrétaire Général du CCFD • Sophie BESSIS, Historienne et journaliste • Claire BRISSET, Directrice de l'Information du Comité français UNICEF • Sylvie BRUNEL, Directeur scientifique à l'AICF • Jacques CHAUMONT, Sénateur de la Sarthe • Jean CLAUZEL, Préfet honoraire • Georges COURADE, Directeur de recherche à l'ORSTOM •  Mamadou DEMBELE, Associé-Gérant à SOFIDEX • Eric DEROO, Réalisateur de Télévision Patrice DUFOUR, Responsable des relations extérieures à la Banque Mondiale • Xavier de FRANSSU, membre de EGE et Eau Vive :• François GAULME, Rédacteur en Chef de MarchésTropicaux • Gilbert Lam KABORE, Journaliste à ENDA Tiers Monde • Michel LEVALLOIS, Préfet honoraire, Délégué d'ENDA Tiers MondeMadeleine MUKAMABANO, Journaliste à RFI • Gérard WINTER, Ancien Directeur Général de l'ORSTOM.

    L'un des principaux objectifs de la CADE, un réseau ouvert à toute initiative novatrice, c'est d'alerter les médias, les. décideurs et l'opinion publique sur la diversité de l'Afrique, un continent où l'effervescente vitalité des populations est souvent masquée par les idées reçues

    Secrétariat: Jacqueline ROUBY, tous les après-midi de 14 h à 18 h - 5, rue des Immeubles industriels. 75 011 Paris. Tel: 43 72 19 70/43 72 09 09 - Fax: 43 72 1681

     

    R E N C O N T R E

     

    L' ECONOMIE POPULAIRE URBAINE

    L'économie populaire urbaine offre une réponse aux besoins essentiels des popula­tions. Pourtant elle reste mal connue, et conti­nue à être ignorée de la plupart des politiques de développement.

    Jacques Bugnicourt, secrétaire exécutif d'Enda-Tiers-Monde. Les villes africaines connaissent différentes formes d'organisation de l'économie. On peut distinguer un secteur "moderne", lié à l'économie internationale et fonctionnant selon les règles européennes ou américaines, et un secteur dit "informel" ou "populaire". C'est dans ce second secteur que travaille la majeure partie de la population. Selon le ministère sénégalais du Plan, au moins 60 % de la population de Dakar y tra­vaillerait, contribuant à hauteur de 50 à 55 % au produit urbain brut - chiffres peut-être sur­estimés mais qui soulignent l'ampleur du phé­nomène. En quête de reconnaissance, l'écono­mie populaire urbaine commence à être prise en compte par les institutions, qui ne la consi­dèrent plus comme un frein au développe­ment ; mais, dans le meilleur des cas, elle reste perçue comme une simple étape vers la néces­saire insertion de l'ensemble de l'économie du pays dans l'économie mondiale.

    Or la question reste entière : le secteur "moderne" constitue-t-il une solution viable pour que l'Afrique sorte du sous-développe­ment ? Quelle crédibilité a le G7 dans sa thèse de sortie de la pauvreté de l'Afrique par le mar­ché mondial ? Les évolutions récentes ont de quoi laisser sceptique. Certes, l'Afrique a par­fois connu une reprise de la croissance. Mais cette croissance mérite d'être analysée. Les investissements ont été attirés par une main d'oeuvre bon marché, sans réel transfert de technologie, sans réelle possibilité de diffusion dans la population. D'autre part, les perspec­tives de débouchés de produits africains sur le marché mondial sont modestes. Aujourd'hui, la part de l'Afrique dans les transactions annuelles, autour de 2 %, est en baisse. Le poids économique des pays pris isolément est proche de celui de certaines villes comme Bordeaux. L'Afrique doit chercher à acquérir des techniques de pointe, mais elle ne pourra le faire que si elle se groupe - ce qu'elle com­mence à faire. En attendant, les investisseurs tant locaux qu'étrangers sont séduits par d'autres destinations. L'essentiel de l'économie "moderne" en Afrique repose aujourd'hui enco­re sur l'extraction de matières premières qui se rétracte et ses revenus servent avant tout au remboursement de la dette.

    L'économie populaire urbaine, en revanche, comporte un potentiel important de réponse aux besoins locaux. A Antananarivo, 74 % des achats sont réalisés dans ce secteur, ce qui signifie qu'une grande partie des classes moyennes et riches s'y ravitaillent. De nom­breux exemples montrent qu'il tend à rempla­cer la puissance publique défaillante, pour la construction de réseaux d'adduction d'eau, l'assainissement des eaux usées, la collecte des ordures ménagères, le transport... C'est là sa force : elle fonctionne au plus près des besoins, avec un dynamisme qui fait face à la fois aux besoins individuels et aux besoins col­lectifs.

    Le recours à l'emploi local est la base de l'économie populaire, ce qui assure la redistri­bution des revenus. Ce secteur devrait concen­trer les neuf dixièmes de l'emploi urbain d'ici à dix ans. La concurrence y joue son rôle, tout en laissant sa chance à chacun. La production est fractionnée en une multitude de petites unités flexibles et la marchandise est proposée en toutes petites quantités. En règle générale, c'est une économie qui a le goût de l'intersticiel, du faufilement, qui possède une grande souplesse.

    C'est un secteur très créatif, beaucoup plus technique qu'on ne le croit, et qui sait se don­ner une expression culturelle. Cette économie a une composante culturelle qui réduit la rup­ture entre l'économique et le socio-culturel. Par ailleurs, elle fonctionne à la fois comme productrice et comme salvatrice. Elle internalise le coût des maladies, des formations, faisant ainsi preuve d'un dynamisme rare malgré les condamnations légales à l'illégalité et le pro­cessus permanent de destruction au profit du secteur "moderne". 200 000 cyclopousses ont ainsi été jetés à la mer à Djakarta.

    L'un des problèmes posés est celui de l'ac­cumulation. L'économie populaire est sans doute accumulatrice, mais selon des modes mal connus. L'argent circule, sous forme d'épargne, de crédit, de chèques sociaux, mais l'investissement est essentiellement humain. La monnaie est échangée fréquemment dans des réseaux interconnectés, et ce type de cir­culation entraîne une organisation beaucoup plus tissée que l'économie "moderne". De nom­breux petits acteurs forment entre eux des mil­liers de connexion.

    Il est donc plus que probable qu'on trouve­ra encore longtemps l'économie populaire urbaine dans le paysage des villes africaines. Il faut espérer qu'elle saura opérer une lente modernisation, et s'orienter en partie vers l'ex­portation. On peut en tous cas compter sur elle pour apporter une contribution majeure à une croissance équilibrée, reposant sur deux pieds, un "pied moderne" et un "pied populaire".

    Philippe Hugon, économiste, maître de conférence à l'université Paris X Nanterre, est globalement d'accord avec cette analyse opti­miste de l'économie populaire urbaine. L'activité bancaire en particulier lui semble jouer un rôle important. Car aujourd'hui, neuf dixièmes des agents sont exclus des services bancaires. Les activités ban­caires informelles leur offrent un ensemble de services, d'offres de crédits, qui repo­sent sur les relations de confiance.

    Néanmoins, il tient à mon­trer les limites des activités "informelles". Elles reposent sur la solidarité mais aussi sur le pouvoir, par exemple lorsque sont employés d'anciens cap­tifs. Le fractionnement des produits rend difficile les pro­grès de productivité. Quant à l'accumulation du savoir et du capital au sein des micro-entreprises, la logique domi­nante est la diversification, qui permet la répartition des risques mais pas la croissance de l'entreprise.

    Ce pan de l'économie a un rôle social, dynamique, inno­vant... Mais peut-on en faire un modèle alternatif dans un monde globalisé ? On peut supposer que l'Afrique ne pourra pas s'inclure dans une économie mondialisée de façon compétitive avant quinze à vingt ans. Il est donc vrai que l'économie "moderne" ne suffi­ra pas. L'enjeu crucial semble donc être l'interface entre les deux secteurs. Sur les autres continents, l'Asie et l'Amérique latine, l'articulation est meilleure, notamment par la sous-traitance. Il n'existe pas en Afrique, par exemple, de systèmes de financement pour les micro-entreprises à risques, ni de formation qui permette aux scolarisés de se mettre au service de l'écono­mie populaire urbaine.

    Il faut donc relativiser l'ana­lyse. L'économie populaire urbaine joue un rôle fonda­mental, mais elle ne peut, à elle seule, sortir l'Afrique de la pauvreté. Il faut l'aider, la moderniser mais sans lui assi­gner d'être l'avenir de l'écono­mie africaine.

     

     

    P A R U T I O N S

     

    A propos d'économie populaire urbaine…

    Le dernier numéro d' International Labour Review, 1995 Vol 134 N° 6. qui est la revue du BIT vient de publier un
    important article sur le secteur informel : légalisation ou laisser-faire ? de Carlos Maldonado du BIT.

    Le point de vue de l'auteur de l'article est une défense et une illustration de positions qui sont très proches de celles que défend ENDA sur ce sujet important et controversé. Il affirme d'abord que "la promotion de ce secteur est l'un des principaux pro­blèmes de la politique du déve­loppement aujourd'hui". Il passe ensuite en revue les résultats de plusieurs études menées dans une optique néolibérale qui pos­tule le desserrement des règles imposées aux entreprises du sec­teur moderne et la nécessité de les protéger de la concurrence "sauvage" des petites entreprises du secteur informel par leur nor­malisation..

    Les conclusions de l'article sont fort intéressantes :

    l/   les   entreprises   infor­melles  ne  sont  pas  dans  une situation de totale illégalité mais elles ne se conforment qu'au minimum d'obligations qui sont compatibles avec leur survie.

    2/ Le problème n'est pas tant de légaliser les entreprises de ce secteur que de créer les conditions économiques, poli­tiques, institutionnelles et sociologiques, qui leur seront favo­rables et qui leur offriront des possibilités de mieux travailler et de vendre plus.

    3/ Modifier les procédures, les lois, les textes et les institutions ne peut être une fin en soi. L'important est de mettre en oeuvre au niveau local un pro­cessus de dialogue, un processus interactif, afin d'impliquer les intéressés dans la mise au point des décisions qui les concernent pour l'enregistrement de leur entreprise, la fiscalité, le statut de leurs employés, l'accès au cré­dit et à l'Information. Ce qui sup­pose que soit rétablie la confian­ce entre les "entreprises" de l'in­formel et les instances gouverne­mentales qui ont eu jusqu'à pré­sent une attitude très "conserva­trice" à l'égard de ce secteur.

    Une bibliographie préparée par le CHEAM et l'IIAP était proposée aux participants.

    Le programme de la CADE pour 1996-1997

    Le Comité de pilotage a retenu le programme indicatif suivant pour les rencontres-débats de l'année prochaine.

    18 Septembre 1996: L'Etat et la décentralisation

    23 Octobre: L'Afrique du Sud: l'expérience des forums locaux de négociation

    27 Novembre: Les success stories du développement

    janvier 1997: L'Afrique des entrepreneurs

    Février 1997: Ethnisme et nationalisme au Nigéria

    Mars 1997: L'Afrique des femmes

    Avril 1997: L'Afrique de la recherche

    Mai 1997: L'Afrique de l'Est (thème à préciser)

    Juin 1997: L'Afrique du temps long

    Agenda

    Henri Marchal nous communique :

    à Marseille : "Arman et l'art africain" du 23 juin au 30 octobre 1996 dans la chapelle du Centre de la Vieille Charité.

            à Genève : "Tambours d'Afrique et d'Océanie". Musée Barbier-Mueller, jusqu'au 31 décembre 1996

    La Lettre de la CADE

    CADE, 5, rue des Immeubles Industriels. 75 011 Paris, France. Téléphone : 43 72 19 70. Fax : 43 72 16 81.
    E-mail : endaparls@gn.apc.org •- Directeur de publication : Michel Levallois • Comité de rédaction : Gilbert Lam Kaboré : Lucas Patriat • Impression : L'Internationale Reprographie.
    21 ter. rue Voltaire 75 011 Paris.

     

    I N I T I A T I V E S

    L' AGENDA DE LA CADE

    Mercredi 18 septembre

    La décentralisation

                Avec Jean Clauzel et Jean-Pierre Elong-Mbassi.

    Mercredi 23 octobre

    L'Afrique du Sud

    Mercredi 27 novembre

    Les success stories du développement

    ATTENTION: la prochaine rencontre-débat a exceptionnellement lieu le mercredi 18 septembre, et non le dernier mercredi du mois.

    Informations

    Notre premier article dans la presse est paru dans le numéro 73 d'avril 1996 du mensuel Les réalités de l'Ecologie.

    Cette revue a consacré quatre pages de sa rubrique "Echosavoir" à l'Afrique et à l'afropessimis­me - une interview de René Durnont et un article de Michel Levallois intitulé "Le naufrage de l'Afrique est une caricature".

    Ne manquez pas le cycle Jean Rouch.

    Vous pourrez revoir Cocorico Monsieur Poulet • Dongo hori • Bataille sur le grand fleuve - Cimetière dans la falaise - Moi un noir.

    Jusqu'au 31 juillet 1996. au Jeu de Paume place de la Concorde.

    Vie du réseau

    A ce Jour 22 abonnements de soutien ont été sous­crits. Merci à ceux qui l'ont fait!

    Certes, la CADE a besoin de votre participation financière, mais elle a encore plus besoin d'affir­mer sa vitalité et son indé­pendance.

     

    Un nouveau départ pour Politique Africaine

    Dans sa dernière livraison sur Besoin d'Etat. Georges Courade inaugure sa présidence de l'ACPA et sa direction de la revue par un êditorial dans lequel il présente les orientations qu'il compte donner à cette revue qui a quinze ans d'existence et qui publie son 61ème numéro. Elargir le cercle de ses collabora­teurs au-delà des professionnels de la recherche et de l'Université, ouvrir un accès plus large et plus diversifié à des plumes africaines, et à ceux qui opèrent sur le terrain, prendre le risque de prendre position sur l'actualité pour "une vision plus juste et plus actuelle d'une Afrique plurielle, loin des mythes, des dogmes et du mépris".

    Une nouvelle revue contre l'afropessimisme                                                                                  La revue Sociétés africaines et diaspora vient de publier son premier numéro. Dirigée par Babacar Sali - le comité de rédac­tion est composé d'universitaires et de chercheurs afri­cains -.publiée par l'Harmattan, cette revue universitaire et pluridisciplinaire veut donner un nouveau souffle et une meilleure visibilité aux recherches sur l'Afrique et sa diaspora dans le domaine des sciences humaines, sociales et littéraires.

    Villes entrepreneuses : de l'action participative à la gouvernance urbaine ENDA-ACDI 1996

          Malick Gaye, d'ENDA-Tiers Monde, explique dans un livre de 170 pages comment les villes du tiers-monde peuvent être "entrepreneuses", c'est-à-dire le lieu de naissance d'une nouvelle citoyenneté, d'une autre façon de gérer l'espace et ses habitants, avec la participation active de tous, et d'abord des plus pauvres, des Jeunes et des femmes.

         Il présente plusieurs opérations de ramassage d'ordures ménagères, de construction de stations d'épuration, de fabri­cation de compost, de restructuration de l'habitat spontané, d'installation et de gestion de bornes-fontaines, d'éducation sanitaire. A travers elles et les techniques de communication qui ont permis leur succès, se dessine cette démocratie par le bas qui est sans doute un des plus sûrs espoirs de l'Afrique de demain.

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