Bulletin d’information, d’analyses et de débats – Janvier 1998 – n° 16


Sommaire:

·  Rendez-vous à ne pas manquer

·  Libéria, Sierra Leone: des guerres pour exorciser le passé?

·  Le regard de l'autre

·  Des rives du Congo

·  Les mêmes causes produisent les mêmes effets

·  Construire avec l'Afrique

·  Assises de la coopération et de la solidarité internationale

 

Débat du mois

Les conflits en Afrique : Congo Brazzaville, Libéria, Sierra Leone

 

Rendez-vous à ne pas manquer

En ce début d'année 1998, alors qu'à la cade, nous abordons notre troisième année d'observation de l'Afrique et de réflexion sur notre rapport avec ce continent, nous pouvons dresser un constat et proposer des orientations. Nous constatons que l'Afrique subsaharienne est revenue sur le devant de la scène internationale, scène d'où certains la croyaient bannie pour longtemps. La chute de Mobutu a mis fin à un système qui avait stérilisé les richesses de l'immense Congo, figé sa vie politique et bloqué tout développement. Il est encore trop tôt pour dresser un bilan de la révolution congolaise, mais il n'est pas excessif d'y voir la confirmation qu'une autre Afrique est en train de naître, non seulement en Afrique du Sud, mais jusqu'au Libéria et au Sierra Leone, en passant par l'Ouganda et le Congo -Brazzaville.

De ce constat nous pouvons tirer la conclusion que la crise de l'Afrique est d'abord une crise de notre regard sur ce continent, une myopie qui nous fait l'exclure de notre champ de vision, qui nous la rend incompréhensible et menaçante, qui la relègue hors de l'Histoire. C'est ce qui se produit lorsque nous recourons à l'ethnisme ou à une prétendue spécificité africaine pour expliquer les crises et les guerres africaines.

Il est temps de prendre la mesure de ce qui se passe dans ce continent immense et sous-peuplé dès lors que s'affaiblissent les chasses gardées néocoloniales, que s'affirme une nouvelle génération de responsables, que le développement ne sert plus à camoufler le captage des rentes de toutes sortes, celles des ressources locales, celle des aides extérieures.

C'est pour tenter de mieux approcher cette Afrique en train de devenir sujet de sa propre histoire et de notre histoire que nous avons choisi de consacrer le programme de nos rencontres de 1998 aux conflits, aux ressources naturelles, pétrolières et minières, à la mondialisation et à l'enseignement. Nous sommes convaincus que cette crise de noire regard sur l'Afrique est profonde, qu'elle est au coeur de notre relation avec les Africains, qu'elle touche les médias et tous les publics, aussi bien en France que dans les autres pays européens. Nous avons donc proposé à l'atelier «Dire la solidarité» des Assises nationales de la coopération que la réflexion sur notre façon voir l'Afrique devienne le thème central de l'éducation au développement; nous avons proposé à l'Observatoire de la Coopération française d'en faire un point de rencontre et de coopération entre les ONG ; enfin, nous proposons que cette réflexion devienne une priorité européenne.

Ce faisant, nous espérons ne pas rater deux grands rendez-vous: celui de la coopération publique française avec ses nouveaux partenaires français et africains, ONG, entreprises et collectivités locales, celui de l'Union européenne avec les pays ACP.

Michel Levallois

 

La Lettre de la CADE n° 16 – Janvier 1998 – page 1

Les conflits en Afrique : Congo-Brazzaville,  Libéria, Sierra  Leone

congo brazzaville - Le 16 octobre 1997, les milices du général Denis Sassou Nguesso s'emparent de la capitale. L'ancien président, défait par Pascal Lissouba lors de l'élection présidentielle de 1992, retrouve son fauteuil. Par la force des armes. La guerre civile aura duré quatre mois. Des milliers de morts et de réfugiés.

sierra leone - Le 25 mai 1997, le mandat du président Tejan Ahmed Kabbah est brutalement interrompu. L'auteur du coup d'Etat ? Le commandant Jhonny Paul Karoma. Les sanctions imposées à /'encontre de ce pays, à l'initiative du Nigeria, divisent les chefs d'Etat ouest-africains. Tandis que les rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF) du caporal Fodé Sankoh, à l'origine de la guerre civile, déclenchée six ans plus tôt, sont toujours à l'affût.

libéria - Le 19 juillet 1997, l'élection présidentielle voit la victoire de Charles Gbankay Taylor, jusqu'alors chef de guerre et leader du Front national patriotique du Libéria (NPFL). La guerre civile aura duré plus de sept ans. Plus de 100 000 morts et des milliers de réfugiés. La guerre a commencé à la veille de Noël 1989 : ce jour-là, Charles Taylor et ses hommes renversent le pouvoir du sergent-chef Samuel Kanyon Doe - lequel était parvenu à la tête de l'Etat à l'issue du coup d'Etat sanglant du 12 octobre 1980.

Pour tenter de mieux cerner les enjeux de ces conflits, la cade a organisé, le 3 décembre 1997 à Paris (à l'IIAP), un débat sur ces trois pays. Avec la participation de Dominique Decherf, diplomate français qui a été en poste en Afrique de l'ouest, François Gaulme, ancien rédacteur en chef de Marchés Tropicaux.

Gilbert Lam Kaboré

Dominique Decherf :

« Libéria, Sierra Leone :

des guerres pour exorciser

le passé ? »

Diplomate français, qui a été en poste en Afrique de l'ouest pendant de nombreuses années, Dominique Decherf analyse les récents conflits au Libéria et au Sierra Leone, deux pays anglophones ouest-africains où les guerres civiles ont fait de nombreuses victimes.

Invité à la rencontre-débat de la cade du 3 décembre 1997, il apporte un éclairage sur les causes et les enjeux de ces conflits en faisant appel à l'histoire même de la naissance de ces Etats, surtout au rôle joué par les Afro-Américains, les anciens esclaves de retour sur le continent.

Y-a-t-il un lien entre les événements survenus au Libéria, au Sierra Leone et, il y a peu, au Congo-Brazzaville ? Prudence, semble dire Dominique Decherf, qui, néanmoins, n'écarte pas le « sens » de l'histoire et le poids des mots. A commencer par celui de « congo ». Les fondateurs du Libéria, les anciens esclaves ramenés d'Amérique, ceux que l'on appelle les Américo-libériens, ont été appelés, et le sont toujours, les « Congos ». Les anciens esclaves n'ont rien oublié. Ce n'est pas étonnant si la capitale du Sierra Leone, pays anglophone voisin du Libéria, s'appelle Freetown - littéralement, « Libreville ».

Pour Dominique Decherf, « la mise à sac de Monrovia, capitale du Libéria, en avril 1996, a été peut-être un signe avant-coureur, en tout cas physiquement, de la mise à sac de Brazzaville ». Selon lui, si on reparle des « Congos ». c'est que l'histoire de l'Afrique contemporaine ne peut pas faire abstraction de l'époque de l'esclavage. Et l'on doit même, en ce qui concerne le Libéria et le Sierra Leone, commencer par là, puisque c'est l'origine même de ces Etats. La colonisation elle-même a été liée à la fin de ces empires esclavagistes, que ce soit en Afrique de l'Est. dans le Soudan ou au Sahel. L’histoire du Libéria et de la Sierra Leone remonte à l'abolition de la traite des esclaves par les Anglais en 1807. Par la suite, en 1815, le Congrès de Vienne a légalisé sur le plan international en 1815 la chasse aux négriers. En décembre 1816, aux Etats-Unis, la Société américaine de colonisation voit le jour. Son objectif : rendre leur liberté aux esclaves noirs et favoriser leur retour en terre africaine. Le premier président de cette société était le neveu de Georges Washington.

Montée en puissance des Noirs-Américains

Les premiers esclaves affranchis, poursuit le diplomate français, sont arrivés en Sierra Leone en 1820. A la recherche de terrains favorables, ils sont descendus vers l'actuelle ville de Monrovia, du nom du président des Etats-Unis de l'époque, James Monroe.

Le Libéria proclame officiellement son indépendance en 1847. De l820 à 1847, on note la montée en puissance de ces Noirs-Américains. En 1847, on estime à 32.000 le nombre de ces Congos au Libéria. En 1864, ils sont environ 50.000 en Sierra Leone.

La Lettre de la CADE n° 16 – Janvier 1998 – page 2

1847-1997: 150 ans après l'indépendance, Charles Taylor, élu et investi à Monrovia en juillet 1997, a su bien jouer sur le symbolisme de l'anniversaire de la création du Libéria. Pour Dominique Decherf, au départ, les anciens esclaves se sont eux-mêmes comportés en société dominante, en société très élitiste, instaurant des règles et coutumes juridiques très contraignantes. Au Libéria et en Sierra Leone, le formalisme juridique est assez exceptionnel. Il existe dans ces pays une tradition universitaire également très ancienne. Les Congos ont fondé très tôt des universités sur le modèle américain au milieu du 19e siècle.

Conflits entre Congos et Natives

Certes, il y a eu des conflits entre les descendants des esclaves, les Congos, et les ethnies autochtones, les « Natives ». Pour autant, ces communautés ont formé le creuset d'une société déjà détribalisée par nature. Car étant originaires de diverses régions africaines, les anciens esclaves avaient perdu leur repère et ont recréé une société en soi, sur des règles importées.

De ce fait, explique Dominique Decherf, l'Etat libérien, tout comme l'Etat sierra léonais - même si la Sierra Leone a été au départ un protectorat britannique - sont deux « Etats importés ». Deux Etats qui se sont créés sur une base non-ethnique. Mais, on y a vu apparaître rapidement une exploitation du pays à titre privé, une gestion patrimoniale en somme. Au Libéria et au Sierra Leone, les deux récentes guerres civiles n'ont pas revêtu un caractère ethnique. Charles Taylor, ancien chef rebelle libérien, et Fodé Sankho, chef de guérilla au Sierra Leone, n'ont pas joué sur le thème ethnique - même s'il a été ensuite utilisé. Charles Taylor est un métis, congo de par son père et d'une ethnie autochtone proche de la ville de Monrovia de par sa mère, comme d'ailleurs la plupart des dirigeants du Libéria. « En somme, des hommes et des femmes issue d'alliances trans-ethniques ». Au Libéria, aucune ethnie ne dépasse plus de 15 % de la population En Sierra Leone, les choses sont plus marquées : deux ethnies font chacune 30 % de la population. Mais Fodé Sankoh a fondé son Front révolutionnaire uni de Sierra Leone (FRU) sans référence à une ethnie particulière. Il a recruté ses combattants pratiquement au sein de toutes les ethnies. Ce qui n'est le pas cas des forces anti-guérillas, qui, elles, ont tenté de faire jouer la fibre ethnique. Libéria et Sierra Leone : deux Etats à l'histoire ancienne. Pourquoi sont-ils méconnus et assez isolés dans la sous-région ouest-africaine ? Le diplomate français y voit plusieurs raisons. Ce sont des pays où la forêt reste dominante ; des forêts humides, marécageuses, un climat hostile. Deux Etats qui, du fait de la particularité de leur naissance, ne se sentent pas très liés aux Etats voisins.

 

Cet isolement a fait que certaines formes prises par la rébellion ont paru évidemment très irrationnelles, très choquantes pour les observateurs étrangers, nombre d'entre  eux ayant découvert ces pays - dont auparavant on parlait rarement dans les médias - à l'occasion de ces  conflits.

 

« Cet isolement a fait que certaines formes prises par la rébellion ont paru évidemment très irrationnelles, très choquantes pour les observateurs étrangers, nombre d'entre eux ayant découvert ces pays - dont auparavant on parlait rarement dans les médias - à l'occasion de ces conflits. » Pour Dominique Decherf, « on a présenté une image chaotique de ce qui se passait dans ces deux pays, en mettant en avant des phénomènes qui existent encore: !e fétichisme, le développement plus qu'ailleurs des sociétés secrètes. Or, ces conflits étaient plus une façon de passer à une nouvelle modernité qu'une "régression dans l'animalité" comme certains médias ont pu l'écrire ». La mutation recherchée de la société est liée à l'histoire de ces pays. L'histoire du Libéria et, grosso modo, celle de la Sierra Leone, a été façonnée par une petite élite, les Congos. Au départ, les Natives étaient pratiquement écartés des affaires. Au milieu du 19e siècle, on distinguait encore les « citoyens » libériens (les descendants des anciens esclaves) des Natives, les populations autochtones, qualifiées de « sujets ». Ce qui a provoqué des coups d'Etat sanglants, en 1.980 pour ce qui concerne le Libéria, et un peu plus tard pour ce qui concerne la Sierra Leone. Ces coups d'Etat ont été présentés comme une révolte des Natives contre les Congos. Mais en fait, ces phénomènes n'ont été pos-sibles qu'à travers les militaires, les armées étant une voie de promotion sociale des autochtones. Ces dicta-tures (nées des coups d'Etat) se sont, elles aussi, enfermées dans des impasses. Le sergent-chef Samuel Kanyon Doe, arrivé au pouvoir au Libéria en 1980 par la force des armes, s'est fait élire frauduleusement en 1985, ce qui a directement suscité un nouveau conflit.

Partage des richesses et promotion sociale

Que ce soit au Libéria ou en Sierra Leone, il importe de noter, à la lumière des récents conflits, que les mouve-ments de guérilla ne sont pas à pro-prement parler des réactions militaires. Charles Taylor n'est pas un militaire. De son côté, le caporal Fodé Sankoh est certes un ancien militaire, mais il a une attitude de paysan. Les rébellions sont venues de l'intérieur. Leur objectif étant de favoriser le passage à un nouveau stade de gestion de la chose publique, où désormais il pourrait y avoir un partage des richesses et une promotion sociale au bénéfice du plus grand nombre. Pour la jeunesse, ralliée aux rébel-lions parce que frustrée depuis des lustres, il s'agissait de pouvoir accé-der à une promotion sociale et de contribuer à la naissance d'une nouvelle société civile.

« D'ailleurs, fait observer Dominique Decherf, lors de l'élection présidentielle de juillet 1997, les candidats de l'an-cienne société civile, soutenus par les Eglises américaines, les organisations et les démocrates américains ont échoué
face à Charles Taylor.»

 En Sierra Leone, les élections de 1996- organisées par la communauté internationale – avaient permis à Tejan

La Lettre de la CADE n° 16 – janvier 1998 – page 3

Ahmed Kabbah d'accéder au pouvoir Mais après avoir passé une dizaine d'années dans des organisations onusiennes à l'étranger, il n'était plus au parfum des réalités du pays. Le coup d'Etat qui l'a renversé le 25 mai 1997, et qui, visiblement, a bénéficié d'un important soutien au sein de la population, n'a pas surpris les observateurs avertis. Il est vrai qu'au sein de la population, le « caractère artificiel ». des élections était stigmatisé.

Force d'interposition

Quels enseignements tirer de ces conflits ? Au Libéria, analyse Dominique Decherf, les Nations unies ne sont pas intervenues directement, mais l'organisation était présente en tant qu'observatrice d'une action régionale. Sur le terrain, la force d'interposition (L’Ecomog, soupçonnée au départ de défendre les intérêts des anglophones au détriment des francophones) était composée de troupes de pays africains : notamment le Nigeria (10.000 hommes), le Ghana et la Sierra Leone. Cette force a fait obstacle à Charles Taylor dès les débuts du conflit en juin-juillet 1990. Mais elle n'a pas pu changer l'issue finale, puisque Charles Taylor a été élu chef de l'Etat en juillet 1997.

Sur le plan économique Dominique Decherf constate qu'en Sierra Leone, le niveau des ressources n'était pas tel qu'il pouvait à lui seul justifier un conflit de cette ampleur. Même si l'accès aux ressources y a permis d'alimenter les conflits, il n'en était pas la cause première. En revanche, au Libéria les différentes factions se sont battues violemment pour le contrôle des régions minières. Ce qui fait dire au diplomate français qu'il y a des différences entre les Etats pétroliers et ceux qui reposent sur la rente agricole. On peut se disputer pour le contrôle de mines, de champs de pétrole, mais on ne peut pas vraiment le faire pour le contrôle d'une région caféière ou cacaoyère. « La stabilité de pays de la région, tels la Côte d'Ivoire ou le Burkina, où j'ai servi du début à la fin du conflit libérien, est liée au fait que ce ne sont pas des pays miniers

Propos recueillis par Gilbert Lam Kaboré

Le regard de l'autre

Avancée vers la modernité ou régression ? Les conflits au Libéria et en Sierra Leone, ainsi que l'a fait remarquer Dominique Decherf  trouvent leur origine dans des faits qui ne sont pas toujours connus du grand public. Réaction des invités à la rencontre de la CADE.

« Quelle est la part d'exagération et de sélection des faits par les médias européens ? », interroge Michel Levallois, Délégué d'Enda Tiers Monde pour l'Europe. Le même ajoute : « Vous analysez ces conflits comme des moyens d'avancer vers la modernité, ce qui est tout de même paradoxal pour ceux qui se posent des questions sur l'Afrique. Deuxième paradoxe : vous terminez en disant, après tout bien heureux les pays qui n 'ont ni mine ni pétrole parce qu 'ils ont quelque chance de connaître la stabilité . Or, en général, on a plutôt l'impression que les mines et le pétrole sont des moteurs et des moyens de développement qui permettent d'attirer des investisseurs. Mais sont-ce pour autant des moteurs de stabilité ? ». « Avancée vers la modernité et non régression vers l'animalité ». François Sedogo du Centre de développement de l'OCDE ne cache pas son scepticisme face à cette analyse des faits : « Le 18e siècle a été celui des lumières ; mais c'est sur ce socle de la rationalité que se sont produites les deux guerres les plus meurtrières de l’histoire...C'est dire qu'il faut une autre approche pour analyser ces conflits. Un équilibre entre l'animalité et la rationalité, entre les sentiments et la raison, pourrait servir de levier pour asseoir une certaine forme de paix ». Pour Dominique Decherf, « la naissance du Libéria et de la Sierra Leone est la conséquence directe du siècle des lumières, de la Révolution américaine. Cette première modernité a donné des résultats catastrophiques, mais il s'agit aujourd'hui d'une nouvelle forme de modernité, qui passe par la violence ; mais on peut sortir de cette violence ? »

« Aujourd'hui, note Michel Malherbe, la colonie libérienne aux Etats-Unis dépasse les 100.000 âmes. Divisés au début du conflit, nombre d'Américo-libériens ont financé massivement Taylor. Leur influence demeure à travers leurs richesses. « Si on avait voulu effectivement imposer un embargo à l'encontre du Libéria, la première mesure aurait été la fermeture de leurs comptes logés dans les banques américaines, mais personne n'y a jamais pensé ».

Selon Yves Boulvert de l'ORSTOM, avec l'afflux des réfugiés le long de la frontière d'avec la Guinée forestière et la tension qui y règne, l'exploitation du fer du Mont Nimba demeure problématique. Problème bien perçu par Dominique Decherf, qui précise qu'au cours du conflit libérien, certains envisageaient d'évacuer le minerai de fer guinéen par la Côte d'Ivoire. Ce tracé étant très coûteux, il faudrait envisager d'autres solutions.

Restent les aspects politiques. A commencer, estime Xavier de Franssu (membre d'EGE et Eau Vive), par les véritables intentions du Nigéria en Sierra Leone et au Libéria ?

En 1990, explique Dominique Decherf, le Nigéria est intervenu pour arrêter Charles Taylor dans sa course vers le pouvoir. Le Nigéria avait également un « projet impérialiste » sur l'Afrique occidentale. A l'époque, ne voulant pas intervenir directement dans ce conflit, les Etats Unis se sont servis du Nigéria. Le Nigéria, dit en substance le diplomate français, cherche un rôle dominant au niveau politique (y compris un siège de membre permanent au Conseil de sécurité des Nations unies), et s'est servi de ces conflits pour s'affirmer. Mais ses faiblesses intérieures ne lui ont pas permis de mener ces ambitions à terme. « La stabilité est-elle envisageable à court terme ? » interroge Michel Levallois. « Les Américains, qui ont tout fait pour empêcher Charles Taylor d'accéder à la tête de l'Etat, fait observer Dominique Decherf, ne sont pas prêts à lui faire la moindre concession. La reconstruction du pays dépend essentiellement de l'Union européenne. Les élections se sont faites dans un consensus sur l'ensemble du territoire libérien ; ce qui n'a pas été le cas en Sierra Leone, où la situation est plus difficile ».

G. L. K.

La lettre de la CADE n° 16 – Janvier 1998 – page 4

François Gaulme : « Des rives du Congo »

Ancien rédacteur en Chef de Marchés Tropicaux, François Gaulme nous invite à une rétrospective historique pour mieux comprendre les enjeux géopolitiques dans la région des « rives du Congo » .

L'expression « congo », dit d'entrée de jeu François Gaulme, a plusieurs sens aujourd'hui. Il y a le Congo, ex-Zaïre - le Zaïre a été rebaptisé République démocratique du Congo (RDC), avec la fin du régime Mobutu et l'accession de Laurent Désiré Kabila à la magistrature suprême en mai 1997. Il y a le Congo-Brazzaville, ainsi appelé, même à l'époque coloniale française - on parlait alors de Moyen-Congo. Enfin, il y a ce que l'on pourrait appeler la région ou le bassin du Congo, d'ailleurs, on se réfère au fleuve Congo. Le mot « congo » a la même origine ; mais, selon les interlocuteurs, on ne se réfère pas toujours à la même chose.

François Gaulme s'en explique. Le mot congo est d'origine africaine. Il a été employé pour la première fois par les Portugais quand ils ont découvert ces régions. Ils ont découvert un grand royaume, au cœur de l'Afrique, au bord d'un fleuve qu'ils ont d'abord appelé Rio Podozoro, puis Zaïre, déformation d'un terme local- l'empereur s'appelait Manicongo. Ce royaume a été connu dès la fin du 15e siècle sous le nom de royaume du Congo. Il est entré en décadence au 16e siècle.

Au 17e et 18e siècles, au moment de la traite des esclaves, on a appelé Congos les esclaves que l'on achetait sur la côte dite du Congo ou de l'Angola, qui, grosso modo, allait, du sud de l'équateur à l'Angola actuel. Oublié donc à cette époque le royaume du Congo.

A la fin du 19e siècle, quand il y a eu l'exploration précédant la conquête coloniale générale de l'Afrique,.on a redécouvert le mot congo. Le fleuve a servi de repère : certains l'appelaient « fleuve Zaïre », mais beaucoup l'appelaient « fleuve Congo » Ce fleuve a servi à Stanley, explorateur américain, ancien journaliste du New-York Times, financé par le roi des Belges Léopold II, à pénétrer jusqu'au cœur du continent africain, ce que l'on n'avait pas réussi avant lui. Il a repéré et exploré le premier un immense bassin, sur des milliers de kilomètres carrés.

A l'issue de cette découverte et bien d'autres, menées notamment par les Français et les Anglais, le Congrès de Berlin a décidé de créer un Etat indépendant du Congo, accordé à titre personnel à Léopold II ; Etat cédé ensuite par testament par ledit roi à la Belgique et devenu Congo-Belge.

Le Moyen-Congo français a une toute autre histoire, liée à l'exploration de Brazza ; non pas à partir du bassin du Congo, mais à partir de celui de l'Ogooué - qui se jette dans la mer à hauteur de Port-Gentil au Gabon.

Histoire et pratiques coloniales différentes

C'est en partant de l'Ogooué, en partant de Libreville et puis de Port Gentil, que Brazza est arrivé jusqu'au bassin du Congo et qu'il a créé en face de Kinshasa (capitale de l'Etat indépendant du Congo) une ville qu'il a appelée Brazzaville. Les traités ont laissé à la France la rive droite du fleuve. 1960, année de l'indépendance du Zaïre et du Congo. Mais on notera que l'histoire coloniale et les pratiques coloniales étaient différentes des deux côtés du fleuve.

Des contrastes aussi dans la façon dont le colonisateur s'est comporté pendant et après l'indépendance. L'indépendance a été acceptée trop rapidement par la Belgique, qui a pris peur dès que la violence a éclaté quelques jours après l'indépendance. Au Congo-Brazzaville, la France a conservé des liens étroits après l'indépendance. L’évolution a été pacifique. En dépit des accords de défense, la France n'a pas fait intervenir ses troupes le 15 août 1963 lorsqu'un mouvement populaire, civil et militaire mêlés, a renversé le président, l’abbé Fulbert Youlou. L’armée étant constituée des gens du Nord du pays, lesquels n’avaient pas pu entrer dans l’administration civile

Cette révolution pacifique a conduit néanmoins à des excès dès les années 60, avec la création de milices de jeunes révolutionnaires.

Malgré l’évolution marxiste, le rapprochement avec l’URSS, qui provoquait des tensions avec le Zaïre voisin de Mobutu, qui était dans l’orbite des Américains, dans l’ensemble, l’évolution du Congo-Brazzaville a été pacifique jusque dans les années 90.

Tensions politiques

En 1990, on voit apparaître au Congo-Brazzaville, des tensions politiques, ethnico-régionales, qui, même si elles avaient existé dans les années 50. avaient disparu avec l'indépendance. Les massacres inter-ethniques ne sont réapparus qu'après la démocratisation, non pas dans sa première phase, de 90 à 92 - avec la conférence nationale, le chef de l'Etat à la tête d'un parti unique décidait de se retirer - , mais dans la deuxième. Un président (Lissouba) a été élu au cours d'élections honnêtes ; mais ce président est entré ensuite en conflit avec la classe politique, y compris avec une partie des gens qui le soutenaient au départ. En 1992-93, sont réapparues des violences inter-ethniques. Première guerre civile en 92-93, limitée à la capitale.

Deuxième guerre civile de juin à octobre 1997.

Dans l'ex-Zaïre, la situation est différente. En 1990. la démocratisation a été gelée et faussée par Mobutu lui-même. Il y a eu l'affaire rwandaise où Mobutu a joué un rôle considérable. Le conflit rwandais de 1994 s'est étendu à l'est du Zaïre, a traversé tout le pays et est arrivé à Kinshasa. Mobutu ayant été renversé militairement en mai dernier. En mai 97, Mobutu est renversé par des événements sans rapport avec ce qui se. passe de l'autre du côté du fleuve. La deuxième guerre civile du Congo-Brazzavillle, dans sa violence, est néanmoins liée en partie (dans sa chronologie) à ce qui venait de se passer à Kinshasa. En avril 1997. on s'attendait à des

La Lettre de la CADE n° 16 – Janvier 1998 – page 5

affrontements graves à Kinshasa, d'où le prépositionnement de troupes américaines et françaises à Brazzaville. Les affrontements n'ont pas eu lieu. Courant mai-juin, les troupes françaises étaient encore à Brazzaville, alors qu'elles n'y étaient pas retournées depuis 1963 (exceptée l'intervention de prépositionnement de 1990 pour prévenir les pillages dans Brazzaville).

Il était prévu des élections présidentielles au mois d'août 97 au Congo Brazzaville.

On savait que des armes s'étaient accumulées, y compris des armes lourdes. On savait aussi que depuis les affrontements de 92, des militaires avaient rejoint la milice de Denis Sassou Nguesso. On savait la situation tendue.

Les acteurs de la guerre et leurs alliés réels ou supposés

Lissouba, prenant peur suite aux résultats d'un sondage qui donnait la victoire à Denis Sassou Nguesso, a déclenché les hostilités. Par ailleurs, Lissouba pensait que la France - dont les troupes étaient prépositionnées à Brazzaville en raison de la situation qui régnait à Kinshasa - interviendrait pour défendre la « légalité républicaine ». En septembre 1997, Lissouba a même réussi à se rallier des hommes politiques congolais et à obtenir des appuis à l'étranger. Denis Sassou Nguesso a bénéficié du soutien de l'Angola. Lissouba, des ressources que lui donnait Elf. Si le gouvernement angolais est intervenu de façon plus limitée dans la chute de Mobutu, son action a été plus déterminante dans celle de Lissouba. Dans les années 80, l'alliance Brazzaville-Luanda était dirigée contre Mobutu. L'opposition civile n'a pas réussi à renverser Mobutu. L'opposition militaire, elle, y est arrivée. Au Congo-Brazzaville, les vieilles tensions Nord-Sud, la guerre est une question d'abord intérieure. Contrairement à l'Afrique occidentale où, globalement, les conflits sont confinés dans des sphères locales, dans le bassin du Congo, les conflits passent d'une capitale à 1' autre, ce qui crée une situation nettement dangereuse.

Propos recueillis par Gilbert Lam Kaboré

Les mêmes causes produisent les mêmes effets

Le conflit congolais, semble dire François Gaulme, ne répond pas a quelque spécificité africaine que ce soit, mais seulement à la lutte pour le pouvoir et l'accès aux ressources. Des choses vues ailleurs.

michel malherbe - N'est-ce pas une erreur que la rebaptisation du Zaïre en Congo ?

françois gaulme - Non. Il y avait le Zaïre-pays, le Zaïre-fleuve, le Zaïre-monnaie. Le changement (de régime) passait aussi par le changement de nom.

Les Américains ont eu peur de leur soutien délibéré à Kabila. Dans les années 60, la France a mobilisé Bob Denard contre Mobutu, celui-ci étant accusé d'être l'homme des Américains. Dans les années 90, c'est la France qui a soutenu Mohutu, Kabila étant considéré comme l'homme des Américains. Cela montre l'instabilité de l'attitude des grandes puissances.

En 1992, c'est effectivement Pascal Lissouba qui a attaqué Bernard Kolélas (l'ancien maire de Brazzaville, aujourd'hui en exil tout comme le président Lissouba).

Vu l'ampleur des récents combats et la nature des armes utilisées, l'armement des milices venait de l'étranger.

alfa zentho, avocat au barreau de Paris - L'Angola est intervenue au Congo en violant la charte de l'OUA. Quelle est la position de la France et des Etats-Unis à ce sujet ? Y a-t-il eu un pacte entre ces deux pays pour favoriser l'intervention de l'Angola ?

françois gaulme - Je ne sais pas s'il y a eu entente entre les deux pays. Néanmoins, à Paris, certains étaient inquiets de l'instabilité de Pascal Lissouba, qui changeait d'alliés en fonction des circonstances.

Il importe aussi de signaler la rivalité entre l'Afrique du Sud et les Etats-Unis dans la région.

dominique decherf - En France, la décision de ne pas intervenir au Congo-Brazzaville a été prise avant les législatives (qui ont vu l'arrivée des socialistes au pouvoir) ; les relations entre les présidents Jacques Chirac et Pascal Lissouba n'étant pas au beau fixe.

michel levalllois - L'une des cause de la crise est certainement à chercher dans le caractère et le comportement de Pascal Lissouba.

françois gaulme- La compagnie Elf a été accusée d'avoir financé Denis Sassou Nguesso. Cela dit, elle a également financé Pascal Lissouba. Dans tous les cas, on croyait à l'aboutissement d'une solution négociée.

Kabila, soutenu par les Américains, s'est retourné vers la De Beers - cette compagnie contrôle une bonne partie de la production de diamant ; depuis les années 30, elle a stocké suffisamment de diamants, ce qui lui permet d'influer sur les prix.

Un sondage a bel et bien eu lieu en mars 97, et Lissouba a pris peur après avoir pris connaissance des résultats qui le donnaient perdant à l'élection présidentielle, même s'il avait connu une période favorable.

dominique decherf- Certains s'interrogent : le conflit en Casamance (au Sénégal) peut-il évoluer vers une situation à la congolaise ? Si l'on regarde les situations du Burkina et du Sénégal, on constate que les conflits sont plus violents dans les zones où il y a d'importantes ressources minières.

michel levallois- En somme, ces événements n'ont rien de spécifiquement ethnique. Derrière ces conflits, il y a des réalités auxquelles nous sommes habitués. Les enjeux pour l'accès au pouvoir et aux ressources minières, comme l'ont montré Dominique Decherf et François Gaulme, ne sont pas spécifiquement africains.

Propos recueillis par G.LK

La Lettre de la CADE n° 16 – janvier 1998 – page 6

 

Rencontre       de       Metz

Construire avec l'Afrique

Une rencontre-débat organisée le 11 décembre 1997 à Metz par la paroisse Ste Thérèse m'a donné l'occasion de présenter la réponse originale qu 'apporte la cade à la question qui est de plus en plus souvent posée, non sans quelqu 'impudeur médiatique: « L'Afrique a-t-elle un avenir ? », ou encore comme l'a proposé le récent colloque du Monde diplomatique, « L'Afrique, le chaos ou l'espoir ? ».

A la rencontre de Metz, en compagnie de Mgr Anselme Sanon, évêque de Bobo-Dioulasso au Burkina Faso, nous avons essayé de montrer que cette question est mal posée : au lieu de nous demander si l'Afrique a un avenir, n'est-il pas plus pertinent de nous interroger sur « l'avenir que nous sommes prêts à construire avec l'Afrique ? ».

Si l'on veut parler de la crise de l'Afrique, il faut aussi parler de la crise de notre regard sur ce continent.

 

Ou bien le tableau qui se veut réaliste est d'une noirceur désespérante, ou bien il se veut optimiste et il est entaché d'angélisme. Comme si l'on pouvait dresser un état en partie double des aspects positifs et négatifs de ce continent plus grand que l'Europe et une partie de l'Asie. Aligner des kilomètres de routes goudronnées, des tonnes de mil et des taux de croissance, pour contrebalancer la progression du sida, les guerres de la région des Grands Lacs et d'ailleurs, est-ce que cela a un sens ?

Il est urgent de sortir de cette dialectique « de la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine » !

Nous ne connaissons plus, ou nous connaissons très mal l'Afrique d'aujourd'hui. D'abord parce qu'elle traverse une formidable mutation sociale et culturelle et que ce genre de phénomène est très difficile à suivre, parce que nous manquons d'informations fiables et diversifiées selon les pays, enfin parce que nous les apprécions à partir de nos critères, de notre échelle de valeur, ce qui nous conduit souvent à voir dans l'urbanisation, l'émergence de l'économie populaire, la chute de certains régimes, des signes de régression alors que ce sont les convulsions de la deuxième décolonisation de ce continent.

Trente ans après les décolonisations, les sociétés africaines retrouvent leur dynamisme et redeviennent les acteurs de leur histoire.

Cette façon de regarder l'Afrique autrement , c'est à dire de nous interroger sur nos ignorances, nos préjugés, et nos partis pris à l'égard de l'Afrique et des Africains renouvelle le dialogue avec les responsables africains. Car elle leur permet de ne plus nous voir comme des donneurs de leçons mais comme des partenaires en humanité. Ce fut du moins la réaction de Mgr Anselme Sanon.

Michel Levallois

Assises de la Coopération et de la solidarité internationale

Plus de 1.500 personnes ont pris part aux Assises de la Coopération et de la Solidarité internationale réunies à la Sorbonne à Paris les 17 et 18 octobre 1997.

Un questionnaire nous avait été remis que j'ai rempli. Voici les questions et mes réponses.

- Etes-vous satisfait de ces journées ?

Plusieurs questions essentielles auraient dû être abordées lors de la table ronde consacrée à la coordination entre acteurs. Il s'agit notamment :

- de la visibilité et de la cohérence des coopérations pratiquées par les divers opérateurs publics que sont les ministères, en particulier, le ministère des Finances, les établissements publics, notamment la Caisse française de développement (Cfd), les instituts de recherche, Cirad, Orstom, Ifremer ;

- de la place que doivent avoir les nouveaux acteurs que sont les « cités » et les entreprises ;

- du rôle des Ong face aux interpellations fortes que sont les questions d'environnement, de lutte contre la pauvreté, de droits de l'homme, de démocratie...

- du positionnement des Ong face à une évolution qui les pousse du micro au macro, du caritatif et du social à l'économique et au politique ;

- de la répartition des tâches entre les associations « bureau d'études » ou relais des pouvoirs publics et celles qui représentent un véritable capital de militance ;

- de la coordination avec l'Union européenne, dans la perspective de la négociation pour le renouvellement des accords de Lomé avec les pays ACP ;

- de la coordination avec les instances de la francophonie, ACCT.AUPELF-UREF, UniversitéSenghor d'Alexandrie.

- Parmi les propositions qui ont été faites, quelles sont celles qui vous paraissent les plus importantes ?        

La création d'un Haut Conseil de la  coopération, instance véritablement  représentative, présidée par une personnalité

La Lettre de la CADE n° 16 – janvier 1998 – page 7

indépendante qui dispose d'un minimum de moyens pour être en mesure de s'informer et de dialoguer avec les pouvoirs publics.

Sa première tâche devrait être de rassembler les informations détenues par les acteurs publics.

Quelles autres propositions aimeriez-vous faire ?

La création par les Ong d'un observatoire du développement et de la solidarité afin de suivre les évolutions sociales, économiques et politiques des pays de l'Afrique subsaharienne.

Un tel organisme qui devrait être une espèce de coopérative, afin d'assurer son indépendance et d'asseoir sa crédibilité, mettrait à la disposition des associations membres des analyses, des grilles de lecture des événements et des transformations que connaît l'Afrique.

Cet observatoire pourrait également suivre l'évolution de l'image de l'Afrique dans la presse française et mettre à la disposition des médias des dossiers établis en fonction de l'actualité africaine et de la perception qu'en donnent les médias.

Ces Assises ont néanmoins été utiles, mobilisant, pour la première fois, les régions. Elles prouvent qu'en dépit du désenchantement qui flotte sur la coopération et la solidarité internationale, nombreux sont ceux et celles qui ne désespèrent pas et qui attendent beaucoup des décisions qui seront prises dans la foulée de la rencontre de Paris.

Michel Levallois, Délégué d'Enda tiers monde pour l'Europe, CLOSI

L’agenda de la Cade

• Mercredi 28 janvier 1997

La prévention des conflits et la construction de la paix en Afrique.

Avec la participation de l'Ambassadeur Stéphane Hessel et Mohsen Ibumi, Senior expert des Nations unies.

De 18 h à 20 h; à l'Institut international d'administration publique (IIAP), 2, av. de l'Observatoire, 75006 Paris.

Pour en savoir plus

Références générales :

• ELL1S (Stephen) : L'Afrique maintenant. Paris, Karthala, 1995.

• GAULME (François) : Les nouveaux dominos africains. Etudes, octobre 1997

• GON1DEC (Pierre-François) : Les systèmes politiques africains. 3e éd. : Les nouvelles démocraties. Paris, LGDJ, 1997.

• LA GRANGE (Arnaud de), BALENCIE (Jean-Marc) : Mondes rebelles : acteurs, conflits et violences. 1 : Amérique et Afrique. Paris, Michalon, 1996. Congo-Brazzaville

• BAZENGUISSA-GANGA (Rémy) : Les voies du politique au Congo : Essai de sociologie historique. Paris, Karthala, 1997.

• BEMBET (Christian Gilbert) : Congo : impostures souveraines et crimes démocratiques. Paris, L'Harmattan, 1997.

• L'explosion des deux Congos. Dossier. L’Afrique réelle, 15-16, printemps-été 1997.

• L1SSOUBA (Pascal) : Congo : les fruits de la passion partagée. Paris, Odilon Média, 1997.

• MENGA (Guy) :Congo, la transition escamotée. Paris, L’Harmattan, 1993.

• NSAFOU (Gaspard) : Congo : De la démocratie à la démocrature. Paris, L’Harmattan, 1996.

• QUANT1N (Patrick) : Les origines politiques de la décomposition d'un processus de libéralisation (août 1992-décembre 1993) In " L’Afrique politique 1994 ", Bordeaux. CEAN. Karthala. 1994.

• SASSOU N'GUESSO (Denis) : Le manguier, le fleuve et la souris. Paris, J.C. Lattès, 1997.

Libéria

 

• ABDALLAH (Ahmedou Ould), SMITH (Stephen) : La diplomatie pyromane : Burundi, Rwanda, Somalie, Libéria, Bosnie. Paris, Calmann-Lévy, 1996.

• CHAUVANCY (François) : L’ONU au Libéria. Défense nationale, novembre 1996, p. 147-151.

• GALY (Michel) : Le Libéria, une guerre oubliée. Le Monde diplomatique, 474, septembre 1993, pp. 22-23.

• HOWE (Herbert M.) : Lessons of Liberia : ECOMOG and regional peacekeeping. International Security, 21-3, hiver 1996/1997, pp. 145-176.

Sierra Leone

(Outre les références générales ci-dessus)

• NICHELE (Franc) : Sierra Leone. X. Richer, Hoa-Qui, 1985. [Présentation générale]

N.B. Bibliographie rassemblée par Anne Malécot, CHEAM  novembre 1997.

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La Lettre de la CADE n° 16 – Janvier 1998 – page 8