La Lettre de la CADE

Coordination pour l'Afrique de Demain

Bulletin mensuel d'information sur les activités de la Cade – mars 1996 – n° 0

 

Sommaire

  • E D I T O R I A L
  • L'afropessimisme, regard du Nord ou réalité du Sud?
  • E D I T O R I A L

                La rencontre-débat du 29 février a consacré la création de la Coordination pour l'Afrique de demain (CADE). La CADE est un réseau d'hommes et de femmes d'horizons divers, réunis autour de leur intérêt pour l'Afrique, et de leur volonté de changer l'image négative qui lui est associée.

    Nous sommes insatisfaits de l'image tronquée, parfois biaisée qui est donnée de l'Afrique, que l'Afrique donne d'elle-même. Nous sommes inquiets du désintérêt pour ce continent, qui vient alimenter ou qui s'alimente à la crise de la solidarité internationale et de la coopération française, aux déceptions du développement et à l'éclatement du Tiers-Monde.

    La CADE se propose de susciter et de diffuser "Un autre regard sur l'Afrique". Elle n'est pas une nouvelle association, ni une nouvelle ONG. Elle se veut modestement:

    . un réseau de compétences, d'expériences et de volontés mises au service d'un continent dont on ne comprend pas toujours les évolutions, dont on ignore souvent les succès, les innovations ;

    . un partenaire pour des initiatives proposées à d'autres, réalisées avec eux. Je pense en particulier au Comité Français pour la Solidarité Internationale. Nous avons aussi l'intention de nous ouvrir au monde des PME et PMI africaines et françaises travaillant en Afrique, et aux coopérations des chambres de commerce et des organisations professionnelles.

    Nos rencontres-débats seront le point d'ancrage de notre réseau, le carrefour mensuel qui permettra de focaliser l'attention sur tel ou tel aspect ou pays de ce continent en mutation : l'Afrique au sud du Sahara et Madagascar. Elles permettront des échanges et des rencontres qui feront émerger, du moins nous l'espérons, des actions, des projets qui renforceront et démultiplieront nos actions.

    La CADE bénéficie de l'appui logistique et financier d'ENDA-Tiers Monde, Organisation non gouvernementale internationale, dont le siège est à Dakar, et qui œuvre depuis 25 ans pour le développement et l'environnement.

    La diversité et l'ouverture de la CADE seront la garantie de son indépendance par rapport aux structures et aux organisations qui la composent ou qui désirent travailler avec elle. Le franc-parler, l'imagination et le partage d'initiatives en feront un instrument efficace et utile. A nous de la faire vivre.

    Michel Levallois, membre du Comité de pilotage

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    La Cade est un réseau d'hommes et de femmes qui veulent porter un autre regard sur l'Afrique

    Comité de pilotage:

    Claude BAEHREL, Secrétaire Général du CCFD -  Sophie BESSIS, Historienne et journaliste - Claire BRISSET, Directrice de l'Information du Comité français UNICEF – Sylvie BRUNEL, Directeur scientifique à l'AICF – Jacques CHAUMONT, Sénateur de la Sarthe – Jean CLAUZEL, Préfet honoraire – Georges COURADE, Directeur de recherche à l'ORSTOM – Mamadou DEMBELE, Associé-Gérant à SODIFEX – Eric DEROO, Réalisateur de Télévision – Patrice DUFOUR, Responsable des relations extérieures à la Banque Mondiale – Xavier de FRANSSU, membre de EGE et Eau Vive – François GAULME, Rédacteur en Chef de Marchés Tropicaux – Gilbert Lam KABORE, Journaliste à ENDA Tiers Monde – Michel LEVALLOIS, Préfet honoraire , Délégué d'ENDA Tiers Monde – Madeleine MUKAMABANO, Journaliste à RFI – Gérard WINTER, Ancien Directeur Général de l'ORSTOM .

    L'un des principaux objectifs de la CADE, un réseau ouvert à toute initiative novatrice, c'est d'alerter les médias, les décideurs et l'opinion publique sur la diversité de l'Afrique, un continent où l'effervescente vitalité des populations est souvent masquée par les idées reçues.

     

    Secrétariat: Jacqueline ROUBY,  tous les après-midi de 14 h à 18 h - 5, rue des Immeubles industriels, 75 011 Paris. Tel: 43 72 19 70/43 72 09 09 - Fax: 43 72 1681

     

    R E N C O N T R E

     

    L'afropessimisme, regard du Nord ou réalité du Sud ?

    Première rencontre-débat de la CADE

     

    Le 29 février dernier se tenait la première conférence organisée par la CADE, au siège de l'Institut international d'administration publique (IIAP), devant une centaine de personnes. L'objectif était double : créer un lieu de rencontre autour de notre projet (porter un autre regard sur l'Afrique). Et débattre de l'afropessimisme.

    L'afropessimisme soulève des questions touchant à la fois à la (ou aux) réalité(s) africaine(s), et aux représentations de ces réalités. Les trois intervenants ont fait des allocutions courtes afin de laisser le plus de temps possible aux réactions de la salle.

    Claire Brisset, directrice de l'Information au comité français de l'UNICEF, s'est tout d'abord interrogée sur les raisons d'être pessimiste en Afrique sub-saharienne aujourd'hui. Car elles sont nombreuses : trente des cinquante pays les plus pauvres se trouvent dans cette région. La mortalité infantile y est la plus élevée du monde, et le niveau de scolarité stagne à un faible niveau. C'est le seul continent où la croissance est globalement négative depuis 10 ans...

    Mais les raisons d'espérer existent également. L'espérance de vie, par exemple, est passée de 30 à 51 ans en l'espace de trois décennies seulement - période particulièrement courte. Réduire l'Afrique à des perspectives sombres est largement abusif... « les photos sont en noir et en blanc ».

    Sophie Bessis, historienne et journaliste, a tenté de relativiser la portée des analyses négatives faites par des Occidentaux. Il faut éviter les simplifications abusives. Il n'y a pas une Afrique homogène du désert du Sahara jusqu'au Cap de Bonne-Espérance. Non seulement l'Afrique est plurielle, mais en plus les Français n'en connaissent en général que la partie francophone - et occidentale.

    Et, au-delà de ce constat, quels critères utiliser pour parler de l'Afrique? On entend partout qu'elle est sous-développée, mais que recouvre la notion de développement que personne n'a encore réussi à définir? En fait, l'afropessimisme se nourrit d'approximations. Il nie la complexité de l'histoire et des cultures africaines. Il évite ainsi de se mesurer aux réalités, et se contente de transposer dans un discours actuel un imaginaire occidental aux origines ancestrales. « Comment banaliser l'Afrique, faire en sorte qu'on en parle comme de toutes les autres régions du monde?»

    Pour Jean-Baptiste Placca, directeur de la rédaction de Jeune Afrique Economie, « il y des médias qui abordent l'Afrique de façon superficielle, alors que d'autres le font sérieusement ; on ne peut pas faire le procès des médias, mais celui des réalités qui font que l'Afrique est ainsi regardée ». Ancien grand reporter ayant sillonné le continent, il stigmatise ce handicap : le déséquilibre dans l'occupation et l'aménagement des terres - zones pauvres et surpeuplées/zones riches et sous-peuplées. Selon lui, l'Afrique ne peut pas faire l'économie de la transparence dans la gestion. « N'est-ce pas cette absence de transparence qui fait que bien des afropessimistes déclarés font paradoxalement des affaires juteuses en Afrique », interroge-t-il?

    Suite à ces interventions, un grand nombre de participants a pris la parole, et il est impossible de citer ici tous les propos qui ont été tenus. Néanmoins une présentation des thèmes abordés permettra de saisir l'esprit de ces rencontres, et la grande diversité des points de vue et des développements possibles. Chacun a souhaité témoigner au nom de son expérience personnelle. C'est dans la relation directe avec des Africains et des sociétés africaines que se trouvent les raisons de lutter contre le pessimisme.

    Les mauvais résultats de l'Afrique ne sont-ils pas en partie imputables à une décolonisation inachevée ? La présence occidentale reste très forte dans de nombreuses institutions, des modes de pensée ou d' organisation importés continuent à influencer la vie des sociétés. C'est surtout dans les esprits, tant africains qu'occidentaux, que des schémas caducs restent en vigueur. L'exemple du milieu de l'enseignement et de la recherche est révélateur : pourquoi accorder des diplômes à des étudiants qui ne les méritent pas ? Pourquoi accepter de travailler avec des chercheurs qui n'en ont pas les qualités ? Cela dévalorise les diplômes et discrédite l'ensemble du milieu de la recherche. Ces pratiques perpétuent le paternalisme colonial.

    L'heure est à la responsabilisation. Les Africains doivent se considérer et être considérés comme les seuls maîtres de leur destin. Là non plus les exemples n'ont pas manqué. Comment ignorer les mouvements spontanés de lutte contre la pauvreté, comme cette association de jeunes Dakarois organisés pour améliorer la vie quotidienne dans leur quartier? Il faut cesser de prendre en considération une Afrique du passé et des traditions : l'Afrique est novatrice. On parle ainsi toujours de l'art primitif, en ignorant l'étonnante créativité des artistes contemporains.

    Bien sûr, ces quelques idées ne reflètent que partiellement les débats. Certains intervenants ont surtout voulu marquer leur soutien à l'initiative de la CADE. Dans l'ensemble, on a surtout insisté sur la problématique des réalités africaines : il existe une autre Afrique que celle que l'on rencontre dans les rapports internationaux et les médias, et il faut en parler. Il y a des raisons d'être optimistes.

    La seconde dimension du débat a été moins abordée. Comment représenter les réalités africaines? L'ethnocentrisme est-il inhérent à tout discours? Et comment susciter d'autres représentations dans la population française?

    Il semble nécessaire pour cela de rappeler la diversité de ce que l'on désigne sous le terme d'"africain". Diversité géographique, culturelle, sociale... D'autre part, la prise en compte dans les discours de la responsabilité des Africains, et de l'ancrage de leurs sociétés dans le monde contemporain, mènera nécessairement à plus d'objectivité.

    Au total, de très nombreux thèmes auront été abordés, caractérisés par l'absence de langue de bois, de ce "politiquement correct" qui ôte trop souvent tout intérêt aux discussions. La CADE ne peut que se réjouir d'une liberté de ton et de parole qu'elle appelait de ses vœux.

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    P A R U T I O N S

     

    Des raisons d'être optimistes!

    non pas que l'actualité africaine telle que nous la recevons en France incline à l'optimisme -coups d'état à Conakry et à Niamey... - mais, depuis deux mois, on trouve dans certains journaux et dans les catalogues des éditeurs des articles et des ouvrages qui illustrent ce que nous appelons un autre regard sur l'Afrique. Ces articles et ces ouvrages rendent compte de la réalité africaine - brutale, choquante, horrible parfois ! Mais ils en rendent compte avec intelligence, c'est-à-dire qu'ils expliquent et essaient de faire comprendre à leurs lecteurs que ce qui se passe en Afrique n'a rien à voir avec une quelconque fatalité ou spécificité, mais que les événements ont, ici comme ailleurs des causes, et les acteurs, des motifs. Montrer l'Afrique, les Afriques et les Africains ainsi, c'est pourquoi nous nous mobilisons.

    « Ne te hâte pas de critiquer, hâte toi de comprendre ». Rappelons une nouvelle fois cette maxime populaire avec laquelle Michel Le Net avait introduit son plaidoyer « Redressons l'image », dans l'image du Tiers-Monde, présenté dans Barosud en 1992.

    • Dans le numéro du 1er février 1996 de La Vie, un article chaleureux sur Marianne Cornevin, qui, avec son mari, a consacré sa vie à l'Afrique et qui continue de le faire en publiant une histoire de l'archéologie africaine. Cet ouvrage savant mais passionnant, va à rencontre des idées trop souvent émises sur ce continent présenté comme étant à la traîne des autres civilisations plus avancées, plus techniciennes.

    « Economie désastreuse, famine, sida, guerres fratricides...» Un présent sombre que d'aucuns expliquent par un passé sans histoire. Erreur. Dans ce vaste continent ont fleuri des civilisations inventives et dynamiques, dès les débuts de l'humanité.

    Chose rare, un livre sur les Afriques non francophones, sur l'Afrique Australe par Philippe Decraene au CHEAM - Paris 1995.

    Ces onze leçons sur les 9 pays de l'Afrique Australe – la République d'Afrique du Sud fera l'objet d'une publication ultérieure – constituent un excellent dossier , facile à consulter, assorti de cartes détaillées sur une Afrique que les Français connaissent mal et qui a repris le chemin de la paix, de la démocratie et  du développement.

    Dans le Monde du 9 février, une pleinepage consacrée à Cheikh Hamidou Kane,"la torche noire" et à son deuxième roman Les gardiens du Temple. L'auteur de l'article, Eric Fottorino, ne cache pas sa fascination pour ce grand Peulh du Fleuve devenu haut fonctionnaire sénégalais et international.

    Trente cinq ans après nous avoir donné les clefs de I'« aventure ambiguë » de son adolescence, il livre le récit à peine maquillé de son engagement d'homme dans la construction de son pays et de sa rencontre avec la culture et la technique de l'Occident.

    • A noter également un numéro spécial de la revue Marchés Tropicaux pour son cinquantenaire qui se présente en deux parties : une partie historique qui rapporte chaque année un événement majeur de l'histoire de l'Afrique, et une partie axée sur les problèmes économiques et financiers de l'Afrique d'aujourd'hui.

     

    • La revue des anciens élèves de l'ENA vient de publier un dossier sur les relations France-Afrique. Le ton est donné par un article de Jacques Chirac qui rappelle quelques vérités positives sur l'Afrique et appelle les hauts fonctionnaires français à construire une amitié durable et fraternelle avec ce continent.

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    Agenda

    Le 21 mars se tiendra au Sénat un colloque sur la coopération décentralisée, sous la présidence de René Monory, Président du Sénat.

    En novembre, le ministère de la Coopération organisera avec son collègue de l'Education un colloque sur la coopération et le développement dans les écoles françaises.

     

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    La Lettre de la CADE                                                                                          

    CADE, 5, rue des Immeubles industriels, 75 011   Paris, France. Téléphone : 43 72 19 70. Fax : 43 72 16 81.

    E-mail : endaparis@gn.apc.org • Directeur de publication : Michel Levallois • Comité de rédaction : Gilbert Lam Kaboré ; Lucas Patriat • Impression: L'Internationale Reprographie, 21 ter, rue Voltaire 75 011 Paris.

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    INITIATIVES

     

    L' AGENDA DE LA CADE

    Mercredi 27 mars

    Une vision de l'Afrique à l'ouest du Sahel

                    Avec Jean-Marie Cour, Conseiller au Club du Sahel

    Mercredi 24 avril

    L'Afrique noire en France

    Mercredi 29 mai*

    Vers la citoyenneté: décentralisation de fait et décentralisation institutionnelle

                    Avec Jean Clauzel, Préfet honoraire.

     

    IIAP, 2, av. de l'Observatoire, 75006 Paris, ( * 29 mai; sous réserve de la disponibilité de la salle)

     

    La prochaine réunion du comité de pilotage aura lieu le mercredi 3 avril

     

     

    Vie du réseau

    Suite à la première ren­contre-débat organisée par la CADE, Michel Levallois a été sollicité pour un article sur l'afropessimisme à paraître dans le numéro de juin d'Afrique contemporaine. Anne Malecot, conservateur de la bibliothèque du CHEAM. a proposé à la CADE de fournir de la documentation pour les dossiers des prochaines rencontres-débats.

    Informations

    Le 7ème Baromètre de la solidarité internationale des Français, édité par le CCFD, Le Monde et La Vie, témoigne chaque année de l'évolution des préoccupations des Français en matière de cause humanitaire. La solidarité internationale atteint son plus bas niveau depuis 1989, avec 16 % des personnes seulement qui placent le développement du Tiers-monde parmi les trois priorités mondiales. En revanche, les organisations humanitaires sont considérées comme un acteur majeur de l'aide au développement par 59 % des donateurs. L'Afrique noire reste prioritaire dans la géographie de la solidarité avec 49,5 % d'opinions, loin devant l'Europe de l'Est (29,5 %).

     

    La CADE souhaite soutenir des initiatives défendant des objectifs communs. N'hésitez pas à informer le réseau (l'adresse est en page 3). Nous publions ici une lettre que nous a adressée Athanase Karayenga, journaliste burundais présent lors de notre première rencontre-débat.

    " J'ai découvert la CADE l'autre soir lors du débat organisé à l'IIAP sur "l'autre regard sur l'Afrique". (...) J'avoue que je suis venu écouter les exposés avec une certaine appréhension. Craignant de trouver, comme à l'accoutumé quand on parle de l'Afrique, une assemblée de pleureuses hypocrites ou d'imprécateurs stériles. Ce ne fut ni l'un ni l'autre. Je tiens à vous remercier et à vous féliciter d'avoir su donner un ton positif aux échanges qui se sont exprimés au cours de cette soirée. Même l'humour a pu trouver une place dans une auguste et vénérable assemblée !

    La fiche sur la CADE distribuée à l'entrée de la salle exprime le souhait que "toute personne désireuse de participer à ce mouvement d'opinion se fasse connaître ou fasse connaître ce qu'elle fait dans ce sens".

    Journaliste originaire du Burundi, je me permets, très modestement, de vous indiquer que je suis vivement intéressé par les activités de la CADE. Ses réflexions prolongeront et nourriront certainement un projet auquel je participe par ailleurs. Nous sommes, en effet, un groupe de professionnels des médias, africains et européens (bientôt américains aussi), à avoir conçu un projet de télévision panafricaine destinée principalement à "poser un autre regard sur l'Afrique". (...) Ne soyez pas effrayé par l'ampleur du projet. Il est ambitieux, c'est vrai. Mais il est aujourd'hui tout à fait réaliste. Ce n'est pas un autre éléphant blanc que nous concevons pour l'Afrique. Pour vous rassurer, le capital de cette télévision panafricaine représente aujourd'hui le budget de cinq émissions de Nagui sur France 2, "N'oubliez pas votre brosse à dents" !! Si cette initiative intéresse l'un ou l'autre partenaire ou membre de la CADE, Je serais heureux de lui fournir des informations plus détaillées sur ce projet. Encore une fois, permettez-moi de vous remercier d'avoir un espace d'échanges et de débats sur l'Afrique où la "palabre" demeure sereine, constructive et salutaire. "

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    Vous avez dans les mains le numéro 0 de La lettre de la CADE. N'hésitez pas à nous faire part de vos critiques et suggestions, tant sur la forme que sur le fond. Nous attendons vos réactions.